‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 108 sur 319 · DEV · texte numérisé non relu

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néo les habits qu'ils avaient à la mort de leur père, sans qu'il leur soit permis d'en changer, quelque déchirés qu'ils soient. Ils jeûnent tous les ans à pareil jour. Le deuil moyen dure un mois ; il a lieu à la mort des enfants, dés oncles et des tantes. Ils n'odent , pendant ce temps, ni se làvèr, ni se parfumer, ni se raser là barbe, ni même se couper les ongles ; ils hé mangent point en famille. Le petit deuil dure une semaine : il a lieu à la mort du mari ou dé là fehime. Eâ rentrant âeà funérailles^ l'époux en deuil se lave ies nains, déchausse ses souliers, et s'assied à terre, ae tenant toujours en cette postore, et ne faÎMAt que gémir et pleurer, sans travailler à quoi que ce soit jusqu'au septième jour. — Les Chinois en deuil s'habillent de grosse toile blanche, et pleurent pendant trois mois. Le magistrat n'eierce pas ses fbiictioas; le plaideur sus*pend ses proeês. Les jeunes gens vivent dans la retraite, et né peuvent se marier qu'après trois années. — Le deuil des Carai'bes consiste é se couper les cheveux et à jeûner rigoureusement jusqu'à ce que le corps soit pourri ; après quoi, ils font la débauche» pour chasser toute tristesse de leur esprit. Chez certains peuples de l'Amérique, le deuil était cotiforme à Tâgedu mort. On était inconsolable à la mort des enfants, et on ne pleurait presque pas les vieillards. Le deuil des enfants, outre sa durée, était commun, et ils étaient regrettés de tout le canton où ils étaient nés. Le jour de leur mort, on n'osait point approcher des parents, qui faisaient un bruit effroyable dans leur maison, se livraient à des accès de fureur, hurlaient comme des désespérés, s'arrachaient les cheveux, se mordaient, s'égratignaient tout le corps. Le lende^ main, ils se renversaient sur un lit qu'ils trempaient de leurs larmes. Le troisième jour, ils commençaient les gémissement^ qui du-^ raient toute l'année, pendant laquelle le père et la mère ne se lavaient jamais^ Le reste de la ville, pour compatir à leur aiHiction, pleurait trois fois le jour jusqu'à ce qu'on etd porté le corps à la sépulture >. Voy. Funé*-

BA^LLES.

B^ttmiu OU Be«iBo, -— divinité des habi» tants de Calicut, au Malabar. Cette divinité) qui n'est qu'un diable adoré sous le nom de iàeumus, a une couronne , quatre cornes à le léte et<}uatre dénis crochues à la bouche, qui est fort grande ; elle a le nez pointu et crochu^ les pieds en pattes de coq, et tient entre elles une àma qu'elle semble prête à dévorer «.

« Mnret, Dis Cérémo&iet txttL^httê, été. * hOofei, Histoire <Im tpcotrei bn wippàtMMii dm «!• prita, Uv. iii, ch. 4, p. 907.

BeTanx , — sorcier du seizième siècle, à qui l'on trouva une marque sur le dos. de la forme d'un chien noir. Lorsqu'on lui enfonçait une épingle dedans, il n'en éprouvait aucune douleur; mais lorsqu'on se disposait à y planter l'aiguille, il se plaignait beaucdup, ' Quoiqu'il ne vit pas celui qui portait les aoigtâ audessus de la mar(]ue <.

