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crût que sa femme lavait étouffé. Ils en empoisonnèrent d'autres; et, à toutes ces exécutions, Marie Chorropique les atiendait à la porte des maisons. Que penser de ces récits? — Elle dit encore que , dans un autre sabbat , elle vit deux sorcières qui apportèrent le cœur d'un enfant dont la mère s'était fait avorter, et qu'elles le gardèrent pour en faire un sacrifice au diable. Cette sorcière fut brûlée le 2 octobre 1576 i.
Chouette , — espèce de hibou de la grosseur d'un pigeon , qui ne paraît qu'au point du jour ou à l'approche de la nuit. Chez les Athéniens et les Siciliens , cet oiseau était d'un bon augure; partout ailleurs, la rencontre d'une chouette était d'un mauvais présage. Celte superstition vit encore dans plusieurs pays.
Choun , — divinité adorée chez les Péruviens, qui racontaient ainsi son histoire. Il vint des parties septentrionales du monde un homme qui avait un corps sans os et sans muscles, et qui s'appelait Chuun; il abaissait les montagnes, comblait les vallées, et se frayait un chemin dans les lieux inaccessibles. Ce Choun créa les premiers habitants du Pérou, il leur apprit à se nourrir des herbes et des fruits sauvages. Mais un jour, offensé par quelques Péruviens, il convertit en sables arides une partie de la terre, auparavant très-fertile; il arrêta la pluie, dessécha les plantes ; et ensuite, ému de compassion , il ouvrit les fontaines et fit couler les rivières., pour réparer le mal qu'il avait fait...
Choux. — C'est une croyance qui n'est pas extrêmement rare qu'on ne doit pas manger de choux le jour de Saint-Élienne , parce qu'il s'était caché dans un carré de choux pour éviter le martyre 2.... Conte stupide et superstition absurde.
Chrisolytes , — hérétiques du sixième siècle qui disaient que Notre-Seigneur avait laissé son corps et son âme aux enfers, et qu'il n'était remonté aux cieux qu'avec sa divinité.
Christophe. — Autrefois, d'après une opinion exprimée par ce vers :
Christophorum videas, postea tutus eas,
on .croyait que celui qui avait vu quelque image de saint Christophe le matin était en sûreté toute la journée.
1 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc. , p. 107.
2 Thiers, Traité des superstitions, t. Itr.
Christoval de la Garrade , — VOlJ. MARIS- SA3NE .
Chrysolïthe , — pierre précieuse qu'Albertle-Grand regarde comme un préservatif contre la folie. Elle a encore , dit-il, la vertu de mettre le repentir dans le cœur de l'homme qui a fait des fautes...
Chrysomallon , — nom du fameux bélier qui portait la toison d'or. On dit qu'il volait dans les airs, qu'il nageait en perfection, qu'il courait avec la légèreté d'un cerf, et que Neptune, dont il était fils, l'avait couvert de soie d'or au lieu de laine. 11 avait aussi l'usage de la parole, et donnait de bons avis. Il est le premier signe du zodiaque.
Chrysopée , — œuvre d'or. C'est le nom grec que les alchimistes donnent à la pierre philosophale, ou à l'art de transmuer tous les métaux en or pur.
Chrysopole, — démon. Voy. Olive.
Chrysoprase, — pierre précieuse à laquelle la supersiition attachait la propriété de fortifier la vue , de réjouir l'esprit et de rendre l'homme libéral et joyeux.
Cicéron ( Marcus Tullius ). — Leloyer dit qu'un spectre apparut à la nourrice de Cicéron : c'était un démon de ceux qu'on appelle génies familiers. Il lui prédit qu'elle allaitait un enfant qui , un jour à venir, ferait grand bien à l'État. « Mais d'où tenait-il tout cela , me dira-t-on ? Je répondrai : C'est la coutume du diable de bégayer dans les choses futures. » Cicéron devint en effet ce qu'on sait *. — C'est lui qui disait qu'il ne concevait pas que deux augures pussent se regarder sans rire. Il a combattu les idées superstitieuses dans plusieurs de ses ouvrages , surtout dans les trois livres de la Nat ure des dieux, dans les Tusculanes , et dans les deux livres de la Divination. — Valère-Maxime conte que Cicéron, ayant été proscrit par les triumvirs, se retira dans sa maison de Formies, où les satellites des tyrans ne tardèrent pas à le poursuivre. Dans ces moments de trouble , il vit un corbeau arracher l'aiguille d'un cadran : c'était lui annoncer que sa carrière était finie. Le corbeau s'approcha ensuite de lui, comme pour lui faire sentir qu'il allait bientôt être sa proie, et le prit par le bas de sa robe, qu'il ne cessa de tirer que quand un esclave vint dire à l'orateur romain que des soldats arrivaient pour lui donner la mort. Les corbeaux d'aujourd'hui sont plus sauvages.
1 Leloyer, Hist. et dise, des spectres, liv . ir, ch. 5; liv. m. ch. 17.