‹ Dictionnaire infernalChapitre 79 sur 368 · CEN · texte numérisé non relu

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travaux et lui donnait de bons conseils, ce qui

ne l'empêcha pas de faire des livres ridicules.

Cécile. — Vers le milieu du seizième siècle, une femme, nommée Cécile, se montrait en spectacle à Lisbonne ; elle possédait l'art de si bien varier sa voix, qu'elle la faisait partir tantôt de son coude, tantôt de son pied, tantôt de son ventre. Elle liait conversation avec un être invisible qu'elle nommait Pierre-Jean, et qui répondait à toutes ses questions. Cette femme ventriloque fut réputée sorcière et bannie dans l'île Saint-Thomas1.

Ceintures magiques. — Plusieurs livres de secrets vous apprendront qu'on guérit toutes sortes de maladies intérieures en faisant porter au malade une ceinture de fougère cueillie la veille de la Saint-Jean , à midi, et tressée de manière a former le caractère magique HVTY. Le synode tenu à Bordeaux, en 4 600, a condamné ce remède, et la raison le condamne tous les jours.

Celse, — philosophe éclectique du deuxième siècle, ennemi des chrétiens. En avouant les miracles de Jésus-Christ, il disait qu'ils avaient été opérés par la magie, et que les chrétiens étaient des magiciens. Il a été réfuté par Origène.

Celsius (André), — suédois mort en 4744, auteur d'une Lettre sur les comètes, publiée à Upsal l'année de sa mort.

Cenchroboles , — nation imaginaire dont parle Lucien. Il dit que les Cenchroboles allaient au combat montés sur de grands, oiseaux couverts d'herbes vivaces au lieu do plumes. ,

Cendres. — On soutenait, dans le dix-septième siècle, entre autres erreurs, qu'il y avait des semences de reproduction dans les cadavres, dans les cendres des animaux et même des plantes brûlées ; qu'une grenouille , par exemple, en se pourrissant, engendrait des grenouilles, etque les cendres des roses avaient produit d'autres roses. Voij. Palingénésie. — Le Grand Albert dit que les cendres de bois astringent resserrent, et qu'on se relâche avec des cendres de bois contraire. « Et, ajoutet-il, Dioscoride assure que la lessive de cendres de sarments, bue avec du sel, est un remède souverain contre la suffocation de poitrine. Quant à moi, ajoute-t-il, j'ai guéri plusieurs personnes de la peste, en leur faisant boire une quantité d'eau où j'avais fait amortir de la cendre chaude, et leur ordonnant de suer après l'avoir bue2. »

1 M. Salgues, Des Erreurs, etc., t. IT, p. 227.

2 Les admirables secrets d'Albert-le-Grand, liv. iil, ch. I.

Cénéthus, — second roi d'Ecosse. Désirant venger la mort de son père, tué par les Pietés, il exhortait les seigneurs du pays à reprendre les armes ; mais, parce qu'ils avaient été malheureux aux précédentes batailles, les seigneurs hésitaient. Cénéthus, sous prétexte de les entretenir des affaires du pays, manda les plus braves chefs à un conseil, il les fit loger dans son château, où il avait caché dans un lieu secret quelques soldats accoutrés de vêtements horribles, faits de grandes peaux de loups marins, qui sont très-fréquents dans le pays à cause de la mer. Us avaient à la main gauche un bâton de ce vieux bois qui luit la nuit, et dans la droite une corne de bœuf percée par le bout. Us se tinrent reclus jusqu'à ce que les seigneurs fussent ensevelis dans leur premier sommeil : alors ils commencèrent à se montrer avec leurs bois qui éclairaient , et firent résonner leurs cornes de bœufs, disant qu'ils étaient envoyés pour leur annoncer la guerre contre les Pietés ; leur victoire, ajoutaient-ils, était écrite dans le ciel. Ces fantômes jouèrent bien leur rôle, et s'évadèrent sans être découverts. Les chefs vinrent trouver le roi, auquel ils communiquèrent leur vision ; et ils assaillirent si vivement les Pietés, qu'ils ne les défirent pas seulement en bataille, mais qu'ils en exterminèrent la race ^

Céphalonomancie. — VOiJ. KÉPHAL0N0- MAXCIE.

