GAU
sieurs bougies allumées , des vases de verre ronds et pleins d*eau claire ; après avoir invoqué et interrogé les démons à voix basse , on faisait regarder attentivement la superficie de ces vases par un jeune garçon ou par une jeune femme; puis on lisait la réponse dans des images tracées par la réfraction de la lumière dans les verres. — Une autre espèce de Gastromancie se pratiquait par le devin qui répondait sans remuer les lèvres , en sorte qu'on croyait entendre une voix aérienne. Le nom de cette divination signifie divination par le ventre; aussi pour l'exercer, il faut èlre ventriloque ou possédé ou sorcier. Dans le dernier cas, on allume des flambeaux autour de quelques verres d'eau limpide, puis on agite Teau en invoquant un esprit qui ne tarde pas à répondre d'une voix grêle dans le ventre du sorcier eh fonction. — Les charlatans trouvant, dans les moindres choses, des moyens sûrs d'en imposer au peuple et de réussir dans leurs fourberies , la ventriloquie doit être pour eux d'un grand avantage. — Un marchand de Lyon-, étant un jour à la campagne avec son valet , entendit une voix qui lui ordonnait, de la part du ciel, de donner une partie de ses biens aux pauvres , et de récompenser son serviteur. Il obéit, et regarda comme miraculeuses les paroles qui sortaient du ventre de son domotique. On savait si peu autrefois ce que c'était qu'un ventriloque, que les plus grands personnages attribuaient toujours ce talent -à la présence des démons. Photius, patriarche de Conslantinople, dit, dans une de ses lettres : On a entendu le malin esprit parler dans le ventre d'une personne , et il mérite bien d'avoir Vordure pour logis.
CMteaa des &om. — La part des absents , quand on partage le gâteau des rois, se garde précieusement ; dans certaines maisons superstilieuses elle indique l'état de la santé de ces personnes absentes, par sa bonne conservation ; une maladie , par des taches ou des ruptures.
Gâteau triangulaire de Saînt-Itoup. —
Les personnes superstitieuses font ce gâteau ^ le 29 juillet , avant le lever du soleil ; il est composé de pure farine de froment, de seigle et d'orge, pétrie avec trois œufs et trois cuillerées de sel , en forme triangulaire. On le donne par aumône, au premier pauvre qu'on rencontre, pour rompre les maléfices.
Gaufridi ( Louis-Jean-Baptiste ) , — curé de Marseille qui, infidèle à ses devoirs, tomba dans le désordre et se fit passer pour sorcier vers la fin du seizième siècle.' — On raconte que le diable lui apparut un jour, pendant
qu'il lisait un livre de magie; ils entrèrent en conversation et firent connaissance. Le prêtre se livra au diable par un pacte en règle , à condition qu'il lui donnerait le pouvoir de suborner et de séduire , en soufflant au visage. Le diable y consentit d'autant plus vglontiers, qu'il trouvait dans ce marché un double avantage. — L'apostat s'éprit de laiille d'un gentilhomme, Madeleine de La Palud, dont l'histoire est devenue célèbre. Mais bientôt la demoiselle efi'rayée se retira dans un couvent d'Ursulines. Gaufridi furieux y envoya, disent les relations du temps, une légion de diables; la sorcellerie du prêtre fut prouvée. Un arrêt du parlement de Provence le condamna au feu, en avril 4641.
Oaurîo, — génie ou lutin que la superstition des villageois bas-bretons croit voir danser autour des amas de pierres , ou monuments druidiques , désignés dans la langue des anciens insulaires par le mot chiorgaur que l'on a traduits par ceux-ci : chorea gigantum , ou danse des géants.
Oanrlo ( LuG ), — astrologue napolitain, né en 4 476 , qui , selon Mézeray et le président de Thon , annonça positivement que le roi Henri II serait tué dans un duel et mourrait d'une blessure à l'œil , ce qui fut vrai. Mais ne prédit-il pas après coup ? — Catherine de Médicis avait en Luc Gauric la confiance la plus entière. Bentivoglio , seigneur de Bo* logne, le condamna à cinq tours d*estrapade, pour avoir eu la hardiesse de lui prédire qu'il serait chassé de ses États ; ce qui n'était pas difficile à prévoir, vu la disposition des esprits qui détestaient ce seigneur. Gauric mourut en 4558. On a de lui une Description de la sphère céleste, publiée dans ses Œuvres, Bàle, 4575, 3 vol. in-fol. On y trouve aussi un Eloge de l'astrologie. — On attribue à son frère Pomponius Gauric un livre dans lequel on traite de la physiognomonie , de Vastrologie naturelle , etc. ^ ; mais il ne parait pas que cet ouvrage soit de Pomponius, il serait plutôt de Luc. — Le traité astrologique * de Luc Gauric est un livre assez curieux ; pour prouver la vérité de l'astrologie , il dresse l'horoscope de tous les personnages illustres, dont il a pu découvrir l'heure de la naissance ; il démontre que tout ce qui leur est arrivé se trouvait prédit dans leur horoscope, — comme si on n'y trouvait pas tout ce qu'on veut !
» Pomponii Gaurici Neapolitani tractatus de symmetriis, lineamentis et physiognomonia, eju&que speciebus, etc., Argeutor., 1630, avecla Chiromancie de Jean ab Indagine.
' Lucœ Gaurici geophoncnsis episcopi civitatensis tractatus a&trologicus in quo agitur de praeteritia multorum hominum accidentibus per proprias eoruni genituras, ad uuguem examiniirtts Venetiis. In^**, 1^2.