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frappaient des coups aux portes des maisons, et c etait un indice de la mort d'autant de personnes qu'il y avait de coups. »
Cour infernale. — Wierus et d'autres démonomanes, versés dans l'intime connaissance des enfers, ont découvert qu'il y avait là des princes, des nobles, des officiers . etc. Ils ont même compté le nombre des démons, et distingué leurs emplois , leurs dignités et leur puissance. — Suivant ce qu'ils ont écrit, Satan n'est plus le souverain de l'enfer ; Belzébuth règne à sa place. Voici l'état actuel du gouvernement infernal. — Princes et grands dignitaires. — Belzébuth , chef suprême de l'empire infernal , fondateur de l'ordre de la Mouche. Satan, chef du parti de l'opposition. Eurynome, prince de la mort, grand'croix de l'ordre de la Mouche. Moloch, prince du pays des larmes , grand'croix de l'ordre. Pluton , prince du feu. Léonard, grand-maître des Sabbats, chevalier de la Mouche. Baalberith, maître des alliances. Proserpine , archidiablesse, souveraine princesse des esprits malins. — Ministères. — Àdrameleck , grandchancelier, grand'croix de l'ordre de la Mouche. Astaroth, grand trésorier. Nergal , chef de la police secrète. Baal, général en chef des armées infernales , grand'croix de l'ordre de la Mouche. Léviathan, grand-amiral, chevalier de la Mouche. — Ambassadeurs. — Belphégor, ambassadeur en France. Mammon, ambassadeur en Angleterre. Belial , ambassadeur en Turquie. Rimmon, ambassadeur en Russie.
Thamuz , ambassadeur en Espagne. Hutgin , ambassadeur en Italie. Martinet, ambassadeur en Suisse. — Justice.- — Lucifer, gandjusticier. Alastor, exécuteur des hautes œuvres. — Maison des princes. — Verdelet, maître des cérémonies. Succar Benoth, chef des eunuques. Chamos , grand-chambellan , chevalier de la Mouche. Melchom , trésorierpayeut. Nisroch, chef de la cuisine. Béhemoth, grand -échanson. Dagon , grand-panetier.
Mullin, premier valet de chambre. — Menusplaisirs. — Kobal, directeur des spectacles. Asmodée , surintendant des maisons de jeu. Nybbas, grand-paradiste. Antéchrist, escamoteur et nécromancien. Boguet l'appelle le singe de Dieu. On voit que les démonomanes se montrent assez gracieux envers les habitants du noir séjour. Dieu veuille qu'après tant de rêveries ils n'aient pas mérité d'aller leur tenir compagnie! M. Berbiguier a écrit en 1821, après avoir transcrit cette liste des princes de la cour infernale : « Celle cour a aussi ses représentants sur la terre : Moreau , magicien et sorcier à Paris , représentant de
57 — COL Belzébuth. — Pinel père, médecin à la Saîpè- Irière, représentant de Satan. — Bonnet, employé à Versailles, représentant d'Eurynome.
— Bouge, associé de Nicolas, représentant de Pluton. — Nicolas, médecin à Avignon, représentant de Moloch. — Baptiste Prieur, de Moulins, représentant de Pan. — Prieur aîné, son frère, marchand droguiste, représentant de Lilith. — Étienne Prieur, de Moulins, représentant de Léonard. — Papon-Lominy,cousin des Prieur, représentant de Baalberith.
— Jeanneton Lavalette, la Mansotte et la Vaudeval , représentant Tarchidiablesse Proserpine, qui a voulu mettre trois diablesses à mes trousses , etc. 1 » Voy. Berbiguier.
Courils, — petits démons ou sorciers malins, corrompus et danseurs, dont M. Cambry a trouvé la croyance établie sur les côtes du Finistère. On les rencontre au clair de la lune, sautant autour des pierres consacrées ou des monuments druidiques; s'ils vous saisissent par la main, il faut suivre leurs mouvements, ils vous laissent exténués sur la place quand ils la quittent. Aussi les Bretons, dans la nuit, évitent avec soin les lieux habités par cette espèce de démons. On ajoute que les Courils perdirent une grande partie de leur puissance à l'arrivée des apôtres du catholicisme dans le pays.
Couronne nuptiale. — Chez les habitants de l'Entlebuch, en Suisse, le jour des noces, après le festin et les danses, une femme vêtue de jaune demande à la jeune épousée la couronne virginale, qu'elle brûle en cérémonie. Le pétillement du feu est, dit-on, de mauvais augure pour les nouveaux mariés 2.
