CAP
pied une caverne où les mauvais génies faisaient leur résidence, et les chevaliers qui s'en approchaient étaient sûrs d'être enchantés s'il ne leur arrivait pas pis.
Cancer ou l'Écrevisse, — l'un des signes du
zodiaque. Voy. Horoscopes.
Cang-Hy, — dieu des cieux inférieurs , chez les Chinois. Il a pouvoir de vie et de mort. Trois esprits subalternes sont ses ministres : Tankwam , qui préside à l'air, dispense la pluie ; Tsuikwam , qui gouverne la mer et les eaux, envoie les vents et les orages ; Teikwam , qui préside à la terre , surveille l'agriculture et se mêle des batailles.
Canicule, — constellation qui doit son nom à l'étoile Syrius ou le chien, -et qui domine dans le temps des grandes chaleurs. Les Romains, persuadés de la malignité de ses influences , lui sacrifiaient tous les ans un chien roux. Une vieille opinion populaire exclut les remèdes pendant cette saison , et remet à la nature la guérison de toutes les maladies. C'est aussi une croyance encore répandue, mais dénuée de fondement, qu'il est dangereux de se baigner dans la canicule.
Canîdia, — magicienne dont parle Horace; elle enchantait avec des figures de cire, et par ses conjurations magiques forçait la lune à descendre du ciel.
Canterme , — nom que donnaient les anciens à certains enchantements et maléfices.
Cantwel ( Axdré-Samuel-Mjchel ), — mort bibliothécaire des Invalides le 9 juillet 1802. Il est auteur d'un sot roman intitulé : le Château d'Albert ou le Squelette ambulant , 1 799, 2 vol. in- 18.
Caous. — Les Orientaux donnent ce nom à des génies malfaisants qui habitent les cavernes du Caucase.
Capnomancie, — divination par la fumée.
Les anciens en faisaient souvent usage : on brûlait de la verveine et d'autres plantes sacrées ; on observait la fumée de ce feu, les figures et la direction qu'elle prenait, pour en tirer des présages. On distinguait deux sortes de capnomancie : l'une qui se pratiquait en jetant sur des charbons ardents des grains de jasmin ou de pavot, et en observant la fumée qui en sortait; l'autre, qui était la plus usitée, se pratiquait par la méthode que nous avons indiquée , elle consistait aussi à examiner la fumée des sacrifices. Quand cette fumée était légère et peu épaisse, c'était bon augure, On respirait même celte fumée; et l'on pensait qu'elle donnait des inspirations.
CAQ — 11
Cappautas, - grosse pierre brute qui, dans les croyances populaires, guérissait de la frénésie ceux qui allaient s'y asseoir ; elle se trouvait à trois stades de Gytheum en Laconie.
Capperon , — doyen de Saint-Maixant. Il publia, dans le Mercure de 1726, une lettre sur les fausses apparitions, que Lenglet-Dufresnoy a réimprimée dans son recueil. ,11 montre peu de crédulité et combat les fausses apparitions avec des raisons assez bonnes. Il conte « qu'un jour il fut consulté sur une femme qui disait voir chaque jour, à midi , un esprit en figure d'homme, vêtu de gris, avec des boutons jaunes, lequel la maltraitait fort, lui donnant même de grands soufflets ; ce qui paraissait d'autant plus certain qu'une voisine protestait qu'ayant mis sa main contre la joue de cette femme dans le temps qu'elle se disait maltraitée, elle avait senti quelque chose d'invisible qui la repoussait. Ayant reconnu que cette femme était fort sanguine , Capperon conclut qu'il fallait lui faire une saignée , avec la précaution de lui en cacher le motif ; ce qui ayant été exécuté, l'apparition s'évanouit. » — Tous les traits qu'il rapporte , et tous ses raisonnements , prouvent que les vapeurs ou l'imagination troublée sont la cause de la plupart des visions. Il admet les visions rapportées dans les livres saints ; mais il repousse les autres assez généralement. Il parle encore d'une autre femme à qui un esprit venait tirer toutes les nuits la couverture. Il lui donna, de l'eau , en lui disant d'en asperger son lit , et ajoutant que cette eau , particulièrement bénite contre les revenants, la délivrerait de sa vision. Ce n'était que de l'eau ordinaire; mais l'imagination de la vieille femme se rassura par ce petit statagème, qu'elle ne soupçonnait pas, et elle ne vit plus rien.
Capricorne, — l'un des signes du zodiaque. Voy Horoscopes.
