‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 125 sur 319 · EXC · texte numérisé non relu

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recevant la communion do la mnin du pape Adrien II, qu*il avait renvoyé Valdrade, sa concubine ; ce qui était faux. Comme Lolhaire mourut un mois après , en 868, sa mort fut attribuée à ce parjure sacrilège. Cette épreuve fut défendue par le pape Alexandre II ' . »

Bamèeet, — caillou fabuleux, ainsi nommé de sa forme oblongue, et que l*on disait se trouver dans la Bactriane; on lui attribuait la vertu d'apprendre à une per.-^onne endormie ce qui s'était passé pendant son sommeil, si elle avait dormi avec cette pierre posée sur sa tète.

Barynome, — démon supérieur, prince de la mort, selon quelques démonomanes. Il a de grandes et longues dents , un corps effroyable, tout rempli de plaies, et pour vêtement une peau de renard. Pausanias dit qu'il se repaît de charognes et de corps morts. Il avait, dans le temple de Delphes, une statue qui le représentait avec un teint noir, montrant ses grandes dents comme un loup affamé, et assis sur une peau de vautour.

iSvaagîle de Mmt Jean. — On croit dans les campagnes que celui qui porte sur soi l'évangile de saint Jean, In prindpio erat verbum, écrit sur du parchemin vierge, et renfermé dans un tuyau de plume d'oie, le premier dimanche de Tannée, une heure avant le lever du soleil, sera invulnérable et se garantira de quantité de maux *.

Ave. — Les musulmans et les talmudistes lui donnent, comme à notre premier père, une taille d'une lieue. Voy. Samael.

lâvooatîont. — Celui qui veut évoquer le diable lui doit le sacriBcé d'un chien, d'un chat ou d'une poule, à condition que ces trois animaux soient sa propriété ; il jure ensuite fidélité et obéissance éternelles, et reçoit une marque, au moyen de laquelle il jouit d'une puissance absolue sur trois esprits infernaux, l'un de la terre, l'autre de la mer, le troisième de l'air '. — On peut aussi faire venir le diable en lisant certaines formules du grimoire. Voy. Conjurations. — Deux chevaliers de Malle avaient un esclave qui se vantait de posséder le secret d'évoquer les démons et de les obliger à découvrir les choses cachées. On le conduisit dans un vieux château , où l'on soupçonnait des trésors enfouis. L'esclave descendit dans un souterrain, fit ses évocations : un rocher s'ouvrit^ et il en sortit un coffre. Il tenta plusieurs fois de s'en

* Bergier, Dictionnaire thëologiqae.

* Thiera, Traité des saperstitiona, t. V, 3 Dansus Fortianis.

emparer, mais il n'en put venir à bout, parce que le coffre rentrait dans !e rocher dès qu'il s'en approchait. Il vint dire aux chevaliers ce qui lui arrivait , et demanda un peu de vin pour reprendre des forces. On lui en donna. Quelque temps après , comme il ne revenait point, on alla voir ce qu'il faisait; on le trouva étendu mort, ayant sur toute sa chair des coups de canif représentant une croix. Les chevaliers portèrent son corps au bord de la mer, et l'y précipitèrent avec une pierre au cou ' . — Pour l'évocation des âmes, voy. Nécromancie.

Bzael , — le dixième des premiers hommes ; il prit aux hommes , selon le livre d'Énoch, lart de fabriquer des armes et des machines de guerre, les ouvrages d'or et d'argent qui plaisent aux femmes, et l'usage des pierres précieuses , ainsi que le fard.

Bxcommun'oatîoa. — Il y a OU* quelquefois des abus , de la part des hommes, dans l'usage des excommunications ; et on est parti de là pour crier contre ces excommunications, qui ont ccpendnnt rendu de si grands services à la société dans des siècles barbares. Mais on ne trouverait pas facilement , dans l'histoire, un excommunié, frappé régulièrement par le Saint-Siégo, qui ait prospéré jusqu'au bout. Napoléon même peut fournir un exemple récent. — On lit dans les Menées des Grecs^ au 45 octobre, qu'un religieux du désert de Schété, ayant été excommunié par son supérieur pour quelque désobéissance, sortit du désert et vint à Alexandrie, où il fut arrêté par le gouvernement de la ville, dépouillé du saint habit, puis vivement sollicité de sacrifier aux faux dieux. Le solitaire résista généreusement ; il fut tourmenté en diverses manières, jusqu'à ce qu'enfin on lui tranchât la tète ; on jeta son corps hors de la ville. Les Chrétiens l'enlevèrent la nuit , et l'ayant enveloppé de linceuls, l'enterrèrent dans l'église comme martyr. — Mais pendant le saint sacrifice de la messe, le diacre ayant crié tout haut à l'ordinaire : Que les catéchumènes et ceux qui ne communient pas se retirent , on vit tout à coup le tombeau s'ouvrir de luimême, et le corps du martyr se retirer dans le vestibule de l'église. Après la messe il rentra de lui-même dans son sépulcre. Un pieux vieillard ayant prié pendant trois jours, apprit par révélation que ce religieux avait encouru l'excommunication pour avoir désobéi à son supérieur, et qu'il demeurait lié jusqu'à ce que ce même supérieur lui eût donné l'absolution. On alla donc au désert, et Ton en

> D. CalmetetGuyot-Delamarre.

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