‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 180 sur 319 · KEL · texte numérisé non relu

KEL

Samosch et Xemoioh, — voy, CllAMOS.

X*rra-X*ir, — le plus haut degré de la magie en Islande. Dans les temps modernes , lorsqu'on pratiquait le karra-kalf , le diable paraissait sous la forme d'un veau nouvellement né et non encore nettoyé par sa mère. Celui qui désirait d'être initié parmi les magiciens était obligé de nettoyer le veau avec sa langue ; et , par ce moyen , il parvenait à la connaissance des plus grands mystères.

Xaukhanès. — C'est le nom que les habitants de l'île de Candie donnent à leurs vampires. En aucune contrée du Levant la croyance aux vampires ou katakhanès n'est aussi générale que dans cette île , où Ton croit aussi aux démons des montagnes , de l'air et des eaux. Voici un récit fait il n'y a pas longtemps à un voyageur anglais, M. Pashley, qui le rapporte comme il lui a été raconté. Nous l'empruntons à la Revue britannique (mars 4837) : — « Un jour le village de KalikraUV, dans le district de Sfakia, fut visité par un katakhanès ; les habitants s'efforcèrent de découvrir qui il était et d'où il venait. Ce katakhanès tuait non-seulement les enfants, mais encore les adultes , et il étendait ses ravages jusqu'aux villages des environs. Il avait été enterré dans l'église de Saint- George à Kalikrati , et une arche avait été construite au-dessus de sa tombe. Un berger, gardant ses moutons et ses chèvres auprès de l'église, fut surpris par une averse, et vint se réfugier sous l'arche du tombeau. Après avoir ôlé ses armes pour prendre du repos , il les posa en croix à côté de la pierre qui lui tenait lieu d'oreiller. — La nuit vint. Le katakhanès, sentant alors le besoin de sortir pour faire du mal aux hommes, dit au berger : « Compère, lève-toi de là, car j'ai des affaires qui m'obligent de sortir. » Le berger ne répondit ni la première fois , ni la seconde , ni la troisième; il supposa que le katakhanès était l'auteur de tous les meurtres commis dans la contrée. En conséquence, la quatrième fois qu'il lui adressa la parole, le berger dit : — « Je ne me lèverai point de là, compère, car je crains que tu ne vailles pas grand'obose , et tu pourrais me faire du mal; mais s'il faut que je me lève, jure par ton linceul que tu ne me toucheras pas, et alors je me lèverai. » Le katakhanès ne prononça pas d'abord les paroles qu'on lui demandait ; mais le berger persistant à ne point se lever, il finit par faire le serment exigé. Sur cela le berger se leva et ôta ses armes du tombeau ; le katakhanès sortit aussitôt, et après avoir salué le berger, il lui dit: « Compère, il ne faut pas que lu

t'en ailles ; reste assis là ; j'ai des affaires dont il est nécessaire que je m'occupe , mais je reviendrai dans une heure et je te dirai quelque chose. » Le berger donc l'attendit, le katakhanès s'en alla à environ dix milles de là , où vivaient deux jeunes époux nouvellement mariés; il les égorgea tous deux. À son retour, le berger s'aperçut que les mains du vampire étaient souillées de sang, cl qu'il rapportait un foie dans lequel il sou (ïlait, comme font les bouchers, pour le faire paraître plu» grand. «Asseyons-nous, compère, lui dit le katakhanès , et mangeons le foie que j'apporte. » Mais le berger fît semblant de manger ; il n'avalait que le pain et laissait tomber les morceaux de foie sur' ses genoux. — Or, quand le moment de se séparer fut venu , le katakhanès dit au berger : « Compère , ce que tu as vu, il ne faut point en parler, car, si tu le fais, mes vingt ongles se fixeront dans ta figure et dans celles de tes enfants. » — Malgré cela, le berger ne perdit point de temps; il alla sur-le-champ tout déclarer à des prêtres et à d'autres personnes; et on se rendit au tombeau, dans lequel on trouva le corps du katakhanès précisément dans l'état où il était quand on l'avait enterré ; tout le monde fut convaincu que c'était lui qui était cause des maux qui pesaient sur le pays. On rassembla une grande quantité de bois que Ton jeta dans la tombe , et on brûla le cadavre. Le berger n'était pas présent; mais quand le katakhanès fut à moitié consumé, il arriva pour voir la fin de la cérémonie, et alors le vampire lança un crachat ; c'était une goutte de sang qui tomba sur le pied du berger; ce pied se dessécha comme s'il eût été consumé par le feu. Quand on vit cela, on fouilla avec soin dans les cendres , et on y trouva encore l'ongle du petit doigt du katakhanès ; on le réduisit en poussière. — Telle est la terrible histoire du vampire de Kalikatri. C'est sans doute au goût qu'on suppose à ces êtres malfaisants pour le foie humain qu'il faut attribuer cette exclamation que Tavemier attribue à une femme candiote : a J'aimerais mieux manger le foie de mon enfant ! » Voy, Vampires.

X.a]rborA, — esprit des forêts, à l'existence duquel croient encore les Américains ; ils di* sent que cet esprit enlève les enfants, les cache dans les creux des arbres et les y nourrit «.

Kelby, *« esprit qu'une superstition écos* saise suppose habiter les rivières sous différentes formes, mais^plus fréquemment sous

* Voyage a'i Brésil, par le père Neawled,t. Il, c. IX

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