DEU
renversa le ^^uéridon cl sappuya sur la couverture. Ce fut là que madame Doshoulières fil paraître toute sa fermeté. « Ah! dit-elle,
je saurai qui vous êtes! » Alors, étendant
ses deux mains vers l'endroit où elle entendait le spectre , elle saisit deux oreilles velues, qu'elle eut la constance de tenir jusqu'au matin. Aussitôt qu'il fut jour, les gens du château vinrent voir si elle n'était pas morte. Il se trouva que le prétendu revenant était un gros chien, qui trouvait pins commode de -coucher dans cette chambre déserte que dans la basse-cour.
BespilHert. — Le comte Despillicrs le père, qui mourut avec le grade de maréchai-decamp de l'empereur Charles VI , n'était encore que capitaine de cuirassiers, lorsque se trouvant en quartier d*hiver en Flandre, un de ses cavaliers vint un jour le prier de le changer de logement, disant que toutes les nuits il revenait dans sa chambre un esprit qui ne le laissait, pas dormir. Despilliers se moqua de sa simplicité et le renvoya ; mais le militaire revint au bout de quelques jours, cl répéta la même prière; il fut encore moqué. Enfin il revint une troisième fois, et assura à son capitaine qu'il serait obligé de déserter si on ne le changeait pas de logis. Despilliers, qui connaissait cet homme pour bon soldat, lui* dit en jurant : a Je veux aller cette nuit coucher avec toi, et voir ce qui en est. » — Sur les dix heures du soir, le capi/aine ^e rend au logis de son cavalier, et, ayant mis ses pistolets armés sur la table , il se couche tout vêtu, son épée à côté de lui. Vers minuit il entend quelqu'un qui entre dans la chambre, qui, en un instant, met le lit sens dessus desrsous, et enferme le capitaine et le soldat sous le matelas et la paillasse. Après s'être dégagé de son mieux , le comte Despilliers , qui était cependant très-brave, s'en retourna tout confus et fit déloi^er le cavalier. Il raconta depuis son aventure, pensant bien qu'il avait eu affaire avec quelque démon. Néanmoins il se trouva que le lutin n'était qu'un singe. •
Betruet, — empoisonneur, rompu et brûlé à Paris, en 1777, à l'âge de trente-deux ans. Il avait été exécuté depuis quinze jours, lors^ que tout à coup le bruit se répandit qu'il re^ venait toutes les nui ta sur la place de Grève. On voyait un homme en robe de chambre, tenant un crucifix à la main, se pronnenant lentement autour de l'aspace qu'avaient occupé son échafaud et son bûcher, et <s'écriant d'une voix lugubre : Je viens cherolier ma chair et mes os. Quelques nuits se passèrent ainsi, sans que personne osât s'approcher d'asses^ près
|,our savoir quel pouvait èlre l'auteur do cette farce un peu sombre. Plusieurs soldats de patrouille et de garde en avaient été épouvantés; mais enfin la terreur cessa ; un intrépide eut le courage de s'avancer sur la place ; il empoigna le spectre et le conduisit au corps-de-garde , où l'on reconnut que ce revenant était le frère de Desrues, riche aubergiste de Sentis, qui était devenu fou do désespoir.
Beftînée, — voy. FaTALISMB.
Betvignef, ^- parisienne qui avait,* nu commencement du dix-septième siècle , d^ attaques de nerfs dont elle voulut tirer parti pour se faire une ressource. Les uns la di^satent sorcière ou possédée, les autres In croyaient prophétesse. Le père Lebrun, qui parle d'elle dans son Hintoire dessuperstitiom, reconnut comme les médecins qu'il y avait danç son fait une grande fourberie. Le bruit qu'elle avait fait tomba subitement.
Beuîl. — Les premiers poètes disaient que les âmes après la mort allaient dans le sombre empire : c'est peut-être conformément à ces idées, dit Saint-Foix, qu'ils crurent que le noir était la couleur du deuil. Les Chinois et les Siamois choisissent le blanc, croyant que les morts deviennent des génies bienfaisants. En Turquie , on porte le deuil en bleu ou en violet; en gris, chez les Éthiopiens; on le portait en gris de souris au Pérou quand les Espagnols y entrèrent ; le blanc, chez les Japonais, est la marque du deuil, et le noir est celle de la joie ; en Caslille, les vêtements de deuil étaient autrefois de serge blanche. Les Perses s'habillaient de brun, et se rasaient avec toute leur famille et tous leurs animaux. Dans la Lycie, les hommes portaient des habits de femme pendant tout le temps du deuil. Chez nous, Anne de Bretagne, femme de Louis XII, changea en noir le deuil, qui jusque-là avait été porté en blanc à la cour. — A Argos, on s'habillait de blanc et on faisait de grands festins. A Délos, on se coupait les cheveux, qu'on mettait sur la sépulture du mort. Les Egyptiens se meurtrissaient la poitrine et se couvraient le visage de boue. Ils portaient des vêtements jaunes ou feuillemorte. Chez les Romains, les femmes étaient obligées de pleurer la mort de leurs maris, et * les enfants celle de leur père, pendant une année entière. Les maris ne pouvaient pleurer leurs femmes , ni les pères leurs enfants s'ils n'avaient pas trois ans. — Le grand deuil des Juifs dure un an , il a lieu à la mort des parents. Les enfants ne s'habillent pas de noir; mais ils sont obligés de porter toute l'an-
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