. Btriat, — gens qui devinent et prédisent les choses futures. Dans un siècle aussi éclairé que le nôtre prétend l'être, il es( encore des personnes qui croient aux devins; souvent même ces personnes si crédules ont reçu une éducation qui devrait lés éîèvé!^ ini-tf^us des préjugés vulgaires. — Dèili damè^ d'tin rang distingué entendirent paHè^ d'dhè devineresse pour qiiî l'aivénîr n'était ^ôirit taché ; elles résolurent dé la corisultèr, et se reiidliisnt chez elle en allant au spectacle, c*ést-éfdii*e dand toute leur pàrurë. Les bijoiix qfu'ëllès étalaient frâpbèrent là sdrcfrère : k M^ dames, leur dlt-ellë, ai vous voulè:;^ life clans ^aveni^, il faut vousi ardier de cbut^ge. Abprenez que nous avons tous, dans ce mdnaë, uii esprit qui nous accompagne sânk cesée, mais qui ne se communique qu'aOtant qu'il j est forcé par une puis^nce ^upériehrè. !I riè tient qu'à mdl dé vous procurer nri entretien particulier avec le vôtre ; matis il ne cédera point à mes conjurations si vous ne ddntôniez à cerlaineé èonditions àbsoluinent nécessaires. 9 Les da^es demandèrent aveë ehiprèssemenl quelles étaient ces condition^ i « I^ës voici, poursuivît la vieille ; it é'agii de dé- 'pouiller les vêtements qui vous couvrent, et de déposer un instaiit ces otivràges de Me, qui prouvent combien Te genre huhiaîii s'esit perverti. Adam était nu qharid fl cotivei^ait avec lès esprits. » — Les deux daliifes hésrtent; elles sont d'alrord teiitSès de se retlfel*; mais elles s'encouragent, et îa curiosité remporte. Les robes et les bijoôx soht déposés à^tté une chârmbre, et èhactiriè dèâ okraeS fteiâse dans an cabitièt àéparé. Elles y Gâtèrent dent heures dans ànè ifhpàtlërice diffidie ft ex|>rimer. EnfiA , Be voyant point paraître l'esprit 9 eHes commencent à croire qu'elles ont élé trodipéifs. La frayeur les sat» iHi elles pooaeent des cris; leurs gens, les voisîûs accourent, et on les tire de leur pri* eoB. La prétendue sorcière, après les avoir enfeméeSi «vaii déménagé avec leurs bardes et led eiennes^. '^Un plat d'argent ayant été dérobé dbss Ift oialflon d'un iraûd Beigneor, celui qui avait la charge tle la vtfisseHe s'en

^ Delâncre, Tabteâù dé rincoiiitAtice des àêiBoiM, été. , liT. m, p. Uto.

» Madamt O^brieUc ^ P***, IXoioiiUDa, p. ^*

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alla avec un de ses compagnons trouver une vieille qui gagnait sa vie à deviner. Croyant déjà avoir découvert le voleur et recouvré le plat, ils arrivèrent de bon matin à la maison de la devineressCiqui, remarquant en ouvrant sa porte qu'on l'avait salie de boue et d'ordure, s'écria tout en colère : « Si .je connaissais 1q gredin qui a mis ceci à ma porte pendant la nuit, je lui rejetterais tout au nez. 9 Celui qui la vepait consulter regardant son compagnon : a Pourquoi., lui dil-il , allonsnous perdre de l'argint? cette vieille nous pourra-t-ëlie dire qui nous a volé, quand elle ne sait pas les choses qui la touchent 1? 9

Voy. GRISTALLOMAIfCIB, ASTBOLOGIB, ClimO- MANCIB, GaRTOMANCIB, PrÉOICTIONS.

Bévouement) — mouvement de ceux qui se dévouent, ou sort de ceux qu'on dévoue. Les histoires grecque et romaine fournisseirt beaucoup de traits de dévouement. Nous ne rappellerons pas ici le dévouement de Décius ( Voy. ce nom), ni celui de Codrus , ni tant d'autres. Il y avait aussi des villes où l'on donnait des malédictions à un homme pour lui faire porter tous les maux publics que le peuple sivait mérités. Valère-Maxime rapporte l'exemple d'un chevalier romain, nommé Curtins, qui voulut. attirer sur lui-même tous les malheurs dont Rome était menacée. La terre s'était épouvan.tablement entr'ouverte au milieu du marché ; on crut qu'elle ne reprendrait son premier état que lorsqu'on verrait quelque action dé dévouement extraordinaire. Le Jeune chevalier monte à cheval) fait le tour de la ville à toute bride, et se jette dans le précipice que Touverlure de la terre avait produit, et qu'on vit se refermer ensuite près* que en un moment. <— On voit dans Servius, sur Virgile, qu'à Marseille, dès qu'on apercevait quelque coinmencement de peste, on nourrissait un pauvre homme des meilleurs aliments; on le faisait promener par toute la ville en fe chargeant hautement de malédictions, et on le chassait ensuite afin que la peste et tous les maux sortissent avec lui '. — Les Juifs dévouaient un bouc pour la rémission de leurs péchés. Voy, Azazbl. — Voici des traits plus modernes : Un inquisiteur, en Lorraine, ayant visité un village devenu prèsque désert par une mortalité, apprit qu'on attribuait ce fléau à une femme ensevelie, qui avalait peu k peu le drap mortuaire dont elle était envelopt>ée. On lai dii encore que le uédu de la mortalité cesserait lorsque la morte, qui avait dévoué le village , aurait

