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massif d arbres, ce n'est pas un massif d*arbres. Il y a là uae jeune fée très- belle qui règne sur les eaux et sur Tîle. Ce roc nu , c*esl sa robe blanche qui tombe à grands re^ plis dans les vagues et se diapré aux rayera du soleil ; cette pyramide aiguo qui le surmonte, c'est son sceptre ; et ces rameaux de cbéne, cest sa couronne. Elle est assise au haut du pic qu'on appelle le Dronnings Stol (le Siège de la Reine). De là elle veille sur son empire, elle protège la barque du pécheur et le navire du marchand. Souvent la nuit on a entendu sur cette côte des voix haiv monieuses, des voix étranges qui ne ressemblent pas à celles qu'on entend dans le mon-* de. Ce sont les jeunes fées qui chantent et dansent autour de leur reine, et la reine est là qui les regarde et leur sourit. Oh ! le peuple est le plus grand de tous les poètes. Là ou la science analyse et discute, il invente, il donne la vie à la nature animée , il divinis-e les êtres que le physicien regarde comme une matière brute. Il passe le long d'un lac et il j voit des esprits; il passe au pied d'un roc de craie, et il y voit une reine, et il l'appelle le McBnsklint (le rocher de la Jeune Fille) * . »
Blog. — De ce nom peut-être est vena le mot magm , magicien. On retrouve encore dans l'Arménie l'ancienne région desMogs. aLe nom de Mog , dit M. Eugène Bore*, est uii BaK)t zend et pehlvi qui a passé dans la langue chaldéenne à l'époque oii le symbole religieux de la Perse fut adopté par le peuple de Baby* lone. Il représentait la classe poniiAcale , inl* liée sans doute à des doctrines secrètes dont l'abus et l'imposlure firent tomber ensuite ce titre en discrédit. Les prêtres ainsi désignés étaient ces anciens desservanla du temple àt Bélus, qu'avait visités et entretenus Hérodo:e, et qu*iT nomme Choldéens aussi bien que le prophète Daniel. Ils avaient encore le nom de sages ou philosophes , de voyants et d'astronomes. Lorsqu'ils mêlèrent aux principes élevés de la science et de la sagesse les superstitions de ridolâtrie et toutes les erreurs de l'astrologie et de la divination , ils furent appelés enchanteurs, interprètes de songes, sorciers, en un mot, magiciens. » Mais au dixième siècle Thomas Ardzérounf, cité par M. Boré, appeMé encore la contrée qu'ils habitaient lo pays des Mo^. Les Mogols viendraient-ils des Mogs ?
Mtffol. — Delancre dit qu'un empereur mogol guérissait certaines maladies avec l'eau dans laquelle il lavait ses pieds.
Moine bourru , — Vùy. BOURBU.
Moinei. — On lit partout ce petît conte. Un moine, qu'une trop longue abstinence faisait souffrir, s'avisa un jour dans sa cellule de faire cuire un œuf à la lumière de sa lampe. L'abbé qui faisait sa ronde, ayant vu le Énoine occupé à sa petite cuisine, r€n repf it ; de quoi le bon religieux s'excusani dit que c'était le diable qoi l'avait tenté et lui avait instiiré celte ruse. Tout aussitôt parut le diable lui-même, qui était caché sous la table, et qui s'écria en s'adressaot au moine : « Tu en as menti par ta barbe ; ce tour n'est pas de moiY invention, et c'est toi qui viens de me l'apprendre. » ^ Césaire d'Heisterbach donne cet autre petit fait. Le moine Herman , comparant la rigoureuse abstitïence de son ordre aux bons ragoûts que Ton mange dans le monde, vit entrer dans sa cellule un inconnu de bonne mine qui lui offrit un plat de poisson. Il reçut ce présent; et lorsqu'U voulut accommoder son poi&son , il ne trouva plus aou^ »a main qu'un plat de âente de cheval. — * Il comprit qu'il venait de recevoir mte leçon , et fut phis sobre ^
