CIERS
Hasard. — Le hasard, que les anciens appelaient la Fortune , a toujours eu un culte étendu , quoiqu'il ne soit rien par lui-même» Les joueurs, les guerriers, les coureurs d'aventures, ceux qui cherchent la fortune dans les roues de la loterie, dans l'ordre des cartes, dans la chute des dés , dans un tour de rou« lette ne soupirent qu'après le hasard. Qu'^tce donc que le hasard ? Un événement fortuit , amené par l'occasion ou par des causes qq'on n'a pas su prévoir, heureux pour les uns, malheureux pour les autres. — Un Allemand sautant en la ville d'Agen sur le gravier. Tan 4597, au sauf de l'Allemand, mourut tout roide au troisième saut. Admirez le hasard , la bizarrerie et la rencontre du nom, du saut et du sauteur, dit gravement Delancre : Un Allemand saute au saut de f Allemand, et la mort, au troisième saut , lui fait faire le saut de la mort.. .. Ou voit qu'au seizième siècle même, on trouvait aussi des hasards mer^ veilleux dans des jeux de mots.
Batton ZX , — surnommé BonoSe, usurpa-* teur du siège archiépiscopal de Mayence, qui vécut en 4074. Il avait refusé de nourrir les pauvres dans un temps de famine , et avait même fait brûler une grange pleine de gens qui lui demandaient du pain ; il périt misérablement. On rapporte que cet intrus, étant tombé malade dans une tour qui est située en une petite île sur les bords du Rhin , y avait été visité de tant de rats, qu'il fut impossible de les chasser. 11 se fit transporter ailleurs , dans l'espoir d'en être délivré, mais les rats, s'étant multipliés, passèrent à la nage, le joignirent et le dévorèrent. — Poppiel H, roi
' Histoire ''e la magi® en France, p. 133.
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de Pologne , souillé de crimes , fut pareillement dévoré par les rats.
Haufsy ( MARIE DE ) , sofcière du seizième siècle , qu'une autre sorcière déclara dans sa confession avoir vue danser au sabbat avec un sorcier de la paroisse de Faks, lequel adorait le diable*.
Hécate, — diablesse qui préside aux rues et aux carrefours. Elle est chargée aux enfers àe la police des chemins et de la voie publique. ËUe a trois visages : le droit de cheval , le gauche de chien , le mitoyçjo de femm<^ |)elrio dit : « Sa présence fait trembler la terre, éclater les feux, et aboyer les chiens, p — Hécate, chez les anciens, était aussj la triple Hécate : Piane sur la Içrre , Proserpinç aux enfers, la Lune dans le ciel. Ce sont, au dire des aslroqomes , les trois phases de la lune.
BéoU. *- Les Islandais prétendaient autrefois que l'enfer était dans leur île , et le plaçaient dans le gouffre du mont Hécla. lis croyaient aussi que le bruit produit par les glaces, quand elles se choquent et s'amoncellent sur leurs rivages, vient des cris des damnés toprmenlés par un froid excessif, et qu'il y a des âmes condamnées à geler éternelle* ment, comme il y en a qui brûlent dans des leux éternels. Cardan dit que cette n^tagne est célèbre par l'apparition des speqlres et des esprits. Il pense avec Leloyer* que c'est dans c^^te montagne d'Hécla que les â^ies des sorciers sont punies après leur mort.
Beoaekîn. — En l'année 1430, un démon que les Saxons appelaient Hecdekin, c'est-àdire Vesprit ùu bonnet ^ à cause du bonnet dont il était coiffé, vint passer quelques mois dans la ville d'Hildesheim , en Basse-Saxe. L'évèque d'Hildesheim en était aussi le sou^ verain. En raison de ces deux titres , le démon crut devoir s'attacher à sa maison. II se posta donc dans le palais et s'y fit bie^n^t connaître avantageusement , soit en se montrant avec complaisance à ceux qui avaient besoin de lui , soit en disparaissant ave.c pru<^^nce lorsqu'il devenait iniportun . soit en faisait des chosçs reijnarquables et difficiles. — Il donnait de bons conseils d^ns les affaires di- P^QQji^tiques, portail de Te^M à la cuisine, et ^érvait les cuisiniers. La chose s'est passée dans le douzième siècle ; les mœurs étaient alors plus sin;)ples qu'aujourçl'hui. 11 fréquentait dor^c la cuisme et le salon ; et les marmi-
' Belancre, Tableau de l'inconstance de;! démons, ^. 144.
> Histoire des spectres, p. 519.
tons, le voyant de Jour en jour plus familier, se divertissaient en sa compagnie. — Mais m^ soir, un d'eux se porta contre lui aux injures, quelques-uns disent même aux voies de fhit. Le démon en colère s'alla plaindre au maîtred'hôtel, de qui il ne reçut aucune satisfaction'; alors il crut pouvoir se venger, ir étouffa le marmiton, en assomma quelques autres, ross^ le maitre-d'hôtel , et sortit de la maison pour n*y phis reparti ître*.
ttèrode. — On dit en Catalogne que la danseuse homicide d'Hérode se noya dans le Segré , fleuve qui passe a Léridà , et cause de temps en temps des dévastations. Les bonnes femmes ajoutent qu'Hérode y est enseVeli avec eMe.
HéhogMte , — sylphide qui se familiarisait avec l'empereur Auguste. Les cabalistes disent qu'Ovide fut relégué à Tomes pour avoir surpris Auguste en tète à tète avçc elle ; que la sylphide fut si piquée de ce que ce prince n'avait pas donné d'assez bons ordres pour qu'on ne la vît point, qu'elle l'abandonna pour toujours*.
BékaoonUlîUio». —pierre qui en renferme soixante autres diverses , que les Trogloditès offraient au diable dans leurs sorcelleries '.
Bêla , — reine des trépassés chez les anciens Germains. Son gosier toujours ouvert ne se remplissait jamais. Elle avait le même jnom que l'enfçr. — yoy, AjMfî^RiH>nE.
Vèlène, — neioe des Adiabénites, dont le tombeau se voyait à Jérusalem, non sans ar^ lAfice, car on ne pouvait rouvrir et le fermer qu'à certain jour 4e l'année. Si on l'essayais xlans un autre temps , tout était rooipu *.
Bèlènèîim , — plahtc que Pline fait nattre des larmes d'Hélène auprès du chêne où elle fut pendue , et qui avait la vertu d'embellir les femmes et de rendre gais ceux qui en mettaient dans leur vin.
ttelgafell , — Qiontagne et canton dislande, qui a joui long-tomps d'une grande ré; putation dans l'esprit des Islandais. Lorsque des parties plaidaient sur des objets douteux, et qu'elles n^ pouvaient s'accorder, elles s'en allaient à Helgafetl pour y prendre conseil '; On s'imaginait que tout ce qui s'y décidait devait avoir une pleine réussite. Certaines familles avaient aussi la pei^uasion (ju'aprés leur mort elles devaient revenir habiter ce
f Xrtthéme, Chronique dHirsauge.
. ? Lettres cabalistiques, .t. I*', p. 64.
3 Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc. , p. 18.
^ t<eloyer, Hist. des spectres et 4Pp«ritio|is des esprits, p. M. '■■■■