‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 194 sur 319 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

Lokman, — fabuliste ci^lèbre do l'OriorU qui vivait, dil-on, vers le temps de David ; il fut surnommé le Sage. Les Pfcr?es disent qu'il trouva le secret de faire revivre les morts, et qu'il usa de ce secret pour lui-mémo ; ils lui accordent une longévité de trots cents ans : quelques-uns prétendent qu'il en vécut mille. 11 a laissé un grand nombre d'apologues qui jouissent d'une grande célébrité. Les écrivains de l'Asie lui attribuent la plupart des actions que les Grecs attribuent à Ésope.

Lollard (Gauthieu), — hérétique qui commença en 1 31 5 à semer ses erreurs, qu'il avait prises des Albigeois. Il enseignait que les démons avaient été chassés du ciel injustement, qu'ils y seraient un jour rétablis et que saint Michel et les autres anges seraient alors éternellement damnés. 11 prêchait des mœurs corrompues. Ses disciples firent beaucoup de mal ; pour lui , il fut brûlé à Cologne en 1 3i2.

Longévité. — On a vu , surtout dans les pays du Nord , des hommes qui ont prolongé leur vie au delà des termes ordinaires. Celte longévité ne peut s'attribuer qu'à une constitution robuste, à une vie sobre et active, à un air vif et pur. Il n'y a pas cinquante ans que Kotzebue rencontra en Sibérie un vieillard bien portant, marchant et travaillant encore, dans sa cent trente-deuxième année. — Des voyageurs, dans le Nord, trouvèrent au coin d'un bois un vieillard à barbe grise, qui pleurait à chaudes larmes. Ils lui demandèrent le sujet de sa douleur. Le vieillard répondit que son père l'avait battu. Les voyageurs surpris le reconduisirent à la maison paternelle, et mtercédèrent pour lui. Après quoi, ils demandèrent au père le motif de la punition qu'il avait infligée à son fils. — « Il a manqué de respect à son grand-père , » répondit le vieux bonhomme. — Les chercheurs de merveilles ont ajouté les leurs à celles do la nature. Torquemada conte qu'en 4531 un vieillard de Trente, âgé de cent ans, rajeunit et vécut encore cinquante ans; et Langius dit que les habitants de l'île Bonica , en Amérique, peuvent aisément s'empêcher de vieillir, parce qu'il y a, dans cette île, une fontaine qui rajeunit pleinement. Voy. Haquln. — Lorsque Charles-Quint envoya une armée navale en Barbarie, le général qui commandait celte expédition passa par un village de la Calabre, oii presque tous les paysans étaient âgés de cent trente-deux ans, et tous aussi sains et dispos que s'ils n'en avaient eu que trente. C'était, disent les relations, un sorcier qui les rajeunissait. — En 1773 mourut près de Copenhague un matelot nommé Draken*

berg, âgé de cent quarante-six ans. La dernière fois qu'il se maria, il avait cent onze ans , cl il en avait cent Ireute quand sa femme mourut. Il devint épris d'une jeune fille de dix -huit ans qui le refusa; de dépit, il jura de vivre garçon, et il tint parole. — En 1670, sous Charles II, mourut dans l'Yorkshirc Henri Jenkins, né en 4 501, sous Henri VIL 11 se rappelait à merveille d'avoir été de l'expédition de Flandre sous Henri VIII, en 4513, Il mourut à cent soixante-neuf ans révolus, après avoir vécu sous huit rois, sans compter le règne do Cromwell. Son dernier mélier était celui de pécheur Agé de plus de cent ans, il traversait la rivière à la nage. Sa petite-fille mour iil à Cork à cent treize ans. — Voy. Dormants, Flawel, Jean d'Estampes, LOKMAN, ZOROASTRE, CtC.

Iioota, — oiseau qui, dans l'opinion des habitanis des îles des Amis, mange a Finsiant de la mort les Ames des gens du peuple , et qui, pour cet eiïit, se promène sur leurs lombes *.

Iioray, — VOy. OfiAY.

