‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 20 sur 319 · ANA · texte numérisé non relu

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d'arquebuse, mais que leurs ballesneratteigiiH rcnt point. On le déshabilla pour s'assurer s'ik n'avait pas sur la peau une armure qui arré-tàt le coup, on trouva une amulette portant la figure d'un agneau ; on la lui ôta , et le premier coup de fusil retendit roide mort. — On voit, dans la vieille chronique de dom Ursino, que quand sa mère l'envoya, tout petit enfant qu'il était, à Saintr Jacques de Com* postelle, elle loi mit au cou une amulette que son époux avait arrachée à un chevalier maure. La vertu de cette amulette était d'adoucir la fureur des bêtes croelles. En traversant une forêt, une ourse enleva le petit prince des mains de sa noorrice et l'emporta dans sa caverne; mais, loin de loi faire aucnn mal, elle releva avec tendresse; il devint par la suite très-fameux sous le nom de dom Ursino, et fut reconnu par son père, à qui la légende dit qu'il succéda sur le trône de Navarre. — Les nègres croient beaucoup à la puissance des amulettes. Les Bas-Bretons leur attribuent le pouvoir de repousser le démon. Dans le Finistère, quand on porto un enfant au baptême, on lui met au cou un morceau de pain noir, pour éloigner les sorts et les. maléfices que les vieilles sorcières pourraient jeter sur lui. Voff. ALàs.

Amy, — grand président aux enfers, et l'un des princes de la monarchie infernale. Il paraît là-bas environné de flammes, mais ici sous des traits humains. II enseigne les secrets de Tastrologie et des arts libéraux; il donne de bons domestiques ; il découvre , à ses amis, les trésors gardés par les démons; il est préfet de trente-six légions. Des anges déchus et des puissances sont sous ses ordres. Il espère qu'après deux cent mille ans il retournera dans 1q ciel pour y occuper le septième trône ; ce qui n'est pas croyable, dit Wierus *,

Amyraut (Moïse), théologien protestant^ né dans l'Anjon, en 1596, mort en 466i. On lui doit un Traite des songes , aujourd'hui pou recherché.

ADAgramme. — Il y eut des gens, surtout dans les quinzième et seizième siècles, qui prétendaient trouver des sens cachés dans les mois qu'ils décom])osaient, et une divination dans les anagrammes. On cite comme tine des plus heureuses celle que l'on fit sur le meurtrier de Henri III, Frère dit Jacques Cléntent, où l'on trouve : Cest Venfer qui m'a créé. — Deux relii^ieux en dispute, le père Proust et le pore d^ Orléans y faisaient des anagrammes; le père Proust trouva dans le nom de son con-

> InPséudomon. dtemoBum.

frère : VAsne d'or, .et le père d'Orléans dé~ couvrit dans celui da père Proust: Par90î. — Un nommé André Pujcn, de la haute Auvergne, passant par Lyon pour se rendre à Paris, rêva la nuit que l'anagramme de son nom était pendu à Riom. En effet, on ajoute que le lendemain il s'éleva une querelle entre lai et un homme de son auberge, qu'il tua son adversaire, et fut pendu huit jours après sur la place publique de Riom. *- C'est un vieux conte renouvelé. On voit dans Delancre ^ que le pendu s'appelait Jean de Pruom, dont l'anagramme est la même, — J.-B. Rousseau, qui ne voulait pas reconnaître son père parce que ce n'était qu'un humble cordonnier, avait pris le nom de Verniettes, dont l'anagramme fut faite; on y trouva Ta te renies. On fit de Pierre de Ronsard, rose de Pindare. On donna le nom de cabale à la ligue des favoris de Charles II d'Angleterre, qui étaient Clifford, Ashley, Buckingham, Arlington, Lauderdale, parce que les initiales des noms de ces cjnq ministres formaient le mot cabal. On voulut présenter comme une prophétie cet anagramme de Louis quatorzième, roi de France et de Navarre : « Va, Dieu confondra rarniée

qui osera te résister » — Les juifs caba-

listes ont fais des anagrammes la troisième partie de leur cabale : leor but est de trouver, dans la transposition des lettres ou des mots, des sens cachés ou mystérieux. Voy. Onomancie.

Anameleoh, — démon obscur, porteur de mauvaises nouvelles. Il était adoré à Sepharvaïra, ville des As-^yriens. Il s'est montré sous la figure d'une caille. Son nom signifie, à ce qu'on dit^ bon roi; et des doctes assurent c{ac ce démon est la lune, comme Adrameicch est le soleil.

Ananoîtide , — Voy. AglAOPHOTIS.

Ananîa OU Anagai (J£AND'), — j.uriscon-

sulte du quinzième siècle, à qui on doit quatre livres De la Nature des démons^ ^ et un traité De la Magie et des maléfices ^ . Ces ouvrages sont peu connus. Anania mourut en Italie en 4 458.

Ana^itapta. — Les cabaliste» disent que ce mot écrit sur un* parchemin vierge est un talisman très- efficace contre leemefMies. Les lettres qui le composent sont, à leur avis, les initiales de tous les mots qui fennent cette prière : An^tidotnm Nazaaeni Auferat Neeem Intoxicationis , Sanetiflcet Alimenta Poculaque Trinikts Aima,

< L'Incrédulité et mécréance, etc., traité 5. • 2 De Naturà dMmoauin, Ub. iv,iii.l2;NMf^l, WS2. ^ De Magift et inale«eii«,iti-4*»; LogMl, M6».