*Uktmi^ HitloiNdititipérfttttoMy M«', ehap. ^,

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avalé tout son drap. L'inquisiteur, ayant assemblé le conseil, fit creuser la tombe. On trouva que le suaire était déjà avalé et di*géré. A ce spectacle, qn archer tira son sabre, coupa la tète au cadavre , la jeta hors de la tombe, et la peste cessa. Après une enquête exacte, on découvrit que cette femnie ^vait été adonnée à la magie etaux sortilèges ^ . Au reste, cetle anecdote convient au vampirisme. , — On lit ce qui suit dans les Grands et redouté*blés jugemerUs de Dteu, de Chassanion : « tin soldat qui passait par FAllemagne, se sentant malade, demeura dans une hôtellerie, et donna son argent à garder à son hôtesse; quelques jours après qu'il fut guéri, il le redemanda à celte femme, laquelle avait déjà délibéré avec .son mari de le retenir . elle le lui nia donc et l'accusa comme s'il lui eût fait injure. Le soldat de son côté taxa l'hôtesse d'infidélité ; ce que l'hôte ayant entendu, il jeta le pauvre Ifionime hors de sa maison , lequel lira son épée et en donna de la pointe contré la porte. L'hôte commença à crier au larron, disant qu'il voulait forcer sa maison , ce qui fut cause que le soldat fût mis en prison et son procès fait par le magistrat, qui le voulut condamner à mort. — Le joiir étant venu que la sentence devait être prononcée et exécutée, le diable entra en la prison, et annonça àù prisonnier qu'il était condamné à mourir; toutefois^ que s'il se voulait donner a lui, il lui promettait qu'il n'aurait aucun mal. Le prisonnier répondit qu'il aimerait mieux mourir innocent que d'être délivré par ce moyen. Le diable derechef lui ayant représenté le danger où il ëlaît, et voyant qu'il perdait sa peine, lui promit de Taider gratis , disant qu'il ferait tant qu'il lé vengerait de ses ennemis. Il lui conseilla, lorsqu'il âeràit appelé au jugement, de Remontrer son innocence, en déclarant lë lori qui lui étafl Fait; et que, pour cetle caiise, i( priait le juge de lui bailler pour avocat celui qu'il verrait là présent avec un bonnet bleu : c'est à savoir, lui, démon, qui rassisteràit. Le prisonnier accepta cette offre. Étant donc au jugement, après qu^il eut entendu l'accusation qui lui était faite, il ne faillit point S demander l^avocat qui s'était présenté à lui : ce qui fui fut accorde. Alors ce fin docteur èslois commença à plaider et à défendre subtilement sa partie , disant qu'elfe était faussenieht accusée, et par conséquent mal jugée i que l'hôte lu! retenait son argent et 1 avaif forcé; et il conta comme le (out s'était passé. Qui plus est, il déclara le lieu où l'argent avait été miB. L'hôte, étomié, ne b'w défea-

> Spittifer, Mallfliii «îalcilc., part. 1, ^ùmt 16.

dait pas moins Jort et ferme, el niait impudemment en se donnant au diable; c'était là ce qu'attendait le gentil docteur au bonnet bleu, qui, ne demandant pas plus, laij^sa la causé, empoigna Thôte, remporta hors du parquet et l'éleva si haut en l'air que jamais depuis on n'a pu savoir ce qu'il est devenu. Ainsi le soldat fut délivré de peiné, et mis hors de procès par un moyen étrange, au grand étonnement de tous les assistants '. — On cite beaucoup d'histoires de ce genre, entre autres l'aventure d'une riche demoiselle d'Anvers, coquette et orgueilleuse, qui vivait au temps où le duc d'Alençon dominait pour quelques jours en Brabant. Irritée de certains contretemps survenus à sa toilette, dont elle s'occupait fort, elle se mit en fureur et se donna au diable dans son emportement. Elle tomba étranglée. Voy, Envoûtement.

