‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 112 sur 319 · DOU · texte numérisé non relu

DOU

nom écrit.... Une troupe d'enfants barbouillés de noir représentaient une danse pour figurer les ombres infernales. La danse finie , ils se dispersèrent , chacun auprès du convive qu*il devait servir. Les mets furent les mènnes que ceux que l'on offrait aux morts dans les cérémonies funèbres. Un morne silence régnait dans cette assemblée. Domitien parlait seul ; il ne racontait que des histoires sanglantes et n'enlrelenait les sénateurs que de mort. Les convives sortirent enfin de la salle du festin , et furent accompagnés, chacun à leur maison respective , par des hommes vêtus de noir, armés et s lencieux. — A peine respiraientils, que l'Empereur les fit redemander; mais c'élait pour leur donner la vaisselle qu'on avait servie devant eux , et à chacun un de ces petits esclaves qui avaient joué le rôle de démons. — C'était bien là un plaisir de tyran.

Ooppet (François-âmédée), — membre du conseil des Cinq-Cents, auteur d'un Traité théorique et pratique du magnétisme animal; Turin, 4784, un vol. in-8<>; d'une Oraison funèbre de Mesmer, avec son testament ; Genève, 4785, in-8®; d'une Médecine occulte ou Traité de la magie naturelle et médicinale , 1786, in-i<».

Borée ( CATHERINE ) , — sorcière du dixseplième siècle, qui fut brûlée vive pour avoir tué son enfant par ordre du diable; elle jetait des poudres et guérissait les ensorcelés en leur mettant un pigeon sur Testomac. — Barbe Dorée, autre sorcière, était parente de Catherine.

Sorauinu. ~ L'histoire des sept Dormants est encore plus fameuse chez les Arabes que chez les chrétiens. Mahomet l'a insérée dans son Koran , et les Turcs l'ont embellie. Sous l'empire de Oécius , l'an de notre ère 250 , il y eut une grande persécution contre les chrétiens. Sept jeunes {;ens , attachés au service de l'emperour, ne voulant pas désavouer leur croyance, et craignant le martyre, se réfugièrent dans une caverne située à quelque distance d'Éphèse; et, par une grâce paniculière, ils y dormirent d'un sommeil profond pendant deux cents ans. Les mahométans assurent que, durant ce sommeil, ils eurent des rcvcialions surprenantes, et apprirent en sonse tout ce que pourraient savoir des hommes qui auraient employé un pareil espace de temps à étudier assidûment. Leur chien , ou du moins celui d'un d'entre eux, les avait suivis dans leur retraite, et mit à profit, aussi bien qu'eux, le temps de son sommeil. Il devint le chien le plus instruit du monde. — Sous le règne de Théodose-lp-Jeone , l'an de Notre

Seigneur 450, les sept Dormants se réveillèrent et entrèrent dans la ville d'Éphèse, croyant n'avoir fait qu'un bon somme ; mais ils trouvèrent tout bien changé. 11 y avait long-temps que les persécutions contre le christianisme étaient finies; des empereurs chrétiens occupaient les deux trônes impériaux d'Orient et d'Occident. Les questions des frères et l'étOBnement qu'ils témoignèrent aux réponses qu'on leur fit surprirent tout le monde. Us contèrent naïvement leur histoire. Le peuple, frappé d'admiration, les conduisit à l'évéque , celui-ci au patriarche et le patriarche à l'empereur. Les sept Dormants révélèrent les choses du monde les plus singulières, et en prédirent qui ne Tétaient pas moins. Us annoncèrent, entre autres, Tavénement de Mahomet, l'établissement et les succès de sa religion comme devant avoir lieu deux cents ans après leur réveil. Quand ils eurent satisfait la curiosité de l'empereur, ils se retirèrent de nouveau dans leur caverne et y moururent tout de bon : on montre encore cette grotte auprès d'Éphèse. — Quant à leur chien Kratim ou Katmir, il acheva sa carrière et vécut autant qu'un chien peut vivre, en ne comptant pour rien les deux cents ans qu'il avait dormi comme ses maîtres. C'était un animal dont les connaissances surpassaient celles de tous les philosophes, les savants et les beaux-esprits de son siècle ; aussi s'em* pressait-on de le fêter et de le régaler ; et les musulmans le placent dans le paradis de Mahomet, entre l'âne de Balaam et celui qui portait Notre Seigneur le jour des Rameaux. — Cette historiette a tout l'air d'une contrepartie de la fable d'Épiménides de Crète, qui, s'étant endormi sur le midi dans une caverne en cherchant une de ses brebis égarée, ne se réveilla que quatre-vingt-sept ans après, et se remit à chercher ses brebis comme s'il n'eût dormi qu'un peu de temps. — Delrio dit qu'un paysan dormit un automne et un hiver sans se réveiller ^

Bourdans, — VOJ^. EsPRITS.

Bonrlet ( SiMONB ) , — VOy. POSSÉDÉES DB

Flandre.

Bouse, — c'est un nombre heureux. Les apôtres étaient douze , dit Césaire d'Hesterbach, parce que le nombre douze est composé de quatre fois trois , ou de trois fois quatre, lis ont été élus douze, ajoute-t-il, pour annoncer aux quatre coins do monde la foi de la sainte Trinité. Les douze apôtres , dit-il encore , sont les douze signes du Zodiaque , les douze mois de l'année , les douze heurÇ0

I Dans les PisqaisiUons magiques.