Capucin. — Ce sont les protestants qui ont mis à la mode ce stupide axiome superstitieux, que la rencontre d'un capucin était un mauvais présage. Un jour que l'abbé de Voisenon était allé à la chasse sur un terrain très-giboyeux, il aperçut un capucin. Dès ce moment il ne tira plus un coup juste, et comme on se moquait de lui : « Vraiment, messieurs , dit-il, vous en parlez fort à votre aise; vous , n:avez pas rencontré un capucin '. »
Caqueux ou Cacoux. — Les cordiers, nommés caqueux ou cacoux , en Bretagne , sont relégués dans certains cantons du pays comme des espèces de parias ; on les évite ; ils ins-
1 M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, etc., t. I, p. 509.
; — CAR pirent même de l'horreur, parce qu'ils font des cordes , autrefois instruments de mort et d'esclavage Us ne s'alliaient jadis qu'entre eux, et l'entrée des églises leur était interdite. Ce préjugé commence à se dissiper; cependant ils passent encore pour sorciers. Us profitent de ce renom : ils vendent des talismans qui rendent invulnérable, des sachets à l'aide desquels on est invincible à la lutte; ils prédisent l'avenir ; on croit aussi qu'ils jettent de mauvais vents. On les disait, au quinzième siècle, juifs d'origine, et séparés par la lèpre du reste des hommes. Le duc de Bretagne , François II , leur avait enjoint de porter une marque de drap rouge sur un endroit apparent de leur robe. On assure que le vendredi saint tous les caqueux versent du sang par le nombril. Néanmoins on ne fuit plus devant les cordiers ; mais on ne s'allie pas encore aisément avec leurs familles *. N'est-ce pas ici la même origine que celle des cagoths? Voy. ce mot.
Carabia OU Décarabia, — démon peu Connu,
quoiqu'il jouisse d'un grand pouvoir au sombre empire ; car il est roi d'une partie de l'enfer, et comte d'une autre province considérable. Il se présente sous la figure d'une étoile à cinq rayons. Il connaît les vertus des plantes et des pierres précieuses; il domine sur les oiseaux, qu'il rend familiers. Trente légions sont à ses ordres2.
Caracaila. — L'empereur Caracalla venait d'être tué par un soldat; au moment où l'on n'en savait encore rien à Rome, on vit un diable en forme humaine qui menait un âne , tantôt au Capitole , tantôt au palais de l'empereur, en disant tout haut qu'il cherchait un maître. On lui demanda s'il cherchait Caracalla; il répondit que celui-là était mort, sur quoi il fut pris pour être envoyé à l'Empereur, et il dit ces mots : « Je m'en vais donc, puisqu'il le faut, non à l'empereur que vous pensez, mais à un autre ; » et là-dessus on le conduisit de Rome a Capoue , où il disparut r sans qu'on ait jamais su ce qu'il devint3.
Caractères. — La plupart des talismans doivent leurs vertus à des caractères sacrés que les anciens regardaient comme de sûrs préservatifs. Le fameux anneau de Salomon, qui soumit les génies à la volonté de ce roi magicien, devait toute sa force à des caractères cabalistiques. Origène condamnait chez quelques-uns des premiers chrétiens l'usage de
1 Cambry, Voyage dans le Finistère, t. III, p. 146;. t. Ier, etc.
2 Wierus, in Pseudomonarchiâ dam.
3 Leloyer, Hist. et dise, des spectres, liv. m, ch. 16.
certaines plaquesde cuivre ou cTétain chargées de caractères, qu'il appelle des restes de l'idolâtrie. VEnchiridion du pape Léon III, le Dragon Bouge, les Clavicules de Salomon, indiquent dans tous leurs secrets magiques des caractères incompréhensibles, tracés dans des triangles ou dans des cercles, comme des moyens puissants et certains pour l'évocation des esprits. Souvent aussi des sorciers se sont servis de papiers sur lesquels ils avaient écrit avec du sang des caractères indéchiffrables ; et ces pièces , produites dans les procédures, ont été admises en preuve de maléfices jetés. Nous avons dit quel était le pouvoir des mots agla, abracadabra , etc. Voy. Talismans.
Cardan (Jérôme), — médecin, astrologue et visionnaire , né à Pavie en 1501, mort à Rome en '1 576. Il nous a laissé une histoire de sa vie où il avoue sans pudeur tout ce qui peut tourner à sa honte. Il se fit beaucoup d'ennemis par ses mœurs; du reste, ce fut un des hommes habiles de son temps. Il fît faire des pas aux mathématiques, et il paraît qu'il était savant médecin ; mais il avait une imagination presque toujours délirante, et on l'a souvent excusé en disant qu'il était fou. — Il rapporte, dans le livre De vita propria, que, quand la nature ne lui faisait pas sentir quelque douleur, il s'en procurait lui-même en se mordant les lèvres , ou en se tiraillant les doigts jusqu'à ce qu'il en pleurât, parce que, s'il lui arrivait d'être sans douleur, il ressentait des saillies et des impétuosités si violentes, qu'elles lui étaient plus insupportables que la douleur même. D'ailleurs, il aimait le mal physique à