Mo». — Divinités de chaque mois che% les paiens. — Junon préside au mois de janvier; Neptune, à février ; Mars, au mois qui porte son nom ; Vénus , au mois d'avril ; Phébus , au mois de mai ; Mercure , au mois de juin; Jupiter, à juillet; Cérè^, au mois d'aoiJt; Vulcain, à septembre ; Pallas, au mois d'oclobre ; Diane, à novembre; Vesta, à décembre. — Angen de chaque moiê. — Janvier est le mois de Gabriel ; février, le mois de Barchiel; mars, le mois de Maehidiel^; avHI, le mois d'Asmodel ; mai , le moid d'Ambrlel ; juin, le mois de Muriel; juillet^ le mois de Verchiel ; août , le meis d'Hnmaliel ; septembre, le mois d'Uriel ; octobre, le moi§ de Barbiel ; novembre, le mois d'AdnadhIel ; décembre, le mois d'Hanaël. -^ Dérnonsdecha' qmmôis. -^Janvier est le mois de Béiral; Wf%'rier, le mois de Lévialhan ; mars , le mois de Satan ; avril , le mois d'Âstarté ; mai , le Tfiofs de Lucifer ; juin, le mois de Baaibertfh; juillet, le mois de Belzêbntb.; août, le mois «i'Aetaroih ; septembre, le mois de Tbënnst] eciobfe, le moi» de Ba»l; novembre, le mds d'Hécaie; décembre, le mois de Illaloch. -^ Anémaiion de chaque thois. — La brebis e«t consacrée au mois dé janvier; le cheval , du mois de février; la chèvre, au mois de ihars; le bouc, au mots d'avril; le taureau, au mois de mai ; le chien, au mois de juin ; le cerf, au
' Mar.t icr, Traditions do la mer Baltique. 2 De la Chald^e et des CUaldéens.
< Csesarii Hei$terbach. D^ trnlat., lib. iv; Mir«cttl.| cap. 87.
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mots de juillet ; le saoglîer , au mois d'août ; l-'âne, au mois de septembre ; le loup, au mois d^octobre; la biche^ au mois de novembre; le Iton , au mois de décembre. — Oiseaux de ehiuiue mois. — Le paon est consacré au mois de janvier; le cygne, au mois de février; le pivert, au mois de mars; la colombe, au mois d'avril; le coq, au mois de mai; Tibis, au mois de juin; l'aigle, au mois de juillet; le moineau , au mois d'août ; l'oie , au mois de septembre; la chouetio, au mois d'octobre; la corneille , au mois de novembre ; l'hirondelle, au mois de décembre. — Aiin-es de chaque mois. — Le peuplier est l'arbre de janvier; Tornïe, de lévrier; le noisetier, de mars; le myrte, d'avril ; le laurier, de mai ; le coudrier, de juin ; le chêne , de juillet ; le pommier, d'août ; le buis, de septembre ; l'olivier, d^>ctobre; le palmier, de novembre ; le pin , de décembre.
— Le diable selon les uns, un imposteur selon les autres, pour induire en erreur le peuple juif, prit la figure de Moïs^ en 434. Il se pr^enta aux Israélites de l'ile de Candie, leur disant qu'il était leur ancien libérateur, ressuscité pour les conduire une seconde fuis à la terre promise. Les Israélilea donnèrent tète baissée dans le piège ; ils se rassemblèrent des diverses contrées. Quand tout fut prêt pour le départ de l'île, l'armée du peuple se rendit au bord de la mer, dans la persuasion qu'on allait la passer à pied sec. Le diable , riant sous cape , conduisit les cohortes jusqu'au rivage. La confiance de ces gens était si grande , qu'ils n'attendirent pas que leur conducteur eût fait signe à la mer de se fendre : ils se jetèrent en masse au milieu des flots , certains que la mer se relirerail sous leurs pas; malheureusement la verge de Moïse n'était pas là; plus de vingt mille Juifs, dit-on, se noyèrent en plein jour, et le faux Moïse ne se trouva plus.