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Anaaiiè. — C'est le nom de Taraignée gigantesque et toaCe^puissante à qui les nègres de la Côte d*Or attribuent la créatioD de l'homme.

AnarAxel , — Vuxï des démons chargés de la garde des trésors souterrains, qiiMIs transportent d'un lieu à un autre pour les dérober aux recherches des hommes. C'est Anarazel qui , avec ses compagnons Gaziel etFécor, ébranle les fondements des maisons , excite les tempêtes, sonne les cloches à minuit, fait paraître les spectres et inspire les terreurs nocturnes.

AnathènM. — Ce mot, tiré dugrec^ signifie exposé, signalé, dévoué. On donnait chez les païens le nom d'anaihèmes aux filets qu'un pécheur déposait sur l'autel des nymphes de la mer, an miroir que Lais consacra à Vénus, aux offrandes de coupes, de vêtements, d'instruments et de figures diverses. On l'appliqua ensuite aux objets odieux que l'on exposait dans un autre sens, comme hi tète ou les dépouilles d'nn coupable ; et l'on appela anathème la victime vouée aux dieux infernaux. Chez les juifo l'anathème a été généralenient pris ainsi en mauvaise part. Chez les chré-^ tiens c'est la malédiction ou l'être maudit. L'hoonne frappé d'anathème est retranché de la commuffvion des fidèles. Il y a beaucoup d'exeonpke qui prouvent les effets de l'anathème ; et comment expliquer ce fait constant, que peu d'excoaunoniés ont proféré? — voy, ÊxcoHifumcAY !(»( , Pierres de malédic- Tiox, etc. — Les magiciens et les devins emploient une sorte d'anathème pour découvrir les vdeors et les maléfices : voici cette superstition. Nous prévenons ceux que les détails pourraient scandaliser qu'ils sont extrait? des grimoires. On prend de l'eav limpide ; on rassemble autant de petites pierres qu'il y a de personnes soupçonnées; on les fait bouilHrdans cette eau } on les enterre sous le seoit de la porte par où doit passer le voleur ou !a soreièroy en f joignant fme latne d'étain sur laquelle sont écrrts ces mots : Christm vincU, Christus régnât^ Christm imperat On a eu soin de donner à chaque pierre le nom de l'une des personnes qu'on a lieu de soupçonner. -— On ôte letoat de dessous le seuil de la porte au lever du soleil ; sUa pierre qui représente le coupable est brûlante, (fest déjà un indice. Mais, conmiele diaJsie est sournois, il ne faut pas s'en eontenier; on récite donc les sept psaumes de la Pénitence, avec les Litanies des Saints : on prononce ensuite les prières de l'exorcisme contre le voleur ou la sorcière ; on écrit son nom dans un cercle ; on plante sur ce nom un dooi d'airak» , de forme triafigu->^

laire, qu^il faut enfoncer avec un marteau dont le manche soit de bois de cyprès, et on dit quelques paroles prescrites rigoureusement à cet efièt. Alors le voleur se trahit par un grand cri. — S'il s'agit d'une sorcière, et qu'on veuille seulement ôter le maléfice pour le rejeter sur celle qui l'a jeté, on prend le samedi, avant le lever du soleil, une branche de coudrier d'une année, et on dit l'oraison suivante: « Je te coupe, rameau de cette année, au nom » de celui que je veux blesser comme je te » blesse. » On met la branche sur la table, en répétant trois fois une certaine prière qui se termine par ces mots : Que le sorcier ou la sorcière soit analhème, et nous saufs M »

AnatoHiu, — philosophe platonicien, maître de Jamblique, et auteur d'un traité des Sympathies et des antipathies , dont Fabricius a conservé quelques fragments dans sa Bibliothèque grecque.

AaaxUas, — philosophe pythagoricien qui vivait sous Auguste. On l'accusa de magie, parce qu'il faisait de mauvaises expériences de physique, et Auguste le bannit. 11 fut l'inventeur du flambeau infernal, qui consiste à brûler du soufre dans un lieu privé de lumière , ce qui rend les assistants fort laids.

Anderton (ÂLEXANORE). — VOtf. VAMPIRES.

Andradet — médecin qui eut des révélations en 853. Elles sont peu curieuses; cependant Duchesne les a recueillies dans sa Collection des historiens français *.

Andrai, — grand marquis aux enfers. Oh le voit avec le corps d'un ange, la iète d'un chat-huant, à cheval sur un loup noir, et portant à la main un sabre pointu. Il apprend à tuer ses ennemis, maîtres et serviteurs; c'est lui qui élève les discordes et les querelles; il commande trente légions.

André (Tobie), — auteur d'un livre sur le pouvoir des mauvais anges, rare et peu recherché s. Dix-septième siècle.

AndreM (Jean-Valentîn), — luthérien, né dans le duché de Wurtemberg en 4596, mort en 465i. Ses connaissances, son activité, les mystérieuses allusions qui se remarquent dans ses premiers ouvrages l'ont fait regarder comme le fondateur du fameux ordre des Roses-Croix. Plusieurs" écrivains allemands lui attribuent au moins la réorganisation de cet ordre secret, afiUié depuis à celui des Francs-

ï Wierus, î)e Prœstig. dœm., lib. v, cap. 5.

* Excerpta libri revelâtionum Andradi medlci , anno 853, tomo II, Scriptornm And. Duchesne.

3 Tobiee Andreœ Exefcitationes philosdphicœ de an- Retornm malonnn potenUa m corpora, iii-12"; Amstel.,

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