‹ Dictionnaire infernalChapitre 78 sur 368 · CAT · texte numérisé non relu

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guerres, et Frédéric, petit-fils du défunt Ferdinand, vit brûler, saccager et ruiner son pays1.

Catalonos OU Babailanas , — prêtresses

des Indiens des îles Philippines. Elles lisent dans l'avenir et prédisent ce qui doit arriver. Quand elles ont annoncé le bien ou le mal à ceux qui les consultent , elles font le sacrifice d'un cochon qu'elles tuent d'un coup de lance et qu'elles offrent en dansant aux mauvais génies et aux âmes des ancêtres, lesquelles, dans l'opinion des Indiens, fixent leurs demeures sous de grands arbres.

Gatanancèe, — plante que les femmes de Thessalie employaient dans leurs philtres. On en trouve la description dans Dioscoride.

Cataramonachia , — anathème que fulminent les papas grecs. Dans quelques îles de la Morée, on dit que cet anathème donne une fièvre lente dont on meurt en six semaines.

Catelan ( Laurent ), — pharmacien de Montpellier au dix-septième siècle. Il a laissé une Histoire de la nature, chasse, vertus, propriétés et usages de la Licorne, Montpellier, in-8°, 4 624, et un Rare et curieux Discours de la plante appelée Mandragore, Paris, in -12,<1639.

Catharin (Ambroise), — dominicain de Florence, mort à Rome en 1553, auteur d'une réfutation des prophéties de Savonarole2, et d'un Traité de la mort et de la résurrection.

Catherine, — VOy. REVENANTS.

Catherine ( SAINTE ) , — VOIJ . INCOMBUSTI- BLES.

Catherine de Médicis, — célèbre reine de France, née à Florence en 4 54 9, morte en 4 589. Elle croyait non-seulement à l'astrologie judiciaire, mais encore à la magie. Elle portait, dit-on, sur l'estomac une peau de vélin, d'autres disent d'un enfant égorgé, semée de figures, de lettres et de caractères de différentes couleurs. Elle était persuadée que cette peau avait la vertu de la garantir de toute entreprise contre sa personne. Elle fit faire la colonne de l'hôtel de Soissons3, dans le fût de laquelle il y avait un escalier à vis, pour monter à la sphère armillaire qui est au haut. Elle allait y consulter les astres avec ses astrologues , dont elle s'entoura

' Histoires prodigieuses de Boistuaux, tom. ie,\ a Discorso contra la dottrinaele profetie di Girolàmo Savonaroln, da Ambrosio Catarinb polito. ln-8". Venise, 1548. Thomas Neri combattit cet ouvrage dans un livre intitulé : Apologia di Tomaso Non. in dil'esa délia doLtrina di Girolàmo Savonarola. ln-8». Florence', l'6-l.

;i Cette colonne existe encore à Paris; elle est adossée à la Halle au blé.

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jusqu'à sa mort. — Cette princesse, que l'on a fort noircie, eut beaucoup d'ennemis, surtout les réformés, qui n'ont reculé devant aucune calomnie. Ils la représentent comme ayant été très-versée dans l'art d'évoquer lès esprits; ils ajoutent que sur la peau d'enfant qu'elle portait au cou, étaient représentées plusieurs divinités païennes. Étant tombée gravement malade, elle remit, disent-ils, à M. de Mesmes , une boîte hermétiquement fermée, en lui faisant promettre de ne jamais l'ouvrir et de la lui rendre si elle revenait à la vie. Long-temps après, les enfants du dépositaire ayant ouvert la boîte, dans l'espoir d'y trouver des pierreries ou un trésor, n'y découvrirent qu'une médaille de forme antique, large et ovale, où Catherine de Médicis était représentée à genoux, adorant les Furies et leur présentant une offrande. Ce conte donne la mesure de vingt autres. Catherine de Médicis survécut à M. de Mesmes, et elle n'aurait pas manqué de retirer la cassette. — Elle avait attaché à sa personne plusieurs astrologues, parmi lesquels il ne faut pas oublier l'illustre Luc Gauric. Ils lui prédirent que Saint-Germain la verrait mourir. Dès -lors elle ne voulut plus demeurer à Saint-Germainen-Laye ; et on dit qu'elle n'y coucha jamais depuis. Mais Nicolas de Saint-Germain, évêque de Nazareth, l'ayant assistée à l'heure de sa mort, on regarda la prédiction comme accomplie.

