‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 114 sur 319 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

Bnffuf, -— roi d'Ecosse. Pendant une maladie de ce prince, on arrêta plusieurs sor* ciers de son royaume qui rôtissaient, auprès d'un petit feu, une image faite à la ressemblance du roi, sortilège qui, selon leurs confessions, causait le mal du monarque. En effet, après leur arrestation, la santé de Duffus se rétablit *.

Hulot, — magicien. Voy. Marigny.

HumoiM ( Antoine ) , — sorcier du dixseptième siècle, accusé de fournir des chan* délies au sabbat pour l'adoration du diable.

Hunoantus, — VOy. PACTE.

Bopleîx (Scipion), — conseiller d'État et historiographe de Franco , mort en 1 664 . Parmi ses ouvrages très-remarquables, on peut voir la Cause de la veille et du sommeil, des

^ Leioyer. Hist. et dise des spectres, etc., lir. iv, cti. 16, p. 369.

songes de la vie et de la mort, Paris, 4645, in-lâ; Lyon, 1620, in-S^

Otîgofk, — partie de Tenfer japonais où les méchants sont tourmentés suivant le nombre ou la qualité de leurs crimes. Leurs supplices ne durent qu*un certain temps, au bout duquel leurs âmes sont renvoyées dans le monde, pour animer les corps des animaux impurs dont les vices s*accordent avec ceux dont ces âmes s'étaient souillées; de là elles passent successivement dans les corps des animaux plus nobles, jusqu'à ce qu'elles rentrent dans les corps humains, où elles peuvent mériter ou démériter sur nouveaux frais.

Byiert, — déessesdes anciens Celtes , que l'on supposait employées à conduire les Ames des héros au palais d Odin , où ces âmes buvaient de la bière dans des coupes faites des crânes de leurs ennemis.

Batuas, — dieux subalternes des Otaïtiens, enfants de leur divinité suprême Taroataihétoomoo, et du rocher Lepapa. Les Éatuas, dit-on, engendrèrent le premier homme. Ces dieux sont des deux sexes : les hommes adorent les dieux mâles, et les femmes les dieux femelles. Ils ont des temples où les personnes d'un sexe différent ne sont pas admises, quoiqu'ils en aient aussi d'autres où les hommes et les femmes peuvent entrer. Le nom d'/?afua est aussi donné à des oiseaux, tels que le héron et le martin-pôcheur. Les Otaïilcns et les insulaires, leurs voisins , font une attention particulière à ces oiseaux , ils ne les tuent point et ne leur font aucun mal; mais ils ne leur rendent aucune espèce de culte, et paraissent n'avoir à leur égard que des idées superstitieuses, relatives à la bonne ou mauvaise fortune, telles que le peuple parmi nous en a sur le rouge-gorge et sur l'hirondelle. Les Otaïtiens croient que le grand Éatua luimême est soumis aux génies inférieurs à qui il a donné l'existence , qu'ils le dévorent souvent, mais qu'il a le pouvoir de se recréer.

Bau. — Presque tous les anciens peuples ont fait une divinité de cet élément, qui, suivant quelques philosophes, était le principe de toute chose : les Guèbres le respectent; un de leurs livres sacrés leur défend d'employer l'eau la nuit et de jamais emplir tout à fait un vase d'eau pour la faire bouillir, de peur d'en

renverser quelques gouttes. Les cabalistes peuplent l'eau d'Ondins. Voy. ce mot.

