CAM
Paris, 174(). La meilleure édition est de '1751 ; Paris, 2 vol. in-! 2. Ce livre est fait avec bonne foi; l'auteur est peut-être trop crédule, il admet facilement les vampires. Il est vrai qu'il rapporte ce qui est contraire à ses idées avec autant de candeur que ce qui leur est favorable. Voy. Vampires.
Calundronïus , — pierre magique dont on ne désigne ni la couleur ni la forme, mais qui a la vertu d'éloigner les esprits malins, de résister aux enchantements, de donner à celui qui la porte l'avantage sur ses ennemis, et de chasser l'humeur noire.
Calvin (Jean), — l'un des chefs de la réforme prétendue, né à Noyon en 4 509. Ce hideux fanatique, qui fit brûler Michel Servet, son ami , parce qu'il différait d'opinion avec lui, n'était pas seulement hérétique ; on l'accuse encore d'avoir été magicien. « Il faisait des prodiges à l'aide du diable, qui quelquefois ne le servait pas bien : car un jour il voulut faire croire qu'il ressuscitait un homme qui n'était pas mort; et, après qu'il eut fait ses conjurations sur le compère, lorsqu'il lui ordonna de se lever , celui-ci n'en fit rien , et on trouva qu'icelui compère était mort tout de bon pour avoir voulu jouer cette mauvaise comédie *. » Quelques-uns ajoutent que Calvin fut étranglé par le diable ; il ne l'aurait pas volé.
Cambions, — enfants des démons. Delancre et Bodin pensent que les démons incubes peuvent s'unir aux démons succubes, et qu'il naît de leur commerce des enfants hideux qu'on nomme cambions, lesquels sont beaucoup plus pesants que les autres , avalent tout sans en être plus gras , et tariraient trois nourrices , qu'ils n'en profiteraient pas mieux 2. Luther, qui était très-superstitieux, dit dans ses Colloques que ces enfants-là ne vivent que sept ans; il raconte qu'il en vit un qui criait dès qu'on le touchait, et qui ne riait que quand il arrivait dans la maison quelque chose de sinistre — iMaïole rapporte qu'un mendiant galicien excitait la pitié publique avec un cambion ; qu'un jour un cavalier, voyant ce gueux très-embarrassé pour passer un fleuve , prit , par compassion, le petit enfant sur son cheval, mais qu'il était si lourd que le cheval pliait sous le poids. Peu de temps après, le mendiant, étant pris, avoua que c'était un petit de démon qu'il portait ainsi , et que cet affreux marmot , depuis qu'il le traînait avec
1 Boguet, Discours des sorciers, ch. 18.
2 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, liv. ni, à la fin. Bodin, Démonomanie, liv. n, ch. 7.
— CAM lui, avait toujours agi de telle sorte que personne ne lui refusait l'aumône 1.
Caméléon. — Démocrite , au rapport de Pline , avait fait un livre spécial sur les superstitions auxquelles le caméléon a donné lieu. Un plaideur était sûr de gagner son procès, s'il portait avec lui la langue d'un caméléon arrachée à l'animal pendant qu'il vivait. On faisait tonner et pleuvoir en brûlant sa tète et son gosier sur un feu de bois de chêne, ou bien en rôtissant son foie sur une tuile rouge. Boguet n'a pas manqué de remarquer cette merveille, dans le chapitre 23 de ses Discours des sorciers. L'œil droit d'un caméléon vivant, arraché et mis dans du lait de chèvre, formait un cataplasme qui faisait tomber les taies des yeux ; sa queue arrêtait le cours des rivières. On se guérissait de toute frayeur en portant sur soi sa mâchoire, etc. — Des curieux assurent encore que cette espèce de lézard ne se nourrit que de vent. Mais il est constant qu'il mange des insectes; et comment aurait-il un estomac et tous les organes de la digestion , s'il n'avait pas besoin de digérer ? Comment encore , s'il ne mange pas , produit-ii les excréments , dont les anciens faisaient un remède magique pour nuire à leurs ennemis? — La couleur du caméléon paraît varier continuellement, selon la réflexion des rayons du soleil et la position où l'animal se trouve par rapport à ceux qui le regardent : c'est ce qui l'a fait comparer à l'homme de cour. — Delancre dit, d'un autre côté, que le caméléon est l'emblème des sorciers, et qu'on en trouve toujours dans les lieux où s'est tenu le sabbat.
