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procha et lui dil : « Il faut que tu me donne sur l'heure douze cents dollars, si lu no veux pas que je t'emporte en enfer, o — « Hélas ! répondit le négociant, je n'ai pas ce que vous demandez... » «Tu mens, interrompit brusquement le diable ; je sais que tu viens de les recevoir à l'instant. » « Dites que je devais les recevoir, mais on ne m'en a pu donner que six cents. Si vous voulez me laisser jusqu'à demain, je promets de vous compter la somme... » « Eh bien 1 ajouta le diable après un moment de réflexion, j'y consens; mais que demain » à dix heures du soir, je trouve ici les douze cents dollars bien comptés , ou je t'entraîne sans miséricorde. Surtout que personne ne soit instruit de notre entrevue, si tu tiens à la vie. » — ^Âprès avoir dit ces mots, il sortit par la porte. Le lendemain matin , le négociant , qui était de bonne pâle, comme on voit, alla trouver un vieil ami, et le pria de lui prêter six cents dollars. Son ami lui demanda s'il en était bien pressé? « Ohl oui, très-pressé, il me les faut avant la nuit. Il y va de ma parole et peut-être d'autre chose. » « Mais n'avez-vous pas reçu hier une somme? » « J'en ai disposé. » « Cependant je ne vous connais aucune affaire qui nécessite absolument de l'argent. » « Je vous dis qu'il y va de ma vie... r> Le vieil ami, étonné, demande l'éclaircissement d'un pareil mystère. On lui répond que le secret ne peut se trahir. « Considérez, dit-il, au négociant, que personne ne nous écoute ; dites-moi votre affaire : je vous prêterai les six cents dollars. » « Sachez donc que le diable est venu me voir; qu'il faut que je lui donne douze cents dollars ce soir, et que je n'en ai que six cents. — L'ami du négociant ne répliqua plus ; il savait Timagination de ce pauvre ami facile à effrayer. Il tira de son coffre la somme qu'on lui demandait, et la prêta de bonne grâce ; mais à huit heures du soir, il se rendit chez le vieux marchand. « Je viens vous faire société , lui dit-il, et attendre avec vous le diable, que je ne serai pas fâché de voir. » Le négociant répondit que c'était impossible , ou qu'ils s'exposeraietit à être emportés tous les deux. Après des débats , il permit que son ami attendit l'événement dans un cabinet voisin. — A dix heures précises, un bruit se fait entendre dans la cheminée ; le diable paraît dans son costume de la veille. Le vieillard se mit , en tremblant , à compter les écus. En même temps l'homme du cabinet entra. « Es-tu bien le diable? » dit-il à celui qui demandait de l'argent... Puis, voyant qu'il ne se pressait pas de répondre , et que son ami frissonnait, il tira de sa poche deux longs pistolets, et les présentant à la gorge du diable , il ajouta :
« Je veux savoir si tu es à l'épreuve du feu... » Le diable recula, et chercha à gagner la porte. « Fais-toi connaître bien vite, ou tu es mort... » Le démon se hâta de se démasquer et de mettre bas son costume infernal. On trouva, sous ce déguisement, un voisin du bon marchand, qui faisait quelquefois des dupes et qu'on n'avait pas encore soupçonné. Il fut jugé comme escroc, et le négociant apprit par là que le diable n'est pas le seul qui soit disposé à nous nuire. — Nous nous représentons souvent le diable comme un monstre noir; les nègres lui attribuent la couleur blanche. Au Japon, les partisans de la secte de Sintos sont persuadés que te diable n'est que le renard. En Afrique le diable est généralement respecté. Les nègres de la Côle-d'Or n'oublient jamais, avant de prendre leurs repas, de jeter à terre un morceau de pain qui est destiné pour le mauvais génie. Dans le canton d'Auté, ils se le représentent comme un géant d'une prodigieuse grosseur, dont la moitié du corps est pourrie, et qui cause infailliblement la mort par son attouchement ; ils n'oublient rien de ce qui peut détourner la colère de ce monstre. Ils exposent de tous côtés des mets pour lui. Presque tous les habitants pratiquent une cérémonie bizarre et extravagante, par laquelle ils prétendent chasser le diable de leurs villages : huit jours avant cette cérémonie, on s'y prépare par des danses, des festins, etc; il est permis d'insulter impunément les personnes même les plus distinguées. Le jour de la cérémonie arrivé , le peuple commence , dès le matin , à pousser des cris horribles ; les habitants courent de tous côlés comme des furieux , jetant devant eux des pierres et tout ce qu'ils trouvent sous leurs mains; les femmes furètent dans tous les coins de la maison, et récurent toute la vaisselle, de peur que le diable ne se soit fourré dans une marmite ou autre usiensile. La cérémonie se termine quand on a bien cherché et qu'on s'est bien fatigué ; alors on est persuadé que le diable est loin. — Les habitants des îles Philippines se vantent d'avoir des entretiens avec le diable ; ils racontent que quelques-uns d'entre eux, ayant hasardé de parler seuls avec lui, avaient été tués par ce génie malfaisant : aussi se rassemblent-ils en grand nombre lorsqu'ils veulent conférer avec le diable. Les insulaires des Maldives mettent tout en usage lorsqu'ils sont malades pour se rendre le diable favorable. Us lui sacrifient des coqs et des poules. — On a publié à Amsterdam une /ftstoire du diahhj 2 vol. in-12, qui est une espèce de mauvais roman, où les aventures du diable sont accommodées à la fantaisie de l'au-