Eau amére (Épreuve de l'). — Elle avait lieu ainsi chez les anciens Juifs : lorsqu'un homme soupçonnait^ sa femme en mal, il demandait qu'elle se purgeât selon la loi. Le juge envoyait les parties à Jérusalem, au grand con.sistoire composé de soixante vieillards. La femme était exhortée à bien regarder sa conscience avant de se soumettre au hasard de boire les eaux amères. Si elle persistait à dire qu'elle était nette de péché, on la menait à la porte du Saint des Saints, et on la promenait afin de la fatiguer et de lui donner le loisir de songer en elle-même. On lui donnait alors un vêtement noir. Un prêtre était chargé d'écrire son nom et toutes les paroles qu'elle avait dites; puis, se faisant apporter un. pot de terre, il versait dedans avec une coquille la valeur d'un grand verre d'eau ; il prenait de la poudre du tabernacle avec du jus d'herbes amères , raclait le nom écrit sur le parchemin , et le donnait à boire à la femme, qui, si elle était coupable, aussitôt blêmissait ; les yeux lui tournaient^ et elle ne tardait pas à mourir > ; mais il ne lui arrivait rien si elle était innocente.

Bau bénite. — C'est une coutume très-ancienne dans l'Église, et de tradition apostoli-

» Leioyer, Hist. des spectres et des «pparltlon* rfc« esprits, !{▼. iv, ch. 21, p. 406.

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que •, de bénir par des prières, des exorcîsmes et des cérémonies , de l'eau dont on fait des aspersions sur les fidèles et sur les choses qui sont à leur usage. Par cette bénédiction, l'église demande à Dieu de purifier du péché ceux qui s'en serviront, d'écarter d'eux les embûches de l'ennemi du saint et les fléaux de ce monde '. Dans les constitutions apostoliques, l'eau bénite est appelée un moyen d'expier le péché et de mettre en fuite le démon. — On se sert aussi au sabhat d'une eau bénite particulière. Le sorcier qui fait les fonctions sacrilèges ( qu'on appelle la messe du sabbat) est chargé d'en asperger les assistants '.

Eau bootllanta (ËPBEITYE DE l'). — On

l'employait autrefois pour découvrir la vérité dans les tortures qu'on appelait témérairement jugements de Dieu. L'accusé plongeait la main dans un vase plein d'eau bouillante pour y prendre un anneau suspendu plus ou moins profondément. Ensuite on enveloppait la main du patient avec un linge sur lequel le juge et la partie adverse apposaient leurs sceaux. Au bout de trois jours on les levait ; s'il ne paraissait point démarques de brûlure, l'accusé était renvoyé absous. Voy, Épreuves. Bau d'anga. — Pour faire de bonne eati d'ange, ayez un ^rand alambic, dans lequel vous mettez les drogues suivantes : benjoin, quatre onces; siyrax, deux onces; sandal dlrin, une once ; clous de girofle, deux drachmes; deux ou trois morceaux d'iris de Florence; la moitié d'une écorce de citron ;jdeux noix muscades; cannelle, demi-once; deux pintes de bonne eau de roche; chopine d'eau de fleurs d'orange ; chopine d'eau de mélilot ; vous mettez le tout dans un alambic bien scellé et distillé au bain-marie; et celte distillation sera une eau d'ange exquise \ ainsi nommée parce que la recette en fut enseignée par un ange

Ban froide (ÉPREUVE DE l'). — Elle était

fort en usage au neuvième siècle, et s'étendait non-seulement aux sorciers et aux hérétiques, mais encore à tout accusé dont le crime n'était pas évident. Le coupable, ou prétendu tel, était jeté, la main droite liée au pied gauche, dans un bassin ou dans une grande cuve pleine d'eau, sur laquelle on priait pour qu'elle ne pût supporter un criminel : de fai;on que celui qui enfonçait était déclaré innocent.

' Le P. Lebrun, Explication des cérém., 1. 1*"', p. 76.

> Bergier, Dict. théolog.

^ Boguet, Disconrs des sorciers, ch. 22, p. 141, etDelancre , Tableau de l'inconstance des démons , etc. , liv. VI, dise. 3, p. 457.

« décrets du Petit Â)bert, p. 162,

Baa lattrale. — Eau commune dans laquelle on éteignait un tison ardent tiré du foyer des sacrifices. Quand il y avait un mort dans une maison^ on mettait à la porte un grand vase rempli d'eau lustrale apportée de quelque autre maison où il n'y avait pomt de mort. Tous ceux qui venaient à la maison de deuil s'aspergeaient de cette eau en sortant. Les druides employaient l'eau lustrale à chasser les maléflces.

