‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 124 sur 319 · EUG · texte numérisé non relu

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dit-on, un mauvais pronostic et le présage de la mort. Cet étal continua jusqu'à Jacob, qui, ne voulant pas mourir pour cause aussi légère, pria Dieu de changer cet ordre de choses ; et c'est de là qu'est venu , selon ces docteurs, Tusage de faire des souhaits heureux quand on étemue. — On a trouvé une cause plus probable de cette politesse ; c'est que, sous le pontificat de saint Grégoire-le- Grand, il y eut en Italie une sorte de peste qui se manifestait par -des éternuments; tous les pestiférés éternuaient ; on se recommanda à Dieu , et c'est de là qu'est venue l'opinion populaire que la coutume de se saluer tire son origine d'une maladie éptdémique qui emportait tous ceux dont la membrane pituitaire était stimulée trop vivement. — En général, l'éternument chez les anciens était pris tantôt en bonne, tantôt en mauvaise part, suivant les temps, les lieux et les circonstances; un bon éternument était celui qui arrivait depuis midi jusqu'à minuit, et quand la lune, était dans les signes du taureau, du lion, de la balance, du capricorne et des poissons; mais s'il venait de minuit à midi, si la lune était dans le signe de la vierge, du Verseau, de l'écrevisse, du scorpion, si vous sortiez du lit ou de la table , c'était alors le cas de se recommander à Dieu *. — L'éternument, quand on l'entendait à sa drotte, était regardé chez les Grecs et les Romairs comme un heureux présage. Les Grecs, en parlant d'une belle personne^ disaient que les amours avaient élernué à sa naissance. — Lorsque le roi de Sennaar éternuait, ses courtisans lui tournaient le dos, en se donnant de la main une claque sur la fesse droite.

Btlmopliroiiei , — hérétiques du septième siècle qui joignaient au christianisme les superstitions païennes, l'astrologie, les augures, les expiations, les jours heureux et malheureux, les divinations diverses.

Etienne. — Un homme, qui s'appelait Etienne, avait la mauvaise habitude de parler à ses gons comme s'il eût parlé au diable, ayant toujours le diable à la bouche. Un jour, qu'il revenait de voyage , il appela son valet en ces termes : « Viens çà, bon diable, tiremoi mes chamses, » A peine eut-il prononcé ces paroles , qu'une griffe invisible délia ses caleçons, fit tomber ses jarretières et tira les chausses jusqu'aux talons. Etienne, effrayé, s'écria : « Reiiro-toi, Satan, ce n'est pas loi, mais bien mon domestique que j'appelle. »

Le diable se relira sans se montrer, et maître Etienne n invoqua plus ce nom *. Voy, Guido.

Bina. — Le christianisme chassa de l'Etna et des tles de Lipari Vulcain, les Cyclopes et les Géanis; mais les démons se mirent à leur place ; et quand on institua la fête des morts, afin d'enlever au purgatoire et de rendre au paradis une foule d'âmes souffrantes, on entendit, comme le raconte un saint ermite, des bruits affreux dans l'Etna et des détonations étourdissantes dans les îles voisines. C'était Satan et toute sa cour, Satan et tout son peuple de démons qui hurlaient de désespoir et redemandaient à grands cris les âmes que la nouvelle foi venait de leur ravir *.

étoîlei. — Mahomet dit que les étoiles stables et les étoiles qui filent sont les sentinelles du ciel, qui empêchent les diables d'approcher et de connaître les secrets de Dieu. — Les Romains voyaient des divinités dans les étoiles. — Les Étéens observaient, un certain jour dans l'année, le lever de l'étoile Sirius : si elle paraissait obscure, ils croyaient qu'elle annonçait la peste.

étraphîll, — l'un des anges des musulmans. Il se tient toujours debout : c'est lui qui embouchera la trompette pour annoncer le jour du jugement.

Btrennet. — Dans les temps reculés, chez nos pères , loin de se rien donner mutuellement dans les familles le premier jour de l'an, on n'osait même rien prêter à son voisin ; mais chacun mettait à sa porte des tables chargées de viandes pour les passants. On y plaçait aussi des présents superstitieux pour les esprits. Peut-être était-ce un reste ae ce culte que les Romains rendaient, le premier jour de l'année, aux divinités qui présidaient aux petits- cadeaux d'amis. Quoi qu'il en soit , l'Église fut obligée , sous Charlemagne , dN interdire les présents superstitieux que nos ancêtres déposaient sur leurs tables. Les canons donnent à ces présents le nom d'étrennes du diable.

BUeilla. — On a publié sous ce nom déguisé, qui est l'anagramme d'Àlliette, plusieurs tr<iités do cartomancie.

BttbSut, — auteur d'un livre intitulé : Apparitions d'Apollonius, ou Dém^onstralion des apparitions d'aujourd'hui, Inr-4", Amsterdam, 4735. (En latin.)

Bttcl&arSsUe. — « L'épreuve par l'Eucharistie se faisait en recevant la communion. Ainsi Lothaire, roi de Lotharingie, jura, en

* M. Saignent, Des erreurs et des préjugés, t. I*', p. 391.

* Grcgorii magni dialug., lib. 3, cap. 20. > M. Didrcn, Histoire da diable.

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