‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 225 sur 319 · MUS · texte numérisé non relu

MUS

d'une pierre ordinaire. Elle demeura sur le bord du trou pendant que la curiosité y fit descendre le jardinier, plusieurs domestiques, les deux fils du gentilhomme qui s'amusèrent quelques moments à creuser encore le fond. La pierre fatale, qu'on avait négfigé apparemment de placer dans un juste équilibre, prit ce temps pour retomber au fond du trou , et écrasa tous ceux qui s'y trouvaient. — Ce n'était là que le prélude des malheurs que devait causer celte pierre. La jeune épouse de l'aîné des deux frères apprit ce qui venait d'arriver. Elle courut au jardin , elle y arriva dans le temps que les ouvriers s'empressaient de lever la pierre , avec quelque espérance de trouver un reste de vie aux infortunés qu'elle couvrait. Ils l'avaient levée à demi, et l'on s'aperçut en effet qu'ils respiraient encore, lorsque l'imprudente épouse, perdant fout soin d'elle-même , se jeta si rapidement sur le corps de son mari, que les ouvriers saisis de son action lâchèrent malheureusement les machines qui soutenaient la pierre, et l'ensevelirent ainsi avec les autres. — Cet accident confirma plus que jamais la superstition des Écossais ; on ne manqua pas de l'attribuer à quelque pouvoir établi pour la conservation du mur d'Ecosse et de toutes les pierres qui en sont détachées.

Murmur, — grand-duc et comte de l'empire infernal, démon de la musique. Il paraît sous la forme d'un soldat monté sur un vautour , et accompagné d'une multitude de trompettes ; sa tête est ceinte d'une couronne ducale, il marche précédé du bruit des clairons. Il est de l'ordre des anges et de celui des trônes \

Mutpelbeîm. — Les Scandinaves nomment ainsi un monde lumineux, ardent, inhabitable aux étrangers. Surtur-le-Noir y tient son empire ; dans ses mains brille une épée flamboyante. Il viendra à la fin du monde, vaincra tous les dieux, et livrera l'univers aux flammes.

Musi<iae déleste. — Entre plusieurs découvertes surprenantes que fit Pythagore , on admire surtout cette musique céleste que lui seul entendait. Il trouvait les sept tons de la musique dans la distance qui est entre les planètes : de la lerre à la lune , un ton ; de la lune à iViercure, un demi-ton ; de Mercure à Vénus, un demi-ton ; de Vénus au soleil» un ton et demi ; du soleil à Mars , on ton ; de Mars à Jupiter, un demi-ton; de Jupiter à Salwrne , un demi-ton ; et de Saturne lU z jdiaque, un ton et demi. C'est à cette musique

' W^lcrus, in PscudimonartUia dsDin.

Page 1