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Cheveux. — « Prenez des cheveux d'une femme dans ses jours de maladie ; mettez-les sous une terre engraissée de fumier, au commencement du printemps, et, lorsqu'ils seront échauffés par la chaleur du soleil, il s'en formera des serpents 2 » — Quelques conteurs assurent que les mauvais anges étaient amoureux des cheveux des femmes , et que les démons incubes s'attachent de préférence aux femmes qui ont de beaux cheveux. Les sorcières donnent de leurs cheveux au diable , comme arrhes du contrat qu'elles font avec lui ; le démon les coupe très-menu, puis les mêle avec certaines poudres *. il les remet aux sorciers , qui s'en servent pour faire tomber la grêle ; d'où vient qu'on trouve ordinairement dans la grêle de petits poils, qui n'ont pas une antre origine — On fait encore, avec ces mêmes cheveux, divers maléfices3. — On croit en Bretagne qu'en soufflant des cheveux en l'air on les métamorphose en animaux ; les petits garçons de Plougasnou, qui font des échanges entre eux, confirment la cession en soufflant au vent un cheveu , parce que ce cheveu était autrefois l'emblème de la propriété. Des cheveux, dans les temps modernes, ont même été trouvés sous des sceaux : ils tenaient lieu de signatures 4. — Enfin il y a des personnes superstitieuses qui croient qu'il faut observer les temps pour se couper les cheveux et se rogner les ongles. — Autrefois on vénérait le toupet, par lequel les Romains juraient, et qu'on offrait aux dieux. Il paraît qu'ils étaient sensibles à ces présents, puisque, quand Bérénice eut offert sa chevelure, ils en firent une constellation. Chez les Francs, c'était une politesse de donner un de ses cheveux, et les familles royales avaient seules le privilège de les laisser pousser dans tout leur développement.
Chevillement ,— sorte de maléfice employé par les sorciers et surtout par les bergers. Il empêche d'uriner. Le nom de ce maléfice lui vient de ce que pour le faire on se sert d'une cheville de bois ou de fer qu'on plante dans la muraille, en faisant maintes conjurations. « J'ai connu une personne , dit Wecker, qui mourut du chevillement : il est vrai qu'elle
1 Torquemada, Hexantéron, troisième journée.
2 Secrets d'Albert-le-Grand, p. 27.
3 Boguet, Discours des sorciers, ch. 25, p. 156.
* M. Cambry, Voyage dans le Finistère, t. 1" , p. 17-1 et 195.
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avait la pierre. » Et le diable, qui parfois aime à se divertir, chevilla un jour la seringue d'un apothicaire en fourrant sa queue dans le piston. Voy. Noals. — Pour empêcher l'effet de ce charme , il faut cracher sur son soulier du pied droit avant que de s'en chausser. Ce qui approche de ce qu'on lit dans Tibulle, que les anciens crachaient dans leur sein par trois fois pour se désensorceler ou empêcher le sortilège. On voit dans un livre, intitulé VUrotopègnie ou chevillement , que les tonneaux , les fers, les fours, les lessives, les moulins à vent et ceux qui sont sur les ruisseaux et rivières, peuvent être pareillement liés et maléficiés. Voy. Ligatures.
Chèvres. — Ces animaux étaient fort révérés à Mendès en Égypte. Il était défendu d'en tuer, parce qu'on croyait que Pan , la grande divinité de cette ville , s'était caché sous la figure d'une chèvre ; aussi le représentait-on avec une face de chèvre, et on lui immolait des brebis. — Souvent des démons ou des sorciers ont pris la forme de chèvre. Claude Chappuis de Saint-Amour, qui suivit l'ambassadeur de Henri III près la sublime Porte , conte qu'il vit sur une place publique de Constantinople des bateleurs qui faisaient faire à des chèvres plusieurs tours d'agilité et de passe-passe tout à fait admirables , après quoi, leur mettant une écuelle à la bouche, ils leur commandaient d'aller demander, pour leur entretien, tantôt au plus beau ou au plus laid, tantôt au plus riche ou au plus vieux de la compagnie : ce qu'elles faisaient dextrement, entre quatre à cinq mille personnes , et avec une façon telle qu'il semblait qu'elles voulussent parler. Or qui ne voit clairement que ces chèvres étaient hommes ou femmes
ainsi transmués , ou démons déguisés ?
Voy. Bouc.
Chibados, — secte de sorciers qui font merveille au royaume d'Angola.
Chicota, — oiseau des îles Tonga qui a l'habitude de descendre du haut des airs en poussant de grands cris. Les naturels sont persuadés qu'il a le don de prédire l'avenir; quand il s'abaisse près d'un passant, on croit que c'est pour lui annoncer quelque malheur.
Chicus JEsculanus — VOy . CECCO d'AsCOLI.
Chien. — Les chiens étaient ordinairement les compagnons fidèles des magiciens; c'était le diable qui les suivait sous cette forme , pour donner moins à soupçonner ; mais on le reconnaissait malgré ses déguise-
i Delancre , Incrédulité et mécréance du SDttilége pleinement convaincues, traité 6, p. 34tf.