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Chiite. — Les démons recevaient un culte partout Tunivers, avant le christianisme. Jupiteretles autres dieux n'étaient véritablement que des démons; mais le diable a reçu un culte plus spécial de gens qui savaient bien qu'ils s'adressaient à lui et non à un dieu. Ainsi, les sorciers au sabbat adorent le diable par son nom. Le culte qu'ils lui rendent consiste principalement à lui baiser le derrière, à genoux, avec une chandelle noire à la main. — Certains peuples de l'Afrique ne rendent aucun culte à Dieu, qu'ils croient bon , et font des sacrifices au diable pour la raison contraire.
CNttégoadcy — femme de Henri I[, empe* reur d'Allemagne. Elle fut soupçonnée d'adultère, et se purgea de l'accusation en marchant pieds nus, sans accident, sur des socs de charrue rougis au feu. Voy. Éprkuvbs.
Onpaî, — voy. KuPAi.
Ooreau de la Chambre, — habile médecin, mort en 4669. On a de lui un discours sur les principes de la chiromancie et de la métopos" copie. Paris, 1653, in-8®. On l'a aussi imprimé sous le titre de l'Art de connaître les hommes.
L. — Du temps de saint Augustin un paysan des environs d'Hippone, nommé Curma, mourut un matin et demeura deus^ ou trois jours sans sentiment. Comme on allait l'enterrer, il rouvrit les yeux et demanda ce qui se passait chez un autre paysan du voisinage qui , comme lui , se nommait Curma : OD lui répondît que ce dernier venait de mourir à l'instant où lui-même était ressuscité. « Cela ne me surprend pas , dit-il ; on s'était trompé sur les noms ; on vient de me dire que ce n'était pas Curma le jardinier., mais Curma le maréchal , qui devait mourir. » Il raconta en même temps qu'il avait entrevu les enfers ; et il mena depuis meilleure vie.
Carton, — VOy. PUBSAN.
Curtiu», — Bis d'un gladiateur romain. On dit qu'un spectre lui annonça ainsi sa mort . Il accompagnait un lieutenant du gouverneur de l'Afrique, n'ayant aucun garde auprès de loi ; il vit un jour, dans une galerie » le spec* tre d'une femme de haute stature , qui luivdit qu'elle était l'Afrique, et qu'elle venait lui annoncer le bonheur. Elle l'assura qu'il aurait de grands honneurs à Rome, et qu'il reviendrait en Afrique , non comme valet , mais en qualité de commandant en chef, et qu'il y mourrait. Celte prédiction s'accomplit entièrement; Curtius fut questeur, puis préteur; il eut les privilèges du consulat, et fut envoyé comme gouverneur en Afrique ; mais en débarquant il se sentit frappé d'une maladie
dont il mourut *. Il est probable que ce conte a élé fait après coup pour un autre Curtius.
Voy. DÉVOUEMENT.
CyHndreti — sortes d'amulettes circulaires que les Perses et les Égyptiens portaient au cou, et qui étaient ornées de figures et d'hiéroglyphes.
Cymbale , — c'est le nom que les sorciers donnent au chaudron dans lequel ils mangent leur soupe au lard dans les assemblées du sabbat.
Cynanthropîe , — espèce de frénésie dont ceux qui en sont attaqués se persuadent qu'ils sont changés en chiens . C'est, comme la bousanthropio, une nuance de l'état de loup-garou. Voy, Ltcanthropie.
Cynobalanef , — nation imaginaire, que Lucien représente avec des museaux de chien, et montés sur des glands ailés.
Cynocéphale , — singe que les Égyptiens nourrissaient dans leurs temples pour connaître le temps de la conjonction du soleil et de la lune. On était persuadé que, dans cette circonstance , l'animal , devenu aveugle , re^fusait toute nourriture. Son image, placée sur les clepsydres, était purement hiéroglyphique. On prétendait qu'à chaque heure du jour le cynocéphale criait très-exactement.
Cyprien. — Avant de se convertir au cbri^ tianisme , saint Cyprien s'occupait de magie. On voit, dans la Légende dorée, qu'il évoquait les démons et que ce furent les épreuves qu'il fit de leur impuissance contre le simple signe de la croix qui l'amenèrent à la foi.
Cyrano de Bergerac, — écrivain remarquable du dix-septième siècle. On trouve, dans ses* œuvres, deux lettres sur les sorciers. Kou» n'avons pas besoin d'indiquer ses histoires des> empires du soleil et de la lune. Il a fait, aussi! un Voyage aux enfers ; c'est une plaisanterie r — « Je me suis trouvé cette nuit aux enlnrs, dit-il ; mais ces enfers-là m'ont paru bien différents des nôtres. J'y trouvai les gens fort sociables; c'est pourquoi je me mêlai à leur compagnie. On était occupé alors à changer de maison tous les morts qui s'étaient plaints d'être mal associés ; l'un d'eux , voyant que^ j'étais étranger, me prit par la main et meconduisit à la salle des jugements. Nous nous: plaçâmes tout proche de la chaire du juge ,. pour bien entendre les querelles de toutes lesparties. — D'abord j'aperçus Pythagore qui y très-ennuyé d'une compagnie de comédiens ,. représentait que leurs caquets continuels le» détournaient de ses hautes spéculations. Le»
* Leloyer, Histoire des spectres ou apparitions des «»pTits, liv. m, ch. 16, p. 268.
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juge lui dit que , reslimant homme de grande mémoire , puisque après quinze cents ans il s'était souvenu d'avoir été au siège de Troie , on l'avait appareillé avec des perg^orînâgéfe qui n'en sont pas dépourvus. On entendit toutefois ses raisons, et on le fit marcher ailleurs. — Aristote, Pline, iElian, et beaucoup d'autres naturalistes, furent rois avec les Manfes, parce qu'ils ont connu les bêtes : le médecin Dioscoride, avec les Lorrains, parce qu'il con*^ naissait parfaitement les simples. Ésope et Apu^ lée ne firent qu'un ménage, à cause de la canformité de leurs prodiges; car Ésope d'un âne a fait un homme en le faisant parler, et Apulée d'un homme a fait un âne en le faisant braire.-^ Caligula voulut être mis dans un appartement plus magnifique que celui de Darius, comme ayant couru des aventures plus glorieuses ; car^ dit-il, moi, Caligula, j'ai fait mon cheval consul, et Darius a été fait empereur par le sien. Dédale eut pour confrères les sergents, les huissiers , les procureurs , personnes qui comme lui volaient pour se sauver. Thésée suivit quelques tisserands, se promettant de leur appren-
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dre à conduire le fil. Néron choisit Êrostrate , ce fameux insensé qui brûla le (emple de Diane, aimant comme lui à se chauffer de gros bois. Achille prit la main d'Eurydice : « Marchons, liji dit-il, marchons; aussi bien ne saurait-on mieuk nous assortir, puisque nous avons tous deux l'âme au talon. » — Il ne fut jamais possible dé séparer les Furies des épiciers, tant elles avaient peur de manquer de (lamueaiix. Les tireurs d*armes dirent logés avec les cordonniers , d'aîjtant que là perfection au métier consiste à bien faire une botte; les bourreaux, avec les médecîhs, parce qu'ils sont payés [jour toèr; Écho^ avec no» ifWtfôW Aodernes, d'autant qu'Us ne ili^ëht, Mnrnë èlîë, è(ue ce que !« autres oht dli^ Orphéfe; avec tes etiantres du Pont-Nenf ^ pafce qu'tfs à vriîent su attirât lé* bêtès. ^-^ On en mit (jûelqiles-uns à part, entre lesquels fut MIdas» le seul hoimne qui se soit plaint d'avojr été trop riche ; Phocion , qui donna de Tàrgeni; pour niouirir ; et t^ygmaiion, pareillement, n'eut point de corn-; pagnon, à cause qu'il n'y a jamais eu que lui qui ait épousé une femme muette »
Bal>aid*. — Les naturels de Panama ont une idole de ce nom, qui était née de race mortelle, et qu'on déifia après sa mort. Quand il tonne ou qu'il fait des éclairs, çest Dabaïda qui est fâchée ; alors on bMùle des esclave» en son honneur.