IKokiMof, — génies révérés des habitants de Loango, mais subordonnés au EHeu suprême. Ils pensent que ces génies peuvent les châtier, et môme leur ôtor la vie s'ils ne sont pas finies à leurs obligations. Lorsqu'un homme est heureux et bien portant, il est dans les bonnes grâces de son mokisso. Est-il malade ou éprouve-t-il des revers, il attribue celte calamité à la colère de son génie. Ces peuples donnent le môme nom à leur souverain , auquel ils croient un pouvoir divin et surnaturel , comme de pouvoir faire tomber la pluie , et d'exterminer en un instant des milliers d'hommes, etc. — Les mokissos sont dés figures, dé bois qui réprésentoi^t ou des.
hommes grossièrement faits, ou des quadrupèdes , ou des oiseaux. On leur otTre des vœux et des sacrifices pour les apaiser.
Molooh, — prince du pays des larmes, membre du conseil infernal. Il était adoré par les Ammonites, sous la figure d'une statue de bronze assise sur un trône de môme métal , ayant une tête de veau surmontée d'une couronne royale. Ses bras étaient étendus pour recevoir les victimes humaines : on lui sacrifiait des enfants. Dans Mi lion , Moloch est un démon affreux et terrible couvert des pleurs ^ des mères et du sang des enfants.
Moouei. — Le prince de Radziville , dans son Voyage de Jérusalem, raconte une chose singulière , dont il a été le témoin. Il avait acheté en Egypte deux momies, l'une d'homme et l'autre de femme , et les avait enfer-r mées secrètement en des caisses qu'il fit mettre dans son vaisseau lorsqu'il partit d'Alexandrie pour revenir en Europe. Il n'y avait que lui et ses deux domestiques qui sussent ce que contenaient les caisses , parce que les Turcs alors permettaient difficilement qu'on emportât les momies , croyant que les chrétiens s'en servaient pour des opérations magiques. — Lorsqu'on fut en mer, il s'éleva une tempête qni revint à plusieurs reprises avec tant de violence que le pilote désespérait de sauver le navire; tout le monde était dans l'attente d'un naufrage prochain et inévitable. Un bon prêtre polonais , qui accompagnait le prince de Radziville, récitait les prières convenables à une telle circonstance ; le prince et sa suite y répondaient. Mais le prêtre était tourmenté, disait-il, par deux spectres (un homme et une femme] noirs et hideux, qui le harcelaient et le menaçaient. On crut d'abord que la frayeur et le danger du naufrage lui avaient troublé Fimagination. Le calme étant revenu, il parut tranquille; mais le tumulte des éléments reparut bientôt; alors ces fantômes le tourmentèrent plus fort qu'auparavant, et il n'en fut délivré que quand on eut jeté les deux momies à la mer, ce qui fit en même temps cesser la tempête *. — Ajoutons que de nos jours les marins du Levant conservent cette opinion que les momies attirent les tempêtes , et on ne peut l^s embarquer qu'à leur insu.
Monarchie infernale. — Elle se compose ,, selon Wierus, d'un empereur, qui est Belzébulh; de sept rois, qui régnent aux quatre: points cardinaux et qui sont Baël , Pursan ,, Byleth, Paymon, Belial, Asmoday, Zapan; de vingtrtrois ducs, qui sont Agares, Busas,
' Dom Câlmet, Ditsert. mr les apparltfong*
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Gusoyn, Bailiym, Eli«;or, Valefar, Zepar, Sytry, Bune , Berith , Astarolh , Vepar, Chax , Pricel , Murmur, Focalor, Gomory, Amduscias , Àym , Orobas , Vapula , Hauro;; , Alocer; de treize marquis , qui sont Aamon , Loray, Naberus, Forneus, Roneve, Marchocias, Sabnac, Gamigyn , Arias, Andras, Androalphus, Cimerjes, Phœnix ; de dix comtes, qui sont Barbatos, Botis, Morax, Ipes, Furfur, Raym, Halphas, Vine, Decarabia, Zalcos; de onze présidents, qui sont Marbas, Buer, Glasiala* bolas, Forças, Malphas, Gaap, Caym, Volac, Oze, Amy, Haagenti; et de plusieurs chevaliers, qui sont Furcas, Bifrons, etc. Ses forces se composent de 6666 légions , chacune de 6666 démons. Voy. Cour.
