‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 179 sur 319 · RAM · texte numérisé non relu

RAM

X.aaba. — Ce lieu célèbre à La Mecque , dans l'enceinte du temple, est, dit-on, la maison d'Abraham, bâtie par lui, selon les croyances musulmanes. Le seuil est un bloc de pierre qui a été, disent les Arabes, la statue de Saturne, autrefois élevée sur la Kaaba même, et renversée par un prodige ainsi que toutes les autres idoles du lieu , au moment de la naissance de Mahomet. — La Kaaba est un petit édifice d'une quinzaine de pieds. Les musulmans rappellent la maison carrée et la maison de Dieu ; dans le Koran, elle est désignée comme le lieu le plus saint de la terre : aussi les bons musulmans se tournentils toujours dans leurs prières vers la Kaaba, et il faut être peu dévot pour n'en pas faire au moins une fois en sa vie le pèlerinage. On y révère la fameuse pierre noire qui servait d'échafaud à Abraham lorsqu'il maçonnait la maison carrée. On conte qu'elle se haussait et se baissait d'elle-même, selon les désirs du patriarche. Elle lui avait été apportée par l'ange Gabriel; et on ajoute que cette pierre, se voyant abandonnée après qu'on n eut plus besoin d'elle, se mit à pleurer; Abraham la consola en lui promettant qu'elle serait extrêmement vénérée des musulmans ; et il la plaça en effet près de ia porte , où elle est baisée par tous les pèlerins.

Kaohc^, — vieux magicien qui, dans l'histoire fabulei^sç des anciens rois de Cach^emire, transforma le lac qui occupait ce beau pays en uni vallon délicieux, et donna aux eaux une issue miraculeuse en coupant une montagne nommée Barahoulé.

Kur, — mpnl^agne pr^digieHse^ui entoure rhorizofli de tous <v()tô«, à i^ qu^ djsent les mustflmaQS. M ^f^ i^ trouye au milieu de celW mmlf^Sf^* 9jauteiQlrriU, cornai l^ doi^^t au aiHiew de ranoo»^. Elk a pour fondemeni la pierre Sakhrat, dont le moindre fragment opère les plus grands ipiracles. G'esJ celte pierre, faite d'une seule émeraude , qui excite les tremblements de terre , en s'agitant selon que Dieu le lui ordonne. Pour arriver à la montagne de Cafa , il faut traveiser de vastes régions ténébreuses, ce qu'on ne peut faire que bous la eondoite d'un être supérieur. C'es4, (l&Uon, ia demeure des géoied. il est soitveii^ pei4é de jcette «loiitagne dans les oon* te» orientaux. Voy. Sakhrat.

, — maléâoe employé aux îles Marquises. Les habitants attribuent au Kaba la plupart de leurs maladies. Voici comment 11 se pratique : « Quelque sorcier aura attrapé de votre salive , et puis il vous p jié du tgrrible Kaha ou maléfice dp pays, ^n enveloppant celte salive dans un morceau de feuille d'arbre et la conservant en sa puissance. Il tient là votre âme et votre vie enchaînées. A ce mal voici le remède : ceux qui ont eu le pouvoir de vous jeter le charme ont 9ussi le pouvoir de vous l'ôter, moyennant quejqge présent. Le sorcier vient donc se coucher près de vous; il voit ou il entend |e génie du mal ou de la maladie quand il entre en yous js,t quand il sort , car il paraît que ces génie.9 se promènent souvent; et jl l'altrgpp pbmrne au vol, ou bien il le saisit efl vous frottant le bras, et il l'enferme à son loyr daq§ ypp feuijle , ou il peut le détruire '. »

XAtdnionU, r^ nom du prepiar homipa qui sprlit de la jainbe de devant d'un t^u-p reau , selon la doctrine des mages ; il fut luâ par les Div^s; fnm il ra$«u$cit^ra )e |Q^r ^ jugement. On invoque son '^m^ A}^§;t les jGfuè-e bres. Voy, BouNosc^sâQ^.

Xaipa-Varoii , ^ arbre fabuleux sur lequel les Indiens d'autrefois cuaillaient teut ce qu'ils pouvaieot désirer.

XumUt, — opération magique en usagp chez les Tartares de Sibérie, et qui consiste à évoquer le diable au moyen d un tambour magique ayant la forme d'un tamis, ou plutôt d'un tambour de basque. Le sorcjer qui fait le Kamiat marmotte quelques mots tprtàres , court de côté ^ d'autre, s'assied, se relève, fait d'épouvantables grimaces et d'fiorriblcs contorsions, roulant les yeux/ les fermant, pt gesticulant comme un insensé. Au bout d'u;i quart d'heure, il fait croire que par ses conjuralionsil évoque le diable, qui vient toujours du côté de l'Occident, en forme d'ours, pour lui révéler ce qu'il doit répondre; il fait entendre qu'il est quelquefois maltraité cruellement par le démon, et tourmenté jusque dans le sommeil. Pour en convaincre ses auditeurs, il feint de s'éveiller en sursaut en criant comme un possédé.

^ Lettres du P. Mathias Gracia sur les îles Marquises, iettri: 6**.

Page 1