‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 238 sur 319 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

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la présence des chrétiens leur imposait silence. Voy. Baltus.

Oragei, — voy. Cbieriens, Tonnbrbe, etc.

OraSton do loup. — Quand on l'a prononcée pendant cinq jours au soleil levant, on peut défier les loups les plus affamés et metrtre les chiens à la porte. La voici, cette oraison fameuse : — « Viens, bête à laine, c'est » Tagneau d'humilité , je te garde. Va droit , » bêle grise , à gris gripeuse , va chercher ta » proie, loups et louves et louveteaux, tu n'as » point à venir à. cette viande qui est ici. Vade ii rétro, o Satana! » Voy. Gardes.

Oray OU lrf>ray, — grand marquis des enfera, qui se montre sous la forme d'un superbe archer portant un arc et des flèches ; il anime les combats , empire les blessures faites par les archers, lance les javelines les plus meurtrières. Trente légions le reconnaissent pour dominateur et souverain ^

Oreavalle , — magicienne célèbre dans les romans de chevalerie. Elle opérait des enchantements extraordinaires.

Ordalîe. — On donnait le nom 6' ordalie à une série d'épreuves par les éléments. Elles consistaient à marcher les yeux bandés parmi des socs de charrue rougis au feu , à traverser des brapiors enflammés , à plonger le bros dans l'eaii houiliantc , à tenir à la main une barre do fer rouge , à avaler un morceau (ic pain mystérieux, à être plongé les mains liées aux jambes dans une grande cuve d'eau, enfin à étendre pendant assez long-temps les bras devant une croix. Voy, Croix, Eau, Feu , etc.

Oreille. — On dit que nos amis parlent de nous quand loreille gauche nous tinte; et nos ennemis quand c'est la droite.

Oresme ( GuiLLAUMB ) , — astrologue du quatorzième siècle, dont on sait peu de chose.

Oriai, — démon des astrologues et des devins, grand marquis de l'empire infernal ; il se montre sous les traits d'un lion furieux assis sur un cheval qui a la queue d'un serpent, il porte dans chaque main une vipère. Il connaît l'astronomie et enseigne l'astrologie. Il métamorphose les hommes à leur volonté, leur fait obtenir des dignités et des titres , et commande trente légions '.

Originel (PÉCHÉ), — la source de tous les maux qui affligent l'humanité , réparé par le baptême dans ses conséquences éternelles.

' Wierus, Pscudom. dsem.

> idem, iàicf.

Ceux qui nient le péché originel n'ont pourtant jamais pu expliquer leur négation.

Originel , — voy. Monde.

Omîthomaneie , — divination qu'on tirait de la langue , du vol , du cri et du chant des oiseaux. Voy. Augures.

Orobai , — grand prince du sombre empire. On le voit sous la forme d'un beau cheval. Quand il parait sous celle d'un homme , il parle de l'essence divine. Consulté, il donne des réponses sur le passé , le présent et l'avenir. Il découvre le mensonge , accorde des dignités et des emplois, réconcilie les ennemis, et a sous ses ordres vingt légions K

Oromaiis, — salamandre distingué que les cabalistes donnent pour compagnon de Noé dans l'arche.

Orphée, — époux d'Eurydice, qu'il perdit le jour de ses noces, qu'il pleura si long-temps, et qu'il alla enfin redemander aux enfers. Pluton la lui rendit à condition qu'il ne regarderait point derrière lui jusqu'à ce qu'il fût hors du sombre empire. Orphée ne put résister au désir de revoir sa femme; il la perdit une seconde fois : il s'enfonça dans un désert, jura de ne plus aimer, et chanta ses douleurs d'un ton si touchant , qu'il attendrit les bêtes féroces. Les bacchantes furent moins sensibles , car il fut mis en pièces par ces furieuses. — Les anciens voyaient dans Orphée un musicien habile à qui rien ne pouvait résister. Les compilateurs du moyen âge Font regardé comme un magicien insigne , et ont attribué aux charmes de la magie les merveilles que la mythologie attribue au charme de sa voix. Orphée , dit Leloyer, fut le plus grand sorcier et le plus grand nécromancien qui ait jamais vécu. Ses écrits ne sont farcis que des louanges des diables. Il savait les évoquer. Il institua l'ordre des Orphéotélestes , espèces de sorciers , parmi lesquels Baochus tenait anciennement pareil lieu que le diable lient aujourd'hui aux assemblées du sabbat. Bacchus, qui n'était qu'un diable déguisé, s'y nommait Sabasius; c'est de là que le sabbat a tiré son nom. — Après la mort d'Orphée , sa tète rendit des oracles dans l'île de Lesbos. Tzetzès dit qu'Orphée apprit en Egypte la funeste science de la magie, qui y était en grand crédit, et surtout l'art de charmer les serpents. Pausianas explique sa descente aux enfers par un voyage en Thesprotide , où l'on évoquait par des enchantements les âmes des morts. L'époux d'Eurydice, trompé par un fantôme qu'on lui fit voir pendont quelques

' Wierus, in Pscudom. cltem.

