‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 157 sur 319 · GUI · texte numérisé non relu

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hilietB sur lesquels sont (racées* des figures magiques ou des pages du Koran en caractères arabes ; ces billets sont vendus assez cher, et les habitants les croient des préservatifs assurés» contre tous les maux. Chaque grisgrisa sa forme et sa propriété.

GroBDjette. — Il y a, sur les côtes de la Baltique, comme dans la plupart des contrées montagneuses de l'Europe, des chasseurs défunts condamnés pour leurs méfaits à courir éternellement à travers les marais et les taillis. Les habitants du Sternsklint entendent souvent le soir les aboiements des chiens de Grœnjetle, ils le voient passer dans la vallée, le chasseur réprouvé, la pique à la main ; et ils déposent devant leur porte un peu d*avoine pour son cheval , afin que dans ses courses il ne foule pas aux pieds leurs moissons *.

GroMMse. — On a cru long-temps à Paris qu'une femme enceinte qui se regarde dans un miroir croit voir le diable ; fable autorisée par la peur qu'eut de son ombre une femme grosse, dans le temps qu'elle s'y mirait, et persuadée par son accoucheur qui lui dit qu'il était toujours dangereux de se regarder enceinte. On assure aussi qu'une femme grosse qui regarde un cadavre, aura un enfant pâle ctlividei*. Dans certains cantons du Brésil, aucun mari ne tue d^animal pendant la grossesse de sa femme, dans l'opinion que le fruit qu'elle porte s'en ressentirait. Voy. Imagination. — On ignore encore le motif pour lequel quelques églises particulières refusèrent longtemps la sépulture aux femmes qui mouraient enceintes, c'était sans doute pour engager les femmes à redoubler de soins envers leurs enfants?' Un concile tenu à Rouen en 4074, a ordonné que la sépulture en terre sainte ne fût nulle part refusée aux femmes enceintes ou mortes pendant l'accouchement.

Grot»«-Tête ( RoBRRT )\ — évêque de Lincoln, auquel Gouvérus donne une androïde comme celle d'Albert^le-Grand.

Guaoharo. — Dans la montagne de Tuméréquiri, située à quelque dislance deCumana, se trouve la caverne de Guacharo , fameuse parmi les Indiens. Elle est immense et sert d'habitation à des milliers d'oiseaux nocturnes dont la graisse donne l'huile de guacharo. Il en sort une assez grande rivière ; on entend dans l'intérieur le cri lugubre de ces oiseaux, cri que les Indiens attribuent aux âmes, qu'ils croient forcées d'entrer dans cette caverne, pour passer dans l'autre monde. Ce

' Marmier, Trad. de la Baltique.

' BrowD, Essai sur les errtun popul., p. 101.

séjour ténébreux, disentr-ils, leur arrache les gémissements plaintifs qu'on entend au dehors. Les Indiens du gouvernement de 'Cumana , non convertis à la foi, ont encore du respect pour celte opinion. Parmi ces peuples jusqu'à deux cents lieues de la caverne, descendre au Guacharo est synonyme de mourir.

Guayotu, — mauvais génie que les habillants de rtte Ténériffc opposent à Achguaya- Xérac , qui est chez eux le principe du bien.

Ckiécmba, — esprit du mal chez les Araucans, voy. Toqui.

Gueldre. — On trouve ce récit dans les historiens hollandais : a Un monstre affreux d'une grandeur prodigieuse ravageait la campagne , dévorant les bestiaux et les hommes mêmes ; il empoisonnait le pays de son souffle empesté. Deux braves gens, Wichard et Lupold, entreprirent de délivrer la contrée d'un fléau si terrible, et y réussirent. Le monstre , en mourant, jeta plusieurs fois un soupir, qui semblait exprimer le mot gheire. Les deux vainqueurs voulurent qu'en mémoire de leur triomphe , la ville qu'ils bâtirent prît le nom de ghelre , dont nous avons fait Gueldre. »