Camérarius ( Joachim ), — savant allemand du seizième siècle. On recherche son traité De la nature et des affections des démons 2 et son Commentaire sur les divinations 3 . — Nous indiquerons aussi, de Barthélemi Camerario, Bénéventin, mort en 4 564, un livre sur le feu du Purgatoire 4 ; les Centuries de Jean Rodolphe Camérarius , médecin allemand du dix-septième siècle, sur les horoscopes et l'astrologie 5 , et le fatras du même auteur sur les secrets merveilleux de la nature G. Enfin
1 Boguet, Discours des sorciers, ch. 14.
2 De natura et affectionibus daemonum libri duo. Lipsiœ, 1576. In-8°.
3 Commentarius de generibus divinationum, acgrsecis latinisque earum vocabulis. Lipsiœ, 1576. In-8°.
4 De purgatorio igne. Eomœ, 1557.
5 Horarum natalium centuriœ II pro certitudine astrologie. In-4». Francfort, 1607 et 1610.
c Sylloge memorabilium medicinee et mirabilium naturœ arcanorum centurie XII. In-12. Strasbourg, 1624. L'édition in-8° de.Tubingue, 1683, est augmentée et contient XX centuries.
Éiio Caniérarius, aûtre rêveur de Tubinguc, a écrit en faveur de la magie et des apparitions, des livres que nous ne connaissons pas.
Campanella (Thomas), — homme d'esprit, mais de peu de jugement , né dans un bourg delà Calabre en 1568. Tout jeune, il rencontra, dit-on, un rabbin qui l'initia dans les secrets de l'alchimie, et qui lui apprit toutes les sciences en quinze jours, au moyen de l'Art Notoire. Avec ces connaissances , Campanella , entré dans l'ordre des dominicains, se mit à combattre la doctrine d'Aristote alors en grande faveur. Ceux qu'il attaqua l'accusèrent de magie ; et il fut obligé de s'enfuir de Naples. On s'empara de ses cahiers ; l'inquisition , y trouvant des choses répréhensibles, condamna l'auteur à la retraite dans un couvent: notez que c'était l'inquisition d'État et que la vraie cause qui lui fit imposer le silence dans une sorte de séquestration, fut une juste critique qu'il avait faite dans son Traité de la monarchie espagnole , des torts graves de cette nation, dominée alors par un immense orgueil. Il sortit de sa retraite par ordre du pape, en 4 626 , et vint à Paris , où il mourut chez les jacobins de la rue Saint-Honoré, le 24 mai 1639. On a dit qu'il avait prédit l'époque de sa mort. Nous ne citerons de ses ouvrages que ses quatre livres Du sens des choses et de la magie ' , et ses six livres d'astrologie 2; l'auteur, qui faisait cas de cette science, s'efforce d'accorder les idées astrologiques avec la doctrine de saint Thomas.
Campetti, — hydroscope, qui renouvela à la fin du dernier siècle les merveilles de la baguette divinatoire. Il était né dans le Tyrol. Mais il a fait moins de bruit que Jacques Aymar. Au lieu de baguette pour découvrir les sources, les trésors cachés, et les traces de vol ou de meurtre, il se servait d'un petit pendule formé d'un morceau de pyrite, ou de quelque autre substance métallique suspendue à un fil qu'il tenait à la main. Ses épreuves n'ont pas eu de suites.
Camuz ( Philippe ), — romancier espagnol du seizième siècle. On lui attribue la Vie de Robert-le-Diablez, qui fait maintenant partie de la Bibliothèque Bleue.
Canate, — montagne d'Espagne , fameuse dans les anciennes chroniques ; il y avait au
T De sensu rerum et magialibri iv, etc. In-1°. Francfort, 1620.
* Astrologicornmlibri vi. ln-4'\Lyon, lf>29. L'édition de Francfort, 1630, c t plus recherchée, parce qu'elle contient un septième livre intitulé De fato syderali vitando.
J La Vida de Roberto el Diablo. etc. In-fo'io. Séville,