‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 147 sur 319 · GEN · texte numérisé non relu

GEN

qu'elle ne put lui faire aucun mal , parce qu'il avait sur lui des amulettes. Son fantôme er^ rait dans Tile de Lesbos, où« comme elle était jalouse dp toutes les mères , elle faisait mourir dans leur sein les enfants qu'elles portaient,, un peu avant qu'ils fussent à terme ^ On voit que c'était l'épouvantail du sixième siècle.

Mlotoopîe, — Espèce de divination qui se tire du rire. On prétend acquérir ainsi la connaissance du caractère d'une personne , et de ses penchants bons ou mauvais. Un rire franc n'annonce certainement pas une âme fausse , et on peut se défier quelquefois d'un rire forcé. Voy. Phtsiognomonie.

Mmatrie. — C'est une des divisions de la cabale, chez les juifs. Elle consiste à prendre les lettres d'un mot hébreu pour des chiffres ou nombres arithmétiques, et à expliquer chaque mot par la valeur arithmétique des lettres qui le composent. Selon d'autres, c'est une interprétation qui se fait par la transposition des lettres.

(Cornélius) , — savant professeur de Louvain , auteur d'un livre intitulé : Des caractères divins , et des choses admirables *, publié à Anvers, chez Christophe Plantin, archi typographe du roi, 4575, in-12.

GènèratioD , — VOt/. ENFANTS.

Qenguet , — devins japonais qui font profession de découvrir les choses cachées et de retrouver les choses perdues. Ils habitent des huttes perchées sur le sommet des montagnes , et sont tous extrêmement laids. Il leur est permis de se marier, mais seulement avec des femmes de leur caste et de leur secte. Un voyageur prétend que le signe caractéristique de ces devins est une corne qui leur pousse sur la tète. Il ajoute qu'ils sont tous vendus au diable qui leur soufïle leurs oracles; quand leur bail est fini , le diable leur ordonne de l'attendre âur une certaine roche. Â midi , ou plus souvent vers le soir, il passe au milieu de rassemblée ; sa présence cause une vive émotion. Une force irrésistible entraine alors ces malheureux, qui sont précipités à sa suite et ne reparaissent plus.

Géhîane , — pierre fabuleuse à laquelle on attribuait la vertu de chagriner les ennemis (le ceux qui la portaient. On pouvait , de trèsloin, en frottant sa pierre, vexer de toute façon les amis dont on avait à se plaindre « et

. ' Delrio, Disquisitions magiques; Wierus, de Fnest., p. 466.

> De nature divinis characterismis ; seu raris et admirandis speciaculis, causis, indiclis, proprietatibus Rnua ia p«rtit>iui singuUs universi Ubri 2, auctore Cornelio Gemma, etc.

se venger sans se compromettre. Leé doctes n'indiquent pas où se trouve cette pierre curieuse.

Oénief. — La tradition des anges parvenue altérée chez les païens , ^n a fait des génies. Chacun avait son génie. Un magicien d'Egypte avertit Marc -Antoine que son génie était vaincu par celui d'Octave; et AntoiAc intimidé se relira vers Cléopâtre *. Néron, dans Briiannicm, dit en partent de 6a mère :

Mon génie étonné tremble devant le sien.

— Les borborites, hérétiques des premiers siècles de l'Église , enseignaient que Dieu no peut être l'auteur du mal; que, pour gouverner le cours du soleil, des étoiles et des planètes , il a créé une multitude innombrable de génies, qui ont été, qui sont et seront toujours bons et bienfaisants ; qu'il créa Thomme indilTéremment avec tous les autres animaux, elque l'homme n'avait que des pattes comme les chiens ; que la paix et la concorde régnèrent sur la terre pendant plusieurs siècles , et qu'il ne s'y commettait aucun désordre ; que malheureusement un génie prit l'espèce humaine en affection, lui donna des mains , et que voilà l'origine et l'époque du mal. — L'homme alors se procura des fbrces artificielles, se fit des armes, attaqua les autres animaux , fit des ouvrages surprenants, et l'adresse de ses mains le rendit orgueilleux ; l'orgueil lui inspira le désir de la propriété , et de posséder certaines choses à l'exclusion des autres; les querelles et les guerres commencèrent ; la victoire fit des tyrans et des esclaves, des riches et de^ pauvres. — II est vrai , ajoutent les borborites , que si Thomme n'avait jamais eu que des pattes , il n'aurait point bâti d(*s villes . ni des palais, ni des vai^seaux ; quMl n'aurait pas couru les mers; quMl n'aurait pas inventé l'écriture , ni composé des livres ; et qu'ainsi les connaissances de son esprit no se seraient point étendues; mais aussi il n'aurait éprouvé que les maux physiques et corporels, qui ne sont pas comparables à ceux d'uTie âme agitée par l'ambition. l'orgiMll. l'avarice, par les inquiétudes et les soins pour élever une famille , et par la crainte de l'opprobre, do déshonneur, de la misère et des châtiments. — Ari^ote (^serve que rhoronte n'est pas supérieur aux animaux parce qu'il a une main ; niais q«'il a une maio parce qu'il est supérieur aux animaux. ^Les Arabes ne croient pas qu'Adam ait été ie premier être raisonnable qui ait habité la terre , mais

' Plutarque,Vie de Marc-Antoine.

GÉM

Page 1