Monde. — Tout s'accorde pour donner au monde une origine peu éloignée. L'histoire , aussi bien que la Sainte-Bible , ne nous permet guère de donner au monde plus de six mille ans ; et rien dans les arts , dans les monuments, dans la civilisation des anciens peuples, ne contredit cette époque de la création. Quelques sophistes ont voulu établir le stupide système de Téternîté du monde; d'autres ont prétendu que le monde était faitj)ar le hasard ; mais , indépendamment de la foi , la ipain de Dieu parait trop clairement dans les chefs-d'œuvre de la nature pour qu'on puisse croire que le monde se soit fait de luimême. — Racontons, toutefois, les rêveries des conteurs païens. Sanchoniaton présente ainsi l'origine du monde. Le Très-Haut et sa femme habitaient le sein de la lumière. Ils eurent un Bis beau comme le ciel, dont il porta le nom , et une fille belle comme la terre , dont elle porta le nom. Le Très-Haut mourut tué par des bêles féroces , et ses enfants le déifièrent. — Le Ciel, maître de l'empire de son père , épousa la Terre , sa sœur, et en eut plusieurs enfants, entre autres Ilus ou Saturne. Il prit encore soin de sa postérité avec quelques autres femmes ; mais la Terre en témoigna tant de jalousie qu'ils se séparérent. — Néanmoins le Ciel revenait quelquefois à elle, et l'abandonnait ensuite de nouveau, ou cherchait à détruire les enfants qu'elle lui avait donnés. Quand Saturne fut grand, il prit le parti de sa mère, et la protégea contre son père , avec le secours d'Hermès, son secrétaire. Saturne chassa son père, et régna en sa place. Ensuite , il bâtit une ville, et se défiant de Sadid, l'un de ses fils, il le tua , et coupa la tête à sa fille , au grand étonnement des dieux. Cependant le Ciel , toujours fugitif, envoya trois de ses filles à Saturne pour le faire périr; ce prince les fit prisonnières et les épousa. Â cette Douvelle ,
le père en détacha deux autres , que Saturne épousa pareillement. Quelque temps après, Saturne ayant tendu des embûches à son père, l'estropia, et Tbonora ensuite comme un dieu.
— Tels sont les divins exploits de Saturne ; tel fut l'âge d'or. Astarté-la-Grande régna alors dans le pays par le consentement de Saturne; elle porta sur sa tête une tète de taureau, pour marque de sa royauté < etc. ^
— Au commencement, dit Hésiode, était le Chaos, ensuite la Terre, leTartare, l'Amour, le plus beau des dieux. Le Chaos engendra TErèbe et la Nuit , de l'union desquels naquirent le Jour et la Lumière. La Terre produisit alors les étoiles, les montagnes et la mer. Bientôt , unie au Ciel , elle enfanta l'Océan , Hypérion, Japhet, Rhéa, Phœbé, Tbétis, Mnémosyne, Thémis et Saturne , ainsi que les cyclopes, et les géants Briarée et Gygès, qui avaient cinquante têtes et cent bras. A mesure que ses enfants naissaient, le Ciel les enfermait dans le sein de la Terre. La Terre, irritée, fabriqua une faux qu'elle donna à Saturne. Celui-ci en frappa son père, et du sang qui sortit de cette blessure naquirent les géants et les furies. Saturne eut de Rhéa, son épouse et sa sœur, Vesta , Cérès, Junon, Pluton , Neptune et Jupiter. Ce dernier, sauvé de la dent de son père, qui mangeait ses enfants, fut élevé dans une caverne , et par la suite fit rendre à Saturne ses oncles qu*il tenait en prison , ses frères qu'il avait avalés , le chassa du ciel , et , la foudre à la main , devint le maître des dieux et des hommes. — Les Egyptiens faisaient naître Thomme et les animaux du limon échauffé par le Soleil. Les Phéniciens disaient que le Soleil , la Lune et les astres ayant paru , le Limon , fils de l'Air et du Feti , enfanta tous les animaux ; que les premiers hommeshabitaient la Vhéniçie; qu*ils furent d'une grandeur' démesurée et donnèrent leur nom aux montagnes du pays; que bientôt ils adorèrent deux pierres, l'une consacrée au Vent, l'autre au Feu, et leur immolèrent des victimes. Mais le Soleil fut toujours le premier et le plus grand de leurs dieux. — Tous les peuples anciens faisaient remonter très-haut leur origine, et chaque nation se croyait la première sur la terre. Quelques peuples modernes ont la même an^ bition : les Chinois se disent antérieurs au déluge; les Japonais soutiennent que les dieux dont ils sont descendus ont habité leur pays
< L'anteor du Monde pnmt'it/ trouve la Clef de ce
morceau dans Tagriculture ; d'autres en chercbeat
l'explication dans l'astronomie, ce qui n*est pas moins ingénieux; ceux-d n'y toient que les opinions reli» gieuses des Phéniciens touchant rorigine du monde ; ceux-là ▼ croient voir l'histoire dénftturét des premiers princes du pays> etc.
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plusieurs millions d'années avant le règne de Sin-Mu, fondateur de leur monarchie. — Origène prétend que Dieu a toujours créé, par succession, des mondes infmis, et les a ruinés au temps déterminé par sa sagesse; à savoir : le monde élémentaire, de sept en sept mille ans ; et le monde céleste , de quarante* neuf en quarante-neuf mille ans, réunissant auprès de lui tous les esprits bienheureux , et laissant reposer la matière Tespace de mille ans, puis renouvelant toutes choses. Le monde élémentaire doit durer six mille ans , ayant été fait en six jours, et se reposer le septième millénaire, pour le repos du septième jour; et, comme la cinquantième année était le grand jubilé chez les Hébreux, le cinquantième millénaire doit être le millénaire du repos pour le monde céleste. Il n'est point parlé dans la Bible de la création des anges, parce qu'ils étaient restés immortels après la ruine des mondes précédents. — Les Parsis ou Guèbres prétendent que, pour peupler plus promptement le monde nouvellement créé , Dieu permit qu'Eve , notre mère commune, mit au monde chaque jour deux enfants jumeaux ; ils ajoutent que durant mille ans la mort respecta les hommes , et leur laissa le temps de se multiplier. Les Lapons, qui ne sont pas très-forts, s'imaginent que le monde existe de toute éternité, et qu'il n'aura jamais de fin. — Les hommes tirent plus de vanité d'une noble origine et d'une naissance illustre que d'un noble cœur et d'un mérile personnel. Les peuples de la Côte-d'Or, en Afrique, croient que le premier homme fut produit par une araignée. Les Athéniens se disaient descendus des fourmis d'une forêt de l'Attique. Parmi les sauvages du Canada , il y a trois familles principales : l'une prétend descendre d'un lièvre ; Tautre dit qu'elle descend d'une très-belle et très-courageuse femme , qui eut pour mère une carpe, dont l'œuf fut échauffé par les rayons du soleil ; la troisième famille se donne pojr premier ancêtre un ours *. Les rois des Goths étaient pareillement n6s d'un ours. Les Pégusiens sont nés d'un chien. Les Suédois et les Lapons sont issus de deux frères dont le courage était bien différent, s'il faut en croire les Lapons. Un jour qu^il s'était élevé une tempête horrible, l'un des deux frères qui se trouvaient ensemble fut si épouvanté, qu'il se glissa sous une planche que Dieu, par pitié, convertit en maison. De ce poltron sont nés tous les Suédois. L'autre, plus courageux, brava la furie de la lempète, sans chercher môme à se cacher : ce brave
X Saint- Foix, &sai', t. II.
fut le père des Lapons, qui vivent encore aujourd'hui sans s'abriter.