Baotylofloanoîe , — divination qui se pratiquait au moyen de bagues ou annedux fondus sous l'aspect de certaines constellations « et auxquels étaient attachés des charmes et des caractères magiques (voy, Albctryo1[an^ gie). C'est, dit-on, avec un de ces anneaut que Gygès se rendait invisible, en tournant le chaton dans sa main. — Clément d'Alexandrie parle de deux anneaux que possédaient les tyrans de la Phocide , et qui les avertie saient par un son du temps propre à certaines affaires ; ce qui ne les empêcha pa6 de tomber dans les griffes du démon, lequel leur tendait un piège par ses artifices ^. Foy. Anneaux.
Ba4jal, — nom de Fanlechrièt chez les Chaldéeds; il signifie dans leur langue te menteur et l'imposteur par excellence.
^ Delancte , Aicréd'itllté et mécréa&ceâ du sûrtilége pleinement convaincuea, traité 9, p. 26L
llàgobert ï**", — roî dé Prancô , inort eh 638 à l'âge de trenté-sépl ans. tJhe vieille légende conte qu'après qu'il fut mort un bon értinté, nommé Jean, gùî âf'était retiré dans une petite île voisine des côtés de là Sicile, vit en songe, sur la ifier, râmè dii roi Bagobert enchaînée dans une barque, et des diabFes qui la maïtraitaienf eh la conduisant Vers la Sicile, où ild devaient là préèipiter dahs lés gouffres de l'Etna. L'dkné allait ^ nm ^cours saint Déni», laint Maurice et 3aiti^ Martin, que le roi, en son viveini, avait fort honorés; les trois saints descendireni revètiis d'habits lumineux , assis mir im nuage lA-il^ lant ; ils se jetèrent sur les malins esprits ^ leur enlevèrent la pauvre ânjoy et resaportérent au ciel *. — ^ Uui monument cûHébSEy le tbmhBaa de Dagobert, feeulpté ve^s \é temps de saint Louiâ^ retrace ceé ciroonsteMcës Inerrei)^ leuses. La {Nrincipale façade est IUvisée eil trois bandes. Dttesie première 011 veto qiîatnr dkèles (deux ont des orâtJles d'âeë) ^ em' mènent l'âme du roi éftiis vAe banfàb ; la se< oonde représente Saiat Deni8> seini llawice et saint Martin, eccefii|>a|^és de demc
* Gcat'a Dagoberti ng'iê, etc.
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avec le bénitier et le goupillon , qui chassent les démons. Sur la troisième bande on voit l'âme qui s'enlève , et une main sort d'un nuage pour ràccueillir. Les farceurs ont glosé surcetle poésie du moyen âge, sur cette fégende et le monument qui est à Saint^Denis; mais quel mal y a-l-il donc dans ces récils que l'église n'a jamais imposés, et qui sont loulefois des fleurs? Ce qu'il y a de mal, c'est que ces fleurs tombent quelquefois devant des pourceaux.
ftagoa , — démon de second ordre , bouboger et grand panetier de la cour infernale. Les Philistins ladoraient sous la forme d'un monstre réunissant le buste de l'homme à la qiieue de poissoe. Ils lui attribuaient l'ioven'^ doo de l'agriculiure, qu'on a attribuée à tant d'autres. — On voit , dans le premier liyre des Rois, que les Philistins s'étant rendue maîtres de l'arche du Seigneur, et l'ayant placée dans leur temple d'Âzot, à côté de l'idole de Dagon, on trouva le lendemain cette idole mutilée, et sa tète avec ses deux mains sur le seuil de la porte. « C'est pour cela, dit l'auteur sacré, que les sacrificateurs de Dagon et tous ceux qui entrent dans son temple ne marcbeat point sur le seuil de la porte. »
Balmt, — t?oy. Is.
Bamnetas , Du Bamaobu» , — loup-garou de l'antiquité. On conte qu'ayant mangé le ventre d'un petit enfant sacrifié a Jupiter Lycien, en Arcadie, il fut changé en loup ; mais il reprît sa première forme au bout de dix ans; il remporta même le prix de la lutté aux jeux olympiques * .
Buu^l , — l'un des quatre grands prophètes. On lui attribue un traité de Y Art des 8on^ ge9. Les Orientaux le regardent aussi comme l inventeur de la géomancie.
HftiiM, — sorcier du dernier siècle. Le vendredi, A*^ mai 1705, à cinq heures <fft soir, Denis Milanges de la Ricbardièfe, fîfft (i'ftti avoMFt au parlemerrt de Paris, hn m$h (jué, à tiîjt-huit ans, d\9 léthargies et de dé« ONiftces si singulières que les médeclhs ne mm. t|U*êt) dfiire. Oti lui donna de l'éaiéti-' ^é, et 9ff9 patents I*eriimenôfent à leur tnaU «6ti â NoiSfl|e-6tam3, où son mal devint plus fort; si bien qu'on déclara qu'il était ensor-^ cêlé. Oa hfi deifianda s*il n'avait pas eu de ^métés av«i& quelque berger; H conta que le IS liVrn {]M(^deht, comme il tiraversaft à <Kl!^al le Vitlsige de Noisy, son chevUl s'était «Tété couK dans là rue Féret, vis^-yîs Ift
,. ' DclattSM^TalblMK Airiaiooiiit«iieetoâfni»&r,i«tei, I »▼. tv, diie. 8, p. 867.