cause du plaisir qu'il éprouvait ensuite quand ce mal cessait. Il dit, dans le livre 8 de la Variété des choses, qu'il tombait en extase quand il voulait , et qu'alors son âme voyageait hors de son corps, qui demeurait impassible et comme inanimé. — Il prétendait avoir deux âmes, l'une qui le portait au bien et à la science, l'autre qui l'entraînait au mal et à l'abrutissement. — 11 assure que, dans sa jeunesse, il voyait clair dans les ténèbres; que l'âge affaiblit en lui cette faculté; que cependant, quoique vieux, il voyait encore en s'éveillant au milieu de la nuit, mais moins parfaitement que dans son âge tendre. Il avait cela de commun, disait-il, avec l'empereur Tibère ; il aurait pu dire aussi avec les hiboux. — Il donnait dans l'alchimie, et on voit, dans ses ouvrages, qu'il croyait à la cabale et qu'il faisait grand cas des secrets cabalistiques. Il dit quelque part que, la nuit du 13 au 14 août 4491, sept démons ou esprits élémentaires de haute stature apparurent à Fazio Cardan, son père (presque aussi
fou que lui), ayant l'air de gens de quarante ans , vêtus de soie , avec des capes à la grecque, des chaussures rouges et des pourpoints cramoisis; qu'ils se direat hommes aériens, assurant qu'ils naissaient et mouraient; qu'ils vivaient trois cents ans; qu'ils approchaient beaucoup plus de la nature divine que les habitants de la terre ; mais qu'il y avait néanmoins enfre eux et Dieu une distance infinie. Ces hommes aériens étaient sans doute des sylphes. — Il se vantait d'avoir, comme Socrate, un démon familier, qu'il plaçait entre les substances humaines et la nature divine, et qui se communiquait à lui par les songes. Ce démon était encore un esprit élémentaire; car, dans le dialogue intitulé Tetim, et dans le traité De libris propriis, il dit que son démon familier tient de la nature de Mercure et de celle de Saturne. On sent bien qu'il s'agit ici des planètes. Il avoue ensuite qu'il doit tous ses talents, sa vaste érudition et ses plus heureuses idées à son démon. Tous ses panégyristes, en faisant son éloge, ont fait la part de son démon familier, ce qu'il est bon de remarquer pour l'honneur des esprits. Cardan assurait aussi que son père avait été servi trente ans par un esprit familier. — Comme ses connaissances en astrologie étaient grandes, il prédit à Édouard VI, roi d'Angleterre, plus de cinquante ans de règne , d'après les règles de l'art. Mais Édouard VI mourut à seize ans. — Ces mêmes règles lui avaient fait voir clairement qu'il ne vivrait que quarante-cinq ans. Il régla sa fortune en conséquence ; ce qui l'incommoda fort le reste de sa vie. Quand il se vit trompé dans ses calculs, il refit son thème, et trouva qu'au moins il ne passerait pas la soixante-quinzième année. La nature s'obstina encore à démentir l'astrologie. Alors , pour soutenir sa réputation , et ne pas supporter davantage la honte d'un démenti (car il pensait que l'art est infaillible et que lui seul avait pu se tromper), on assure que Cardan se laissa mourir de faim. — « De tous les événements annoncés par les astrologues, je n'en trouve qu'un seul qui soit réellement arrivé tel qu'il avait été prévu , dit un écrivain du dernier siècle *, c'est la mort de Cardan , qu'il avait lui-même prédite et fixée ,à un jour marqué. Ce grand jour arriva : Cardan se portait bien ; mais il fallait mourir ou avouer l'insuffisance et la vanité de son art : Cardan ne balança pas; et, se sacrifiant à la gloire des astres, il se tua lui-même ; il n'avait pas expliqué s'il périrait par une maladie ou par un suicide. » — Il faut rappeler, parmi les extravagances astrologiques de Cardan,
1 Essai sur les superstitions , par M. L. C. In-12.
qu'il avait dressé l'horoscope de notre Seigneur Jésus-Christ , qu'il publia en Italie et en France. Il trouvait, dans la conjonction de Mars avec la Lune au signe de la Balance, le genre de mort de Jésus ; et le mahométisme dans la rencontre de Saturne avec le Sagittaire, à l'époque de la naissance du Sauveur.
— En somme, Jérôme Cardan fut un homme superstitieux, qui avait plus d'imagination que de jugement. Ce qui est bizarre, c'est que, croyant à tout, il croyait mal aux seules merveilles vraies, celles que l'Église admet. On le poursuivit comme magicien et comme impie... — Delancre dit qu'il avait été bien instruit en la magie par son père, lequel avait eu trente ans un démon enfermé dans une cassette , et discourait avec ce démon sur toutes ses affaires \ — On trouve donc des choses bizarres dans presque tous ses ouvrages, qui ont été recueillis en 10 volumes infolio, principalement dans les livres de la Variété des choses , de la Subtilité des démons, etc., et dans son Traité des Songes 2. Voyez Métoposcopie.
Carenus (Alexandre),— auteur d'un Traité des songes 3 publié à Padoue en 1575.
