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ces derniers, voulut décliner leur juridiclion : « J'aimerais mieux être pondu parie cou, leur disait-il , que de vous répondre. » — Mais la crainte d'être appliqué à la torture le fit tout confesser devant Févêque de Saint- Brieuc et le président Pierre de THêpital. Le présideAt le pressa d^ dirç par quel motif il avait fait périr tant d'innocents, et brûlé ensuite leurs corps ; le maréchal impatienté lui dit . a Hélas I monseigneur, vqus vous tourmentez, et moi 9veç; je vous en ai dit assez pour faire mourir dix mille ho(nmes » — Le lendemam le maréchal en audience publique réitéra ses aveux. Il fut condamné à être brûlé vif, le 25 octobre 1440. L*arrét fut exécuté dans le pré da la Madeleine , près Nantes *.
WLtAâm (Mamb de la), — sorcière qu'on arrêta à l'âge de dix-huit ans, au commencement du dix- septième siècle. Elle avait commencé le métier à dix ans, conduite au sabbat pour la première fois par la sorcière Marissane. Après la mort de celte femme , le diable la mena lui-même à son assemblée , où elle avoua qu'il se tenait en forme de tronc d'arbre. Il semblait être dans une chaire , et avait quelque ombre humaine fort ténébreuse. Cependant elle la vu sous la ligure d'un homme ordinaire, tantôt rouge, tantôt noir ; il s'approchait souvent des enfants, tenant un fer chaud à la main; mais elle ignore s'il les marquait. Elle n'avait jamais baisé le diable ; mais elle avait vu comment on s'y prenait : le diable présentait sa figure ou son derrière , le tout à sa discrétion et comme il lui plaisait. Elle ajouta qu'elle aimait tellement le sabbat , qu'il lui semblait aller à la noce , « non pas tant par la liberté et licence qu'on y a , mais parce que le diable tenait (eilemeot liés leur cœur et leurs voioRtés, qu'à peine y laissait-il entrer nul autre désir. » En outre, les sorcières y entendaient une musique harmonieuse, et le diable leur persuadait que Tenfer n'est qu'une niaiserie, que le feu qui brûle continuollement n'était qu'arliBciel. Elle dit encore qu'elle ne croyait pas faire ^lal d'aller au sabbat, et que môme elle avait bien- du plaisir à la célébralion de la messe qui s'y disait, où le diable se faisait passer pour le vrai Dieu. Cependant elle vovait à l*élévalion l'hostie noire ^. Il ne paraît pas qu'elle ait été brûlée, mais on ignore ce que les tribunaux en firent.
I^aleîgh (Walter), — courtisan célèbre de la reine Elisabeth. Il se vante d'avoir vu
' M. Ocrinct, Hist. de la magie en France, p. 103.
* Dflancre, Tublcaii de l'inconstance de» dém., etc., liv. n, p. 127.
dans l'Amérique du sud , des sauvages trois fois aussi grands que les hommes ordinaires, des cyclopes qui avaient les yeux aux épaules, la bouche sur la poitrine et la chevelure au milieu di| dos.
i^agnbcKiiltoi. — Le marquis de Rambouillet et le marquis de Précy, tous deux âgés de vingt-cinq à trente ans , étaient intimes amis. Un jour qu'ils s'entretenaient des affaires de l'autre monde, après plusieurs discours qui témoignaient assez qu'ils n'étaient pas trop persuadés de tout ce qui s'en dit, ils se promirent l'un à l'autre que le premier qui mourrait en viendrait apporter des nouvelles à son compagnon. — Au bout de trois mois, le marquis de Rambouillet partit pour la Flandre, où Loviis XIV faisait alors la guerre ; le marquis de Précy, arrêté par une grosse fièvre, demeura à Paris. Six semaines après , Précy entendit, sur les six heures du matin, tirer les rideaux de son lit; et, se tournant pour voir qui c'était , il aperçut le marquis de Ran^bouillet, en buille et en bottes. Il sortit de son lit, voulant sauter à son cpu et lui témoigner la joie qu'il avait d^ son retour; mais Rambouillet, reculçint de quelques pas , lui dit que ses caresses n'étaient plus de saison , qu'il ne venait que pour s'acquitter de la parole qu'il lui avait donnée; qu'il avait été tué la veille ; que tout ce que l'on disait de l'autre monde était très-certain ; qu'il devait songer à vivre d'une autre manière, et qu'il n'avait pas de temps à perdre, parce qu'il serait tué lui-même dans la première affaire où il se trouverait. — On ne peut exprimer la surprise où fut le marquis de Précy à ce discours. Ne pouvant croire re qu'il entendait, il fit de nouveaux efforts pour embrasser son ami, qu'il croyait le vouloir abuser ; mais il n'embrassa que du vent ; et Rambouillet, voyant qu'il était incrédule, lui montra l'endroit où il avait reçu le coup , qui était dans les reins , d'où le sang paraissait encore couler. Après cela, le fantôme disparut, laissant Précy dans une frayeur plus aisée à comprendre qu'à décrire. 11 appela son valet de chambre, et réveilla toute la ipaison Pfir ses cris. Pl^sieu^s {^ei^onaes accoi^rure(^( , ^ qqi il conta ce qu'il venait de voir : tout le monde pltribu^ celte yisiou à l'ardeur de la (îèvre qui pouvait altérer son imagination ; on le pria de se recoucher, lui remontrant qu'il fallait qu'il eût rêvé ce qu'il disait. Le marquis, au désespoir de voir qu'on le prit pour un visionnaire, répéta toutes les circonstances qu'on vient de lire; mais il eut beau protester qu'il avait vu et entendu son ami , on demeura toujours dans