‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 117 sur 319 · ENG · texte numérisé non relu

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jusqu'au cou dans les flots noirs et glacés d'un fleuVe; celles-ci seront environnées de diables furieux qui les déchireront à coups de dents; celles-là seront suspendues par les pieds , et dans cet état on les percera dans tous les endroits du corps avec un poignard.

— On croit , dans Tile Formose , que les hommes, après leur mort, passent sur un pont étroit de bambous, sous lequel il y a une ibsse profonde pleine d'ordures. Le pont s'écroule sous les pas de ceux qui ont mal vécu, et ils sont précipités dans cette horrible fosse.

— Les Cafres admettent treize enfers et vingtsept paradis, où chacun trouve la place qu'il a mérité d'occuper, suivant ses bonnes ou mauvaises actions. Les sauvages du Missisripi croient que les coupables iront dans un pays malheureux, oii il n'y a point de chasse. Les Virginiens placent l'enfer à l'Occident, et précisément à Tun des bouts du monde. — Les Floridiens sont persuadés que les ùmes criminelles sont transportées au milieu des montagnes du nord ; qu'elles restent exposées à la voracité des ours et à la rigueur des neiges et des frimas. — Les Kalmouks ont un enfer pour le.s bêtes de somme; et celles qui ne s'acquittent pas bien de leurs devoirs ici-bas sont condamnées , selon eux , à porter sans relâche dans l'autre monde les fardeaux les plus pesants. — L'enfer du Danlo est célèbre, La forme de cet enfer ressemble à un entonnoir ou à un cône renversé. L'espace qui se trouve depuis la porte de l'enfer jusqu'au fleuve Achéron se* divise en deux parties : dans la première sont les âmes de ceux qui vécurent sans réputation ; ils sont tourmentés par des frelons qui leur piquent le visage : ces damnés courent après une bannière qui tourne sans cesse autour d'un cercle. Dans la seconde se trouvent les enfants morts sans baptême ; ces ombres poussent des gémissements continuels. Il y a des cercles concentriqtjes autour de l'enfer. Le second cercle renferme les luxurieux; ils sont sans cesse agités, transportés çà et là sur des tourbillons de vent. Le troisième est rempli par les gourmands étendus dans la fange et continuellement exposés à un déluge épouvantable de pluie, de neige et de grêle. Le quatrième contient les prodigues et les avares ; ils sont condamnés à rouler éternellement les uns contre les autres des poids énormes. Les autres cordes sont partagés aussi bien.

BngastriniMine , — art des ventriloques , que l'on attribuait autrefois à la magie.

Sngastrimîthes OU Bagaitrînuindres , '—

devins qui faisaient entendre leurs réponses d^ns leyr vendre. Voy. Ventriloques.

Bagelbreoht (Jean), — visionnaire allemand, mort en 1642; il était protestant et d'un naturel si mélancolique, qu'il tenta souvent de s'ôter la vie. Un soir, vers minuit, il lui sembla que son corps était transporté au milieu des airs avec la rapidité d'une flèche. Après un voyage très-court, il arriva à la porte de l'enfer, où régnait une obscurité profonde , et d'où s'exhalait une puanteur à laquelle il n'y a rien à comparer sur la terre. li entendit les cris et les gémissements des damnés. Une légion de diables voulut l'entraîner dans l'abîme ; il se débarrassa de leurs griffes, pria, et tout cet horrible spectacle s'évanouit. Le Saint-Esprit lui apparut , ditil, sous la forme d'un homme blanc et le conduisit en paradis. Quand Engelbrecht eut goûté les délices du séjour divin, un ange lui ordonna de retourner sur la terre pour annoncer ce qu'il avait vu , entendu et senti , avec la charge d'exhorter les hommes à la pénitence. Engelbrecht revint à la vie, et raconta sa vision. Dans un de ses ouvrages, ( car il a fait des ouvrages , quoiqu'il ne sût pas lire ), il dit que tous les assistants, pendant son récit, sentirent la puanteur horrible de l'enfer, et que lui-même , en sortant de son lit, en était encore infecté ; mais personne, excepté lui , ne sentit les parfums suaves de la demeure des bienheureux. Il annonça dès lors qu'il avait été mort et qu'il était ressuscité , et il fonda sur ces prodiges la vérité de sa mission. — 11 eut encore d'autres visions; il entendit pendant quarante nuits une musique céleste si harmonieuse, qu'il ne put s'empêcher d'y joindre sa voix. Les ministres protestants crurent reconnaître en lui quelque chose de surnaturel ; mais dès qu'il leur eut reproché leur avarice, ils déclarèrent que tout n'était que l'œuvre du démon. Parcourant la Basse-Saxe , il prêchait , disait-il , comme il en avait reçu l'ordre d'en haut. Un jour qu'il racontait ses extases , il dit qu'il avait vu les âmes des bienheureux voltiger autour de lui , sous la forme d'étincelles, et que, voulant se mêler à leur danse, il avait pris le soleil d'une main et la lune de l'autre. Toutes ces absurdités ne l'empêchèrent pas de faire des prosélytes parmi les réformés. Il a laissé divers ouvrages : 4® Véritable Vue et histoire du ciel, Amsterdam, 4690, in-i» : c'est le'récil de son excursion en enfer et en paradis ; 2« Mandat et ordre divin et céleste délivrés par la chancellerie céleste, Brème, 4625 , in-4*» ; cet écrit manque dans le recueil intitulé : Œuvres , Visions et Révélations de Jean Engelbrecht , Amsterdam, 4680, in-4^

énigme. — On lit dans de vieilles histoires

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