Catho ( Angelo ) , — savant habile dans l'astrologie, qui prédit àCharles-le-Téméraire sa mort funeste. Le duc de Bourgogne n'en tint compte, et perdit tout, comme on sait. Malheureusement rien ne prouve que la prédiction ait été faite en temps utile. Louis XI estimait tant Angelo Catho , à cause de sa science, qu'il lui donna l'archevêché de Vienne en Dauphiné.

Catillus, — voy. Gilbert.

Catoblebas, — serpent qui donne la mort à ceux qu'il regarde, si on en veut bien croire Pline. Mais la nature lui a fait la tête fort basse, de manière qu'il lui est difficile de fixer quelqu'un. On ajoute que cet animal habite près de la fontaine Nigris, en Ethiopie, que l'on prétend être la source du Nil.

Caton le Censeur. — Dans son livre, De Re Rustica, il enseigne, parmi divers remèdes, la manière de remettre les membres démis, et donne même les paroles enchantées dont il laut se servir.

Catoptromancie, — divination par le moyen d'un miroir. On trouve encore, dans beaucoup de villages, des devins qui emploient celte

t — CAU divination, autrefois fort répandue. Quand on a fait une perte, essuyé un vol, ou reçu quelques coups clandestins dont on veut connaître l'auteur, on va trouver le sorcier ou devin, qui introduit le consultant dans une chambre à demi éclairée. On n'y peut entrer qu'avec un bandeau sur les yeux. Le devin fait les évocations, et le diable montre dans un miroir le passé, le présent et le futur. Malgré le bandeau , les crédules villageois , dans de telles occasions, ont la tète tellement montée qu'ils ne manquent pas de voir quelque chose. — On se servait autrefois, pour cette divination, d'un miroir que l'on présentait, non devant, mais derrière la tête d'un enfant à qui l'on avait bandé les yeux. — Pausanias parle d'un autre effet de la catoptromancie. « Il y avait à Patras, dit-il, devant le temple de Cérès, une fontaine séparée du temple par une muraille ; là on consultait un oracle, non pour tous les événements, mais seulement pour les maladies. Le malade descendait dans la fontaine un miroir suspendu à un fil, en sorte qu'il ne touchât la surface de l'eau que par sa base. Après avoir prié la déesse et brûlé des parfums, il se regardait dans ce miroir, et, selon qu'il se trouvait le visage hâve et défiguré ou gras et vermeil , il en concluait très-certainement que la maladie était mortelle ou qu'il en réchapperait. »

Cattani (François), — évêque de Fiésol , mort en 1595, auteur d'un livre sur les superstitions de la magie 1.

Cauchemar. — On appelle ainsi un embarras dans la poitrine , une oppression et une difficulté de respirer qui surviennent pendant le sommeil, causent des rêves fatigants, et ne cessent que quand on se réveille. On ne savait pas trop, au quinzième siècle, ce que c'était que le cauchemar, qu'on appelait aussi alors chauche-poulet. On en fit un monstre; c'était un moyen prompt de résoudre la difficulté. Les uns voyaient dans cet accident une sorcière ou un spectre qui pressait le ventre des gens endormis, leur dérobait la parole et la respiration, et les empêchait de crier et de s'éveiller pour demander du secours ; les autres, un démon qui étouffait les gens. Les médecins n'y voyaient guère plus clair; on ne savait d'autre remède pour se garantir du cauchemar, que de suspendre une pierre creuse dans l'écurie de sa maison; et Delrio, embarrassé, crut décider la question en disant que Cauchemar était un suppôt de Belzébuth ; il l'appelle ailleurs incubas morbas. — Dans les