Gui de chêne, — plante parasite qui s'attache au chêne, et qui était regardée comme sacrée chez les druides. Au moi6 de décembre, qu on appelait le mois sacré , ils allaient la cueillir en grande cérémonie. Les devins marchaient les premiei^ en chantant, puis le héraut venait, suivi de trois druides portant les choses nécessaires pour le sacrifice. Enfin paraissait le chef des druides, accompagné de tout le peuple; il montait sur le chêne, coupait le gui avec une faucille d or, le plongeait dans l'eau lustrale et criait : « Au gui de l'an neuf (ou du nouvel an). » On croyait que Teau charmée ainsi par le gui de chêne était très-eilicace contre le sortilège et guérissait de plusieurs maladies. Voy. Gltueyl. — Dans plusieurs provinces on est persuadé que si on pend le gui de chêne à un arbre avec une aile d'hirondelle, tous les oiseaux s'y rassembleront de deux lieues et demie.

Gttîdo. — Un seigneur nommé Guido, blessé à mort dans un combat, apparut autrefois tout armé à un prêlre nommé Élîenne , quelque temps après son décès , et le pria de dire à son frère Anselme de rendre un bœuf que lui Guido avait pris à un paysan , et de réparer le dommage qu'il avait fait à un village qui ne lui appartenait pas, ajoutant qu'il avait oublié de déclarer ces deux péchés dans sa dernière confession , et qu'il en était tourmenté. Pour assurance de ce que je vous dis, continua-t-il , quand vous serez retourné à

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votre logis, vouB trouverez qu'on vous a volé Targent que vous destiniez à faire le voyage de Saint^acques. Etienne, de retour, trouva en effe^ son coffre forcé et son argent enlevé ; mais il ne put s'acquitter de sa commission , parce qu'Anselme était absent. — Peu de jours après, le même Guido lui apparut de nouveau et lui reprocha sa négligence. Etienne s'excusa comme il put, et il alla trouver Anselme, qui lui répondit durement qu'il n'était pas obligé de faire pénitence pour les péchés de son frère. Le mort apparut une troisième fois au prêtre , et lui témoigna son déplaisir du peu de compassion que son frère avait de hii ; puis il le pria de le secourir lui-même dans cette extrémité. Etienne restitua le prix du bœuf , dit des prières , fit des aumônes , recommanda l'âme aux gens de bien de sa conbàissance ; et Guido ne reparut plus *.

CktilUame , — domestique de Mynheer Clalz , gentilhomme du duché de Juliers , au quinzième siècle. Ce Guillaume fut possédé du diable et demanda pour exorciste un pasteur hérétique , nommé Bartholomée Panen , homme qui se faisait payer pour chasser le diable , et qui , dans cette circonstance , fut penaud. Comme le démoniaque pâlissait, que son gosier enflait, et qu'on craignait qd'il ne fût suffoqué entièrement, l'épouse du seigneur Ctatz, dame pieuse ainsi que toute sa famille, se mit à réciter la prière de Judiih. Guillaume alors se prit à vomir, entre autres débris, la ceinture d'un bouvier, des pierres , des pelotons de fil, du sel, des aiguilles, des lambeaux de l'habit d'un enfant , des plumes de paon que huit jours auparavant il avait arrachées de la queue du paoh même. On lui demanda iâ cause de son mal. Il répondit que, passant sur un chemin, il avait rencontré une femme inconnue qui lui avait soufflé au visage , et que tout son mal datait de ce moment. Cependant lorsqu'il fut rétabli , il nia le fait , et ajouta que le démon l'avait torèé à faire cet aveu, et que toutes ces matières n'étaient pas dans son corps : mais qu'à mesure qu'il vomissait, le démon changeait ce qui sortait de sa bouche*....