Courroie de soulier. — C'était un mauvais présage, chez les Romains, de rompre la courroie de son soulier en sortant de chez soi. Celui qui avait ce malheur croyait ne pouvoir terminer une affaire commencée, et ajournait celles qu'il s'était proposé d'entreprendre.
Courtinière. — Un gentilhomme breton , nommé M. de La Courtinière, ayant reçu un jour dans son château plusieurs seigneurs ses voisins , les traita bien pendant quelques jours. Après leur départ , il se plaignit à sa femme de ce qu'elle ne leur avait pas fait assez bon visage ; et, quoiqu'il fit ces remontrances avec des paroles honnêtes, cette femme, d'une humeur hautaine, ne répondit mot, mais résolut intérieurement de se venger.
— M. de La Courtinière s'étant couché et dormant profondément, la dame, après avoir
1 Les Farfadets, etc , t. Ier, p. 4 et 5.
2 Eiictionnaire d'anecdotes suisses, an mot Noces.
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corrompu deux de ses domestiques , leur lit égorger son mari, dont ils portèrent le corps dans un cellier. Ils y firent une fosse , l'enterrèrent, et ils placèrent sur la fosse un tonneau plein de chair de porc salée. — La dame, le lendemain, annonça que son mari était allé faire un voyage ; peu après elle dit qu'il avait été tué dans un bois , en porta le deuil, montra du chagrin et fit faire des services dans les paroisses voisines. — Mais ce crime ne resta pourtant pas impuni : le frère du défunt, qui venait consoler sa belle-sœur et veiller à ses affaires, se promenant un jour dans le jardin du château, et contemplant un parterre de fleurs en songeant à son frère , fut pris d'un saignement de nez qui l'étonna, n'ayant jamais éprouvé cet accident. Au même instant il lui sembla voir l'ombre de M. de La Courtinière qui lui faisait signe de le suivre. Il suivit le spectre jusqu'au cellier, où il le vit disparaître. Ce prodige lui ayant donné des soupçons, il en parla à la veuve, qui se montra épouvantée. Les soupçons du frère se fortifiant de ce trouble, il fit creuser dans le lieu où il avait vu disparaître le fantôme. On découvrit le cadavre, qui fut levé et reconnu par le juge de Quimper-Corentin. Les coupables, arrêtés , furent condamnés , la veuve ( Marie de Sornin), à avoir la tète tranchée et tous les membres de son corps dispersés, pour être ensuite brûlés et les cendres jetées au vent ; les deux domestiques, à avoir la main droile coupée , et, après , être pendus et étranglés , leurs corps aussi brûlés1. — Cet événement eut lieu vers la fin du seizième siècle.
Craca, — magicienne qui, au rapport de Saxon-le-Grammairien, changeait les viandes en pierres ou autres objets aussitôt qu'elle les voyait posées sur une table.
Crachat. — Lorsque les sorciers renoncent au diable, ils crachent trois fois à terre; ils assurent que le diable n'a plus alors aucun pouvoir sur eux ; ils crachent encore lorsqu'ils guérissent des écrouelles. — Les anciens avaient l'habitude de cracher trois fois dans leur sein pour se préserver de tous charmes et fascinations. — Cracher sur soi : mauvais présage. Voy. Chevillement.
Crachat de la lune. — Les alchimistes appellent ainsi la matière de la pierre philosophale avant sa préparation. C'est une espèce d'eau congelée, sans odeur et sans saveur, de couleur verte, qui sort de terre pendant la nuit ou après un orage. Sa substance aqueuse est très-volatile , et s'évapore à la moindre
1 Arrêt du parlement de Bretagne, t. II des Dissertations de Lenglet-Dulresnoy ; et Leloyer, liw ni, ch. 1.
S — CUA chaleur à travers une peau extrêmement mince qui la contient. Elle ne se dissout , ni dans le vinaigre, ni dans l'eau, ni dans l'espritde-vin; mais si on la renferme dans un vase bien scellé , elle s'y dissout d'elle-même en une eau puante. Les philosophes hermétiques la recueillent avant le lever du soleil , avec du verre ou du bois , et en tirent une espèce de poudre blanche semblable à l'amidon, qui produit ensuite ou ne produit pas la pïerre philosophale.
Crânologie, — Voy. PbrÉNOLOGIE.