Iioterie — La lolcrie doit son origine à un Génois. Elle fut établie à Gènes en 4720, en France en 4758. Elle est supprimée depuis peu. Entre plusieurs moyens imaginés par les visionnaires pour gagner à la loterie, le plus commun était celui des songes. Un rêve, sans que l'on en sache la raison , indiquait à celui qui l'avait fait les numéros.qui devaient sortir au prochain tour de roue. Si l'on voit en songe un aigle, disent les livres qui enseignent cette science, il donne ; 8, 20, 46. Un ange : 20, 46,56. Un bouc: 10, 13, 90, Des brigands: 1, 19, 33. Un champignon: 70, 80, 90. Un chat-huant : 13 , 85. Un crapaud : 4, 46. Le diable : 4, 70, 80. Un dindon : a, 40, 66. Un dragon : 8 , 1 2 , 43 , 60, Des fantômes : 1, 22, 52. Une femme : 4, 9,22. Une fille: 20, 35, 58. Une grenouille : 3, 19, 27. La lune: 9, 46, 79, 80. Un moulin : 15, 49, 62. Un ours : 21 , 50, 63. Un pendu : 17, 71. Des puces : 45, 57, 83. Des rats : 9, 40, 56. Un spccire : 3l, 43, 74, etc. —Or, dans cent mille personnes qui mettaient à la loterie, il y avait cent mille rêves différents, et il ne sortait que cinq numéros; de plus, aucun syslème ne se ressemblait. Si Cagliostro donnait pour tel rêve les numéros 11, 27, 82, un autre indiquait des numéros tout opposés. — Secret pour gagner à la loterie. — Croirait-on que les lives de secrets merveilleux donnent gravement ce procédé? Il faut avant de se coucher réciter trois fois la formule qui va

* Voy tiges de Cook.

suivre ; après quoi vous la mettrez sous loreiller, écrite sur un parchemin vierge ; et pendant le sommeil le génie de votre planète vient vous dire l'heure où vous devez prendre votre billet et vous révéler en songe les numéros. Voici là formule : — a Seigneur, montrez-moi donc un mort mangeant de bonnes viandes, un beau pommier ou de l'eau courante , tous bons signes ; et envoyez-moi les anges Uriel, Rubiel ou Barachiel, qui m'instruisent des nombres que je dois prendre pour gagner, par celui qui viendra juger les vivants et les morts et le siècle par le feu. » ' Dites alors trois Pater et trois Ave pour les

âmes du purgatoire

laoudun. — Pour la possession de Loudun, voy. Grandier, — L'histoire des diables de Loudun est l'ouvrage d'un calvinisie trèspartial.

lgom*T^', — surnommé le Débonnaire^ fils de Charlemagne, né en 778, mort en 840. Les astrologues jouirent, dit-on , d'une grande faveur à sa cour. A l'article de la mort, on raconte qu'au moment où il recevait la bénédiction il se tourna du côté gauche, roula les yeux comme une personne en colère et proféra ces mots allemands : hulz, hutz! î ! (dehors , dehors 1 ). Ce qui fit conclure qu'il s'adressait au diable , dont il redoutait les approches *.

x.ott!i XX , — roi de France , né en < 423 , mort en 1483. Un astrologue ayant prédit la mort d'une personne qu'il aimait, et celte personne étant morte en effet, il crut que la prédiction de l'astrologue en était la cause. Il le fit venir devant lui avec le dessein de le faire jeter par la fenêtre. « Toi qui prétends être né si habile homme , lui dit-il , apprends-moi quel sera ton sort?» Le prophète, qui se doutait du projet du prince , lui répondit : « Sire , je prévois que je mourrai trois jours avant votre majesté. » Le roi le crut, et se garda bien de le faire mourir. Du moins tel est le conte sur ce roi si bizarre.

X.OUM XXXX, — roi de France, né en 4604 , mort en 4644, surnommé le Juste parce qu'il était né sous le signe de la Balance. Lorsqu'il épousa l'infante Anne d'Autriche, on prouva, dit Saint-Foix, qu'il y avait entre eux une merveilleuse et très-héroïque correspondance. Le nom de Loys de Bourbon contient treize lettres. Ce prince avait treize ans quand le mariage fut résolu ; il élait le treizième roi de France du nom de Loys. Anne d'Autriche avait aussi treize lettres en son nom ; son âge était de treize ans, et treize infantes du même

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