âbérard , — archevêque de Trêves , mort en 4067. Ayant menacé les Juifs de les chasser de sa ville, si dans un certain temps qu'il leur accorda pour se faire instruire, ils n'embrassaient le christianisme, ces misérables, qui se disaient réduits au désespoir, subornèrent un sorcier qui, pour de l'argent, leur baptisa du nom deTévèque une image de cire, à laquelle ils attachèrent des mèches et des bougies; ils les allumèrent le samedi saint, comme le prélat allait donner le baptême. Pendant qu'il était occupé à cette sainte fonction , la statue étant à moitié consumée, Ébérard se sentit extrêmement mal; on le conduisit dans la sacristie , où ( dit la chronique ) il expira bientôt après *.

Àllt, — nom que les mahométans donnent au diable. Ils disent qu*au moment de la naissance de leur prophète, le trône d'Ëblis fut précipité au fond de lenfer, et que les idoles des gentils furent renversées.

âl>roin. — On lit ceci dans Jacques de Voragine (legenda 11 4) : — Une petite troupe de pieux cénobites regagnait de nuit le monastère. Ils arrivèrent au bord d'un grand fleuve, et s'arrêtèrent sur le gazon pour se reposer un instant. Bientôt ils entendirent plusieurs rameurs qui descendaient le fleuve avec une grande impétuosité. L'un des moines leur demanda qui ils étaient : « Nous sommes des démons, répondirent les rameurs, et nous emportons aux enfers l'âme d'Ébroïn , maire du palais , qui tyrannisa la France et qui abandonna le monastère de Saint-Gall pour rentrer dans le monde.

ébron, — démon honoré à Toumay du temps de Clovis. Il est cité parmi les démons dans le roman de Gode froid de Bouillon, vieux poème dont l'auteur était du Haiifaut.

éoho. — Presque tous les physiciens ont attribué la formation de l'écho à une répercussion de son, semblable à celle qu'éprouve la lumière quand elle tombe sur un corps poli. L'écho est donc produit par le moyen d'un ou de plusieurs obstacles qui intercep-

' Histoire des archevêques de Trêves, ch. 57.

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tenl le son et le font rebrousser en arrière. — Il y a des échos simples et des échos compo-

. ses. Dans les premiers on entend une simple répétition du son ; dans les autres , on l'entend une, deux, trois, quatre fois et davantage. Il en est qui répètent plusieurs mots de suite les uns après les autres; ce phénomène a lieu toutes les fois qu'on se trouve à une distance de Técho, telle qu'on ait le temps de prononcer plusieurs mots avant que la répétition du premier soit parvenue à Toreille. Dans la grande avenue du château de Villebertain, à deux lieues de Troyes, on entend un écho qui répète deux fois un vers de douze syllabes. — Quelques échos onlacquisunesorte de célébrité. On cite celui de la vigne Simonetta, qui répétait quarante fois le même mot. A Woodstock, en Angleterre, il y en avait un qui répétait le même son jusqu'à cinquante fois. A quelques lieues de Glascow, en Ecosse,

. il se trouve un écho encore plus singulier. Un homme joue un air de trompette de huit à dix notes; Técho les répète tidèiement, mais une tierce plus bas, et cela jusqu'à trois fois, interrompues par un petit silence. — Il y eut des gens assez simples pour chercher des oracles dans les échos. Les écrivains des derniers siècles nous ont conservé quelques dialogues de mauvais goût sur ce sujet. — Un amant : Dismoi , cruel amour , mon bonheur est-il évanoui? — L'écho : Oui. — L'amant : Tu ue parles pas ainsi quand tu séduis nos cœurs, et que tes promesses les entrçiinent dans de funestes engagements. — Vécho : Je mens. — L* amant • Far pitié, ne ris pas de ma peine. Réponds-moi, me reste -t- il quelque espoir ou non ? — Vécho : Non. — L'amant : Eh bien 1 c'en est fait, tu veux n^a mort, j'y cours. — L'écho : Cours. — L'amant : La contrée, instruite de tes rigueurs , ne sera plus assez insensée pour dire de toi un mot d'éloges. — L'écho : Déloge ! — Les anciens Écossais croyaient que l'écho était un esprit qui se plaisait è répéter les sons. Voy, Layisahi.

