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seulement le père de tous les homme» actuellement existants. Ils pensent que la terre était peuplée, avant la création d'Adam, par des êtres d'une espèce supérieure à la nôtre ; que dans la composition de ces êtres , créés de Dieu comme nous, il entrait plus de feu divin et moins de limon. Ces êtres , qui ont habité la terre pendant plusieurs milliers de siècles, sont les génies, qui ensuite furent renvoyés dans une région particulière, mais d oii il n*est pas impossible de les évoquer et de les voir paraître encore quelquefois , par la force des paroles magiques et des la-^ lismaDS. Il y a deux sortes de génies, ajoutent-ils , les péris, ou génies bienfaisants, et les dives^ ou génies malfaisants. Gian-ben* gian , du nom de qui ils furent appelés ginnes ou génies, est le premier comme le plus fameux de leurs rois. Le Ginnistan est un pays de délices et de merveilles , où ils ont été relégués par Taymural , l'un des plus anciens rois de Perse. — Ce sont encore là des vesrtiges altérés de l'ancienne tradition. — Les Chinois ont des génies qui présfdent aux eaux, aux montagnes ; et chacun d'eux est honoré par des sacrifices solennels. — Voy, Fégs, ANGES, etc.
Génîrade , — médecin matérialiste, ami de saint Augustin et très-connu à Carthage pour sa grande capacité. Il doutait qu'il y eût un autre monde que celui-ci. Mais une nuit, il vit en songe un jeune homme qui lui dit : « Suivez-moi. » Il le suivit et se trouva dans une ville où il entendit une mélodie admirable. — Une autre fois il vit le même jeune homme qui lui dit : « Me connaissez-vous? — Fort bien , lui répondit-il. — Et d'où me connaissez-vous?— Génirade lui raconta ce qu'il lui avait fait voir dans la ville où il l'avait conduit. Le jeune homme ajouta : « Est-ce en songe ou éveillé que vous avez vu tout cela?
— C'est en songe, répondit le médecin. Le jeune homme dit : — Où est à présent votre corps? — Dans mon lit. — Savez-vous bien que vousne voyez rien à présent des yeux ducorps?
— Je le sais. — Quels sont donc les yeux par lesquels vt)us me voyez?... Comme le médecin hésitait et ne savait quoi répondre , le jeune homme lui dit encore : De même que vous me voyez et m'entendez , à présent que vos yeux sont fermés et vos sens engourdis; ainsi après votre mort vous vivrez, vous verrez, vous entendrez, mais des yeux de l'esprit. Ne douiez donc plus. 9 — Génirade conclut que si rame pouvait voyager ainsi dans le sommeil, elle n'était donc pas liée à la matfèr^; et il se convertit. .
Gtonttttdiui, — patriarche de Constantinoplei Allant à son église , il rencontra un spectrd hideux. Il reconnut que c'était le diable , le conjura et entendit une voix qui lui dit : « Je t^avertfs , Gennadius , que durant ta vie je no pourrai nuire à l'église grecque ; mats aprèé ta mort je la ruinerai. 0 Le patriarche se mit A genoux , pria pour son église, et mourut peu après ^. Ceci se passait tandis que Mahomet U faisait la conquête de l'empire.
Gepffroî dlden. — Au treizième siècle le seigneur HumbRrt, fils de Guichard dd Bélioc, dans le diocèse de Mâcon, ayant déclaré la guerre à d'autres seigneurs de son voisinage . Geoffroi d'Ideû* reçut dans la mêlée une blessure dont il mourut sur-^le^^champ^ Environ deux mois après, GeoiSroi apparut à Milon d'Anta , et le pria de dire à Humberl éù Bélioc, au service duquel il avait perdu la vie , qu'il était dans k« tourments pour l'avoir aidé dans une guerre injuste, et pour n'avoir pas expié avant sa mort ses péchés par iip pénitence; qu'il le priait d'avoir oompassion de lui et de son propre père Guichard , qui lui avait laissé de grands biens dont il abii sait , et dont une grande partie était mal ac-t* quise ; qu'à la vérité , Guichard , père 4é Humberl, avait embrassé la vie religieuse à Cluny, mais qu'il n'avait eu le temps ni de sav tisfaire entièrement à la justice de Dieu, at de réparer ses torts envers le prochain ; qu'il le conjurait donc de faire offrir, pour son père et pour lui , le sacrifice de la messe ^ de f^ire des aumônes et d'employer les prières des gens de bien pour leur procurer à l'un et à l'autre une prompte délivrance des peinei^ qu'ils enduraient. 11 ajouta : « Dites-lui que s'il ne vous écoute pas, je serai contraint d'aller moi-même lui annoncer ce que je viens de vous prescrire. » — Milon d'Anta s'acquitta de sa commission ; Humbert en fut •effrayé , mais il n'en devint pas meilleur. Toutefois, craignant que Guichard, son père, ou G^oflVoi d'fden , ne vinssent l'inquiéter, fI n'osait demeurer seul , surtout pendarit la nuit ; il voulait toujours avoir auprès de lui quelqu'un de ses gens. — Un matin donc, qu'il était tout éveillé dans son lit , il vit paraître en sa présence Geoffroi , armé commç un jour de bataille, qui lui montrait la blessure mortelle qu'il avait reçue, et qui parais,- ;^it encore toute fraîche. Il lui fit de vifs re«proches de s.n peu de pitié envers lui et envers son propre père, qui gémissait dans les tourments. «Prends garde, ajoula-t-il.
