‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 242 sur 319 · SÔ · texte numérisé non relu

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venté par les précurseurs de Lutber, est mainleaant reconnu si évidemnoent faux , qu*il ne peut nous arrêter un instant ^

Papillon. — L'image matérielle de Tâme la plus généralement adoptée est le papillon. Les artistes anciens donnent à Platon une tête avec des ailes de papillon, parce que c'est le premier philosophe grec qui ait écrit sur l'immortalité de rame.

Paracwlie, — né dans le canton de Zurich en 4493. 11 voyagea, vit les médecins de presque toute TEurope, et conféra avec eux. il SA donnait pour le réformateur de la médecine. 11 voulut en arracher le sceptre à Hippocrate et à Galien. Il décria leurs principes et leur méthode. On lui doit la découverte de Topium et du mercure , dont il enseigna l'u* sage. — Paracelse est surtout le héros de ceux qui croient à la pierre philosophale , et qui lui attribuent hautement l'avantage de l'avoir possédée, s'appuyant en cela de sa propre autorité. C'était quelquefois un grand charla» tan. Quant il était ivre, dit Wetternus, qui a demeuré vingt-sept mois avec lui , il menaçait de faire venir un million de diables, pour montrer quel empire et quelle puissance il avait sur eux ; mais il ne disait pas de si grandes extravagances quand il était à jeun. Il avait un démon familier renfermé dans le pommeau de son épée. 11 disait que Dieu lui avait révélé le secret de faire de l'or; et il se vantait de pouvoir, soit par le moyen de la pierre philosophale , soit par la vertu de ses remèdes , conserver la vie aux hommes pendant plusieurs siècles. Néanmoins il mourut à quarante-huit ans, en 45ii, à Saltzbourg.

Parohemin vierge. — Il est employé dans la magie en plusieurs manières. On appellq parchemin vierge celui qui est fait de peaux de bêtes n'ayant jamais engendré. Pour le faire, on met l'animal qui doit le fournir dans un lieu secret où personne n'habite, on prend un bâton vierge ou' de la sève de l'année, on le taille en forme de couteau ; puis un écorchç l'animal avec le couteau de bois, et avec le sel on sale ladite peau, que l'on met au soleil pendant quinze jours. On prendra alors un pot de terre vernissé, autour duquel on écrira des caractères magiques. Dans ce pot on mettra une grosse pierre de chaux vive avec de l'eau bénite et ladite peau; on l'y laissera neuC jours entiers. On la tirera enfin, et. avec le couteau de canne on la ratissera pour en ôter le poil ; on la mettra sécher pendant huit jours à l'ombre , après l'avoir as-

» Voyez Bergier, Dict. théologiqwc , au mot Papesse Jeanne,

pergée ; on la serrera ensuite dans un drap de soie avec toos les instrumeols de Tart. Qu'aucune femme ne voie ce parchemin, parce qu'il perdrait sa vertu» C'est sur ce parchemin qu'on écrit ensuite les pantacles , talismans, figures magiques, pactes et autres pièces.

ParfuoM. — On dit que si Ton se parfooie avec de la semence de lin et de pseilium, ou avec les racines de violette et d'ache, on connaîtra les choses futures ; et que pour chasser les mauvais esprits et faot/ômes nui$ibles, il faut faire un parfum avec calament, pivoine, menthe et palma-€hrisli. On peut assembler les serpents par le parfum des os de l'extrémité du gosier de cerf, et, au contraire, on les peut chasser et mettre en fuite si on allume la corne du même cerf; la oorne du pied droit d'un cheval ou d'une mule, alhimée dans une maison, chasse les souris, et celle du pied gauche, les mouches. Si on fait un parfum avec le fiel de seiche, du thymiamas, des roses et du bois d'aloès , et qu'on jette sur ce parfum allumé de l'eau ou du sang , la maison semblera pleine d'eau ou ^e sang ^ et si on jette dessus de la terre labourée , il semblera que le sol tremble ^ .

Parîi. — Une prédiction avait annoncé que Paris serait détruit par une pluie de feu le 6 janvier 4840. Mais la catastrophe a été remise au cinquième mois de l'année 1900.

Parlemepts. — Le clergé n'a jamais demandé la mort des sorciers. Ce sont les parlements qui les ont toujours poursuivis avec chaleur. A la fin du dix-septième siècle , le clergé réclamait contre l'exécution de plusieurs sorcières convaincues d'avoir fait le sabbat avec maître Verdelet : le parlement de Rouen pria très-humblement le roi de permettre qu'on brûlât incontinent lesdiles sorcières. On citerait mille exemples pareils.

Paroles magiques. — On peut charmer les dés ou les cartes de manière à gagner continuellement au jeu, en les bénissant en même temps que l'on récite ces paroles : Contra nu ad incarte cla, à filii à Eniol^ Lieber, Braya, Braguesca. On n'est point mordu des puces si l'on dit en se couchant : Och och. On fait tomber les verrues des mains en les saluant d'un bonsoir le matin, et d'un bonjour le soir. On fait filer le diable avec ces mois : Per ipsum, et cum ipso, et in ipso. Qu'on di>e: Sista, pista, rista, xista, pour n'avoir plus mal à la cuisse. Qu'on prononce trois fois : Onasagcs, pour guérir le mai de dents. On prévient les suites funestes de la morsure des

> Nynftuld, p. 72 de la Lycantliropie.

