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talion de sorcière et qu'il soupçonnait de lui avoir donné son mal ; elle se plaignait plus que tous et s*était elle-même déchiré la face et arraché les cheveux. Ce mystère dura jusqu'à minuit; après quoi le maître sorcier entra ; tout disparut ; il déclara au malade qu'il était g:uéri : ce qui fut vrai^
Ormialdi. ^ Sous le règne de Louis-Ie~ Débonnaire» il y eut dans toute l'Europe une maladie épidémique qui s'étendit sur les troupeaux. Le bruit se répandit dans le peuple que Grimaldi, duc de Bénévent, ennemi de Cbarlemagne, avait occasionné ce dégât en faisant répandre de tous côtés -ime -poudre meurtrière par ses affîdés. On arrêta un grand nombre de malheureux, soupçonnés de ce crime; la crainte et la torture leur firent confesser qu'ils avaient en effet répandu cette poudre qui faisait mourir les troupeaux. Saint Agobard , archevêque de Lyon , prit leur défense et démontra que nulle poudre n'avait la vertu d'infecter Tair ; etqu'en supposant même que tous les habitants de Bénévent, hommes, femmes , jeunes gens, vieillards et enfants, se fussent dispersés dans toute l'Europe, chacun suivi de trois chariots de cette poudre, ils n'auraient jamais pu causer le mal qu'on leur attribuait '.
Grimoire. — Tout le monde sait qu'on fait venir le diable en lisant le Grimoire ; mais il faut avoir soin , dès qu'il parait , de lui jeter quelque chose à la tête, une savate, une souris , un chiffon ; autrement on risque d'avoir le cou tordu. — Le terrible petit volume connu sous le nom de Grimoire, autrefois tenu secret, était brûlé très- justement dès qu'il était saisi. Nous donnerons ici quelques notes sur les trois Grimoires les plus connus. — Grimoire ( sic ) du pape Honorius , avec un recueil des plus rares secrets; sous la rubrique de Rome, 4 670, in-46 orné de figures et de cercles. Les cinquante premières pages ne contiennent que des conjurations ; voyez Conjurations et Évocations. Dans le Recueil des plus rares secrets, on trouve celui qui force trois demoiselles à venir danser le soir dans une chambre. U faut que tout soit lavé dans cette chambre; qu'on n'y remarque rien d'accroché ni de pendu , qu'on mette sur la table une nappe blanche, trois pains de froment, trois sièges , trois verres d'eau ; on récite ensuite une certaine formule de conjuration, et les trois per* sonnes qu'on veut voir viennent , se mettent
* Delancrci Tabl. de l'inconstance des démons, etc., p. 356.
'' M. Salgues, Des erreurs et des préjugés , t. l", p. 298.
à table et dansent , mais au coup de minui^ tout disparaît. — On trouve dans le même livre beaucoup de bêtises de ce genre , que nous rapportons en leur lieu. — Grimorium verum, vel probatissimœ Salomonis daviculœ rabbini hebraici , in quibus tum natU" ralia tum sup&maturalia sécréta , licet a6dttissima, impromptu apparent^ modo operator pemecessaria et contenta faciat ; sdat tamen oportet dcBmonum potentia dumtaxat peragantur : traduit de l'hébreu, par Plaingière, avec un recueil de secrets curieux. A Memphis, chez Alibeck l'Égyptien, 4547, in-46 ( sic omnia ) , et sur le revers du titre : Les véritables clavicules de Salomon, à Memphis, chez Alibeck l'Égyptien, 4547. — Le grand Grimoire avec la grande clavicule de Salomon, et la magie noire ou les forces infernales du grand Agrippa , pour découvrir les trésors cachés et se faire obéir à tous les esprits; suivis de tous les arts magiques , in-4 8 , sans date ni nom de lieu. — Ces deux grimoires contiennent, comme l'autre, des secrets que nous donnons ici aux divers articles qu'ils concernent — Voici une anecdote sut le grimoire : *— Un petit seigneur de village venait d'emprunter à son berger le livre du grimoire, avec lequel celui-ci se vantait de forcer le diable à paraître. Le seigneur, curieux de voir le diable, se retira dans sa chambre et se mit à lire les paroles qui obligent Tesprit de ténèbres à se montrer. Au moment où il prononçait, avec agitation, ces syllabes puissantes, la porte, qui était mal fermée, s'ouvre brusquement : le diable parait , armé de ses longues cornes et tout couvert de poils noirs... Le curieux seigneur perd connaissance et tombe mourant de peur sur le carreau^ en faisant le signe de la croix. — Il resta longtemps sans que personne vînt le relever. Enfin il rouvrit les yeux et se retrouva avec surprise dans sa chambre. Il visita les meubles , pour voir s'il n'y avait rien de dégradé : ua grand miroir qui était sur une chaise se trouvait brisé, c'était l'œuvre du diable. Malheureusement pour la beauté du conte, on vint dire un instant après à ce pauvi^ seigneur que son bouc s'était échappé , et qu'on l'avait repris devant la porte de cette même pièce où il avait si bien représenté le diable. Il avait vu dans le miroir un bouc semblable à lai et avait brisé la glace en voulant combattre son ombrer
Grîsgris , — nom de certains fétiches chez les Mores d'Afrique, qui les regardent comme des puissances subalternes. Ce sont de petits
I Histoire dcs/antpines et des démons, p. 214»
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