chapelle, sans qu'il pût le faire avancer; qu'il avait vu sur ces entrefaites un berger qu'il ne connaissait pas, lequel lui avait dit : V Monsieur, retournez chez vous , fcar votre cheval n'avancera point, ii Cet homiîie, qui lui parut âgé d'une cinquantaine d'années, était de haute taille, de itràuvaiSê t)ftysîonomie, la barbe et Ifeè cheveux nôifH , ^yaiît la houlette à la main , et deux chlen^ noirs 9 courtes oreilles auprès de lUi. — Le jeune homme se moqua du propos du Hefgéi-; cependant il ne put faire avancer son chévïll et fut obligé de le ramenet- par la bHde â Isl maison, où il tomba tnalade, car le^rcier lui avait jeté un sort. — M. de la Richardiére le père Bl mille choses pour la guérison de son fll^. Gbmme un jour ce jeutte homme réhtl*ait seiil dans sa chambre, il y tZ-ouva ^on viëiix berger assis dans un fstuteuil , avetr sa houlette et ses deux chiens noirs. Cette vlâiioh l'époli-^ vanta; il appela du modde; mai^ petsohflë que lui ne voyait le sorcier. Il SoUtiiit toutefois qu'il le voyait très-bien ; tl tijoutà faiémë que ce berger s'appelait Dafth, bien qo*ïï ignorât qui pouvait lui avoir révélé son norft. Il continua de le voir tdut àèul. SUf lès six heures du soir, il tothba à t6rre ea disant q«e le berger éiait sur lui et l'écratôit; et, en préaance de tous les assistonts qui rie voyaient rien, il tira de sa poche un couteau pointa, dont il donna cinq ou six coups dans le visage du malheureux par qui il se croyait as~ saUli. — Enfin, au bout de huit semaine^ de ^putfrances, il alla à Saint-Maur« avec ooa* fiance qu'il guérirait ce jour-là. Il se trouve^ mal trois fois; mais, après ja messe, il vi( saint Maur debout, en habit de bénédictin, et le i)erger à sa gauche, le visage ensai^lantô de cinq coups de couteau, sa houlette à la main, et ses deux chiens à ses côtés. Il s'écria qu'il était guéri, et il le fut en effet Ses ce moment. — Quelques jours après, chdssaht dans les environs de Noisy, il vit effectivement son berger dans une vigne; cet aspect lui Jlt horreur ; il donna au sorcier un coup de crosse de fusil sur la iéte : « Ah ! monsieur, vous me tuez ! » s'écria le berger ert fuyant; mais le lendemain il vint trouve^ M. de la Richardiére, se jeta à ses getibux, lui avoua qu'il s'appelait Danis , qu'il était sorcier depuis vingt ans, qu'il lui avait en effet donné le sort dont il avait été affligé, que ce sort devait durer un ah ; qu'il h'èh avait été guéri àù bout de huit semaines qu*à là faveur des neuvaines qu'on avait telles ; qdèle maléfice était retombé sur lui Danis, et qu'il se recommandait à sa miséricorde. Puis, comme les archers lé poursuivaient, le ber-
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ger tua ses chiens, jeta sa liouletto, chai)|^ea d'habits, se réfugia à Torcy, fit pénitence, et moarut au bout de quelques jours. — Le père Lebrun, qui rapporte* longuement celte aventure , pense quMI peut bien y avoir là sortilège.
Baïue dei Btpriu. — Olaiis Magnus , au troisième livre de son Histoire des peuples septentrionaux, écrit qu'on voyait encore de son temps, en beaucoup de ces pays-là, des esprits et fantômes dansant et sautant, principalement de nuit , au son de toutes sortes dMnslruments de musique. Celte danse est appelée, par les gens du pays, chorea elvarum (danse des elfes). Saxon-le- Grammairien fait mention de ces danses fantastiques dans son Histoire de Danemarck. Pomponius Mêla, en sa description de TËthiopie, dit qu'on a vu au delà du mont Allas des flambeaux, et entendu des flûtes et clochettes, et que le jour venu on n'y trouvait plus rien «. On ajoutait que les fantômes faisaient danser ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin, lesquels ne manquaient pas de se tenir pour avertis qu'ils mourraient bientôt. On ne rencontre plus de ces choses-là. Voy, Follets.
Hanse des Féet. — On prétendait chez nos pères que les fées habitaient les forêts déser*tes, et qu*elles venaient danser sur le gazoo au clair de la lune. Voy, Fâbs.
Bante de» Oéant». — Merlin, voulant faire une galanterie de courtisan, fit venir, dit-on, d'Irlande en Angleterre, des rochers qui prirent des figures de géants, et s'en allèrent en dansant former un trophée pour le roi Ambrosius. C'est ce qu'on appelle la danse des géants. Des écrivains soutenaient, il n'y a pas long-temps, que ces rochers dansaient encore à l'avènement des rois d'Angleterre.
Banie de» Bloru. — L'origine des danses des morts, dont on fit le sujet de tant de peintures, date du moyen âge ; elles ont été long-temps en vogue. D'abord on voyait fréquemment, pendant le temps du carnaval, des masques qui représentaient la mort; ils avaient le privilège de danser avec tous ceux qu'ils rencontraient en les prenant par la main, et l'efl'roi des personnes qu'ils forçaient de danser avec eux amusait le public. Bientôt ces masques eurent l'idée d'aller dans les cimetières exécuter leur danse en l'honneur des trépassés. Ces danses devinrent ainsi un efl'rayant exercice de dévotion ; elles étaient accompagnées desentences lugubres, et Ton ne
> Histoire des pratiques superstitieuse!, 1. 1'''', p. 28i'. • Taillepied, Psychologie, p. 175.
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sait pourquoi alors elles prirent le nom de danses macabres. On fit des images de ces danses qui furent révérées par le peuple. — Les danses macabres se multip!i»^renl à l'infini, au quinzième et au seizième siècle ; les artistes les plus habiles furent employés à les peindre dans les vestibules des couvents et sur les murs des cimetières. — La Danse des morts de Bâle fut d'abord exécutée dans cette ville en 4435 par l'ordre du concile qui y était rassemblé. Ce qui l'a rendue célèbre, c'est qu'elle fut ensuite refaite par Hotbein. a L'idée de cette danse est juste et vraie, disait, il y a quelque temps, un rédacteur distingué du Journal des Débats : ce mondeci est on grand bal où 1» mort donne le branle. On danse plus ou moins de contredanses, avec plus on moins de joie; mais cette danse enfin , c'est toujours la mort qui la mène ; et ces danseurs de tous rungs et de tous étala, que sonl-ils? Des mourants à plus ou moins long terme. — Je connais deux Danses des morts, poursuit le même écrivain, Tune à Dresde, dans le cimetière atidelà de l'Elbe; l'autre en Auvergne, dans l'admirable église de la Chaise-Dieu. Cette dernière est une fresque que rhumidité ronge chaque jour. Dans ces deux Danses des morts, la mort est en tête d'un chœur d'hommes d'âges et d'états divers : il y a le roi et le mendiant, le vieillard "fet le jeune homme, et la mort les entraine tous après elle. Ces deux danses des morts expriment l'idée populaire de la manière la plus simple : le génie d'Holbein a fécondé cette idée dans sa fameuse Danse des Morts du cloître des Dominicains. A Bàle, c'était une fresque, et elle a péri comme périssent peu à peu les fresques. 11 en reste au Musée de Bâle quelques débris et des miniatures coloriées. La danse d'Holbein n'est pas, comme celles de Dresde et de la Chaise-Dieu, une chaîne continue de danseurs menés par la Mort ; chaque danseur a sa mort costumée d'une façon différente selon l'état du mourant; de cette manière, la danse d'Holbein est une suite d'épisodes réunis dans le même cadre ; il y a quarante et une scènes dans le drame d'Holbein, et dans ces quarante et une scènes, une variété infinie. Dans aucun de ces tableaux vous ne trouverez la mêoie pose, la même attitude, la même expression, Holbein a compris que les hommes ne se re»- i semblent pas plus dans leur mort que dans leur vie , et que , comme nous vivons tous à notre manièrei, nous avons tous aussi notre , manière de mourir. — Holbein costume le laid et vilain squelette sous lequel nous nous figurona la mort de la façon du monde la plus