Monkîr et Wekîr , — angos qui , selon la croyance des musulmans, interrogent le mort aussitôt qu'il est dans le sépulcre, et commencent.leur interrogatoire par celte demande : Qui est votre seigneur? et qui est votre prophète? Leurs fonctions sont aussi de tourmenter les réprouvés. Ces anges, qui ont un aspect hideux et une voix aussi terrible que le tonnerre , après avoir reconnu que le mort est dévoué à l'enfer, le fouettent avec un fouet moitié fer et moitié feu *. Les mahomctans ont tiré cette idée du Thalmud.
Monsieur de liaforèt. — C'est le nom qu'on donnait autrefois au fantôme , plus connu sous le titre de grand Veneur, de la forêt de Fontainebleau. Voy. Veneur. Sa résidence ordinaire était dans celte forêt; mais il s'en écartait quelquefois. Delancre rapporte qu'un enfant, qui vivait en Allemagne, fut trouvé vêtu d'une peau de loup, et courant comme un petit loup-garou ; il dit que c'était Monsieur de Laforêt qui lui avait donné sa peau ; que son père s'en servait aussi. Dans un interro- . gatoire , cet enfant avoua que si Monsieur de Laforêt lui apparaissait , il pouvait le mettre en fuite par des signes de croix ; qu'il lui demandait s'il voulait être à lui, qu'il lui offrait pour cela de grandes richesses, etc.
Monstrei. — Méry, célèbre anatomiste et chirurgien-major des invalides , vit et disséqua , en 4720, un petit monstre né à six mois de terme, sans tète, sans bras, sans cœur, sans poumons , sans estomac , sans reins , sans foie, sans rate , sans pancréas, et pourtant né vivant. Cette production extraordinaire fut suivie d'une fille bien organisée, qui tenait au petit monstre par un cordon ombilical commun. Son observation est consignée dans les Mémoires de V Académie des sciences. Comment la circulation du sang s'opérait-elle dans cet individu dépourvu de cœur? Méry essaya de l'expliquer dans une dissertation *. £n d'autres temps, on eût tout mis sur le compte du diable. Voy. Imagination. — Il y a beaucoup de monstres dans les historiens des siècles passés. Torquemada rapporte qu'Alexandre, faisant la guerre des Indes, vit plus de cent trente mille hommes ensemble qui avaient des têtes de chiens et aboyaient comme eux : il dit aussi que certains habitants du mont Milo avaient huit doigts aux pieds et tournés en arrière , ce qui rendait
I Dc'lancro, Tableau de l'inconstance des démons, i te. , liv. IV, p. 318.
' M. Sa^gucs, Dc-i trreurs cl des préjugés, etc., t. III,
p. ne.
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ces hommeâ extrêmement légers à la course. — On voit dans des vieilles chroniques qu'il y avait au nord des hommes qui n'avaient qu'un œil au milieu du front; en Albanie, des hommes dont les cheveux devenaient blancs dès l'enfance , et qui voyaient mieux la nuit que le jour (con^e produit* par les Albinos) ; des Indiens qui avaient des têtes de chien ; d'autres sans cou et sans tête , ayant les yeux aux épaules ; et , ce qui surpasse toute admiration , un peuple dont le corps était velu et couvert de plumes comme les oiseaux , et qui se nourrissaient seulement de l'odeur des fleurs. —On a pourtant ajouté foi à ces fables: n'oublions pas celles qui se trouvent consignées dans le Journal des voyages de Jean Struys, qui dit avoir vu de ses propres yeux les habitants de l'île de Formose, ayant une queue au derrière, comme les bœufs ; il parle aussi d'une espèce de concombre qui se nourrit, dit-on, des plantes voisines. Cet auteur ajoute que ce fruit surprenant a la figure d'un agneau avec les pieds, la tête et la queue de cet animal distinctement formés; d'où on l'appelle, en langage du pays, banaret ou 60- • narez , qui signifie agneau. Sa peau est couverte d'un duvet fond blanc aussi délié que de la soie. Les Tartares et les Moscovites en fond grand état,' et la plupart le gardent avec soin dans leurs maisons, où cet auteur en a vu plusieurs. Il croît sur une lige d'environ trois pieds de haut. L'endroit par où il tient est une espèce de nombril sur lequel il se tourne et se baisse vers les herbes qui lui servent de nourriture , se séchant et se flétrissant aussitôt que ces herbes lui manquent. Les loups l'aiment et le dévorent avec avidité , parce qu'il a le goût de la chair d'agneau ; et Fauteur ajoute qu'on lui a assuré que celte plante a effectivement des os , du sang et de la chair : d'où vient qu'on l'appelle dans le pays Zoaphité^ c'est-à-dire plante animale*.