Crapaud. — Les crapauds tiennent une place dans la sorcellerie. Les sorcières les aiment et les choyent. Elles ont toujours soin d'en avoir quelques-uns, qu'elles habituent à les servir, et quelles accoutrent de livrées de velours vert. — Pierre Delancre dit que les grandes sorcières sont ordinairement assistées de quelque démon , qui est toujours sur leur épaule gauche, en forme de crapaud, ayant deux petites cornes en tête ; il ne peut être vu que de ceux qui sont ou qui ont été sorciers. — Le diable baptise ces crapauds au sabbat. Jeannette Abadie , et d'autres femmes , ont révélé qu'elles avaient vu de ces crapauds habillés de velours rouge , et quelques-uns de velours noir; ils portaient une sonnette au cou et une autre aux jambes de derrière. — Au mois de septembre i 61 0 , un homme se promenant dans la campagne, près de Baza-, vit un chien qui se tourmentait devant un trou ; ayant fait creuser, il trouva deux grands pots renversés l'un sur l'autre, liés ensemble à leur ouverture et enveloppés de toile; le chien ne se calmant pas , on ouvrit les pots , qui se trouvèrent pleins de son , au dedans duquel reposait un gros crapaud vêtu de taffetas vert1. C'était à coup sûr une sorcière qui l'avait mis là pour quelque maléfice. Nous rions de ces choses à présent; mais c'étaient choses sérieuses au seizième siècle , et dont l'esprit ne nous est pas bien expliqué. — Le peuple est persuadé, dit M. Salgues2, que le crapaud a la faculté de faire évanouir ceux qu'il regarde fixement , et cette assertion est accréditée par un certain abbé Rousseau, qui a publié , dans le cours du dernier siècle , quelques observations d'histoire naturelle ; il prétend que la vue seule du crapaud provoque des spasmes, des convulsions, la mort même. 11 rapporte qu'un gros crapaud, qu'il tenait renfermé sous un bocal, l'ayant regardé fixement, il se sentit aussitôt saisi de palpitations, d'angoisses, de mouvements convulsifs,
1 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc., liv. il, dise. 4, p. 133.
* Des Erreurs et des préjugés, etc., t. I, p. 423.
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et qu'il serait mort infailliblement si l'on n'était venu à son secours — Élien, Diosco-
ride, Nicandre, iEtius, Gesner, ont encore écrit que l'haleine du crapaud était mortelle, et qu'elle infectait les lieux où il respire. On a cité l'exemple de deux amants qui , ayant pris de la sauge sur laquelle un crapaud s'était promené, moururent aussitôt; mais ce sont là des contes, démentis, commetantd'autres, par les expériences. — Sur les bords de l'Orcnoque, sans doute pour consoler le crapaud de nos mépris, des Indiens lui rendaient les honneurs d'un culte ; ils gardaient soigneusement les crapauds sous des vases pour en obtenir de la pluie ou du beau temps, selon leurs besoins; et ils étaient tellement persuadés qu'il dépendait de ces animaux de l'accorder, qu'on les fouettait chaque fois que la prière n'était pas promptement exaucée *.
Crapaudîne, — pierre qui se trouve dans la tête des crapauds ; les sorcières la recherchent pour leurs maléfices. Plusieurs écrivains assurent que c'est un objet très-rare ; mais quelques-uns nient l'existence de cette pierre. Cependant Thomas Brown ne croit pas le fait impossible, puisque, dit-il, tous les jours on trouve des substances pierreuses dans la tête des morues, des carpes, des gros limaçons sans coquilles. Il en est qui pensent que ces . crapaudines sont des concrétions minérales que les crapauds rejettent après les avoir avalées, pour nuire à l'homme2. Mais ce ne sont là encore que des contes ridicules.
Crapoulet, — VOy. ZOZO.
Cratéîs, — déesse des sorciers et des enchanteurs, mère de la fameuse Scylla.
Crescence, — cardinal, légat du Saint-Siège au concile de Trente, qui mourut paisiblement en 1 552. Jean de Chassanion, huguenot, n'aimant pasce prince del'Église, parcequ'ils'était élevé contre les protestants, a écrit que le diable, en forme de chien noir, était venu le voir à son dernier moment et l'avait étranglé3, ce qui n'est pas vrai. Mais voy. Carlostad et Luther.
Crespet (Pierre), — religieux célestin, mort en 1 594 , auteur d'un traité contre la magie , intitulé : Deux livres de la haine de Satan et des malins esprits contre l'homme, etc. Paris , 4590, in-8°. Cet ouvrage est rare et curieux.
1 Pons, Voyage à la partie orientale de la terre ferme de l'Amérique méridionale, t. I.
2 Thomas Brown, Essai sur les erreurs populaires, t. î", liv. m, ch. 13, p 312.
3 Des Grands et redoutables jugements de Dieu, p. 66.