CIL
Ciel. — Un tel article ne peut entrer dans ce dictionnaire qu'à propos de quelques folles croyances. Les musulmans admettent neuf cieux ; il y eut , parmi les chrétiens , des hérétiques qui en annonçaienttroiscent soixantecinq, avec des anges spécialement maîtres de chaque ciel. Voy. Basilide. Bodin assure qu'il y a dix cieux, qui sont marqués par les dix courtines du tabernacle, et par ces mots : « Les cieux sont les œuvres de tes doigts , » qui sont au nombre de dix *. — Les rabbins prétendent que le ciel tourne sans cesse , et qu'il y a au bout du monde un lieu où le ciel touche la terre. On lit dans le Talmud que le rabbin Bar-Chana , s'étant arrêté en cet endroit pour se reposer, mit son chapeau sur une des fenêtres du ciel, et que, l'ayant voulu reprendre un moment après, il ne le retrouva plus, les cieux l'ayant emporté dans leur course ; de sorte qu'il fallut qu'il attendît la révolution des mondes pour le rattraper.
Cierges. — On allume deux cierges à Scaer au moment du mariage ; on en place un devant le mari , l'autre devant la femme : la lumière la moins brillante indique celui des deux qui doit mourir le premier. L'eau et le feu, comme chez les anciens, jouent un grand rôle dans la Bretagne : du côté de Guingamp, et ailleurs, quand on ne peut découvrir le corps d'un noyé, on met un cierge allumé sur un pain, qu'on abandonne au cours de l'eau; on trouve, dit-on , le cadavre dans l'endroit où le pain s'arrête .
Cigogne. — On croit qu'elle préserve des incendies les maisons où elle se retire ; cette erreur n'est plus très-répandue. On a dit aussi que les cigognes ne s'établissaient que dans les États libres ; mais les Égyptiens, qui eurent toujours des rois, lui rendaient un culte; et c'était un crime capital en Thessalie , qui était monarchique, de tuer une cigogne, parce que le pays est plein de serpents , et que les cigognes les détruisent. Elles sont enfin trèscommunes en Turquie, en Égypte et en Perse, où l'on ne songe guère aux idées républicaines.
Cilano (GeORGES-ChRETIEN-MaTERNUS DE),
— Hongrois du dix-huitième siècle, qui a écrit nn livre de l'origine et de la célébration des saturnales chez les Romains 3, et, sous le nom d'Antoine Signatelli , des Recherches sur les géants *.
1 Préface de la Démonomanie des sorciers.
2 Voyage de Cambry dans le Finistère, t. III, p. 159.
3 De saturnalkim origine et celebrandi ritu apud Romanos. 1759.
4 De Gigantibus nova disquisitio historica et crilica, 175J1.
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Cîmeriés, — grand et puissant démon, marquis de l'empire infernal. Il commande aux parties africaines; il enseigne la grammaire, la logique et la rhétorique. Il découvre les trésors et révèle les choses cachées ; il rend l'homme léger à la course, et donne aux bourgeois la tournure fringante des militaires. Le marquis Cimeriès, capitaine de vingt légions, est toujours à cheval sur un grand palefroi noir '.
Cimetière. — Il n'était pas permis en Espagne , au quatrième siècle , d'allumer des cierges en plein jour dans les cimetières , de peur d'inquiéter les esprits. On croyait que les âmes des trépassés fréquentaient les cimetières où leurs corps étaient enterrés 2. — On croit encore aujourd'hui, dans les campagne?, que les âmes du purgatoire reviennent dans les cimetières; on dit même que les démons aiment à s'y montrer, et que c'est pour les écarter qu'on y plante des croix. On conte des anecdotes effrayantes ; peu de villageois traverseraient le cimetière à minuit. Ils ont toujours l'histoire de l'un d'entre eux qui a été rossé par une âme ( ou plutôt par un mauvais plaisant ) qui lui a reproché de troubler sa pénitence. Voy. Apparitions. — Henri Estienne et les ennemis du catholicisme ont conté aussi des aventures facétieuses, où ils attribuent de petites fraudes aux gens d'église pour maintenir cette croyance ; mais ces historiettes sont des inventions. — On a vu quelquefois, dans les grandes chaleurs, des exhalaisons enflammées sortir des cimetières ; on sait aujourd'hui qu'elles ont une cause naturelle.