Céram, — Tune des îles Moluques. On y remarque, sur la côte méridionale, une montagne où résident, dit-on, les mauvais génies. Les habitants de l'île d'Amboine, qui sont tous très-superstitieux, ne passent guère à la vue de cette montagne sans faire une offrande à ces mauvais génies, qu'ils empêchent ainsi de leur susciter des tempêtes. Le jour, ils déposent des fleurs et une petite pièce de monnaie dans une coque de coco; la nuit, ils y mettent de l'huile avec de petites mèches allumées, et ils laissent flotter cette coque au gré des vagues.

Céraunoscopie. — Divination qui se pratiquait, chez les anciens, par l'observation de la foudre et des éclairs, et par l'examen des phénomènes de l'air.

Cerbère. — Cerberus ou Naberus est chez nous un démon. Wierus le met au nombre des marquis de l'empire infernal. 11 est fort et puissant ; il se montre sous la forme d'un corbeau ; sa voix estrauque : néanmoins il donne l'éloquence et l'amabilité ; il enseigne les beaux arts. Dix-nèuf légions lui obéissent. —

1 Jioistuaux, HLt ireg prodigieuses, t. I".

\!x — CËR On voit que ce n'est plus le Cerbère des anciens, ce redoutable chien à trois têtes, portier incorruptible des enfers, appelé aussi la bête aux cent tètes, centiceps bellua, à cause de la multitude de serpents dont ses trois chevelures étaient ornées. Hésiode lui donne cinquante têtes de chien ; mais on s'accorde généralement à ne lui en reconnaître que trois. Ses dents étaient noires et tranchantes, et sa morsure causait une prompte mort. On croit que la fable de Cerbère remonte aux Égyptiens, qui faisaient garder les tombeaux par des dogues. — C'est principalement ici du démon Cerberus qu'il a fallu nous occuper. En 1586, il fit pacte d'alliance avec une Picarde nommée Marie Martin. Voy. Martix.

Cercles magiques. — On ne peut guère évoquer les démons avec sûreté sans s'être placé dans un cercle qui garantisse de leur atteinte, parce que leur premier mouvement serait d'empoigner, si l'on n'y mettait ordre. Voici ce qu'on lit à ce propos dans le fatras intitulé : Grimoire du pape Honorius : — « Les cercles se doivent faire avec du charbon, de l'eau bénite aspergée, ou du bois de la croix bénite... Quand ils seront faits de la sorte, et quelques paroles de l'Évangile écrites autour du cercle, on jettera de l'eau bénite en disant une certaine prière superstitieuse... On récite, après cette prière, quelque formule de conjuration, et les esprits paraissent. » Foy. Conjuration. — Le Grand Grimoire ajoute qu'en entrant dans ce cercle il faut n'avoir sur soi aucun métal impur, mais seulement de l'or ou de l'argent, pour jeter la pièce à l'esprit. On plie cette pièce dans un papier blanc, sur lequel on n'a rien écrit ; on l'envoie à l'esprit pour l'empêcher de nuire : et, pendant qu'il se baisse pour la ramasser devant le cercle, on prononce la conjuration. Le Dragon rouge recommande les mêmes précautions. — Il nous reste à parler des cercles que les sorciers font au sabbat pour leurs danses. On en montre encore dans les campagnes ; on les appelle cercle du sabbat ou cercle des fées, parce qu'on croyait que les fées traçaient de ces cercles magiques dans leurs danses au clair de la lune. Ils ont quelquefois sept ou huit toises de diamètre , et contiennent un gazon pelé à la ronde de la largeur d'un pied, avec un gazon vert au milieu. Quelquefois aussi tout le milieu est aride et desséché, et la bordure tapissée d'un gazon vert. Jessorp et Walker, dans les Transactions philosophiques, attribuent ce phénomène au tonnerre : ils en donnent pour raison que c'est le plus souvent après des orages qu'on aperçoit ces cercles. — D'autres savants ont prétendu mie

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