liontagnar4i, — démons qui font leur séjour dans les mines sous les montagnes, et tourmenlent les rnjneurs. Ils ont trois pieds de haut, un visage horpble, un air de vieillesse, une canpisole et un tablier de cuir, comme les ouvriers dont ils prennent soiivent la figure. Qn dit que ces démons n'étaient point malfaisants , et entendaient la plaisanterie ; mais une insulte leur était sensible, et ils la souffraient rarement sans se venger. Un mineur eut l'audace de dire des injures à un de ces démons. Le démon indigné sauta sur le mineur et lui tordit le cou. L'infortuné
I Lebrun, Hist. des superstitions, 1. 1^^ pt 112.
n'en mourut point ; mais il eut le cou reûversé et le visage tourné par derrière tout le reste de sa vie. Il y a eu des gens qui l'ont
vu en cet état Us avaient de bons yeux *.
Voy. Mineurs.
Btonulemkert (Abbirn de), — aumônier de François l**", auteur d'un ouvrage intitulé : La Merr^eilleufie histoire de Vefipritqui depuis naguère s'est apparu au monastère des religieuses de Saint - Pierre de Lyon , Paris , 4528, in-i»; Rouen, 1529; Paris, 1580, in-42.
Montan, — chef des hérétiques montanisles au deuxième siècle. C'était un eunuque phrygien. Comme il avait des attaques d'épilepsie, il en fit des extases où il s'entretenait avec Dieu. Il reconnaissait que le Saint-Esprit était venu ; mais il le distinguait du Paraclet et il disait : C'est moi qui suis le Paraclet. Les montanistes admettaient les femmes à la prêtrise.
Montanay , — sorcier. Voy, Galigaï.
' Montéiama, — VOy. PRÉSAGES.
Moraîl , — démon qui a la puissance de rendre invisible, selon les Clavicules de Salomon.
Morax ou Fora! , — capitaine , comte et président de plusieurs bandes infernales ; il se fait voir sous la forme d'un taureau. Lorsqu'il prend la figure humaine , il instruit rhomme dans l'astronomie et dans tous les arts libéraux. — Il est le prince des esprits familiers qui sont doux et sages. Il a sous ses ordres trente-six légions '.
Moreau , — chiromancien du dix-neuvième siècle, qui, dit-on, prédit à Napoléon sa chute et ses malheurs. Bien d'autres furent aussi sorciers que lui. Il exerçait à Pads, où il mourut en 1825.
Moral ( Louise ), — sorcière, tante de Marie Martin. Voy. Martin.
Morgane, — sœur du foi Arthus, élève de Merlin, qui lui enseigna la magie ; elle est fameuse dans les romans de chevalerie par ses enchantements et par les tours qu'elle joua à Genièvre sa belle-sœur. — C'est dans la Bretagne une grande fée , l'une des prophétesses de l*île de Sein , et la plus puissante des neuf sœurs druidesses.
Morin [ Louis }, — médecin (]e mademoiselle de Guise , né au Mans en 4645 et mort en 1705. Il pronostiquait, comme Luc Gauric; on dit qu'il annonça le sort de Gustave-Adolphe
I Taillcpied, Apparitions des esprits, p. 136. * Wierus, in Fseudomonarc)iia dirai.
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