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bouffonne, exprimant, par les attributs qu'il lui donne , le caractère et les habitudes du personnage qu'il veut représenter. Chacun de ces tableaux est un chef-d'œuvre d'invention. — Il est incroyable avec quel art il donne l'expression de la vie et du sentiment à ces squelettes hideux, à ces figures décharnées. Toutes ses morts vivent, pensent, respirent; toutes ont le geste, la physionomie, j'allais presque dire les regards et les couleurs de la vie. — Holbein avait ajouté à l'idée populaire de la Danse des Morts ; le peintre inconnu du Pont de Lucerne a ajouté aussi à la danse d'Holbein. Ce ne sont pas des peintures de prix que les peintures du Pont de Lucerne ; mais elles ont un mérite d'invention fort remarquable. Le peintre a représenté, dans les triangles que forment les poutres qui soutiennent le toit du Pont, les scènes ordinaires de la vie, cl comment la mort les interrompt brusquement. Dans Holbein , la mort prend le costume et les attributs de tous les états, montrant par )à que nous sommes tous soumis à sa nécessité. Au Pont de Lucerne, la mort vit avec nous; faisons-nous une partie de campagne, olle s'habille en cocher, fait claquer son fouet; les enfants rient et pétillent : la mère seule se plaint que la voiture va trop vite. Que voulez-vous ? C'est la mort qui conduit ; elle a hâte d'arriver. Âilez-vous au bal , voici la mort qui entre en coiffeur, le peigne à la main. Hâtez-vous, dit la jeune fille, hâtez-vous I Je ne veux point arriver trop tard. — Je ferai vite ! Elle fait vite : car à peine a-t-ellctouché du bout de son doigt décharné le front de la danseuse , que ce front de dix-sept ans se dessèche aussi bien que les fleurs qui devaient le parer. — Le Pont de Lucerne nous montre la Mort à nos côtés et partout : à table, oîi elle a la serviette autour du cou , le verre à la main et porte des santés; dans l'atelier du peintre, où en garçon barbouilleur elle tient la palette et broie les couleurs; dans le jardin où , vêtue en jardinier, l'arrosoir à la nfiain , elle mène le maître voir si ses tulipes sont écloses ; dans la bootiqiie oiî, en garçon raar* eband, assise sur des ballots d'étoffe, elle a l'air engageant et appelle les pratiques; dans le corps^e-garde, où le tambour en main elle bat le rappel ; dans le carrefour où en faiseur de tours elle rassemble les badauds ; au barreau où, vêtue en avocat, elle prend des conclusions, le seul avocat (dit la légende' en. mauvais vers allemands placés au bas de chaque tableau ) qui aille vite et qui gagne toutes ses causes ; dans l'antichambre du ministre où, en solliciteur, l'air humble et le dos courbé, elle présente une pétition qui sera
écoutée ; dans le combat enfin , où elle court en tête des bataillons, et, pour se faire suivre, elle s'est noué le drapeau autour du cou.... »
Basse du Sabbat. — Pierre Delancre assure que les danses du sabbat rendent les hommes furieux, et font avorter les femmes. Le diable, dit-on, apprenait différentes sortes de danses aux sorciers de Genève; ces danses étaient fort rudes , puisqu'il se servait de verges et de bâtons , comme ceux qui font danser les animaux. Il y avait dans ce pays une jeune femme à qui le diable avait donné une baguette de fer, qui avait la vertu de faire danser les personnes qu'elle touchait ; elle se moquait des juges durant son procès, et leur protestait qu'ils ne pourraient la faire mourir ; mais elle déchanta ^ — Les démons* dansent avec les sorcières en forme de bouc ou do tout autre animal. — On danse généralement en rond , dos à dos, rarement seul ou à deox. 11 y a trois branle.^ : le premier se nomme le branle à la bohémienne ; le second s'exécute comme celui de nos artisans dans les campagnes , c'est-à-dire en sautant toujours, le dos tourné ; dans le troisième branle, on se place tout en long , se tenant par les mains et avec certaine cadence. On exécute ces danses au son d'un petit tambourin, d'une flûte, d'un violon, ou d'un autre instrument que l'on frappe avec un bâton ; c'est la seule musique du sabbat ; cependant des sorciers ont assuré qu'il n'y avait pas de concerts au monde mieux exécutés.
Dante du SoleSL — C'est une croyance encore répandue dans beaucoup de villages que le soleil danse le jour de Pâques. Mais cette gracieuse tradition populaire n'est que de la poésie , comme les trois soleils qui se lèvent sur l'horizon le matin de la Trinité.
Dantef épîdémique». — Au quatorzième siècle il y eut une secte de danseurs qui parcoururent le Luxembourg, le paya de Liège, le Hainaut et les provinces Rhénanes, dansant avec fureur et se prétendant favorisés pendant leurs danses de visions merveilleuses. On croit qu'ils étaient possédés, puisqu'on ne les guérit que par les exorcismes.
Baphnéphagef , — devins qui, avant de répondre aux questions qu'on leur faisait, mangeaient des feuilles de laurier^ parce que, cet arbre étant consacré à Apollon , ils se croyaient de la sorte inspirés de ce dieu.
s Delancre, Tablean do TinconstaDce des démons, etc. , liy. III, dise. 4, p. 204.
a Bodin. Pémonomunie, Uv. i<s ch. 4.
^pl^ipiiianoî^ , — divination par le laq* rier. On ep jetait unç branche dans le feu ; si elle pétillait en brûlant, c*était un heureux présage ; mais si elle brûlait sans faire de bruit, le pronostic était fâcheux.
Bardf magiquef . — Les Lapons , qui pas* saient autrefois pour de grands sorciers , et oui le sont à présent bien peu , lançaient , dit-on, des dards de plomb, longs d'un doigt, contre leurs ennemis absents, et croyaient leur envoyer, avec ces dards enchantés , des maladies et des douleurs violentes.
^atow4i>- — C'est le nopn que les Ferons donnent àla troisième jcl^e de leurs mauvais génies.
Han^îf , — auteur peu connu d'un livre contre les sorciers, intitulé Traité sur la magie j k sortilège, les possessions, obsessions et maté'* fices , où Ton en démontre la vérité et la réalité, avec une métbode sûre et facile pour les discerner, et les règlements contre les devins, sorciers, magiciens, etc. ; Paris, in-42, 4732.
Bauphln. — On ne sait trop sur quoi est fondée cette vieille croyance populaire, que le dauphin est ami de l'homme. Les anciens te connaissaient si imparfaitement, qu'on Ka presque toujours représenté avec te dos courbé en arc , tandis quMl a le dos plat comme ]es antres poissons. Or trouve, dans ËHen et dans d'dulres naturalistes, des enfants qui se promènent en mer à cheval sur des dauphins apprivoisés; ce sont de ces merveilles qui ne sont plus faites pour nous. On sait que le dauphin est le symbole d/e la rapidité : fi c'est clans un ^en$ emblématique , pour rappeler qp^il faut se bâter avec p;*ufience , qu'on p ppint le 0^pbin entortillé à une 3npre ; car jl est Cau^ .(j,ne p^r affection poi^ r.homme il la conduise ,iA^ fqpd .dj@ J^ ff^ey, .cojaia)ç je ,009taient nos pères *.
Iiavîd. — Sejpn les Orientaux, ce prophèteroi se faisait obéir des j[:K>issons, des oiseaux et des pierres; ils ajoutent que le fer qu'û ffCnait dans ses mains s'aniol lisait;, et que le? larmes qu'il versa pendant les quarante jours qu'il pleura spp péché faisaient naître des plantes. Adam , disent les mgsulmans , avait donné soixante ans de la durée de sa vie pour prolonger oelto de Dayid, ()w»t il pcéwj^âit le règn0 gk>ri0UK.
