‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 118 sur 319 · ÉON · texte numérisé non relu

ÉON

de Naplea que , sous le règne de Robert Guiscard , on trouva une statue qui avait la tête dorée , et sur laquelle ^lait écrit ; Aux ca^ hndes de ifiai, quand le soleil se lèvera, j'aurai la tête tou^ 4'or, Robert cherclia long-temps à deviner le sens de cette énigme ; mais ni lui ni les savants de son royaume ne purent la résoudre. Cependant un prisonnier de guerre, Sarrazin de ivation, promit au roi de l'interpréter s'il lui accordait la liberté sans rançon, il avertit donc le prince d'observer aux premiers jours de mai Tombre de la tête de la statue, au lever du soleiU et de faire bêcher la terre à l'endroit où tomberait cette ombre. Robert suivit ce conseil et trouva de grands trésors qui lui servirent dans ses guerres d'Italie ; il récompensa le Sarrazin , non-seulement en lui accordant la liberté, mais encore en lui donnant de bonnes sommes d'argent.

— Il y a beaucoup d'énigmes dans les divinations. On peut voir le traité des énigmes du père Meuestrier, de la compagnie de Jésus, intitulé : la Philosophie des images énigmatiques, où il est traité des énigmes, hiéroglyphiques , oracles , prophéties , sorts , divma-. tiens , loteries , talismans , songes , centuries de Nostradamus et de la baguette. Lyon, \ 694, in-12.

Snlèvement. — Nous ne parlons ici que de ceux qui ont été enlevés par le diable. Une Allemande avait contracté l'habitude de jurer et de dire des mots de corps-de-garde ; elle fut bientôt le modèle de quelques femmes de son pays , et il fallut un exemple pour arrêter le désordre. Un jour qu'elle prononçait avec énergie ces paroles, qui sont tristes surtout dans la bouche d'une femme : Qua le diable m\mport,e / . . . . le diable arriva et l'emporta * .

— Où Ut en beaucoup de livres qu'un certain comte de Màcon , homme violent et impie , exerçait une espèce de tyrannie contre les ecclésiastiques et contre ce qui leur appartenait, sans se mettre en peine de cacher ni de colorer ses violences. Un jour qu'il était assis dans son palais , bien accompagné , on y vit entrer un inconnu à cheval, qui s'avança jusqu'auprès du comte, et lui dit : «Suivez-moi, j'ai à vous parler. » Le comte le suit, entraîné par un pouvoir surnaturel. Lorsqu'il arrive à la porte, il trouve un cheval préparé, le monte, et il est transporté dans les airs, criant d'une voix terrible, à ceux qui étaient présents . « A moi 1 au secours !....» On le perdit de vue, et on ne put douter que le diable ne Feût emporté. — Dans la môme ville il y eut un bailli qui fut aussi enlevé par le diable à l'heure de

' Wierus, de Prœst. d«m., lib. 2; Bodin, Pémono- "'«^nie, Uv. III, cb. l*^

son dîner, et porté trois fois autour de Mâcon, à la vue de tous les habitants , qui- assurent ne l'avoir pas vu revenir*. Voy, Agbipp.\, Simon , Gabuielle d'Estrées , Luther , etc.

Bnooh , — voy. Édris.

Ensoroellement. — Bien des gens se sont crus ensorcelés, qui n'étaient que le jouet de quelque hallucination. On lisait ce fait dans le Journal des Débats du 5 mars 1 841 . — « Il y a trois jours, M. Jacques Coquelin , demeurant rue du Marché Sainl-Jean, no 21 , à Paris, logé au troisième étage, rentrait chez lui vers onze heures du soir, la tête échauffée par le vin. Arrivé sur le palier du deuxième étage , il se croit dans son domicile; il se déshabille tranquillement, jette une à une ses bardes par une large fenêtre donnant sur la cour et que dans son ivresse il prend pour son alcôve ; puis il se fait un bonnet de nuit avec sa cravate , et n'ayant plus que sa chemise sur le corps , il se lance lui-même par la fenêtre , croyant se jeter sur son lit.... Ce ne fut que le lendemain , vers six heures du matin , que les autres habitants de la maison s'aperçurent de ce malheureux événement. Le corps de l'infortuné Coquelin était étendu sans mouvement sur les dalles de la cour. Pourtant cet homme, âgé seulement de vingt-sept ans, et doué d'une grande force physique, n'était pas mort, quoique son corps fût horriblement mutilé. Transporté chez lui, il vécut deux jours encore; mais son état était désespéré et il expira après soixante heures des plus cruelles souffrances. » — Dans d'autres temps ou dans d'autres pays, on eût vu là un ensorcellement. Voy. toutefois Sortilèges, Paroles, Bergers , etc. , etc.

finthousiasies. — On a donné ce nom à certains sectaires qui, étant agités du démon, se croyaient inspirés.

Savoûtom^nt. — Les sorciers font, dit-on, la figure eu cire de leurs ennemis, la piquent, la tourmentent, la fondent devant le feu, aân que les originaux vivants et animés ressentent les mènies douleurs. C'est ce que Tou appelle envoûter^ du nom de la figure , vols ou vourt; voyez ce mot. Voy. aussi Duffus, Charles IX , Glocester , etc.

lÉon de TStoile. — Dans le douzième siècle , un certain Éoa de l'Étoile , gentilhomme breton , abusant de la manière dont on prononçait ces paroles : Per eum qui venturus est ( on prononçait per Eon ), prétendit qu'il était le Fils de Dieu qui doit venir juger les vivants et les morts, se donna pour tel, eut des adh^-

* Jean d<s Chassanion. huguenot . Des grands et re-doutable.8 jugements de Piçu advenusau çnondç, p. IW-

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