Carlostad (André Bodenstein de), — archidiacre de Wurtemberg , d'abord parlisan , ensuite ennemi de Luther. Il nia la présence réelle de notre Seigneur Jésus-Christ dans l'eucharistie, après avoir gagé avec Luther, le verre à la main, qu'il soutiendrait cette erreur. Il abolit la confession auriculaire, le précepte du jeûne et l'abstinence des viandes. Il fut le premier prêtre qui se maria publiquement en Allemagne; il permit aux moines de sortir de leurs monastères et de renoncer à leurs vœux; il fit de mauvais ouvrages, aujourd'hui méprisés de toutes les sectes, et voici ce qui lui arriva, selon le récit de Mostrovius :
— Le jour que Carlostad prononça son dernier prêche, un grand homme noir, à la figure triste et décomposée, monta après lui dans la chaire et lui annonça qu'il irait le voir dans trois jours. D'autres disent que l'homme noir se tint devant lui, le regardant d'un œil fixe, à quelques pas de la chaire. Quoi qu'il en soit, Carlostad se troubla ; il dépêcha son prêche, et, au sortir de la chaire, il demanda si l'on connaissait l'homme noir qui venait de sortir du temple ; mais personne que lui ne l'avait vu. — Cependant le même fantôme noir était allé à la maison de Carlostad, et avait dit au
1 L'Incrédulité et mécréance, etc., traité 1er, p. 13, etc.
2 Hicronymus Cardan us , De Somniis. Baie, 1685. In-4«.
3 Alex. Carenus, De Somniis, in-4°, Patavii, 1575.
5 — CAR plus jeune de ses fils : « Souviens-toi d'avertir ton père que je reviendrai dans trois jours, et qu'il se tienne prêt.... » Quand l'archidiacre rentra chez lui, son fils lui raconta cette circonstance. Carlostad épouvanté se mit au lit , et trois jours après , le 25 décembre 1541, le diable, dit-on, 4ui tordit le cou. L'événement eut lieu dans la ville de Bâle '.
Carmentes . — déesses tutélaires des enfants chez les anciens. Elles ont été remplacées par nos fées ; elles présidaient à la naissance, chantaient l'horoscope du nouveau né, lui faisaient un don , comme les fées en Bretagne, et recevaient de petits présents de la part des mères. Elles ne se montraient pas; cependant on leur servait à dîner dans une chambre isolée pendant les couches. On donnait aussi, chez les Romains, le nom de carmentes (ou charmeuses) aux devineresses célèbres ; et l'une des plus fameuses prophétesses de l'Arcadie s'est nommée Carmentie. On l'a mise dans le ci-devant Olympe.
Carnaval , — VOlJ. MASCARADES. Carnoet , — Voy. TrOU DU CHATEAU.
Camus, — devin d'Acarnanie, qui, ayant prédit de grands malheurs sous le règne de Codrus , fut tué à coups de flèches comme magicien. Apollon envoya la peste pour venger sa mort.
Caron. — La fable du batelier des enfers vint, dit-on, de Memphis, en Grèce. Fils de l'Érèbe et de la Nuit, il traversait le Cocyte et l'Achéron dans une barque étroite. Vieux et avare , il n'y recevait que les ombres de ceux qui avaient reçu la sépulture et qui lui payaient le passage. Nul mortel pendant sa vie ne pouvait y entrer , à moins qu'un rameau d'or consacré à Proserpine ne lui servît de sauf-conduit; et le pieux Énée eut besoin que la sibylle lui en fît présent lorsqu'il voulut pénétrer dans le royaume de Pluton. Longtemps avant le passage de ce prince, le nocher infernal avait été exilé pendant un an dans un lieu obscur du Tartare, pour avoir reçu dans son bateau Hercule, qui ne s'en était pas muni. — Mahomet, dans le Koran, chap. 28, a confondu Caron avec Coré , que la terre engloutit lorsqu'il outrageait Moïse. L'Arabe Mutardi, dans son ouvrage sur l'Égypte, fait de Caron un oncle du législateur des Hébreux, et , comme il soutint toujours son parti avec zèle, ce dernier, dit-il, lui apprit l'alchimie et
1 Cette anecdote se trouve encore dans les écrits de Luther, et dans un livre du dernier siècle, intitulé : La Babylone démasquée , ou Entretiens de deux dames hollandaises sur la religion catholique romaine, etc., p. 226; édition de Pépie, rue St-Jacques, à Paris, 1727.
le secret du grand œuvre , avec lequel il amassa des sommes immenses. Hérodote nous a indiqué l'opinion la plus sûre : Caron fut d'abord un simple prêtre de Vulcain , mais qui sut usurper en Ëgypte le souverain pouvoir. Parvenu au faîte de la grandeur, il voulut rendre son nom immortel par un ouvrage qui pût attester, dans tous les siècles , l'étendue de sa magnificence. Le tribut qu'il imposa sur les inhumations lui fournit des trésors qui facilitèrent son dessein. C'est à lui que l'on doit ce labyrinthe égyptien, qui fut d'abord le palais qu'il se plut à habiter, et qui passa ensuite dans l'opinion vulgaire pour faire partie des enfers ».