Baviâ-Gteorse^ — vitrier de Gand, qui, en 1525, se mit à courir les Pays-Bas, en disant qu'il était le Messie envoyé sur la terre pour remplir le ciel , qui avait beaucoup trop de
' Brown, Des Erreurs popul., Hv. v, ch. 2.
vide. On le signala ; mais i| changeai^ de nom pour se (pellre à couvert des poursuites. On croyait qu'il avait intelligence avec Ie$ piseau^ ; car il parlait avec eux en différentes langues , et ces oiseaux lui portaient parfois de Ta proie pour ses aliments. A Bâ|e / il ^ f)t appeler Jean Bruch, se disant neveu d^ Dieq, qu'il appelait ^on oncle, ajoutant toutefois qu'il était né en Hollande. Il vpulut ^p^i se faire passer poi^r le prophète Daniel , qu9 Dieu envoyait en ce nionde afip de rétablir le royaume d'Israël et le tabernacle âp JpcQ)). Il ensorcelait les esprits, ditDelancre, ià^à^ que les autres sorciers ensorcelaient les corj^. Au bout de trejz.e ans qu'il séjourna à )9|â|p, il mourut, ayant abusé telle^ment le peuple qu'on lui fit de magnifiaues obsèques, et (|u'il fut enterré en l'église de Saii)t-J.éonard. Ses disciples furent étonqés de sa mort» car ils Ip croyaient immortel ; il avait prédit qu'il ressusciterait trois jours après $on trépas. Comme on vit que, cette prophétie au bout de trois ans ne ^'accomplissait point, on le reconnut pour iinposteur ; ou le tira de son /cercueil , et on le porta sur un échafaud , oii il fut brûlé avec les livres qu'il avait cqmiiosés, le 26 août, 4559 ^
l^vtd-Jooo». -^Les matelots anglais appelleot de ce nom le mauvais génie qui préside à tous les esprits maKei&ants de la mer. U est dans tous \e^ ouragans ; on Ta vu quelquefois d'une taille gigantesque, montrant tiTois rangs de depts aiguës dans sa bouche énorme, ouvrant de grands yeux effrayants, et de lai^^es neriacs, d'où sortaient des Q^mmes bleues.
Beber. — Des théologiens hébreux disent que Deber signifie le démon qui offense la nuit ; et Gheteb ou Gherèb , celui qui offense en plein midi.
Bè^mt (PuBuvs). — Pendant ta guqirie des Romains contre (es Latins, Jea consuls Publius Décius et Manlius Torquatus, «ampés près du Vésuve , euirent tous deux Ip même songe dans la même nuit : iJa virent en dorinaat un homn^e d'une êgune haute, qui leur dit que l'une des deux armées jdeynit descendre imitez les onobr^s , et que ceiienlà ser^t victoterJeuee dont le général se dévouerait aux puissances de la ipnnt. Le lendeoiain, les .com^uls> s'étant raconlé leur songe, firent no ^crifice pour s'apurer encore de la vokmté des dieux, et les cntiiailles des viotiinee pnn-
' PFÎfincjjï.Trt^îeau^eri^oj|9t#ncydfl^4énwnç,elc., nv. \, p. 337.
DP». - 1
firmèrent ce qu'ils avaient vu. Ils convinrent donc entre eux que le premier qui verrait plier 563 bataillons s'immolerait au salut de là patrie. Quaijd le combat fut engagé , Décius , qui vil fléchir l'aile qu'il commandait^ se dévoua, et avec lui ioute'l'armée ennemie, aux dieux infernaux, et se précipita dans 'les rang$ des Latins , oi^i il reçut la mort en assurant à Rome une vicloire éclatante '. — Si ce double songe des consuls et les présages des victimes publié^ dans les deux armées n'étaient qu'un coup de politique, le dévouement de Décius était un acte de patriotisme bien grand, même chez les Romains
B^or^mpf , — escarpQiegr du dernier siècle, qui publia un Traita de id magie blanche,
9i«lMl»«ii, — iediabio chez plusieurs tribus
Mlphobe, ^sibylle de Cumes. Voy, Sibylles.
iMjeoiîons. — Le iwédecin fie Haën , dans le dernier chapitre (Je son Traité de la magie, dit que si Ton voit sortir (Je quelques parties que ce soit du corps humain, sans lésion considérable, des choses qui naturellement ne puissent y entrer, comme des couteaux , des morceaux de verre , au fer, de lu poix , des touflfes (Je cr^, (jps o^, des ins^tgs, fjfigiï^ftes épindes tord.ues, de^ qhorbpns, etc., pn ôpii attripuer tpi^t cela ^u démon et à i^ «lagie.
HeUnore ( PiBBflE ) , — démonographe renommé, né à Bordeaux dans le seizièdie siècle. II fyt p^Fjg^ 4'i|^iiire le prpc^ jte ouaolilé de vauripn^ pécules de sortilèges ; ^on esprit crédffi^ ^11 (jçKqe^ra jqçtnvajncu de toutes les ex|fav^ga,oc^s ,di| sabbat ^t dlQs QQrcjers. U mourut à Paris, vers 1630. On a de lui de^x ouvrages recherchés sur ces matières : — 1" r Incrédulité et mécréance du eortilége pleinement œnvaincues , où il est amplement et curieusement traité de la vérité oi^ illusion du sortilège, de la fascination, de ràltouchement, du âcopélisme, de la divination, de la ligature on liaison magique , des apparitions et d'une infinité d'autres rares et nouveaux sujets , par P. Dûlaivsre , CQMeiUer àài roi en son Goo3eil d'État. Paris, Nicolas Buoo, 1642. iD-40-de près de 900 pages, assez rare, dédié au roi Louis XiU ; divisé en dix traités. Dana le pren^ier, l'auteur prouve que .tout ce qu'on dit d^s sorciers est véritable. Le second ^ intitulé De ta fascination^ démontre que les sorcières ne fascinent, en ensorcelant, qu'au moyen du diable. Par le troisième traité, con-
« Tite-Live et Valère-Maximc.
67 — DEf.
sacré à Y attouchement , on voit ce que peuvent faire les sorciers par le toucher, bien plus puissant oue le regard. Le traité quatrième, o\\ il s'pgit du scopélisme^ nous apprend que, par cette science secrète, on maléficie les gens en jetant simplement des pierres c^arrpées dans leur iaixlin. Le traité suivant détaijle toutes les divinations* Au sixième traité , on s'instruit de tout ce qui tient aux ligatures. L^ septjème roule sur les apparitions. L'auteur j qyi ne doute de rien , en rapporte beaucoup. Il tombe, dans le huitième traité, sur les juifs, apostats et athées. Dans le neuvième, il s'élève contre les hérétiques, dont l'apparition dans tous les temps a produit des fanatismes plus ou moins absurdes ou abominables. Il se récrie , dans le dernier traité , contre l'incrédulité et mécréance des juges en fait de sorcellerie. Le tout est suivi d'un recueil d'Arrêts notables contre les sorciers. — 2« Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons , où il est amplement traité dé la sorcellerie et des sorciers ; livre très-curieux et très-utile , avec un discours contenant la procédure faite par les inquisiteurs d'Espagne et de Navarre à cinquante-trois magiciens, apostats, juifs et sorciers , en la ville de Logrogne en Câstille , le 9 novembre 1610 ; en laquelle on voit combien l'exercice de la justice en France est plus juridiquement traité et avec de plus belles formes qu'en tous autres empires, royaumes, républiques et États, par P. Delancre, conseiller du roi au Parlement de Bordeaux ; Paris, Nicolas Buon, 1612, in-i*' d'environ 800 pages*, très-recherché , surtout lorsqu'il est accompagné de l'estampe qui représente les cérémonies du sabbat. Cet ouvrage est divisé en si;p livres : Ip premier contient troit( discours sur l'inconstance des démons, le grand nombre de^ sorciers et le penchapt des fçmmes du pays de Labour pour la sprceilerie. Le second livre traite du sabbat, en cinq discours. Le troisième roule sur la même matière et sur les pactes des sorciers avec le diable , pareillement en cinq discours. Le quatrième livre , qui contient quatre discours, est consacré aux iQups-garous ; le livre cinquième, en trois discours, aux superstitions et apparitions; et le ^ixiàoie, aux prêtres sorciers* en cinq discours. — Tout ce que ces ouvrages présentent d^ aurieuiL tient sa place dans ce Dictionnaire.