lâolaîrs. — On rendait autrefois une espèce de culte aux éclairs en faisant du bruit avec la bouche; et les Romains honoraient, sous le nom de Papysma, une divinité champêtre, pour qu'elle en préservât les biens de la terre. Les Grecs de l'Orient les redoutent beaucoup.

lâolîpfes. — C'était une opinion générale, chez les païens, que les éclipses de lune procédaient de la vertu magique de certaines paroles , par lesquelles on arrachait la lune du ciel, et on l'attirail vers la terre pour la contraindra 4e jeter T écume sur les h^rbcîs, qui

devenaient, par là , plus propres aux sortilèges des enchanteurs. Pour délivrer la lune de son tourment et pour éluder la force du charme, on empêchait qu'elle n'en entendit les paroles en faisant un bruit horrible. Une éclipse annonçait ordinairement de grands malheurs, et on voit souvent, dans l'antiquité, des armées refuser de se battre à cause d'une éclipse. — Au Pérou, quand le soleil s'éclipsait , ceux du pays disaient qu'il était fâché contre eux, et se croyaient menacés d'un grand malheur. Us avaient encore plus.de crainte dans l'éclipsé de lune. Ils la croyaient malade lorsqu'elle paraissait noire, et ils comptaient qu'elle mourrait infailliblement si elle achevait de s'obscurcir; qu alors elle tomberait du ciel, qu'ils périraient tous , et que la fin du monde arriverait ; ils en avaient une telle frayeur, qu'aussitôt qu'elle commençait à s'éclipser ils faisaient un bruit terrible avec des trompettes, des cornets et des tambours; ils fouettaient des chiens pour les faire aboyer, dans l'espoir que la lune , qui avait de l'affection pour ces anipnau:! , aurait pitié de leurs cris et s'éveillerait de l'assoupissement que sa maladie lui causait. En mêm^ temps, les hommes, les femmes et les enfaatç la suppliaient, les larmes aux yeux et avec de grands cris, de ne point se laisser mourir, de peur que sa mort ne fût cause de leur perte universelle. Tout ce bruit ne cessait que quand la lune, reparaissant, ramenait le calme dans les esprits épouvantés. — Les Talapoins prétendent que quand la lune s'éclipse c'est uii dragdn qui la dévore, et que quand e|le reparaît, c'est le dragon qui rend son dinèr. — Dans les vieilles mythologies germaniques, deux loups poursuivaient sans cesse le soleil et la lune; les éclipses étaient des luttes coqtre ces monstres. — Les Européens crédules aussi regardaient autrefois les éclipses CQmme des signes fâcheux; une éclipse de soleil, qui arriva le 4 3 août 1 664, fut annoncé^ coauue Tavant-coureur d'un déluge semblable à celui qui était arrivé du temps de Noé, ou plutôt d'un déluge de feu qui devait araene^- la fin du monde. Cette prédiction épouvanta tellement qu'un curé de campagne (c'est un petit conte que nous rapportons), ne pouvant suffire à confesser tous ses paroissiens, qui craignaient de mourir dans cette circonstance, et sachant que tout ce qu'il pourrait leur dire de raisonnable à cet égard ne prévaudrait pas contre les prédictions fâcheuses, fut contraint de leur annoncer au prône qu'ils ne se pressassent p£is tant, et que l'éclispe avait été remise à quinzaine * — Dans les Indes on

' Legall., Caleud. véritable, p. 46.