Cimmériens, — peuples qui habitaient autour des Palus-Méotides, et dont les Cimbres sont les descendants. Beaucoup de savants ont placé dans ce pays l'antre par lequel on allait aux enfers. Leloyer dit que les Cimmériens étaient de grands sorciers, et qu'Ulysse ne les alla trouver que pour interroger, par leur moyen , les esprits de l'enfer.
Cimon, — général athénien, fils de IVIiltiade. Ayant vu en songe une chienne irritée qui aboyait contre lui, et lui disait d'une voix humaine : « Viens, tu me feras plaisir, à moi et à mes petits, » il alla consulter un devin nommé Astyphile, qui interpréta sa vision de cette manière : « Le chien est ennemi de celui contre lequel il aboie ; or, on ne pourrait faire à son ennemi un plus grand plaisir que de mourir, et ce mélange de la voix humaine
T VVierus, in Pseudomonarchia dam.
a Do:r. Calmet, Traité sur les apparitions, etc. ch 13.
cm — iii
avec l'aboi dénote un Mède qui vous tuera. » Les Grecs étaient en guerre avec les Perses et les Mèdes. Malheureusement pour le devin , le songe ne s'accomplit pas , et Cimon ne mourut que de maladie.
Cincinnatulus ou Cincînnatus ( le petit
frisé), — esprit qui, au rapport de Rhodiginus, parlait par la bouche d'une femme nommée Jocaba, laquelle était ventriloque.
Cinq. — Les Grecs modernes se demandent excuse en prononçant le nombre cinq, qui est du plus mauvais augure, parce qu'il exprime un nombre indéfini , réprouvé par les cabalistes.
Ciones. — VoiJ. KlONES.
Cippus Venelius , — chef d'une partie de l'Italie , qui, pour avoir assisté à un combat de taureaux et avoir eu toute la nuit l'imagination occupée de cornes, se trouva un front cornu le lendemain. D'autres disent que ce prince, entrant victorieux à Rome, s'aperçut en regardant dans le Tibre qu'il lui était poussé des cornes; il consulta les devins pour savoir ce que lui présageait une circonstance si extraordinaire. On pouvait expliquer ce prodige de plusieurs façons ; on lui dit seulement que c'était une marque qu'il régnerait dans Rome ; mais il n'y voulut plus entrer. Cette modération est plus merveilleuse que les cornes.
Circé, — fameuse magicienne qui changea les compagnons d'Ulysse en pourceaux. Elle savait composer des potions magiques et des enchantements par lesquels, au moyen du diable, elle troublait l'air, excitait les grêles et les tempêtes , et donnait aux hommes des maladies de corps et d'esprit. Saint Jean- Chrysostome regarde la métamorphose des compagnons d'Ulysse comme une allégorie.
Cïrconcellions, — fanatiques du quatrième siècle, de la secte des donatistes. Ils parurent en Afrique. Armés d'abord de bâtons qu'ils appelaient bâtons d'Israël , ils commettaient tous les brigandages sous prétexte de rétablir l'égalité. Ils prirent bientôt des armes plus offensives pour tuer les catholiques. On les appelait aussi scotopètes; ils faisaient grand cas du diable et l'honoraient en se coupant la gorge , en se noyant , en se jetant eux et leurs femmes dans les précipices. A la suite de Frés déric Barberousse, au treizième siècle, on vit reparaître des circoncellionsqui damnaient les catholiques. Ces violents sectaires ne durèrent pas long-temps.
Cire. — C'est avec de la cire que les sorcières composaient les petites figures magiques qu'elles faisaient fondre pour envoûter