Carpentier (Richard), — bénédictin anglais du dix-septième siècle. On recherche de lui : 1° la Ruine de l'Antéchrist, in-8°, 1648 ; 2° Preuves que V astrologie est innocente, utile et précise, in-4°, Londres, 1653. 11 a publié une autre singularité intitulée « la Loi parfaite de Dieu, sermon qui n'e?t pas sermon, qui a été prêché et n'a pas été prêché, 1652. »
Carpocratiens, — hérésiarques du deuxième siècle, qui reconnaissaient pour chef Carpocrate, professeur de magie, selon 1 expression de saint Irénée. Ils contaient que les anges venaient de Dieu par une suite de générations infinies, que lesdits anges s'étaient avisés un jour de créer le monde et les âmes, lesquelles n'étaient unies à des corps que parce qu'elles avaient oublié Dieu. Carpocrate prétendait que tout ce que nous apprenons n'est que réminiscence. Il regardait les anges comme nous les démons ; il les disait ennemis de l'homme, et croyait leur plaire en se livrant à toutes ses passions et aux plaisirs les plus honteux. Ses disciples cultivaient la magie; faisaient des enchantements et avaient des secrets merveilleux. Ils marquaient leurs sectateurs à l'oreille et commettaient beaucoup d'abominations. Cette secte ne subsista pas long-' temps.
Carra ( Jean-Louis ), — aventurier du dernier siècle, qui se fit girondin, et fut guillotiné en 4793. Il a laissé, entre outres ouvrages, un Examen physique du magnétisme animal, in-8°, 1785.
Carrefours , — lieux où quatre chemins aboutissent. C'est aux carrefours que les sorciers se réunissent ordinairement pour faire le sabbat. On montre encore , dans plusieurs provinces, quelques-uns de ces carrefours redoutés, au milieu desquels étaient placés des
1 Delandine, Enfers des peuples anciens ch. 9. Voyez, dans les Légendes infernales, la légende de Caron, d'après Paul Lucas.
1G — CAR poteaux que les sorciers ou les démons entouraient de lanternes pendant la fête nocturne. On fait remarquer aussi sur le sol un large rond où les démons dansaient, et l'on prétend que l'herbe ne peut y croitre. C'est aussi dans un carrefour qu'on tue la poule noire pour évoquer le diable.
Cartagra , — région du purgatoire , voy. Gamygyn
Cartes, — VOXJ. CARTOMANCIE.
Carticeya , — divinité indienne qui commande les armées des génies et des anges; i! a six faces, une multitude d'yeux et un grand nombre de bras armés de massues, de sabres et de flèches. Il se prélasse à cheval sur un paon.
Cartomancie, — divination par les cartes , plus connue sous le nom d'art de tirer les cartes. — On dit que les cartes ont. été inventées pour amuser la folie de Charles VI; mais Alliette, qui écrivit sous le nom d'Ettéilla, nous assure que la cartomancie, qui est l'art de tirer les cartes, est bien plus ancienne. Il fait remonter cette divination au jeu des bâtons d'Alpha (nom d'un Grec fameux exilé en Espagne, dit-il). Il ajoute qu'on a depuis perfectionné cette science merveilleuse. On s'est servi de tablettes peintes ; et quand Jacquemin Gringoneur offrit les cartes au roi Charles le Bien-Aimé, il n'avait eu que la peine de transporter sur des carions ce qui était connu des plus habiles devins sur des planchettes. Il est fâcheux que cette assertion ne soit appuyée d'aucune preuve. — Cependant les cartes à jouer sont plus anciennes que Charles VI. Boissonade a remarqué que le petit Jehan de Saintré ne fut honoré de la faveur de Charles V que parce qu'il ne jouait ni aux cartes ni aux dés. Il fallait bien aussi qu'elles fussent connues en Espagne lorsque Alphonse XI les prohiba en 1332, dans les statuts de l'ordre de la Bande. — Quoi qu'il en soit, les cartes, d'abord tolérées, furent ensuite condamnées; et c'est une opinion encore subsistante dans l'esprit de quelques personnes crédules que qui tient les cartes tient le diable. C'est souvent vrai, au figuré. « Ceux qui font des tours de cartes sont sorciers le plus souvent, » dit Boguet. Il cite un comte italien qui vous mettait en main un dix de pique, et vous trouviez que c'était un roi de cœur *. Que dirait-il des prestidigitateurs actuels?'— Il n'est pas besoin de dire qu'on a trouvé tout dans les cartes , histoire , sabéisme, sorcellerie. Il y a même eu des doc-
