‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 113 sur 319 · DUF · texte numérisé non relu

DUF

tirer le venin ; elle était^ ditrou, compoâée de mousse formée sur des tètes de mort, de sel marin, de vitriol cuivreux empâté avec de la colle de poisson. On a poui^so le merveilleuîç jusqu'à prétendre qu'il suffisait de toucher cette pierre du bout de la langue pour être Ruéri des maladies les plus redoutables. Van- Helmont en fait de grands éloges.

Brolles. — Les drolles sont des démons ou lutins qui, dans certains pays du nord, prennent soin de panser les chevaux , font tout ce qu'on leur commande et avertissent des dangers. Voy. Farfadets, Bërith, etc.

Druides, — prêtres des Gaulois. Ils enseignaient la sagesse et la morale aux principaux personnages de la nation. Ils disaient que les ^mes circulaient éterneltement de ce mondeci dans l'autre; c'est-à-dire que ce qu'on appelle la mort est l'entrée dans l'autre monde, et ce qu'on appelle la vie en est Ip sortie pour revenir dans ce monde-ci *. — Les druides d'Autun attribuaient une grande vertu à l'œuf de serpent; ils avaient pour armoiries dans leurs bannières, d'azur à la couchée de serpents d'argent, surmontée d'un gui de chêne garni de ses glands de sinople. Le chef des druides avait des clefs pour symbole ". — Dans la petite île de Sena, aujourd'hui Sein, vis-à-vis la côte do Quimper, il y avait un collège de druidesses , que les Gaulois appellent Senes (prophétesses). Elles étaient au nombre de neuf, gardaient une perpétuelle virginité, rendaient des oracles, et avaient le pouvoir de retenir les vents et d'exciter les tempêtes; elles pouvaient aussi prendre la forme de toute espèce d'animaux, guérir les maladies les plus invétérées et prédire l'avenir. Il y avait d'autres druidesses qui se mariaient, mais elles ne sortaient qu'une fois dans l'année, et ne passaient qu'un seul jour avec leurs maris '.

Brusus, — chargé par l'empereur Auguste du commandement de l'armée romaine qui faisait la guerre en Allemagne. Drusus se préparait à passer l'Elbe, après avoir déjà remporté plusieurs victoires, lorsqu'une femme majestueuse lui apparut et lui dit : « Où courstu si vite, Drusus? ne seras-tu jamais las de vaincre? Apprends que tes jours touchent à

leur terme » Drusus troublé tourna bride,

fit sonner la retraite , et mourut au bord du Rhin. On vit en même temps deux chevaliers inconnus qui faisaient caracoler leurs chevaux autour des tranchées du camp romain, et on entendit aux environs des plaintes et des gé-

> Diodore de Sicile.

* Saint-Foix, Essais, etc., t. II,

3 Saiiit-Foix, Essais sur Paris, t. III, p. 3Ô4.

missements de femmes < ; ce qui n'est pas merveille dans une déroute.

Bryden ( Jean ) , — célèbre poète anglais, mort en 1707. On rapporte qu'il tirait aux dés, le jour de la naissance de ses enfants, pour deviner leur sexe ; et sa prédiction relative à son fils Charles se réalisa •, ce qui n'est pas fort étonnant. Voy. Astragalo-

HANGIE.

BuaUsme. — Il y a des tremblements de terre, des tempêtes, des ouragans, des débordements de rivières, des maladies pestilentielles, des bêtes venimeuses, des animaux féroces, des hommes naturellement a\écbapts, perfides et cruels. Or, un êtr0 bienf£\isant, disaient les dualistes, ne peut être l'auteur du mal ; donc il y a deux êtres, deux principes ' l'un bon, l'autre mauvais, également puissants, coéternels, et qui ne cessent point de se combattre. — Dieu a donné à l'homme le libre arbitre : c'est à lui de choisir entre le bien et le mal. L'homme sans passions, et obligé de faire le bien sans pouvoir faire le mal, serait vertueux sans mérite. Dans un monde sans dangers et sans besoins, l'homme vivrait sans plaisirs. La vertu ne brille que par le contraste du vice ; et Diçu ays^u^ placé les mortels dans ce monde cpmme dans un lieu d'épreuves, on ne récompepse poin( une machine qui ne va bien que parce qu'elle est bien montée. — Si l'on réfléchit bieçi sur le dualisme, dit Saint-Foix, je crois qu'on le trouvera encore plus absurde que î'idplàtrie. Les Lapons disent que Dieu, avant de produire la terre, se consulta avec l'esprit malin, afin de déterminer comment il arrangerait chaaue chose. Dieu se proposa donc d^ remplir les arbres de moelle, les lacs de lait, et de charger les plantes et les arbres de tous les plus beaux fruits. Par malheur, un pl£|n si convenable à l'homme déplut à l'esprit malin, et jl en résulta que Dieu ne fit pas les choses aussi

bien qu'il l'aurait voulu — pn pertaip

Ptolomée soutenait que le grand Être avait deux femmes; que, par jalousie j e\\e^s se contrariaient sans cesse, et qi^e le ifl*»!, tant dans le moral que dans le physique, venait uniquement de leur mésintelligence, l'une se -plaisant à gâter, à changer ou à détruira iput ce que faisait l'autre.

Buf«iy (CHARÏ^ES-JéaûME PE CiSTERNAY), —

chimiste, quoiqqe homme de guerre. Il s'occupait du grand œuvre, et dépensa beaucoup d'argent à la recherche de la pierre philosophaie. Il mourut en 1723.

* Dion Cassius.

2 Bertin, Curiosités de la littérature, 1. 1", p. 248.

Page 1