1 Sc.pra.la super.stitione <JeI£ ajste rnngiat. Floronce.

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guerres de la république française en Italie , on caserna dans une église abandonnée un régiment français ; les paysans avaient averti les soldats que la nuit on se sentait presque suffoqué dans ce lieu-là , et que l'on voyait passer un gros chien sur sa poitrine ; les soldats en riaient. Ils se couchèrent après mille plaisanteries. Minuit arrive, tous se sentent oppressés, ne respirent plus et voient chacun sur son estomac un chien noir, qui disparut enfin, et leur laissa reprendre leurs sens. Ils rapportèrent le fait à leurs officiers, qui vinrent y coucher eux-mêmes la nuit suivante, et furent tourmentés du même fantôme. Comment expliquer ce fait? « Mangez j)eu , tenez le. ventre libre, ne couchez point sur le dos, et. votre cauchemar vous quittera sans grimoire, » dit M. Salgues1. Il est certain que dans les pays où l'on ne soupe plus, on a moins de cauchemars.— Bodin conte2 qu'au pays de Valois, en Picardie, il y avait de son temps une sorte de sorciers et de sorcières qu'on appelait cauchemares, qu'on ne pouvait chasser qu'à force de prières.

Cauchon ( Pierre) , -— évêque de Beau vais au quinzième siècle. Il poursuivit Jeanne d'Arc comme sorcière, et la fit brûler à Rouen. Il mourut subitement en 1443. Le pape Calixte IV excommunia après sa mort ce prélat déshonoré, dont le corps fut déterré et jeté à la voirie.

Causathan, — démon ou mauvais génie que Porphyre se vantait d'avoir chassé d'un bain public.

Causimomancie, — divination par le feu, employée chez les anciens mages. C'était un heureux présage quand les objets combustibles jetés dans le feu venaient à n'y pas brûler.

Cayet ( PlERRE— VlCTOR-PALMA ); — Savant

écrivain tourangeau du seizième siècle. Outre la Chronologie novennaire et la Chronologie septennaire , il a laissé Y Histoire prodigieuse et lamentable du docteur Faust , grand magicien , traduite de l'allemand en français, Paris, 1603, in-12 ; et Y Histoire véritable comment Vâme de l'empereur Trajan a été délivrée des tourments de V enfer par les prières de saint Grégoire-le-Grand, traduite du latin d'Alphonse Chacon, in-8°, rare; Paris, 1607. — Cayet rechercha toute sa vie la pierre philosophale, qu'il n'eut pas le talent de trouver ; on débita aussi qu'il était magicien , mais on peut voir qu'il ne pensait guère à se mêler de magie , dans l'épître dédicatoire qu'il a mise

1 M. Salgues, Des Erreurs et des préjugés, t.I, p. 332.

2 Démonomanie des sorciers, liv. n, ch. 7.

2 — GAZ en tèle de l'histoire de Faust. Les huguenots, dont il avait abandonné le parti, l'accusèrent d'avoir fait pacte avec le diable , pour qu'il lui apprît les langues ; c'était alors une grande injure; Cayet s'en vengea vivement dans un livre où il défendit contre eux la doctrine du purgatoire 1 .

Caym, — démon de classe supérieure, grand président aux enfers; il se montre habituellement sous la figure d'un merle. Lorsqu'il paraît en forme humaine , il répond du milieu d'un brasier ardent; il porte à la main un sabre effilé. C'est, dit-on, le plus habile sophiste de l'enfer ; et il peut , par l'astuce de ses arguments , désespérer le logicien le plus aguerri. C'est avec lui que Luther eut cette fameuse dispute dont il nous a conservé les circonstances. Caym donne l'intelligence du chant des oiseaux, du mugissement des bœufs, de l'aboiement des chiens et du bruit des ondes. Il connaît l'avenir. Ce démon , qui fut autrefois de l'ordre des anges , commande à présent trente légions aux enfers 2.

Cayol, — propriétaire à Marseille, mort au commencement de ce siècle. Un de ses fermiers lui apporta un jour douze cents francs, dont il promit la quittance pour le lendemain, parce qu'il était occupé. Le paysan ne revint qu'au bout de quelques jours. M. Cayol venait de mourir d'apoplexie. Son fils avait pris possession de ses biens, il refuse de croire au fait que le paysan raconte, et réclame les douze cents francs en justice. Le paysan fut condamné à payer une seconde fois. Mais la nuit qui suivit cette sentence , M. Cayol apparut à son fils bien éveillé, et lui reprocha sa conduite : « J'ai été payé, ajouta-t-il; regarde derrière le miroir qui est sur la cheminée de ma chambre , tu y trouveras mon reçu. » Le jeune homme se lève tremblant, trouve la quittance de son père et se hâte de payer les frais qu'il avait faits au pauvre fermier, en reconnaissant ses torts *.