1 Discours des sorciers, ch. 53.
tes qui virent toute l'alchimie dans les figures; et certains cabalistes ont prétendu y reconnaître les esprits des quatre éléments. Les carreaux sont les salamandres, les cœurs sont les sylphes , les trèfles les ondins, et les piques les gnomes. Arrivons à l'art de tirer les cartes. — On se sert, pour la cartomancie, d'un jeu de piquet de trente deux cartes. Les cœurs et les trèfles sont généralemeut bons et heureux ; les carreaux et les piques, généralement mauvais et malheureux. Les figures en cœur et en carreau annoncent des personnes blondes ou châtaines - blondes ; les figures en pique ou en trèfle annoncent des personnes brunes ou châtaines-brunes. Voici ce que signifie chaque carte : — Les huit cœurs. — Le roi de cœur est un homme honorable qui cherche à vous faire du bien: s'il est renversé, il sera arrêté dans ses loyales intentions. La dame de cœur est une femme honnête et généreuse de qui vous pouvez attendre des services ; si elle est renversée, c'est le présage d'un retard dans vos espérances. Le valet de cœur est un brave jeune homme, souvent un militaire , qui doit entrer dans votre famille et cherche à vous être utile ; il en sera empêché s'il est renversé. L'as de cœur annonce une nouvelle agréable; il représente un festin ou un repas d'amis quand il se trouve entouré de figures. Le dix de cœur est une surprise qui fera grande joie ; le neuf promet une réconciliation , il resserre les liens entre les personnes qu'on veut brouiller. Le huit promet de la satisfaction de la part des enfants. Le sept annonce un bon mariage. — Les huit carreaux. — Le roi de carreau est un hommeassez important qui pense à vous nuire, et qui vous nuira s'il est renversé. La dame est une méchante femme qui dit du mal de vous et qui vous fera du mal si elleest renversée. — Le valet est un militaire ou un messager qui vous apporte des nouvelles désagréables, et s'il est renversé des nouvelles fâcheuses ; l'as de carreau annonce une lettre: le dix de carreau, un voyage nécessaire et imprévu ; le neuf, un retard d'argent; le huit, des démarches qui surprendront de la part d'un jeune' homme; le sept, un gain de loterie; s'ilse trouve avec l'as de carreau, bonnes nouvelles. — Les huit piques. — Le roi représente un commissaire ou un homme de robe avec qui on aura des disgrâces; s'il est renversé, perte d'un procès. La dame est une veuve qui cherche à vous tromper ; si elle est renversée , elle vous trompera. Le valet est un jeune homme qui vous causera des désagréments ; s'il est renversé, présage de trahison. L'as, grande tristesse; le dix, emprisonnement; le neuf, retard clans les af-
1 — CAR faires; le huit, mauvaise nouvelle; s'il esfc suivi du sept de carreau, pleurs et discordes. Le sept, querelles et tourments, à moins qu'il ne soit accompagné de cœurs. — Les huit trèfles. — Le roi est un homme juste, qui vous rendra service; s'il est renversé, ses intentions honnêtes éprouveront du retard. La dame est une femme qui vous aime; une femme jalouse, si elle est renversée. Le valet promet un mariage qui ne se fera pas sans embarras préliminaires , s'il est renversé. L'as, gain, profit, argent à recevoir; le dix, succès; s'il est suivi du neuf de carreau, retard d'argent ; perte s'il se trouve à côté du neuf de pique. Le neuf, réussite; le huit, espérances fondées; le sept, faiblesses; et s'i l est suivi d'un neuf, héritage. — Quatre rois de suite, honneurs; trois rois de suite, succès dans le commerce ; deux rois de suite , bons conseils. — Quatre dames de suite, grands caquets; trois dames de suite, tromperies; deux dames de suite, amitié. — Quatre valets de suite, maladie contagieuse ; trois valets de suite, paresse ; deux valets de suite, dispute.
— Quatre as de suite, une mort ; trois as de suite, libertinage ; deux as de suite, inimitié.
— Quatre dix de suite, événements désagréables; trois dix de suite, changement d'état ; deux dix de suite , perte. — Quatre neuf de suite, bonnes actions; trois neuf de suite, imprudence ; deux neuf de suite, argent.
— Quatre huit de suite, revers; trois huit de suite, mariage; deux huit de suite, désagréments. — Quatre sept de suite, intrigues; trois sept de suite, divertissements; deux sept de suite, petites nouvelles. — H y a plusieurs manières de tirer les cartes. La plus sûre méthode est de les tirer par sept, comme il suit :
— Après avoir mêlé le jeu, on compte les cartes de sept en sept, mettant de côté la septième de chaque paquet. On répète l'opération jusqu'à ce qu'on ait produit douze carte*. Vous étendez ces douze cartes sur la table les unes à côté des autres, selon l'ordre dans lequel elles sont venues ; ensuite vous cherchez ce qu'elles signifient , d'après la valeur et la position de chaque carte, ainsi qu'on l'a expliqué. — Mais avant de tirer les cartes, il ne faut pas oublier de voir si la personne pour laquelle on les lire est sortie du jeu. On prend ordinairement le roi de cœur pour un homme blond marié ; le roi de trèfle pour un homme brun marié ; la dame de cœur pour une dame ou une demoiselle blonde ; la dame de trèfle pour une dame ou une demoiselle brune; le valet de cœur pour un jeune homme blond ; le valet de trèfle pour un jeune homme brun.
