RAH
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Ions. C'est une des plus anciennes superslilions. Ézéchiel et Osée reprochent aux juifs de s*y laisser tromper. On dépouillait d'un côté et dans toute sa longueur une baguette choisie, on la jetait en l'air; si en retombant elle présentait la partie dépouillée , et qu'en la jetant une seconde fois elle présentât le côté revêtu de l'écorce , on en tirait un heureux présage ; si au contraire , elle tombait une seconde fois du côté pelé , c'était un augure fâcheux. Cette divination était connue chez les Perses, chez les Tartares et chez les Romains. — La baguette divinatoire , qui a fait grand bruit sur la fin du dix-septième siècle , tient à la rabdomancie. Voy. Baguette. Bodin dit qu'une sorte de rabdomancie était de son temps en vigueur à Toulouse ; qu'on marmottait quelques parole^; qu'on faisait baiser les deux parties d'un bâton fendu , et qu'on en prenait deux parcelles qu'on pendait au cou pour guérir la fièvre quarte. • •
Raohadert , — génies malfaisants des Indiens.
Radolîffe (Anne), Anglaise qui publia, il y a quarante ans, des romans pleins de visions , de spectres et de terreurs , comme les Mystères dUdolphe , etc.
Ragalomanoîe , — divination qui se faisait avec des bassinets, des osselets, de petites balles, des tablettes peintes, et que nul auteur n'a pu expliquer >.
Rage. — Pour être guéri de la rage, des écrivains superstitieux donnent ce conseil : On mangera une pomme ou un morceau de pain dans lequel on enfermera ces mots : Ziont , Kirioni , Ezzeza , etc. ; ou bien on brûlera les poils d'un chien enragé, on en boira la cendre dans du vin, et on guérira '. Voy. Imagination.
Ragînîs, — espèce de fées chez les Kalmouks. Elles habitent le séjour de la joie , d'où elles s'échappent quelquefois pour venir au secours dos malheureux. Mais elles ne sont pas toutes bonnes ; c'est comme chez nous.
Rahouart , — démon que nous ne connaissons pas. Dans la Moralité du mauvais riche et du ladre, imprimée à Rouen, sans date, chez Durzel , et jouée à la fin du quinzième siècle, Satan a pour compagnon le démon Rahouart. C'est dans la hotte de Rahouart qu'ils emportent Tâme du mauvais riche quand il est mort.
' Delancre, Incrédulité et mécréance da sortilège pleinement convaincues, p. 278.
> Lemnius.
Raîz (Gilles de Laval de), maréchal de France, qui fut exécuté comme convaincu do sorcellerie et d'abominations au quinzième siècle. Après avoir vainement cherché à faire . de l'or par les secrets de l'alchimie, il voulut commercer avec le diable. Deux charlatans abusèrent de sa crédulité ; l'un se disait médecin du Poitou, l'autre était Italien. Le prétendu médecin lui vola son argent et disparut. Prélati était de Florence ; il fut présenté au maréchal comme magicien et habile chimiste. Prélati n'était ni l'un ni l'autre ; c'était un adroit fripon qui s'entendait avec Sillé, l'homme d'affaires du maréchal. — Prélati fit une évocation; Sillé , habillé en diable , se présenta avec d'horribles grimaces. Le maréchal voulait avoir une conversation , mais Sillé n'osait parler; Prélati, pour trouver du temps , imagina de faire signer un pacte au seigneur de Raiz, par lequel il promettait au diable de lui donner tout ce qu'il lui demanderait, excepté son âme et sa vie. Il s'engageait dans cet écrit, signé de son sang, à faire des encensements et des offrandes en l'honneur du diable , et à lui offrir en sacrifice le cœur, une main , les yeux et le sang d'un enfant. — Le jour choisi pour l'évocation , le maréchal se rendit au lieu désigné , marmottant des formules, craignant et espérant de voir le diable. Prélati se fatigua vainement : le maréchal^ malgré sa bonne volonté , ne vit rien du tout. Il paraîtrait assez , par ce que dit Lobineau , que le maréchal était devenu fou. Gilles de Raiz s'abandonnait aux plus infâmes débauches; et, par un dérèglement inconcevable, les victimes de ses affreuses passions n* avaient de charmes pour lui que dans le moment qu'elles expiraient. Cet homme effroyable se divertissait aux mouvements convulsifs que donnaient à ces malheureux les approches de la mort, qu'il leur faisait lui-même souffrir de sa propre main. Par les procès-verbaux qui furent dressés et par sa propre confession , le nombre des enfants qu'il fit mourir dans les châteaux de Machecou et de Chantocé se montait à plus de cent , sans compter ceux qu'il avait immolés à Nantes , à Vannes et ailleurs. — Sa hideuse folie est d'autant plus constatée qu'il sortit un jour de son château pour aller voler des enfants à Nantes , au lieu de prendre le chemin de Jérusalem, comme il l'avait annoncé. — Sur le cri public, le duc Jean V le fit prisonnier; les juges de l'Église se disposèrent à le juger comme hérétique et sorcier. Le parlement de Bretagne le décréta de prise de corps comme homicide. Il parut devant un tribunal composé de laïques et d'ecclésiastiques ; il injuria