Guillaume de Carpentras , — astrologue

qui fit pour le roi René de Sicile , et pour le Bue de Milan , des sphères astrologiques sur lesquelles on tirait les horoscopes. Il en fit une pour le roi Charles VÏII, qui lui coûta douze cents écus; cette sphère contenait plu^ sieurs utilités, et était fabriquée de telle manière que tous les mouvements des planètes ,

ï Piem le Vénérable, Livre des Miracles. , * Wiefu», De preest., lib. 3, cap. 6.

à toutes heures de jour et de nuit , s'y poti^ vaient trouver ; il l'a depuis rédigce par écrit en tables astrologiques ^

ttainaume-le-lLouz, — fiis de Guittdufne- ^-Conquérant, et tyran de l'Angleterre dans le onzième siècle ; c'était un prince abominable, sans foi, sans mœurs, athée, blaspiiémateur et cruel, il fit beaucoup de mal à l'église d'Angleterre ; il chassa larchevèque do Cantorbéry, et ne voulut point que ce siège fût rempH de son vivant, afin de profiter deà revenus qui y étaient attachés. Il laissa les prêtres dans la misère et condamna les moines à la dernière pauvreté. Il entreprit des guerres injustes et se fit généralement détester. — Un jour qu'il était à la chasse ( en Tanpée 4400, dans la quarante-quatrième de son âge et la treizième de son règne), il fut tué d'une flèchet lancée par une main invisible ; pendant qu'il rendait le dernier soupir, le comte de Coj!'nouailies, qui s'était un peu écarté de la chasse, vit un grand bouc noir et velu, qui emportait un homme défiguré et percé d'un trait de part en part.... Le comte troublé de ce spectacle, cria pourtant au bouc de s'arrêter, et lui démanda qui il était, qui il portait, où il allait ? Le bouc répondit : — « Je suis le diable, j'emporte Guillaume-le-Roux , et je vais le présenter au tribunal de Dieu , où il sera condamné pour sa tyrannie ; et il viendra avec nous*. »

Guillaume de Varîs. — Il est cité par les

démonographes pour avoir fait des statues parlantes, à l'exemple de Roger Bacon« chose qui ne peut être faite que par les opérations diaboliques '.

Ottlleu ou Bonaftet , — démons qui servent les hommes dans la Norvège, et qui se louent pour peu de chose. Us pansent les chevaux , les étrillent , les frottent , les brident , les sellent, dressent leurs crins et leura queues, comme le meilleur palefrenier : ils font même les plus viles fonctions de la maison*. Voy, Be-

RITH.

Gurmei •— chien redoutable, espèce de Cerbère de Tenfer des Celtes. Pendant l'existence du monde, ce chien est attaché à l'entrée d'une caverne ; mais au dernier jour il doit être lâché » attaquer le dieu Tyr ou Thor, et le tuer.

* Extrait d'un ancien manuscrit, cité à la fin des remarques de Joly surBayle.

2 Mattheel Tympii prœmia virtiitum. <- Mattliica Paris, Historia major, t. IL

3 Naudé, Apol. pour les grands personnages accusés de magie, chap. 17, p. 493.

* Leloyer, Hist. des spectres ou apparrtions des esprits, p.. 339. . .

HAfi

ÈAC

' Okisoyii, — grand-duc aux enfers. Il apparaît sous la forme d'un chameau. Il répond sur lé présent, le passé; favenir, et découvre lés choses Cachées. H augmente les dignités et aèertnit les honneurs. H côinmande à quarante-cinq légions*.

CfttsUpii, -^ VOy, ZOÀOÂSTRE.

C&utheyl OÙ duthyl*, — nonî SOUS lequel le^ Gerriiains vénéraient lé gui de chêne. Ils lui attribuaient des vertus merveilleiises , particulièrement contre Tépilepsie, et le cueillaient avec les mêmes cérémonies que les Gaulois. Dans certains endroits de la Héute-Âllemagne, celte superstition s'est conservée, et les habitants sont encore aujourd'hui dans l'usage dé courfr de maison en maison et dé ville en ville , en criant : « Gutheyl ! Gutheyl ! » — Des Septentrionaux s'imaginaient qu'un homme muni de gui de chêne non- seulement né pouvait être blessé, mais était sûr de blesser tous ceux contre lesquels il lançait une Aèche. C'est à cause dé ces vertus magique? attribuées au gui de chêne, qu'on l'appelle en Alsace Mar'entdkein: c'est-à-dire arbrisseau des spectres.