— Si la carte qui représente la personne pour
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qui on opère ne se trouve pas dans les douze cartes que le hasard vient d'amener, on ia cherche dans le reste du jeu , et on la place simplement à la fin des douze cartes sorlies. Si au contraire elle s'y (rouve, on fait tirer à la personne pour qui on travaille (ou I on tire soi-même si c'est pour soi que l'on consulte) une treizième carte à jeu couvert. On la place pareillement à la fin des douze cartes étalées, parce qu'il est reconnu qu'il faut treize cartes. — Alors on explique sommairement l'ensemble du jeu. Ensuite, en partant de la carte qui représente la personne pour qui on interroge le sort , on compte sept et on s'arrête ; on interprète la valeur intrinsèque et relative de la carte sur laquelle on fait station ; on compte sept de nouveau , et de nouveau on explique , parcourant ainsi tout le jeu à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'on revienne précisément à la carte de laquelle on est parti. On doit déjà avoir vu bien des choses. Il reste cependant une opération importante. — On relève les treize cartes , on les mêle , on fait couper de la main gauche. Après quoi on les dispose à couvert sur six paquets, '1 0 pour la personne, 2° pour la maison ou son intérieur, 3° pour ce qu'elle attend, 4° pour ce qu'elle n'attend pas, 5° pour sa surprise, 6° pour sa consolation ou sa pensée. — Les six premières cartes ainsi rangéessur la table, il en reste sept dans la main. On fait un second tour, mais on ne met une carte que sur chacun des cinq premiers paquets. Au troisième tour, on pose les deux dernières cartes sur les numéros 1 et 2. On découvre ensuite successivement chaque paquet, et on l'explique en commençant par le premier, qui a trois cartes ainsi que le deuxième, et finissant par le dernier qui n'en a qu'une. — Voilà tout entier l'art de tirer les cartes; les méthodes varient, mais les résultats ne varient pas. — Nous terminerons en indiquant la manière de faire ce qu'on appelle la réussite. — Prenez également uu jeu de piquet de trente-deux cartes. Faites huit paquets à couvert de quatre cartes chacun, et les rangez sur la table ; retournez la première carte de chaque paquet; prenez les cartes de la même valeur deux par deux, comme deux dix, deux rois, deux as, etc., en retournant toujours à découvert sur chaque paquet la carte qui suit celle que vous enlevez. Pour que la réussite sôit assurée, il faut que vous retiriez de la sorte toutes les cartes du jeu, deux par deux, jusqu'aux dernières. — On fait ces réussites pour savoir si un projet ou une affaire aura du succès, ou si une chose dont on doute a eu lieu. — Allictte, sous le nom cî'Ettfilla. a publia un \of\a Iraité suj celte niu-
tière. Citons encore l'Oracle parfait, ou nouvelle manière de tirer les cartes , au moyen de laquelle chacun peut faire son horoscope. In-12, Paris, 1802. Ce petit livre, de 92 pages, est dédié au beau sexe par Albert d'Alby. L'éditeur est M. de Valembert, qui fait observer que YOracle parfait devait paraître en 1788 ; que la censure l'arrêta, et qu'on n'a pu qu'en 4 802 en gratifier le public. La méthode de ce livre est embrouillée ; l'auteur veut qu'on emploie vingt cartes disposées par cinq, de cette manière : une au milieu, une au-dessus, une au-dessous, et une de chaque côté, ce qui fait une croix. La carte d'en haut signifie ce qui doit arriver bientôt, la carte de droite arrivera dans un temps plus éloigné ; la carte d'en bas est pour le passé ; la carte de gauche pour les obstacles; la carte du milieu pour le présent. On explique ensuite d'après les principes. — Mais c'en est assez sur la cartomancie. Nous n'avons voulu rien laisser ignorer de cette science aux dames qui consultent leurs cartes et qui doutent de Dieu. Cependant nous les prierons d'observer que ce grand moyen de lever le rideau qui nous cache l'avenir s'est trouvé quelquefois en défaut. Une des plus fameuses tireuses de cartes fit le jeu pour un jeune homme sans barbe qui s'était déguisé en fille. Elle lui promit un époux riche et bien fait, trois garçons, une fille, des couches laborieuses mais sans danger. — Une dame qui commençait à hésiter dans sa confiance aux cartes se fit un jour une réussite pour savoir si elle avait déjeuné. Elle était encore à table devant Jes plats vides, elle avait l'estomac bien garni ; toutefois les cartes lui apprirent qu'elle était à jeun, car la réussite ne put avoir lieu.
Casaubon (Médéric), fils d'IsaacCasaubon.
né à Genève en 1599. On a de lui un Traité de l'Enthousiasme, publié en 1655; in-8°. Cet ouvrage est dirigé contre ceux qui attribuent l'enthousiasme à une inspiration du ciel ou à. une inspiration du démon. On lui doit aussi un Traité de la crédulité et de l'incrédulité dans les choses spirituelles, in-8°, Londres. 4 670. Il y établit la réalité des esprits, des merveilles surnaturelles et des sorciers K Nous citerons aussi sa Véritable et fidèle relation de ce qui s'est passé entre Jean Dée et certains esprits, 1659, in-fol.
Casi. — C'est le nom d'une pagode fameuse sur les bords du Gange. Les Indiens recherchent le privilège d'y mourir: car Eswara ne manque pas de venir souffler dans leur oreille
1 Cet ouvrage est connu aussi sous le titre de Traité des esprits, des sorciers et des opérations surnaturelles, en ajiRlaii. Londres, 1^72. In 8°.
droite au dernier instant pour les purifier : aussi ont-ils grand soin de mourir couchés sur le côté gauche.
Casmann (Othon), — savant Allemand du seizième siècle , auteur d'un livre sur les anges, intitulé : Angélographie *. Il a laissé un autre ouvrage, que quelques personnes recherchent, sur les mystères de la nature 2.