Bîable. — C'est le nom général que nous donnons à toute espèce de démons. Il vient d'un mot grec qui désigne Satan, précipité du ciel. Mais on dit le diable lorsqu'on parle d'un esprit malin, sans le distinguer parliculièrement. On dit le diable pour nommer spécialement l'ennemi des hommes. — On a fait mille contes sur le diable. Nous n'en citerons que deux ou trois. — Un chartreux, étant en prières dans sa chambre , sent tout à coup une faim non accoutumée, et aussitôt il voit entrer une femme, laquelle n'était qu'un diable. Elle s'approche de la cheminée , allume le feu, et, trouvant des pois qu'on avait donnés au religieux pour son dîner, les fricasse, les met dans l'écuelle et disparaît. Le chartreux continue ses prières, puis il demande au supérieur s'il peut manger les pois que le diable a préparés. Celui-ci répond qu'il ne faut jeter aucune chose créée de Dieu, pourvu qu'on la reçoive avec action de grâces. Le religieux mangea les pois, et assura qu'il n'avait jamais rien mangé qui fût mieux préparé '.— Nous ne dirons rien de ce petit trait. En voici d'autres qui font voir qu'on a pris souvent pour le diable des gens qui n'étaient pas de l'autre monde. — Un marchand breton s'embarqua pour le commerce des Indes, et laissa à sa femme le soin de sa maison. Cette femme était sage ; le mari ne craignit pas de prolonger le cours de son voyage et d'être absent plusieurs années. — Or, un jour de carnaval, la dame voulant s'égayer donna à ses parents el à ses amis un petit bal qui devait être suivi d'une collation. Lorsqu'on se mit au jeu, un masque habillé en procureur, ayant des

^ Chas9»Bion| liv. i", p. 170, après Wierus, llv. iii, ch. 17.

» Le cardinal Jacques de Yitry.

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sacs de procès à la main, entra et proposa à la dame de jouer quelques pistoles avec elle ; elle accepta le défi et gagna : le masque présenta encore plusieurs pièces d'or, qu'il perdit sans dire mot. Quelques personnes ayant voulu jouer contre lui perdirent; il ne se laissait gagner que lorsque la dame jouait. — On fit d'injurieux soupçons sur la cause qui l'engageait à perdre. « Je suis le dieu des richesses, dit alors le masque en sortant de ses poches plusieurs bourses pleines de louis. Je joue tout cela , madame , contre tout ce que vous avez gagné. » La dame trembla à cette proposition et refusa le défi en femme prudente. Le ma$» que lui offrit cet or sans le jouer ; mais elle ne voulut pas l'accepter. Cette aventure commençait à devenir extraordinaire. Une dame âgée, qui se trouvait présente, vint à s'imaginer que <^ masque pouvait bien être le diable. Cette idée se communiqua dans l'assemblée, et comme on disait à demi-voix ce qu*on pensait j le masque qui l'entendit se mit à parler plusieurs langues pour les confirmer dans cette opinion; puis il s'écria tout à coup qu'il ét^it sorti de l'enfer pour venir prendre une dame qui s'était donnée à lui, et qu'il ne quitterait 'point la place qu'il ne se fût emparé d*elle^ quelque obstacle qu'on voulût y apporter... — Tous les yeux se fixèrent sur la dame. Les gens crédules étaient saisis de frayeur, les autres à demi épouvantés ; la maîtresse du logis se mit à rire. Enfin le faux diable leva son masque , et se fit reconnaître pour le mari de la dame, qui jeta un crî de joie en le reconnaissant. « J'apporte avec moi l'opulence, » dit-il. Puisse tournant vers les joueurs : « Vous êtes des dupes, ajouta-t-il ; apprenez à jouer. » Il leur rendit leur argent, el le bal continua.— Un vieux négociant des États-Unis , retiré du commerce, vivait paisiblement de quelques rentes acquises par le travail H sortit un soir pour toucher douze cents dollars qui lui étaient dus. Son débiteur, n'ayant pas davantage pour le moment , ne lui paya que la moitié de la somme. En rentrant chez lui, il se mit à compter l'argent qu'il venait de recevoir. Pendant qu'il s'occupait de ce soin, il entend quelque bruit, lève les yeux , et voit descendre de sa cheminée dans sa chambre le diable en personne. 11 était en costume : tout son corps , couvert de poils rudes et noirs^ avait six pieds de haut. De grandes cornes surmontaient son front, accompagnées d'oreilles pendantes ; il avait des pieds fourchus , des griffes au lieu de mains, une queue, un museau comme on n'en voit point , et des yeux comme on n'en voit guère. — A la vue de ce personnage, le vieux marchand eut le frisson. Le diable s'ap^

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