Belangle (Louis), — médecin espagnol et grand astrologue. On raconte qu'il prédit au roi Charles VII la journée de Frémigny, en U50; il prédit aussi, selon quelques auteurs,
' n y a une préface de Jean d'Espagne t.
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Temprisonnement du petit prince de Piémont, ainsi que la peste de Lyon l'année suivante. On l'accusa de superstition , quoiqu'il ne se dît qu'astrologue. Le roi le retint à quatre cents livres de pension, et l'envoya pratiquer sa science à Lyon. Il fit plusieurs livres, et traduisit, d'espagnol en latin, les Nativités, de Jean de Séville. On ajoute qu'il prévit le jour de sa mort. Il fit faire, dit-on, quinze jours d'avance, son service, que l'on continua jusqu'à l'heure marquée, où en effet il mourut •.
Belrîo (Martin-Antoine), — né à Anvers en 4551, savant jésuite, auteur d'un livre intitulé : Recherches magiques *, en six livres, où il est traité soigneusement des arts curieux et des vaines superstitions : in- 4°, Louvain, 4599, souvent réimprimé. Ce livre rélèbre, qui eut dans son temps beaucoup de vogue, a été abrégé et traduit en français par André Ducbesne, Paris, in-4<*, et in-8?, 2 vol., 4614, très-recherché. L'auteur se montre généralement un peu crédule, mais plus éclairé que la plupart des écrivains de son siècle. Son ouvrage est divisé en six livres : le premier traite de là magie en général, naturelle et artificielle, et des prestiges; le second, de la magie infernale ; le troisième, des maléfices; le quatrième, des divinations et prédictions; le cinquième, des devoirs du juge et de la manière de procéder en fait de sorcellerie ; le sixième, des devoirs du confesseur et des remèdes permis ou prohibés contre la sorcellerie. En général, ces disquisitions magiques sont un recueil de faits bizarres, mêlés de raisonnements et de citations savantes.
Bélttge. — Voy. Is, NoÉ, etc.
Bémocrite, — philosophe célèbre, qui Horissait en Grèce pnviron trois cents ans après la fondation de Rome. Les écrivains du quinzième et du seizième siècle l'ont accusé de magie; quelques-uns lui ont même attribué un traité d'alchimie. Psellus prétend qu'il ne s'était crevé les yeux qu'après avoir soufflé tout son bien à la recherche de la pierre philosophale. La cécité de Démocrite a embarrassé bien des personnes. Tertullien dit qu'il se priva de la vue parce qu'elle était pour lui une occasion de mauvaises convoitises. Plutarque pense que c'était pour philosopher plus à son aise , et c'est le sentiment ie plus répandu, quoiqu'il soit aussi dénué de fondement que les autres. — Démocrite ne fut point aveugle, si l'on en croit Hippocrate,
' Ancien manu.«crit de la Bibliothèque du roi, rapporté à lu fin des Remarques de Joiy sur Boylo.
2 Disquisitionum magicarum libri scx , ttc, auctore Martino Dclrio^ etc.
qui raconte qu'appelé par les Abdéritains pour guérir la folie prétendue de ce philosophe, il le trouva occupé à la lecture de certains livres et à la dissection de quelques animaux ; ce qu'il n*eût point fait s'il eût été aveugle. De jeunes Abdéritains, sachant que Démocrite s'était enfermé dans un sépulcre écarté de la ville pour philosopher, s'habillèrent un jour en diables avec de longues robes noires, et portant des masques hideux; puis l'allèrent trouver, et se mirent à danser autour de lui; Démocrite n'en parut point effrayé, il ne leva pas même les yeux de dessus son livre et continua d'écrire ^. Il riait de tout, nous dit-on, mais son rire était moral, et il voyait autrement que les hommes dont il se moquait. Croyons donc, avec Scaliger, qu'il était aveugle moralement, quod aliorum more oculis non uteretur. — On a dit qu'il entendait le chant des oiseaux, et qu'il s'était procuré cette faculté merveilleuse en mangeant un serpent engendré du sang mélangé de certains oisillons ; mais que n'at-on pas dit! On a dit aussi qu'il commerçait avec le diable, parce qu'il vivait soHtaire.
némon barbu. — Voy. Barbu.
Sèmonûuiaet, -— Voy. POSSÉDÉS.
BémoiiooratSe , — gouvernement des démons, influence immédiate des esprits malfaisants, religion de quelques peuplades américaines, africaines, asiatiques, sibériennes, kamtschadales, etc., qui révèrent le diable avant tout. .
némonograpbîe, — histoire et description de ce qui regarde les démons. On appelle démonographes les auteurs qui écrivent sur ce sujet, comme Delancre, Leloyer, Wiérus, etc
némonolàtrîe, culte desdémons. On a publié à Lyon, vers 1849, un volume in-42, intitulé : Superstitions et Démonoldtrie des phi^ losophes. Ce livre a le tort d'être trivial quelquefois, mais il contient de bonnes choses.
Bémonologîe , — discours et traité sur les démons pour la démonologie du roi Jacques. Voy. ce nom. Voy. aussi WALTsa Scott.
Démonomanoie, — divination par le moyen des démons. Cette divination a lieu par les oracles qu'ils rendent, ou par les réponses qu'ils font à ceux qui les évoquent.
némonomame , — manie de ceux qui croient à tout ce qu'on raconte sur les démons et les sorciers , comme Bodin , Leloyer , Delancre, etc. L'ouvrage de Bodin porle le titre
' Leloyer, Histoire des spectres ou appacitiop des esprits, liv. i««-, ch. 9, p. 8y.
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de Démonomanie des sorciers ; mais là ce mot signi6e diablerie. Voy. Bodin.
Démoiu. — Ce que nous savons d'exact sur les démons se borne a ce que nous en enseigne l'Église : que ce sont des anges tombés, qui privés de la vue de Dieu depuis leur révolte, ne respirent plus que le mal et ne cherchent qu'à, nuire. Ils ont commencé leur règne .sinistre par la séduction de nos premiers pères; iU continuent de lutter contre les anges fidèles qui nous protègent, et ils triomphent de nous quand nous ne leur résistons pas avec courage. —Nous ne pouvons faire ici un traité dogmatique sur les démons. Nous devons nous borner à rapporter les opinions bizarres et singulières auxquelles ces êtres maudils ont donné de l'intérêt. — Les anciens admettaient trois sortes de démons, les bons, les mauvais et les neutres. Mais ils appelaient démon tout esprit. Nous entendons par démon un ange de ténèbres, un esprit mauvais. — Presque toutes les traditions font remonter l'existence des démons plus loin que la création du monde matériel. Parmi les rêveurs juifs, Aben-Esra prétend qu'on la doit fixer au second jour de la création. Manassé Benisra'ël, qui suit la même opinion, ajoute qu'après avoir créé l^nfer et les d6mons, Dieu les plaça dans les nuages et leur donna le soin de tourmenter les méchants •. L'homme n'était pas créé le second jour; il n'y avait donc point de méchant à punir. Les démons d'ailleurs ne sont pas sortis noirs de la main du Créateur; ils ne sont que des anges de lumière devenus anges de ténèbres par leur chute. — Origène et quelques philosophes soutiennent que les bons et les mauvais esprits sont plus vieux que notre monde ; qu'il n'est pas probable que Dieu se soit avisé tout d'un coup, il y a seulement sept ou huit mille ans ', de tout créer pour la première fois, que les anges et les démons étaient restés immortels après la riiine des mondes qui ont précédé le nôtre , etc. Manès, ceux qu'il a copiés et ceux qui ont adopté son système, font le diable éternel et le regardent comme le principe du mal, ainsi que Dieu est le principe du bien. Il a été suffisamment réfuté. Nous devons donc nous en tenir sur les démons au sentiment de l'Église universelle. Dieu avait créé les chœurs des anges. Toute cette milice céleste était pure et non portée uu mal. Quelques-uns se laissèrent al-
* De Resurrectlone morttioraiYi, lib. iir, cap. 6.
