LUC
tait des loups et autres bêtes féroces*. — Pline dit que si un ioup aperçoit un homme avant qu'il en soit vu, cet homme deviendra enroué et perdra la voix; fable qui est en vigueur dans toute l'Italie. — En Espagne , on parle souvent de sorciers qui vont faire des courses à cheval sur des loups, le dos tourné vers la tête de la bête, parce qu'ils ne sauraient aller autrement à cause de la rapidité. Us font cent lieues par heure. La queue de ces loups est roide comme un bâton, et il y a au bout une chandelle qui éclaire la route. — Il n'y a pas un homme à la campagne qui ne vous assure que les moutons devinent à l'odorat la présence du loup; qu'un troupeau no franchira jamais le lieu où Ton aura enterré quelque portion des entrailles d'un loup ; qu'un violon monté avec dos cordes tirées des intestins d'un loup mettrait. en fuite tout le bercail. Des hommes instruits et sans préjugés ont véiiûé toutes ces croyances et en ont reconnu l'absurdité. Kirker a répété à ce sujet des expériences démonstratives; il a même poussé l épreuve jusqu'à suspendre un cœur de loup au cou d'un mouton , et le pacifique animal n'en a pas moins brouté l'herbe *. Voy. Oraison du Loup.
XK>ttp-Crarou OU Iiycanthrope , — hommo
ou femme métamorphosé en loup par enchantement ou sorcellerie. Fot/ Lycantiiropie.
Louviers (POSSESSION De), — VOy. PlGAHD.
Loyer (PIERRE le) , — sicur de la Brosse, conseiller du roi au siège présidial d'Angers, et démonographe , né à Huillé dans l'Anjou e:H5oO, auteur d'un ouvrage intitulé : Dtscoun et histoire des spectres, visions et apjxiritims des esprits, anges, démons et âmes se montrant visibles aux homjnes; divisé en huit livres, desquels, par les visions merveilleuses et prodigieuses apparitions avenues en tous les siècles , tirées et recueillies des plus célèbres auteurs tant sacrés que profanes, est manifestée la certitude des spectres et visions des esprits ; et sont baillées les causes des diverses sortes d'apparitions d'iceux , leurs effets, leurs différences, les moyens pour reconnaître les bons et les mauvais , et chasser les démons; aussi est traité des extases et ravissements; de l'essence, nature et origine des âmes , et de leur état après le décès de leurs corps; plus des magiciens et sorciers ; de leur communication avec les malins esprits ; ensemble des remèdes pour se préserver des illusions et impostures diaboliques. Paris, chez Nicolas Buon, 1605, 1 vol.
in-4^ Ce volume singulier est dédié Deo op^ timomaximoy il est divisé en huit livres. Le premier contient la définition du spectre ; la réfutation des saducéens, qui nient les apparitions et les esprits ; la réfutation des épicuriens, qui tiennent les esprits corporels , etc. Le livre second traite , avec la physique du temps, des illusions de nos sens, des prestiges, dés extases et métamorphoses des sorciers, des philtres. Le troisième livre établit les degrés, charges, grades et honneurs des esprits \ les histoires de Philinnion et de Polycriie , et diverses aventures de spectres et de démons. Dans le livre suivant, on apprend à quelles personnes les spectres apparaissent; on y parie des démoniaques, des pays où les spectres et démons se montrent plus volontiers. Le démon de Socrate , les voix prodigieuses , les signes merveilleux , les songes diaboliques, les voyages de certaines âmes hors de leurà^orps tiennent place dans ce livre. Le cinquième traite de l'essence do l âme , de son origine , do sa nature , de son état après la mort, des revenants. Le livre sixième roule tout entier sur l'apparition des âmes ; on y démontre que les âmes des damnés et des bienheureux ne reviennent pas , mais seulement les âmes qui souffrent en purgatoire. Dans le septième livre, on voit que la pythonisse d'Endor fit paraître le diable sous la figure do l'âme de Samuel. Il est traité en ce livre de la magie , do l'évocation des démons, des sorciers, etc. Le dernier livre est employé à l'indication dos exorcismes, fumigations , prières et autres moyens antidiaboliques — L'auteur, qui a rempli son ouvrage de recherches et de science indigérée , combat le sentiment ordinaire qu'il faut donner quelque chose au diable pour le renvoyer. « Quanta ce qui est de donner quelque chose au diable, dit-il, l'exorcisme ne le peut faire, non pas jusqu'à un cheveu de la tête, non jusqu'à un brin d'herbe d'un pré; car la terre et tout ce qui habite en elle appartient à Dieu. ù
IiubSn , — poisson dont le fiel servit à Tobie pour recouvrer la vue. On dit qu'il a contre rophlhalmie une grande puissance, et que son cœur sert à chasser les démons ^ .
Iiucîfer , — nom de l'esprit qui préside à l'Orient, selon l'opinion des magiciens. Lucifer était évoqué le lundi dans un cercle au milieu duquel était son nom. Il se contentait d'une souris pour prix de ses complaisances. On le prend souvent pour le roi des enfers.
' Voyage an Finistère, t. III, p. 35,
* Balgues, pes erreurs et des préjugés, t, I*', p. 9.
» Leloyer, Hist. des spectres ou apparit. des esprits, Uv. vijj, p. 833.