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est pergjuadié , quaod le soleil et, l9 lune s'éciipsent, qu'un certain démon aux griffes noires les étend sur les asUes dont il veut s^ saisir ; pend^at cd temps , on voit les rivières couvertes de l^tes d'Indiens qui sont da^ l'eau jusqu'au cou. — Les Lapons sont convaincus aussi que les éclipses de lu))e soqt l'ouvrage des démons. — Les Chinois prétendaient, avant l'arrivée des mis^onnaires, que les éclipses étaient occasioanées par un mauvais génie, qui cadrait le soleil de sa main droite et la lune, de sa main gauche. Cependant cette opinion n'était pas générale, puisr que quelques-uns d'entre eux disaient qu'il y avait ail milieu du soleil un grand trou, et que, quand la lune se rencontrait vis-à-vis, elle deyai( naturellement être privée de Itymière. — . Dieu , disent les Persans , tient le soleil epfermé dans un tuyau qui s'ouvre et se ferme au bout par un volet. Ce bel œil du monde éclaire l'univers et l'échauffé par cç trou; et quand Dieu veut punir les hommes par la privation de la lumière, il envoie l'v^nge Gabriel fermer le volet, ce qui produit les éclipses. — Les Mandingues , nègres mahométans qui habitent l'intérieur de l'Afrique, attribuent les éclipses de lune à un chat gigantesque qui met sa patte entre la lune et la terre; et, pendant tout le temps que durel'éclipse, ils ne cessent de chanter et de danser en l'honneur de Mahomet. — Les Mexicains, effrayés, jeûnaient pendant les éclipses. Les femmes se maltraitaient, et les filles se liraient du sang des bras. Ils s'imaginaient que la lune avait été blessée par le soleil pour quelque querelle de ménage.

Éorégpret, — pères des géants, suivant un livre apocryphe d'Ênocli. Les anges qu'il nomme ainsi s'assemblèrent sur le mont Hémon du temps du partiarche Jared , et s'engagèrent par des anathèmes à ne se point séparer qu'ils n'eussent enlevé les filles des honunes.

l6orttare. — Art dé juger les konimes par leur écriture, d'après Lavater. — ^Tous les mouvements de notre corps reçoivent leurs modifications du tempérament et du caractère. Le mouvement du sage n'est pas celui de Tidiot, le port et la marche diffèrent sensiblement du colérique au flegmatique, du sanguin au mélancolique.— De tous les motivements du corps, il n'en est point d'aussi variés que ceux de la main et desdoig(8 ; et, de tous les mouvements de la main et des doigts, les plus diversifiés sont ceux que nous faisons en écrivant. Le moindre mot jeté sur le papier, combien de points, combien de courbes ne renfecme-t-il pas!,.. — U