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chiens enragés en disant : Hax, pax, max. Voy. Bburbe, Chabmes, Sabbat, Éléazab , Anamsapta, Amulettes, etc.

Parquet, — divinités que les anciens croyaient présider à la vie et à la mort; maîtresses du sort des hommes, elles en réglaient les destinées. La vie était un fil qu'elles filaient; Tune tenait la quenouille, Taolre le fuseau , la troisième avec ses grands ciseaux coupait le fil. On les nomme Clotho, Lachésis et Atropos. On les fait naître de la nuit, sans le secours d'aucun dieu ; Orphée, dans l'hymne qu'il leur adresse, les appelle les filles de l'Érèbe.

Parthénomanote , — divination ridicule pour connaître la présence ou l'absence de la virginité. On mesurait le cou d'une fille avec un fil, et en répétant Tépreuve avec le même fil, on lirait mauvais présage du grossissement du cou.

Patétèt, — magicien qui achetait les choses sans les marchander; mais l'argent qu'il avait donné n'enrichissait que les yeux, car il retournait toujours dans sa bourse. Voy.

PJSTOLE volante.

PaiMlorynohitei , — hérétiques des premiers siècles, ainsi nommés de deux mots grecs qui veulent dire pieu dans le nez. Ils croyaient qu'on ne pouvait prier convenablement qu'en se mettant deux doigis, comme deux pieux , dans les deux narines.

Patala, — nom de l'enfer des Indiens.

Patmîao, — superstition particulière aux Indiens des îles Philippines. C'est un sortilège

qu'ils prétendent attaché au fruit d'une femme, dont l'effet est de prolonger les douleurs de l'enfantement et même de l'empêcher. Pour lever le charme, le mari ferme bien la porte de la case, fait un grand feu tout à l'entour, quitte le peu de vêlements dont il est ordinairement couvert, prend une lance ou un sabre, et s'en escrime avec fureur contre les esprits invisibles jusqu'à ce que sa femme soit délivrée.

Patris (Pierre), poète, né à Caen en 4583. Il fut premier maréchal-des-logis de Gaston de France, duc d'Orléans. L'esprit de plaisanterie lui valut sa fortune et la confiance dont il jouissait auprès du prince. Il mourut à Paris en 4671. On raconte qu'étant au château d'Egmont, dans une chambre oij un esprit venait de se montrer , il ouvrit !a porte de cette chambre, qui donnait sur une longue galerie, au bout de laquelle se trouvait une grande chaise de bois si pesante que deux hommes avaient peine à la soulever. Il vit

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cette chaise matérielle se remuer, quitter sa place et venir à lui comme soutenue en l'air. Il s'écria : a Monsieur le diable , les intérêts de Dieu à part, je suis bien votre serviteur, m^s je vous prie de ne me pas faire peur davantage. » La chaise s'en retourna à sa place comme elle était venue. Cette vision , dit-on , fit une forte impression sur l'esprit de Patris^ et ne contribua pas peu à le faire rentrer dans son devoir.

Paul (Arnold) , — paysan de Médroïga , village de Hongrie, qui fut écrasé par ta chute d'un chariot chargé de foin, vers 4728. Trente jours après sa mort, quatre personnes moururent subitement et de la même manière que meurent ceux qui sont molestés des vampires. On se ressouvint alors qu'Arnold avait souvent raconté qu'aux environs de Cassova, sur les frontières de la Turquie , il avait été tourmenté long-temps par un vampire turc ; mais que, sachant que ceux qui étaient victimes d'un vampire le devenaient après leur mort Jl avait trouvé le moyen de se guérir en mangeant de la terre du tombeau du vampire et en se frottant de son sang. On présuma que si ce remède avait guéri Arnold Paul, il ne l'avait pas empêché de devenir vampire à son tour; en conséquence on le déterra pour s'en assurer, et, quoiqu'il fût inhumé depuis quarante jours , on lui trouva le corps vermeil ; on s'aperçut que ses cheveux , ses ongles, sa barbe s'étaient renouvelés, et que ses veines étaient remplies d'un sang fluide. Le bailli du lieu , en présence de qui se fit Texhumation, et qui était un homme expert , ordonna d'enfoncer dans le cœur de ce cadavre un pieu fort aigu et de le percer de part en part; ce qui fut exécuté sur le champ. Le corps du vampire jeta un cri et fit des mouvements; après quoi on lui coupa la tête et on le brûla dans un grand bûcher. On fit subir ensuite le même traitement aux quatre morts qu'Arnold Paul avait tués , de peur qu'ils ne devinssent vampires à leur tour. Voy. Vampires.

Paule. — Il y avait au couvent des Cordeliers de Toulouse un caveau qui servait de catacombes, et où les morts se conservaient. Dans ce caveau était enterrée depuis la fin du seizième siècle une femme célèbre dans le pays sous le nom de la belle Paule. Il était d'usage de visiter son tombeau le jour anniversaire de sa mort. Un jeune cordelier, ia tête un peu échauffée , s'était un jour engagé à descendre dans ces catacombes sans lumière cl sans témoin, et à enfoncer un clou sur le cercueil de Paule. Il y descendit en

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