DM

du jour, les douze étoiles dq la courouBe de répouse. Les douze ^pdlres sont encore les douze fîls de Jacob , le§ dQuze fontaines du désert, les douze pierres du Jourdain, les douze bœqfsde \^ mer d'airain, les douze fonde^ mei^ts de la Jérusalem céleste.

llrao , — voy, Ogbjss.

AraoomtM OU Aracontm , •- pierre fabuleuse que Pline et quelques naturalistes anciens ont placée dans la tâte du dragon ; pour se la procurer, il fallait l'endormir avant de lui couper la tète.

Bragon. — Les dragons ^ ont fait beaucoup de bruit, et parce que nous n'en voyons plus les sceptiques les ont niés ; mais Cuvier et les géologues modernes ont reconnu que les dragons avaient existé. C*est seulement une race perdue. C'étaient des sortes de serpents ailés. Philostrate dit que, pour devenir sorciers et devins, les Arabes mangeaient le cœur ou le foie d'un dragon volant. — On montre auprès de Beyrouth le lieu où saint Georges tua un monstrueux dragon ; il y avait sur ces lieux consacrés par le courage de saint Georges une église qui ne subsiste plus >. — Il est fait mention de plusieurs dragons dans les légendes, il est possible que quelques-unes soient des allégories. — Le diable porte souvent le nom d*ancien dragon, et quelquefois il a pris la forme de cet animal merveilleux : c'est ainsi qu'il se montra à sainte Marguerite. On dit que le dragon dont parle Possidonius couvrait un arpent de terre, et qu'il avalait comme une pilule un cavalier tout armé ; mais ce n'était encore qu'un petit dragon en comparaison de celui qu'on découvrit dans l'Inde, et qui, suivant Maxime de Tyr, occupait cinq arpents de terrain. — Les Chinois rendent une espèce de culte aux dragons. On en voit sur leurs vêlements , leurs livres , dans leurs tableaux. Ils le regardent comme le principe de leur bonheur ; ils s'imaginent qu'il dispose des saisons et fait à son gré tomber la pluie et gronder le tonnerre. Ils sont persuadés que tous les biens de la terre ont été confiés à sa garde, et qu'il fait son séjour ordinaire sur les montagnes élevées. — Le dragon était aussi très-important chez nos aïeqx; et tous nos contes de dragons doivent remonter à une haute antiquité. Voici la chronique du dragon de Niort'. — Un solc^at avait été condamné à mort pour crime de désertion ; il apprit qu'à Niort , sa patrie , un énorme dragon faisait depuis trois mois des ravages, et qu'on pro-

< Lenglet Dufresnoy, Recncil de dissertations snr les apparitions, etc., 1. 1, p. cxiv.

* Voyage de Monconis, de Thévenot et du P. Goujon. 3 Voyage dans \e Finistère, t. III, p. 112*

mettait bonne réeomp^nse à celui qui pourrait ei^ délivrer la contrée. Il se présente; on l'admet à combattre le monstre, et on lui promet sa grâce s'il parvient à le détruire. Couvert d'un masque de verre et armé de toutes pièces, l'intrépide^ soldat va à l'ai^tre obscur où se tient le o^onslre ailé, qu'il trouve endormi. Réveillé pap une première tUessure, il se lève, prend son essor et vple contre Tagresseur. Tous les spectateurs se retireat, lui seul reste et l'attend (^ pied ferme. Le dragon tombe sur lui et le terrasse de son poids; mais au moment qu'il ouvre la gueule pour le dévorer, le soldat saisit l'instant de lui enfoncer son poignard dans la gorge. Le monstre tombe à ses pieds. Le brave soldat allait recueillir les fruits de sa victoire, lorsque, poussé par une fatale curiosité , il 6ta son masque pour considérer à son aise le redoutable ennemi dont il venait de triompher. Déjà il en avait fait le tour, quand le monstre blessé mortellement, et nageant dans son sang, recueille des forces qui paraissaient épuisées, s'élance subitement au cou de son vainqueur, et lui communique un venin si malfaisant qu'il périt au milieu de son triomphe. — Go voyait encore , il y a peu de temps , dans le cimetière de l'hôpital de Niort, un ancien tombeau d'un homme tué par le venin du serpent. Est-ce une allégorie ? — A Mons , on vous contera Thisloire du dragon qui dévastait le Hainaut, lorsqu'il fut tué par le vaillant Gilles de Chin, en 4 4 32. Et que direz-vous du dragon de Rhodes? — Voy. Tnou du chatb.ut de Carnoet.

Braçon rouge. — Le Brogon rouge, ou l'art de commander les esprits célestes, aériens, terrestres, infernaux, avec le vrai secret de faire parler les morts, de gagner toutes les fois qu'on met aux loteries, de découvrir les trésors cachés, etc., etc., in-18, 4524. — Fatras qu'on réimprime souvent et dont on trouvera l'essence dans ce Dicjionn ire. Voy, Conjurations, Baguette, Évocations, Pactes, Loteries, etc., etc.

Brapé. — On donne à Aigues-Mortes le nom de Lou Drapé, à un cheval fabuleux qui est la terreur des enfants, qui les retient un peu sous l'aile de leurs parents, et réprime la négligence des mères. On assure que qqand Lou Drapé vient à passer, il ramasse sur son dos, Tun après l'autre, tous les enfants égarés; et que sa croupe, d'abord de taille ordinaire, s'allonge au besoin jusqu'à contenir cinquante et cent enfants, qu'il emporte on ne sait où.

»rîff , — nom donné à la pierre de Butler, à laquelle on attribuait la propriété d'al-

DUU

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