‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 224 sur 319 · MUR · texte numérisé non relu

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res, les unes furent brûlées, d'anlros noyées; quelques-unes expirèrent sur la roue. Après ces exécutions, Frédégonde partit pourCompiègne, et accusa Munnmol auprès du roi '. Ce prince le fit venir , on lui lia les mains derrière le dos ; oh lui demanda quel maléfice il avait employé pour luer le prince ; il ne voulut rien avouer de ce qu'avaient déposé les sorcières , mais il convint qu'il avait souvent charmé des onguents et des breuvages, pour gagner la faveur du roi et de la feine. Quand il fut relire de la torture, il appela un sergent , et lui commanda d'aller dire au roi qu'il n'avait éprouvé aucun mal. Chilpéric, entendant ce rapport , s'écria : « Il faut vraiment qu'il soit sorcier, pour n'avoir pas souffert de la qiie-îlion !... » En même temps îl fit reprendre Mummol ; on l'appliqua de nouveau à la torture ; mais quand on se préparait à lui trancher fa tète, la reine lui fit grâce dô la vie, se contentant de prendre ses biens. On le plaça sur une charrette qui devait le conduire à Bordeaux, où il était né; il ne devait poi^nt y mourir, tout son sang se perdit pendant la route, et il expira d'épuisement. On brûla tout ce qui avait appartenu au jeune prince^ autant à cause des tristes souvenirs qui s'y attachaient que pour anéantir tout ce qui portait avec soi l'idée du sortilège *.

Muraille daBîable. — C'est cette fômèusê muraille qui séparait autrefois l'Angleterre de l'Ecosse , et dont il subsiste encore diverses parties que le temps n'a pas trop altérées. La force du ciment et la dureté des pierres ont persuadé aux habitants des liei^x voisins qu'elle a été faite de la main du diable ; et les plus superstitieux ont grand soin d'en recueillir jusqu'aux moindres débris, qu'ils mêlent dans les fondements de leurs maisons pour leur communiquer la même solidité. Elle a été bâtie par Adrien. — Un jardinier écossais, ouvrant la terre dans soû jardin , trouva une pierre d'une grosseur considérable sur laqueîe on lisait, en caractères du pays, qu'elle était là pour la sûreté des murs du château et du jardin, et qu'elle y avait été apportée ^e la grande muraille, dont elle avait fait autrefois partie; mais qu'il serait aussi dangereux de la remuer qu'il y aurait d'avantage à la laisser à sa place. — Le seigneur de la maison , moins crédule que ses ancêtres , voulut la iaire transporter dans un autre endroit, pour l'exposer à la vue, comme un ancien monument. On entreprit de la faire sortir de terre à force de machines , et on en vint à bout, comme on l'aurait fait

I Chilpéric I"'.

* Grégoire de Tours, Ut. iv de lUist. de France.

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