' Leloyer, Uist. des spectres et apparitions dfcs esprits, p, 270. I
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que Dieu ne le irai le dans sa rigueur, et ne te retire la miséricorde que lu nous refuses, et surtout garde-toi bien d'exécuter la ré^olotion que tu as prise d'aller à la guerre avec le comte Àmédée ; si tu y vas , tu y perdras la vie et les biens. » — Humbert se disposait à répondre au fantôme y lorsque l'écuyer Richard de Marsay, conseiller de Humberl, arriva venant de la messe ; aussitôt le mort disparut. Dès ce moment Humbert travailla sérieusement à soulager son père et Geoffroi, et il fit le voyage de Jérusalem pour expier ses péchés. — Ce fait est rapporté par Pierre le Vénérable.
GéonuuBoîe OU Géomasee , — divination par la terre. Elle consiste à jeter une poignée de poussière ou de terre, au hasard , sur une table, pour juger des événements futurs, par les lignes et les figures qui en résultent , c'est à peu près la même chose que le marc de café. Voy, Marc de café. — Selon d'autres elle se pratique, tantôt en traçant par terre des lignes et des cercles, sur lesquels on croit pouvoir deviner ce qu'on a envie d'apprendre ; tantôt en faisant au hasard , par terre ou sur le papier, plusieurs poinls sans garder aucun ordre; les figures que le hasard forme alors fondent un jugement sur l'avenir ; tantôt enfin en observant les fentes et les crevasses qui se font naturellement à la surface de la terre, d'où sortent, dit-on, des exhalaisons prophétiques, comme de l'antre de Delphes.
Gerbert. — Voy, SYLVESTRE II.
Géréaht. — Les habitalants de Ceylan croient les planètes occupées par autant d'esprits qui sont les arbitres de leur sort. Ils leur attribuent le pouvoir de rendre leurs favoris heureux en dépit des démons. Ils forment autant d'images d'argile appelées Géréahs, qu'ils supposent d'esprits mal disposés , et leur donnent des figures monstrueuses ; le festin qui suit en cette occasion est accompagné de tambours et de danses jusqu'au point du jour ; les images sont jetées sur les grands chemins, où elles reçoivent les coups et épuisent la colère des démons malintentionnés.
Germamottt, — général romain qui fut empoisonné par Plancine. On ne dit pas si ce fut par des parfums ou par le poison ; mais ce qui est certain , dit Tacite , c'est que l'on trouva dans sa demeure des ossements et des cendres de morts arrachés aux tombeaux , et le nom de Germanicus écrit sur une lame de plomb qu'on avait dévouée à l'enfer *.
I Leloyer, Hîat. des spectres et apparitions des esprits, p. 370.
Oerson ( Jean Charubr de). — Chancelier, pieux et savant^ de l'université de Paris, mort en 1 429 , auteur de V Examen des esprits \ où l'on trouve des règles pour discerner les fausses révélations des véritables , et de 1*^48trologie réformée , qui eut un grand succès. Nous ne parlons pas ici de ses ouvrages de piété.
Oert (Bertbouinb de] , — sorcière de la ville de Préchac en Gascogne , qui confessa vers 4 60 8 que lorsqu'une sorcière revenant du sabbat était tuée dans le chemin , le diable avait l'habitude de prendre sa figure , et de la faire reparaître et mourir dans son logis pour la tenir en bonne réputation. Mais si celui qui Ta tuée a quelque bougie ou chandelle de cire sur lui, et qu'il en fasse une croix sur la morte, le diable ne peut, malgré toute sa puissance , la tirer de là , et par conséquent est forcé de l'y laisser *.
GervAîs, — archevêque de Reims, mort en 4067, dont on conte cette aventure. Un chevalier normand qui le connaissait voulant, pour le besoin de son âme , aller à Rome visiter les tombeaux des saints apôtres, passa par Reims , où il demanda à l'archevêque sa bénédiction , puis il reprit son chemin , dont il s'était écarté. Il arriva à Rome, et fît ses oraisons. Il voulut ensuite aller au mont Saint-Ânge. Dans son chemin , il rencontra un ermite qui lui demanda s'il connaissait Gervals, archevêque de Reims; à quoi le voyageur répondit qu'il le connaissait. — Gervais est mort , reprit l'ermite. — Le Normand demeura stupéfait ; il pria l'inconnu de lui dire comment il savait cette nouvelle. — L'ermite lui répondit, qu'ayant passé la nuit en prières dans sa cellule, il avait entendu le bruit d'un foule de gens qui marchaient le long de sa cellule en faisant beaucoup de bruit ; qu'il avait ouvert sa fenêtre , et demandé où ils allaient; que l'un d'eux lui avait répondu : — Nous sommes les anges de Satan , nous venons de Reims. Nous emportions l'âme de Gervais ; mais à cause de ses bonnes œuvres , on vient de nous l'enlever, ce qui nous fâche cruellement. — Le pèlerin remarqua le temps et le jour où il avait appris tout cela , et , de retour à Reims , il trouva que l'archevêque Gervais était mort à la même heure *.
Geyserîo , — démoniaque goth , dont l'âme fut emportée par le diable en enfer, après que
' De probatione spirituum, etc.
^ Delancre, Tableau de l'inconstance des démolis, et£>, p. 4&&.
3 Manuscrit de la Bibliothèque royale, rapporté psf Lenglet-Dufresnoy, Dissertations, 1. 1*'.