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instants, mourut de regret, ou du moins renonça pour jamais à la société des hommes et se retira sur les montagnes de Thraoe. Leclerc prétend qu'Orphée était un grand magicien , que ses hymnes sont des évocations infernales, et que, si l'on en croit Apollodore et Lucien , c'est lui qui a mis en vogue dans la Grèce la magie, Fart de lire dans les astres et révocation des mânes.

Orphéotélestes , — ordre de gens qui faisaient le sabbat institué par Orphée , comn\e on vient de le dire.

Ortie brûlante. — Les Islandais , qui appellent cette plainte Netla, croient qu'elle a une vertu singulière pour écarter les sortilèges. Selon eux , il faut en faire des poignées de verges et en fouetter les sorciers à nu.

Os des morts. — Les habilantà de la Mauritanie ne mettent jamais deux corps dans la même sépulture, de peur qu'ils ne s'escamotent mutuellement leurs os au jour de la résurrection.

Othen. — Suétone dit (jue le spectre de Galba poursuivait sans relâche Olhon, son meurtrier, le tiraillait hors du liï , l'épouvantait et lui causait, mille tourments C'était peut-être le remords.

OtU ou Botîs , — grand-président des enfers; il apparaît sous la forme d'urfe vipère; quand il prend la figure humaine , il a dé grandes dents, deux cornes sur la tète et un glaive à la main ; il répond effrontément sur le présent, le passé et l'avenir. Il a autant d'amis que d'ennemis. Il commandé soixante légions*.

Oualuohe, — génie ou démon dont les jongleurs iroquois se prétendent inspirés. C'est lui qui leur révèle les choses futures.

Onikka , — mauvais génie qui , chez les Esquimaux, fait naître les lempéteâ et renverse les barques.

Oulon-Toyon , — chef des vingt-sept tribus d'esprits malfaisants, que }e^ Yakôuts supposent répandus dans l'aîr et dcharnés à leur nuire. Il a urte femme et beaucoup d'enfants.

Ottpîrei , — voy. Vampires.

Ouran et 0«ran-Soaiigae ( HoMME ENDIA- BLÉ) , — sorte de magiciens de l'île Gromboccanore, dans les Indes orientales. Ils ont la réputation de se rendre invisibles quand il leur plaît, et de se transporter où ils veulent. Le peuple les craint et les hait mortellement;

I Wierus, in Pseudom. dttm.

quand on peut en attraper quelqu'un , on le tue sans miséricorde.

dur». — Quand les Osliacks ont tué un ours, ils l'écorchent et mettent sa peau sur un arbre auprès d'une de leurs idoles; après quoi ils lui rendent leurs hommages, lui font de très-humbles excuses de lui avoir donné la mort , et lui représentent que dans le fond ce n'est pas à eux qu'il doit s'en prendre, puisqu'ils n'ont pas forgé le fer qui l'a percé, et que la plume qui a hâté le vol de la flèche appartient à un oiseau étranger. — Au Canada, lorsque des chasseurs tuent un ours, un d'eux s'en approche, lui met entre les dents le tuyau de sa pipe, souffle dans le fourneau, et, lui remplissant ainsi de fumée la gueule et le gosier, il conjure l'esprit de cet animal de ne pas s'ofîenser de sa mort ; mais comme l'esprit ne fait aucune réponse, le chasseur, pour savoir si sa prière est exaucée, coupe le Blet qui est sous la langue de l'ours et le garde jusqu'à la fin de la chasse. Alors on fait un grand feu dans toute la bourgade, et toute la troupe y jette ces filets avec cérémonie : s'ils y pétillent et se retirent, comme il doit naturellement arriver, c'est une marque certaine que les esprits des ours sont apaisés; autrement on se persuade qu'ils sont irrités, et que la chasse ne sera point heureuse l'année d'après, à moins qu'on ne prenne soin de se les réconcilier par des présents et des invocations*. — Le diable prend quelquefois la forme de cet animal. Un choriste de Cîleaux, s'étant légèrement endormi aux matines, s'éveilla en sursaut et aperçut un ours qui sortait du chœur. Cette vision commença à l'effrayer quand il vit l'ours reparaître et considérer attentivement tous les novices, comme un officier de police qui fait sa ronde

Enfin le monstre sortit de nouveau en disant: « Ils sont bien éveillés ; je reviendrai tout à l'heure voir s'ils dorment.... » Le naïf légendaire ajoute que c'était le diable qu'on avait envoyé pour contenir les frères dans leur devoir*. — On croyait autrefois que ceux qui avaient mangé la cervelle d'un ours étaient frappés de vertiges durant lesquels ils se croyaient transformés en ours, et en prenaient les manières. Foi/. Visions.

Ovide. — On lui attribue un ouvrage de magie intitulé le Livre de la Vieille, que nous ne connaissons pas.

Ozyones , — peuples imaginaires de Germanie, qui avaient, dit-on, la tète d'un homme et le reste du corps d'une bète.

' La Harpe, Hist. des Voyages, t. XVÎII, p. 396. * Ceesarii Heislerb. Miracul. illustrium, llb. v, caj». 49.

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