Cazotte ( Jacques ), — né à Dijon en 1720, guillotiné en 1793, auteur du poème d'Olivier, où beaucoup d'épisodes roulent sur les merveilles magiques. Le succès qu'obtint cette production singulière le décida à faire paraître le Diable amoureux. Comme il y a dans cet ouvrage des conjurations et autres propos de

1 La Fournaise ardente et le four du réverbère pour évaporer les prétendues eaux de Siloé, et pour corroborer le purgatoire contre les hérésies, calomnies, faussetés et cavillatiuns ineptes du prétendu ministre Dumoulin. Paris, 1603. In -8". Dumoulin, venait de publier les Eaux de Siloé , pour éteindre le feu du purgatoire , contre les raisons d'un cordelier portugais. In-b". IK03.

z Wierus, in Pseudomonarchià chem.

Infemaliana, p. 226,

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grimoire, un étranger alla un jour le prier de lui apprendre à conjurer le diable , science que Cazotte ne possédait pas. — Ce qui lui obtient encore place dans ce recueil, c'est sa prophétie rapportée par La Harpe , où l'on a cru long-temps qu'il avait pronostiqué la révolution dans la plupart de ses détails. Mais on n'avait imprimé, dit-on, qu'un fragment de cette pièce. On a cru, plus tard, la découvrir plus entière , et quelques-uns pensent à présent que la prophétie a été supposée.

Cébus ou Céphus , — monstre adoré des Égyptiens. C'était une espèce de satyre ou singe qui avait, selon Pline, les pieds et les mains semblables à ceux de l'homme. Diodore lui donne une tète de lion, le corps d'une panthère et la taille d'une chèvre. On ajoute que Pompée en fit venir un à Rome, et qu'on n'en a jamais vu que cette fois-là.

Cecco d'Ascoli (François Stabili , dit), — professeur d'astrologie , né dans la marche d'Ancône au treizième siècle. 11 se mêlait aussi de magie et d'hérésie. On dit, ce qui n'est pas certain, qu'il fut brûlé en 1327, avec son livre d'astrologie, qui est, à ce qu'on croit, le commentaire sur la sphère de Sacrobosco 1. Il disait qu'il se formait dans les deux des esprits malins qu'on obligeait, par le moyen des constellations, à faire des choses merveilleuses. Il assurait que l'influence des astres était absolue, et reconnaissait le fatalisme. Selon sa doctrine, Notre-Seigneur Jésus-Christ n'avait été pauvre et n'avait souffert une mort ignominieuse que parce qu'il était né sous une constellation qui causait nécessairement cet effet...; au contraire, l'antechrist sera riche et puissant, parce qu'il naîtra sous une constellation favorable. — On demandait un jour à Cecco ce que c'était que la lune ; il répondit : « C'est une terre comme la nôtre, ut terra terra est. » On a beaucoup disputé sur cet astrologue, connu aussi sous le nom de Cecus Asculan, et plus généralement sous celui de Chicus JEsculanus. Delrio ne voit en lui qu'un homme superstitieux , qui avait la tête mal timbrée. Naudé le regarde comme un fou savant. Quelques auteurs, qui le mettent au nombre des nécromanciens, lui prêtent un esprit familier, nommé Floron, de l'ordre des chérubins , lequel Floron l'aidait dans ses

1 Commentarii in sphseram Joannis de Sacrobosco. In-fol. Bâle, 1485. — « Une preuve que Cecco était fou, disent Naudé et Delrio, c'est, 1° qu'il interprète le livre de Sacrobosco dans le sens des? astrologues, nécromanciens et chiroscopistes ; 2" qu'il cite grand nombre d'auteurs falsifiés, comme les Ombres des idées de Salomon, le Livre des esprits d'Hipparchus , les Aspects des étoiles, d'Hippocrate, etc. »

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