^ La ▼PTSinn des Septame donne au inonde quinze oa dix-hoit oento ans de plut que nous. Les Grecs modernes ont suivi ce calcul, et le P. Pezrun Va un peu réveillé parmi nous dans TAntiquitë rétablie.
1er à l'orgueil ; ils osèrent se croire aussi grands que leur Créateur , et entraînèrent dans leur crime une partie de l'armée des anges. Satan , le premier des Séraphins et le plus grand de tous les êtres créés \ s'était misa la tête des rebelles. Il jouissait dans le ciel d'une gloire inaltérable et ne reconnaissait d'autre maître que l'Éternel. Une folle ambi-^ tion causa sa perte ; il voulut régner sur la moitié du ciel, et. siéger sur un trône aussi élevé que celui du Créateur. L'archange Michel et les anges restés dans le devoir lui livrèrent combat. Satan fut vaincu et précipité dans'rabîme a\ec tous ceux de son parti ^ — Dieu exila les anges déchus loin du ciel, dans un lieu que nous nommons l'enfer ou tabime»
— Quelques opinions placent l'enfer au cent/re de notre globe. Plusieurs rabbins disent que les démons liabitent l'air, qu'ils remplissent. Saint Prosper les place dans les brouillards. Svvinden a voulu démontrer qu'ils logeaient dans le soleil ; d'autres les ont logés dans la lune. Bornons-nous à savoir qu'ils sont dans les lieux inférieurs y bien loin du soleil et de nous, comme dit Milton, et que .Dieu leur permet toutefois de tenter les hommes qui sont sur la terre, et de les porter au mal. ~ Tout chrétien connaît la dure et incontestable histoire du péché originel, réparé, dans ses effets éternels, par la divine rédemption. On sait aussi que depuis la venue du Messie le pouvoir des démons, resserré dans d'étroites limites, se borne à un rôle vil et l jnébreux, qui a produit quelques tristes récits mêlés souvent de mensonge. — On ne sait trop se figurer le nombre des démons. Wiérus, toutefois, comme s'il les avait comptés, dit qu'ils se divisent en six mille six cent soixante-six légions, composées chacune de six mille six cent soixante-six anges ténébreux ; il en élève ainsi le nombre à quarante-cinq millions, ou à peu près, et leur donne soixantedouze princes, ducs, marquis, prélats ou comtes. — Mais il y en a bien davantage, et ils ont leur bonne part dans le mal qui se fait ici-bas, puisque les mauvaises inspirations viennent d eux seuls. Honte et malheur à qui les écoute !
— Selon Michel Psellus, les démons se divisent en six grandes sections. Les premiers sont les démons du feu, qui en habitent les régions éloignées ; les seconds sont les démons de l'air, qui volent autour de nous, et ont le pouvoir d'excilçr les orages; les troisièmes sont les démons de la terre^ qui se mêlent avec les hommes et s'occupent de les tenter ;
> Quique creatur» prafalsit in ordine primu».... Aie. Aviti poero., lib. ii.
3 Apocalypse, cb. v, vers. 7 et 9.
les quatrièmes sont les démons (Jes eau?, qui habitent la mer et le? rivières, pour y élever des tempêtes et causer des naufrages; les cinquièmes çont les démons souterrains, qui préparent les tremblements de terre, soufflant' les volcans, font écrouler les puits et tourmentent les mineurs; les sixièmes sont les dénions ténébreux, ainsi nommés Mrce qu'ils vivent loin du soleil et ne se montrent pas sur la terre. On ne sait trop où Michel ?sellus a trouvé ces belle$ choses; mais c'est dans ce système qiie les cabalistes ont imaginé les salamandres, qu'ils placent dans (es régions du feu; les sylphes^ aui remplissent l'air j les ondins, ou 'nymphes, qui vivent dans l'eau, et les gnomes, qui sont logés dans l'intérieur de la terre. — Des doctes ont prétendu que les démons multiplient entre eux comme les hommes ; ainsi , leur nombre doit s'accroître surtout si l'on considère la durée do leur vie, que quelques savants ont bien voulu supputer; car il en est qui ne lés font pas immortels. Hésiode leur donne une vie de six dent quatre -vingt mille quatre cents ans. Plutar(jue, qui ne conçoit pas bien qu'on ait pu faire l'expérience d'une si longue vie, la
réduit à neuf mille sept cent vingt ans —
Il y aurait encore bien des choses à dire sur les' démons et sur les diverses opinions qu'on s'est faites d'eux. On trouvera généralement ces choses, à leurs articles, dans ce dictionnaire. — Lés Moluquois s'imaginent que les démons s'introduisent di|ns leurs maisons par l'ouverture du toit, et apportent un aï r infect qui donne la petite-vérole. Pour prévenir ce malheur, ils placent à l'endroit où passent ç<es démons certaines petites statues de'bois pour les épouvanter, comme nous Hissons des hommes de paille sur nos cerisiers pour écarter les oiseaux. Lorsque ces insulaires sortent le soir ou la nuit, temps destiné aux excursions des esprits malfaisants, ils portent toujours sur eux un oignon ou une gousse d'ail, avec un couteau et quelques morceaux de bois; et quand les mères mettent leurs enfants au lit, elles ne manquent pas de mettre ce préservatif sous leur tête. — Les Chiugulais, pour empêcher que leurs fruits ne soient volés, annoncent qu'ils les ont donnes aux démons. Dè^ lors, personne n'osé y loucher. — Les Siamois ne connaissent point d'autres démons que les âmes dés méchants qui, sortant des enfers où elles étaient détenues, errent un certain temps dans ce monde et font aux hommes tout le mal qu'elles peuvent. De ce nombre sont encore les criminels exécutés, les enfants mort-nés, le8femme8,morte8en cpuches et ceux qui ont été tués en duel. Voy. Diable.
70 — DEîjf
Bémont blanm, -^VOy. FëMMES BLANCnps.
Bémont familie^, -7- démons .qui s'apprj-: voisent et se plaisent à vivre avec lès hommes, qu'ils aiment assez à obliger. FoyV Bè- RiTH.'— tfn hislorien suisse rë'pporlp qu'un baron de He^ensberg s'étâîl relire dans une tour de son château de Bâlê pour s*y adonner avec plus de soin à l'étude de TÉcriture Sainte et aux belles-lettres. Le peuple était d'autant plus surpris du choix de cette retraite, que la tour était habitée par un démon, qui jusqu'alors n'en avait permis rentrée à personne; mais le baron était au-dessus d'une I elle crainte. Au milieu de ses travaux, le démon lui apparaissait, dit-on, en habit séculier, s'asseyait à ses ' côtés, lui faisait' dés questions sur ses recherches, et s'entretenait avec lui sur divers objets, sans jamais lui faire aucun mal. L'historien crédule ajoute que, si le baron eût voulu faire des questious au démon, il en eût tiré beaucoup d'éclaircissements utiles *. Voy. Esprits, Lutins, Fab- PADETs, etc. ' .
l^moiif de nûdî. — Op parlait l^eaucoup chez les anciens de certains dém.Qns qui se niontraient particulièrement vers midi à ceux avec lesquels ils avaient contracté familisfîté. Vo^. AaATHioN. Ces démons visitent ceux à qui ils s'attachent, en forme d'hommes ou de bêtes, ou en se laissant enclore en un caractère, chiffre, fîple, ou bien en un anneau vide e,t creux ail jledans. «, Ils sont côqnu^, ajoute Leloyer, des magiciens qui s'en servent, et, p mon grand regret, je suis contraint de dire que l'usage ^p*^n est que trop comniun *. » Voy. EMpysp.
médecin eit a^qlQgue au qu^|orzièiii# Cécile. Ce lut lui qui prédit Ja venue du pcio^E^e do GaJJes, et qui configura d'ay^ojce par ««Irologie la prise du roj Jean fi Poitiam; m»is qp n^en tint pas compte. Néanmoins, app^ qne la chose fut qdveDue, il lut graniiem^Dt estimé à la cour '.
