‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 161 sur 319 · HEN · texte numérisé non relu

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canton. La montagne passait pour un lieu saint. Personne n'osait la regarder qu'il ne se fût lavé le visage et les mains.

RéUai. — «A^pparition admirable et prodigieuse arrivée à Jean Hélias, le premier jour de Tan 4623, au faubourg Saint-Germain à Paris. » — C'est un gentilhomme qui conte* : a Étant allé le dimanche, premier jour de Tannée 4623 , sur les quatre heures après midi, à Notre-Dame, pour parler à M. le grand-pénitencier sur la conversion de Jean Hélias, mon laquais, ayant décidé d'une heure pour le faire instruire, parce qu'il quittait son hérésie pour embrasser la vraie religion , je m'en fus passer le reste du jour chez M. de Sainte-Foy, docteur en Sorbonne, et me retirai sur les six heures. Lorsque je rentrai , j'appelai mon laquais avant de monter dans ma chambre; il ne me répondit point. Je demandai s'il n'était pas à l'écurie ; on ne m'en sut rien dire. Je montai , éclairé d'une servante; je trouvai les deux portes fermées, les clefs sur les serrures. En entrant dans la première chambre j'appelai encore mon laquais, qui ne répondit point; je le trouvai à demi couché auprès du feu , la tête appuyée contre Ja muraille, tes yeux et la houet^exuiverts ; je crus qu'il avait du vin dans la tôle; et le poussant du pied, je lui dis : Levez*vous, ivrogne! rr Lui, tournant les yeux sur moi : Monsieur , me dit-il, je suis perdu « je suis roori , le diable tout à Theure voulait m'emporter. Il poursuivit qu'étant entré dans la chambre , ayapt fermé les portes sur lui et allumé le feu , il s.«ssit auprès, tira son chapelet de ^ poche et vit tomber de la cbeipinée un gros charbon ardent entre les chenets ; aussitôt on \[^ dit : — Èh bien , vous voulez donc me quitter? Croyant d*abord que c'était moi qui parlais, il répondit : — Pardonnezmoi , monsieur, qui vous a dit cela ? — Je Tai bien vu , dit le diable, vous êtes allé tantôt à l'église. Pourquoi voulez-vous me quitter ? je suis bon maître; tenez, voilà de l'argent: prenez-en tant qu'il vous plaira. — Je n*en veux point, répondit Hélias. Le diable voyant qu'il refusait son argent, voulut lui faire donner son chapelet. — Donnez-moi ces grains que vous avez dans la poche , dit-il , ou bien jetez-les au feu. — Mon laquais répondit : Dieu ne conimande point cela , je ne veux pas vous obéir. Alors le diable se montra à lui, et voyant qu'il était tout noir, Hélias lui dit : — Vous n'êtes pas mon maître , car il porte une fraise blanche et du clinquant

' Recueil de Dissertations de Lenglet-Bufresnoy, t; n, p, t69^

à ses habits. Au même instant, il fit le signô de la croix et le diable incontinent disparut. »

Béliogabale, — empereur de Rome et nécromancien qui méprisait toute religion. Bodin assure qu'il allait au sabbat et qu'il y adorait le diable.

latèlîotrope. — On donnait ce nom à une pierre précieuse , verte et tachetée ou veinée de rouge , à laquelle les anciens ont attribué un grand nombre de vertus fabuleuses, comme de rendre invisibles ceux qui la portaient. — L'héliotrope, plante qui suit, dit-on, le cours du soleil, a été aussi l'objet de plusieurs contes populaires.

Bénooh. — Lcs rabbins croient qu'Hénocb, transporté au ciel , fut reçu au nombre des anges, et que c'est lui qui est conny sous Je nom de Mélraton et de Michel , Tun des pre-: miers princes du ciel , qui tient registre des mérites et des péchés des Israélites. îls ajoutent qu'il eut Dieu et Adam pour maîtres. — Saint Jude, dans son Ëpître , parlant de plusieurs chrétiens mal convertis, dit: «C'est d'eux qu'Hénoch, qui a été le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voilà le Seigneur qui va venir avec la multitude de ses saints pour exercer son jugement sorlouB ies hommes, et pour convaincre tons les impies. d Ces paroles de Saint -Jude ont donné lieu de forger, dans le deuxième siècle , un prétendu Livre fUenoch, rempli de visions et de fables touchant la chute des anges. — Voy. Edris.

Henri m. — fiis de Catherine de Médicis; il était infatué des superstitions de sa mère. Ses contemporains le représentent conunc sorcier. Dans un des pamphlets qu'on répandit contre lui, on lui reproche d'avoir tenu au Louvre des écoles de magie et d'avoir reçu en présent des magiciens un esprit familier , nommé Xerragon, du nombre des soixante esprits nourris en l'école de Soliman. Cette accusation de sorcellerie mit le poignard 4ans les mains de Jacques .Clément. Les ligueurs avaient tenté auparavant de faire mourir Henri JII , en piquant des images de ce monarque . ce qui s'appelait envoûter, -<- Void l'extrait d'un pamphlet intitulé : Les sonceMeries de fienri de Valois, et les oblations qu'il faisait au diable dans le bois de Vineennes (Didier -Millot, 45^9), pamphlet qui parut quelques mois avant l'assassinat de Henri lU. — Henri de Valois , d'£pernon , et les autres mignons , faisaient quasi publiquement pro-*fesaion de sorcellerie, étant commune à la cour entre iceux et plusieurs personnes dé«-> voyées de la religion catholique ; pn a iro^jfé

< Bergier, IHctiomiairé thMoglqoe. '

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