Cassandre, — fille de Priam, à qui Apollon donna le don de prophétie pour la séduire; mais quand elle eut le don, elle ne voulut pas répondre à la tendresse du dieu , et le dieu discrédita ses pronostics. Aussi, quoique grande magicienne et sorcière , comme dit Delancre 3, elle ne put pas empêcher la ruine de Troie, ni se garantir ellemême des violences d'Ajax.
Cassius de Parme. — Antoine venait de perdre la bataille d'Actium; Cassius de Parme, qui avait suivi son parti, se retira dans Athènes : là, au milieu de la nuit, pendant que son esprit s'abandonnait aux inquiétudes, il vit paraître devant lui un homme noir qui lui parla avec agitation. Cassius lui demanda qui il était. « Je suis ton démon *, » répondit le fantôme. Ce mauvais démon était la peur. A cette parole, Cassius s'effraya et appela ses esclaves; mais le démon disparut sans se laisser voir à d'autres yeux. Persuadé qu'il rêvait, Cassius se recoucha et chercha à se rendormir; aussitôt qu'il fut seul, le démon reparut avec les mêmes circonstances. Le Romain n'eut pas plus de force que d'abord; il se fit apporter des lumières, passa le reste de la nuit au milieu de ses esclaves, et n'osa plus rester seul. Il fut tué peu de jours après par l'ordre du vainqueur d'Actium 3.
Casso ou Alouette. — On assure que celui qui portera sur soi les pieds de cet oiseau ne sera jamais persécuté ; au contraire, il aura toujours l'avantage sur ses ennemis. Si on enveloppe l'œil droit de l'alouette dans un morceau de la peau d'un loup, l'homme qui le portera sera doux, agréable et plaisant; et si on le met dans du vin, on se fera chérir de la personne qui le boira 6.
Cassotide, — fontaine de Delphes, dont la vertu prophétique inspirait des femmes qui y rendaient des oracles.
1 Angelographia, 2 vol. in-8°. Francfort, 1597 et 1605.
2 Nucleus mysteriorum naturœ enucleatus, 1605. In-8°.
3 Tableau de l'inconstance des mauvais anges, etc., liv. vr, dise. 3.
* L'original porte cacodaimon , mauvais démon. Chez les Grecs daimon simplement signifiait un ijénic, une bonne intelligence, comme le démon de Socrate et quelques autres.
Valère-Maxime, et d'autres anciens.
'>> Admirables secrets d'Albert-le-Grand,
Castaigne (Gabriel de ) , — aumônier de Louis XIII, cordelier et alchimiste. On lui doit l'Or potable qui guérit de tous maux, in-8°, rare, Paris, 4 61 1 ; le Paradis terrestre, où l'on trouve la guérison de toute maladie , in-8°, Paris, 1 61 5 ; « le Grand Miracle de na- » ture métallique, que, en imitant icelle sans » sophistiqueries, tous les métaux imparfaits » se rendront en or fin, et les maladies incu- » rables se guériront, » in-8°, Paris, 1615.
Castalie, — fontaine d'Antioche, au faubourg de Daphné; ses eaux étaient prophétiques, et il y avait auprès un oracle célèbre qui prédit l'empire à Adrien. Quand cet oracle fut accompli , Adrien fit boucher la fontaine avec de grosses pierres, de peur qu'un autre n'y allât chercher la même faveur qu'il avait obtenue.
Castellinî (Luc), — frère prêcheur du dixseptième siècle. On trouve des prodiges infernaux dans son Traité des miracles l.
Castor. — C'est une opinion très-ancienne et très-commune que le castor se mutile pour se dérober à la poursuite des chasseurs. On la trouve dans les hiéroglyphes des Égyptiens, dans les fables d'Ésope, dans Pline, dans Aristote, dans Élien ; mais cette opinion n'en est pas moins une erreur aujourd'hui reconnue 2.
Castor et Pollux , — fils de Jupiter et de Léda. On en fit des dieux marins; et, dans l'antiquité, les matelots appelaient feux de Castor et Pollux ce que nos marins appellent feux Saint-Elme. Les histoires grecques et romaines sont remplies d'apparitions de Castor et Pollux. Pendant que Paul-Émile faisait la guerre en Macédoine, Publius Vatinius, revenant à Rome, vit subitement devant lui deux jeunes gens beaux et bien faits, montés sur des chevaux blancs, qui lui annoncèrent que le roi Persée avait été fait prisonnier la veille. Vatinius se hâta de porter au sénat cette nouvelle ; mais les sénateurs , croyant déroger à la majesté de leur caractère en s'arrêtant à des puérilités, firent mettre cet homme en prison. Cependant, après qu'on eut reconnu par les lettres du consul que le roi de Macédoine avait été effectivement pris ce jour-là, on tira Vatinius de sa prison, on le gratifia de plusieurs arpents de terre, et le sénat reconnut que Castor et Pollux étaient les protecteurs de la république. Pausanias explique cette apparition : « C'étaient, dit-il, des jeunes gens revêtus du costume des Tyndandes, et apostés pour frapper les esprits
1 Tractatus de miraculis. Rome, 1629.
2 Voyez Brown, Des Erreurs populaires, liv. m, ch. 4.