est évident encore, poursuit Lavater, que chaque tableau, que chaque figura détachée, et, aux yeux de l'ob^rvateur et dp connaisseur, chaque trait conservent et ra^ppelleot l'idée du peintre. — Que cent peintres, que toiiis \es écoliers d'un même maître dessinent la même figura, que toutes ces copies resseu^blent à l'original de la manière la plus frappante, elles n'en auront pas moins, chacune, uc^ car ractère particulier, une teinté et une touche qui les £erpnt fiislinguer. — Si l'on çsl obligé d'admettre une expression caractéristique pour les ouvrages de peinture . pourquoi voudraiton qu'elle disparût entièrement dans les de^sin$ et dans les figures que nous traçons sur le papier? Chacun de nous a son écriture propre, individuelle et inimitable, ou qui du moins ne saurait être contrefaite que très-difficilement et très-imparfaitement. Les exceptions sont e^ trop petit nombre pour détruire la règle. — Cette diversité incontestable dos écritures ne seraitelle point fondée sur la différence réelle du caractère moral ? — On objectera que le mêi^e homme, qui pourtant n'a qu'uQ seul et meute caractère , peut diversifier son écriture. Mais cet homme, malgré son égalité de caractère, agit ou du moins parait agir souvent de mille manières différentes. De nr)ème qu'un esprit doux se livre quelquefois à des emportements, de même aussi la plus belle main se permet, dans l'occasion , une écriture négligée ; mais alors encore celle-ci aura un caractère tout à fait différent du griffonnage d'un homme qui écrit toujours mal. On reconnaîtra la belle main du pic^mier- jusque dans sa plus mauvaise écriture, tandis que l'écriture la plus soignée du second se ressentira toujours de sop barbouillage. — Cette diversité de l'écriture d'une seule et même personne ne fait que coafirmer la thèse ; il résulte de là que la disposition d'esprit où nous nous trouvons influe sur notre écriture. Avec la même encre , avec la même plume, et sur le même papier, l'hoipme façonnera tout autrement son écriture quand il traite une affaire désagréable, ou quand il s'entretient cordialement avec son ami. — Chaque nation , chaque pays , chaque ville a son écriture particulière, tout comme ils ont une physionomie et une forme qui leur sont propres. Tous ceux qui ont un commerce de lettres un peu étendu pourront vérifier la justesse de cette remarque. L'observateur inieliigeiit ira plus loin, et il jugera déjà du caractère de son correspondant sur la seule adresse (j'entends récriture de l'adresse, car le style fournit des indices plus positifs encore), à peu près comme le titre d'un livre nous fait connaître souvent la tournure d'esprit de l'auteur.

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— Une belle écriture suppose nécessairement une certaine justesse d*esprit, et en particulier I*amour de l'ordre. Pour écrire avec une belle main , il faut avoir du moins une veine d'énergie, d'industrie, de précision et de goût, chaque effet supposant une cause qui lui est analogue. Mais ces gens, dont récriture est si belle et si élégante , la peindraient peut-être encore mieux si leur esprit était plus cultivé et plus orné. — On distingue, dans récriture, la substance et le corps des lettres^ leur forme et leur arrondi^ement, leur hauteur et leur longueur, leur position , leur liaison , l'intervalle qui les sépare, l'intervalle qui est entre les lignes , la netteté de l'écriture , sa légèreté ou sa pesanteur. Si tout cela se trouve dans une parfaite harmonie , il n'est nullement difficile de découvrir quelque chose d'assez précis dans le caractère fondamental de l'écrivain. — Une écriture de travers annonce un caractère faux, dissimulé, inégal. Il y a la plupart du temps une analogie admirable entre le langage, la démarche et l'écriture. — Des lettres inégales, mal jointes , mal séparées , mal alignées , et jetées en quelque sorte séparément sur le papier, annoncent un naturel flegmatique, lent, peu ami de l'ordre et de la propreté. — Une écriture plus liée, plus suivie, plus énergique et plus ferme! annonce plus de vie , plus de chaleur, phis de goût. Il y a des écritures qui dénotent la lenteur d'un homme lourd et d'un esprit pesant. — Une écriture bien formée , bien arrondie, promet de l'ordre, de la précision et du goût. Une écriture extraordinairement soignée annonce plus de précision et plus de fermeté , mais peut-être moins d'esprit.— Une écriture lâche dans quelques-unes de ses parties, serrée dans quelques autres, puis longue , puis étroite , puis soignée , puis négligée , laisse entrevoir un caractère léger, incertain et flottant. — Une écriture lancée, des lettres jetées, pour ainsi dire , d'un seul trait, et qui annoncent la vivacité de l'écrivain, désignent un esprit ardent, du feu et des caprinces. — Une écriture un peu penchée sur la droite, et bien coulante, annonce de l'activité et de la pénétration. Une écriture bien liée, coulante et presque perpendiculaire , promet de la finesse et du goût. Une écriture originale et hasardée d'une certaine façon , sans méthode, mais belle et agréable, porte l'empreinte du génie, etc. — Il est inutile d'observer combien, avec quelques remarques judicieuses , ce système est plein d'exagérations.