Craymond de lia Touché , — poète dramatique, philosophe du dernier siècle, fl était allé, le il février 4760, chez une sorcière, à Paris, dans le dessein de s'en moquer et de. découvrir Tes ruses qu'elle mettait en usage. I^ accompagnait une grande pri'ncesse, qui montra en cette occasion plus dé force d'esprit que lui. L'appareil religieux de chaque expérience, le sïience des spectateurs, retfroî dont quelques-uns étaient saisis, comnàencè-

rent à frapper Guymond, qui pourtant se posait en incrédule. Dans l'instant que, tout troublé, il regardait piquer des épingles dan^ là[ gorge d'une jeune fille : «» Vous êtes bîen empressé, lui dit la sorcière, à vous écfàiréir de ce qu'on fait ici. Puisque vous êtes si curl^uic, apprenez que vous mourrez dans trois jours. » Ces paroles firent sur Guymond une impression étonnante , il tomba dans im« ptofonde rêverie ; et cette prédiction , aussi bien que ce qu'il avait vu , causa en lui une telle révoIttliDo , qu'il tomba malade et mourut en effet au bout de trois jours, le 44 février 4760.

(lyromAnolié, — sorte de divination q«f se pratiquait en marchant en rond , ou en. tournant autour d'un cercle , sur la circonférence duquel étaient tracées des lettres. A force de tourner on s'étourdissait jusqu'à se laisser tomber, et de l'assemblage des caractères qui se rencontraient aux divers endroits où l'on ^vait fait des chutes , on tirait des présage^ pour la venir. Voy. Alectryomancie.

OymnotophMtes, — philosophes ainsi nommés parce qu'ils allaient nus ou sans habits. Chez les démonomanes les gymnosophistessont de^ magiciens qui obligeaient les arbre» à s iacliner et à parler aux gens comme des créatures raisonnables. Thespesion, l'un de ces sages , ayant commandé à un arbre de saluer Apollonius, il s'inclina, et, rabaissant le sommet de sa tête et ses branches les plus hautes, il lui fit des compliments d'une voi:^ distincte mais féminine, ce qui surpasse la ihagie naturelle ^

^ DelBDcre, Incrédulité et mëcréance du sortih}g« pleinement convaiucue, p. 33.

, — grând-présîdent atix enfers.

It pataft sous h figure d'irn taureau avec des ailéâ de griffon. Lorsqu'il se montre portant Mcé humaine, it rend l'homme habile à toutes' choses ; il enseigne en perfection fart de translAUef fâ^s ïes métdîax en or, et de faire d'éxceffent vin avec de l'eau ctaire. Il commande trènte-trofs légions K

Ûé^nëMÊL, — reine des /ées, des feàimes' Manches, des bonnes, des sorcières, des larvés, des furies et des harpies, cobme Tassure Pierre DéHatifcre en son livre de f Inconstance ëès ^§m<ôns.

. ' WiejTus» in Fseudono. dfrm.

Haborym, — démon des incendies, appelé aussi Aym. Il porte aux enfers le titre de duc ;' i] se poontre à cheval sur une vipère , ^vec trois têtes, l'une de serpent, l'autre d'homme, 1^ troisième de chat. Il tient à la main une torche allumée. Il commande vingt-six légions. Quelques-uns disent qup c'est le même que Raum ; ce qui nous paraît douteux.

. SawUfuva ou Hakeldama, — qui signifie hérilafffi ou portion de sang. Ce mot est de^ veau commun à toutea les langues du chri^ çtianisme, depuis le récit sacré qui nous ap^ prend qu'après que Judas se fut pendu , les prêtres juifs achetèrent, des trente pièces d'i^r-

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