Benît-Ie-Ohartreux , . — écrivain pieux du quiozièn^e siècle, né ^dans le pays de Liège. Nou§ ne citerons due son ouvrçigft Des Quatre dernières fins de f homme, où il traite, selon les idées de son temps et de son pays, du
purgatoire et de l'énfef. * "'
IMnis df fr>n<'^n9^, — n^édecin dp la Facullé delllûnlpeilier etgrand astf qlogue. ^ppelé
< Dictionnaire d'anecdoîes siilAsça, p. ^9.
' Histoire des specues, Iït. w, ch. 4, p. 199.
^ Ancien manuscrit de U Bibtioth^tt» dn roi, cité par Joly, Remarques sur Bftylé.
«EN — 17i — QES
aaservjcedudncLouisd*Ânjou,ii fut forl expert en Thonapur de s^int ^aurent. C'est une sjfen ses jugements particuliers , entre lesquels perslitior). — Les racines d'asperges spiit, au,-
il en fit' un audit duc, qui était gouverneur do petit roi Chartes V(, au moyen duquel il trouva le trésor du roi Charles V, aui était seulenient à la connaissance d'un nommé Errart de Serreiize, homme vertueux, discret et sage. Il y avait dans ce trésor, aue Denis de Vincennes découvrit p^r son art, dix-huit millions d'or. Aucuns (attendu que ce roi avait toujours eu là guerre) disent que Jean de Meung, aqteur du roman de la Rose, lui avait amassé ce trésor par |a vertu de la pierre philosophale *.
a*iit«.**4i y a aussi quelques histoires merveiUaiises spr.les dents; .et d'aixMti on a vu des enfants naître avee des ëenis ; Lotus XIV eo awt daux lorsqu-il vint au monde. Pyr* rhus, toi d^ Éposotes, 9vaii au lieu de dents un 0$ contino en haut de la mâchoire et ui} pareil en bas. Il y avait même en Perse nne race d-iiommes qui apportaient cas o&4à en uaissant » ; la république des Gorgones devait èlce biep laide, comme <iit M. Saignes, s'il est vraiqoa ces femmeiS n'avaient pofur elles toutes qu'ion oail et qu'une dent, qM*eUea se prêtaient l'nna à l'autre. — En 4ôd4 , le bruit courut en Silésie que, les dents étant lombéas à un enfisint ide sept ans , il lui en ^tak venu une d'or. Gn prétendait qn'elie était en partie na^ turelle et en ps^rtip fperveilleuse , et Qu'f^le avait été envoyée du ciel à cet enîanlpduf consoler les Chrétipns .^Ifligés par }es Turcs, quoiç|u*ii n'y eût p^^ grand rapport entr^ cette dent et les Turcs , et qu'pn ne voie pa^ quell^ consolation les chrétiens ep pouvaient tirer. Cette nouvelle occupa plusieurs savants et éleva plus d'une dispute entre les grands hammas du temps, jusqu'à ca£|n'aAi)«(évre ayfsuit examiné cette dent, il sp irou¥^ que Gsélait une dent ordinaire à laquelle on avai^ appliqué une feuille d'or avec beaucmip d'a*dcâsse : mais on commença par disputer et faine d^s Mvçes, puis on consulta l'orfèvre. <-<- Nous ajoutenMis que 4ans le village de Senli-^ ces ii y a une fontfûne publi(|ue dont on dit qua faau lait tomber les dents sans fluxion et 9aos douleur. D'abord elles branlent dans la bouche comme ie battant d'une cloche , én-i suite «ttes tombent naturellement. Il y a dans ce village .plus de ia moitié des habitants qui |[qanquent de dents ?. — On voit daqs les 4iàiiirable8 secrHs d' AiberhkrGraud qu'op calma le mal de dents en demandant l'aumône
' Torquemaâ^, Hoiceinéroii, p. 99.
ses
Remarques sur Bayle.
av>
on, un très-bon spécifique : sécbées pt appliquées sur les dents malades, elles les arrachent sans douleur. Nous ne l'avons pas éprouvé.
I^rodoii ( Davip), — dialecticien du 4i*T septième siècle. On conte qi^'iin professeur, pressé par un arg^ment^teur inconnu^ {ui dit sur le point de se rendre : « Tu es ie dia))îe, ou tu es Dérodon. » Ce savant a laissé un Discours contre V astrologie judiciaire ^ in-$®,
llHj^ê^if r- sorcier di| ppy^ flp ^^^^^fi W portait le bassin au ^bbai vers l'an l§4Û. Plusieurs sorcières opt ayoï^é l'y avoir vji rer cf|vant les offrandes à la mps^ dp s^))bK9t, ^t assurèrent qu'il employa^ cet argent pouf M affaireii de^ sorcijerç et pour les ^^nn^s *•
9e«bord««, -* valet de chambre du duc de Lorraine Charles IV. Ce valet fut accusé, en 4623, d'avoir avancé la mort de la princesse Christine, mère du duc, et causé diverses qwladies que les médecins attribuaient à des maléfices. Charles IV avait conçu de violents soupçons contre Desbordes depuis une partie de chasse où il avait servi un grand dîner au duc, sans autres préparatifs qu'une petite boite à trois étages, dans laqo^le se trpuvait yn repas exquis. Dans une autre Qocasion, ik s'était permis de ranimer trois pendus (car A faisait toujours tou^ par trois )qui, depuis trois jours, étaient attachés au gibat; et il leur avait osd^nié de rendre homma^ au duc, après quoi il l«s avait renvoyés à la potence. Qi^ vérifia encore qu'il avait ordonné aux personnages d'une tapisseria de s'en détacher at de venir danser dans le salon..... Charles IV, e£Grayé de ce^ prodiges, voulut qu'op infor«mât contre ûesbprdcs. On lui fit son procès at il fut condamné au fei| .
&ei««rte« (Rbné), — l-un dcs hommes les plus célèbres du dix-septième siècle. U fui persécuté en Hollande lorsqu'il publia pour la première fois ses opinions. Voët {Voeiim) qui jouissait de beaucoup de crédit àilirecht, Taocusa d'athéisoie ; il conçut même le des^ sein de provoquer sa condamnation sans lui permettre de se défendre, et, avec la man-suétude protestante, de le faire brûler à Utrecht sur un bûcher très*élevé, dont la flamme serait aperçue de toutes les Provmees- Unies'
' Delancre , Tabile au de rinconsU^ce des damons, etp. , etc.. p' ÔÔ.
* îrf . Salgues, Des Erreurs et des préjuge, ©t M. Jn- \^ GariQ^t, Histoire çje Iq. magie qp Vm^cft, p. 204.
3 Cuci9sités()ela littjifri^^uro, trad. de Tangluts, par Bortîn.'t. I", p. 5^. ' • '