COS
contrées, les cornes passent pour un préservatif contre les sortilèges. On a dans les maisons des cornes ornées ; et dans la rue ou dans les conversations, lorsqu'on soupçonne un sorcier, on lui fait discrètement des cornes avec les doigts pour paralyser ses intentions magiques. On pend au cou des enfants, comme ornement, une paire de petites cornes.
Cornet d'Oldenbourg, — VOIJ. OLDENBOURG.
• Correspondance — avec l'enfer. Voy. Ber-
BIGUIER.
Corsned, — sorte d'épreuve chez les Anglo- Saxons, qui consistait à faire manger à l'accusé à jeun une once de pain ou de fromage consacré, avec beaucoup de cérémonies. Si l'accusé était coupable , cette nourriture devait l'étouffer en s'arrètant dans le gosier; mais si elle passait aisément, l'accusé était déclaré innocent.
Corybantiasme, — espèce de fi éuésie. Ceux qui en étaient attaqués s'imaginaient voir des fantômes devant leurs yeux , et entendaient continuellement des sifflements ; ils ouvraient les yeux lorsqu'ils dormaient. Ce délire sanguin a souvent été jugé possession du diable par les démonomanes.
Oosingas , — prince des Cerrhéniens , peuples de Thrace, et prêtre de Junon. Il s'avisa d'un singulier expédient pour réduire ses sujets rebelles. Il ordonna d'attacher plusieurs longues échelles les unes aux autres, et fit courir le bruit qu'il allait monter au ciel, vers Junon, pour lui demander raison de la désobéissance de son peuple. Alors les Thraces, superstitieux et grossiers , se soumirent à Cosingas, et s'engagèrent par serment à lui rester fidèles.
Cosquinon:ancie, — sorte de divination qui se pratique au moyen d'un crible, d'un sas . ou d'un tamis. On mettait un crible sur des tenailles, qu'on prenait avec deux doigts; ensuite on nommait les personnes soupçonnées de larcin ou de quelque crime secret , et on jugeait coupable celle au nom de qui le crible tournait ou tremblait, comme si celui qui tenait les tenailles ne pouvait pas remuer le crible à sa volonté ! — Au lieu du crible , on met aussi (car ces divinations se pratiquent encore ) un tamis sur un pivot, pour connaître l'auteur d'un vol ; on nomme de même les personnes soupçonnées, et le tamis tourne au nom du voleur. C'est ce qu'on appelle , dans les campagnes, tourner le sas. Cette superstition est surtout très-répandue dans la Bretagne1.
1 M, Cambry, Voyage dans le Finistère, t. III, p. 48.