Vo^, PflYSlOOJMONlE.

éoroaelles. — Delancre dit que ceux qui naissent légitimement septième mâle, sans mélanges de filles^ guérissent les écrouelles en les

touchant. Les anciens rois d'Angleterre, suivant certains auteurs, avaient ce pouvoir*. Quand Jacques II fut reconduit de Rochester à Wbite-Hall , on proposa de lui laisser faire quelque acte de royauté, comme de toucher les écrouelles. Il nese présenta personne. — On attribua aussi aux rois de France le don d'enlever les écrouelles par l'imposition des mains. Louis XIII, en 1639, toucha, à Fontainebleau, douze cents scrofnleux . On fait remonter cette prérogative jusqu'à Clovis. Foy. Lancinet.

Boureuîls. — Les Sirianes, peuplades de la Russie d'Europe, ont pour la chasse de l'écureuil une superstitieuse idée qu'on ne peut déraciner. Ils ne cherchent, dans toute la journée , les écureuils qu'au haut des sapins rouges si le premier tué le matin s'est trouvé sur un arbre de cette espèce ; et ils sont fermement convaincus qu'ils en chercheraient en vain ailleurs. Si c'est au contraire sur un sapin st/2vesfris qu'ils ont aperçu leur premier écureuil, ils ne porteront leurs regards que sur cette sorte d'arbres pendant tout le jour de chasse.

lÊdeline (GUILLAUME), — docteur en théologie du quinzième siècle, prieur de Saint- Germain-en-Laye. H fut exposé et admonesté publiquement à Ëvreux, pour s'être donné au diable afin de satisfaire ses passions mondaines. Il avoua qu'il s'était transporté au sabbat sur un balai >; et que, de sa bonne volonté, il avait fait hommuge à l'ennemi, qui était sous la forme d'un mouton , qu'il lui semblait lors baiser brutalement sous la queue en signe de révérence et d'hommage '. Le jour du jugement étant arrivé, il fut conduit sur la place publique, ayant une mitre de papier sur la tète ; l'inquisiteur l'engagea à se repentir, et lut la sentence qui le condamnait à la prison, au pain et à l'eau. « Lors, ledit maître Guillaume commença à gémir et à condouloir de son méfait , criant merci à Dieu , à Tévèque et à justice *. »

lâdrM , — nom que les musulmans donnent à Enoch ou Hénoch , sur lequel ils ont forgé diverses traditions. Dans les guerres continuelles que se faisaient les enfants de Seth et de Caïn, Hénoch, disent-ils, fut le premier qui introduisit la coutume de faire des esclaves ; il avait reçu du ciel, avec le don de science et de sagesse, trente volumes remplis des connaissances les plus abstraites ; lui-même en corn-

' Polydore Virgile.

2 Edoctus scopam siimere, et inter rémora eqaiUs instar ponere, quo volcbat brevi momento, etc. Gaguin, liv. jc.

3 Monstrdet, Alain Charticr, à Tannée 1453.

* Monstrelet, cité par M. Oarinet, Histoire de la msgie en F^fince, p. 107,

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posa*beaucoup d'autres aussi peu connus que les premiers. Dieu l'envoya aux Caïnitcs pour les ramener dans la bonne voie ; mais ceux-ci ayant refusé do Técoulcr, il leur (il la guerre, et réduisit leurs femmes et leurs enfants en esclavage. Les Orientaux lui attribuent TinventioQ de la couture et de l'écriture, de l'astronomie , de l'arithmétique , et encore plus particulièrement de la géomancie. On dit de plus qu'il fut la cause innocente de l'idolâtrie. Un de ses amis , affligé de son enlèvement , forma de lui, par l'instigation du démon, une représentation si vivement exprimée, qu'il s entretenait des jours entiers avec elle , et lui rendait des hommages particuliers, qui peu à peu dégénérèrent en superstition. Voy. Hé-

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