‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 271 sur 319 · ROI · texte numérisé non relu

ROI

ces mots : Lorsqu'on ouvrira cette tour^ les barbares s'empareront de l Espagne..,. Âboulkacim-Turislâ-BeD-Tarik, historien arabe, ajoute que, malgré son effroi , Roderik, ayant fai t faire certains flambeaux que Tair de la cave ne pouvait éteindre, poursuivit sa recherche suivi de beaucoup de personnes. A peine eutil fait quelques pas, qu'il se trouva dans une belle salle enrichie de sculptures, au milieu de laquelle on voyait une statue de bronze qui représentait le Temps, sur un piédestal de trois coudées de haut : elle tenait de la main droite une masse d'armes , avec laquelle elle frappait de temps en temps la terre , dont les coups, retentissant dans la cave, faisaient un bruit épouvantable. Roderik , loin de s'effrayer, s'approcha du fantôme , l'assura qu'il ne venait (aire aucun désordre dans le lieu de sa demeure, et lui promit d'en sortir dès qu'il aurait vu les merveilles qui l'entouraient; alors la statue cessa de battre la terre. Le roi , encourageant les sieus par son exemple , fit une visite exacte de cette salle , à l'entrée de laquelle on vit une cave ronde, d'oii sortait un jet d'eau qui faisait un sourd murmure. Sur l'estomac de la statue du Temps était écrit en arabe : Je fais mon devoir; et sur le dos : A mon secours! A gauche un lisait ces mots sur la muraille : Malheureux prince, ton mauvais destin t'a amem ici; et ceux-ci à droite : Tu seras détrôné par des nations étrangères, et tes sujets, aussi bien que toi, seront châtiés. — Roderik, ayant contenté sa curiosité, s en retourna; et dés qu'il eut tourné le dos, la statue recommença ses coups. Le prince sortit, fît refermer les portes et marcha à la rencontre des ennemis. La bataille se livra un dimanche, au pied de la Sierra-Moréna *. Elle dura huit jours ; l'armée espagnole fut taillée en pièces, et Roderik disparut du milieu des siens sans qu'on sût jamais ce qu'il était devenu. — On pensa qu'il avait été emporté par le diable, puisqu'il fut impossible de découvrir son corps après le combat , et qu'on ne retrouva que son cheval , ses vêtements et sa couronne au bord d'une petite rivière. Ce qui confirme encore cette opinion dans l'esprit du peuple espagnol, c'est que, le lendemain de la bataille, trois anachorètes, qui vivaient dans la pénitence à quelques lieues de Tolède , eurent ensemble la vision suivante : Une heure avant le retour de l'aurore, ils aperçurent devant eux une grande lumière et plusieurs démons qui emmenaient Roderik en le traînant par les pieds ; malgré Tallération

» On voyait en Ci) ro, i! n'y n pas tlenx sièc'es, plusieurs milliers de croix plantéps en terre, à Tendroit où s'est livrée cette fameuse bataille. Lambertinus, ubi infrà.

de sa figure, il leur fut aisé de le reconnaitre à ses cris et aux reproches que lui faisaient les démons. Les trois ermites gardèrent le silence de l'effroi à ce spectacle ; tout à coup ils virent descendre du ciel la mère de Roderik accompagnée d'un vénérable vieillard, qui cria aux démons de s'arrêter. « Que demandez-vous , répondit le plus grand diable de la troupe ? — Nous demandons grâce pour co malheureux, répliqua la mère. — 11 a commis trop de crimes pour qu'on l'ôte de nos mains, s'écrièrent les démons; et les saints ne peuvent lavoir en leur compagnie. La mère de Roderik et le vieillard qui l'accompagnait reprenaient la parole , quand la fille du comte Julien parut et dit d'une voix haute : « Il ne mérite point de pitié ; il m'a perdue ; il a porté le désespoir dans ma famille et la désolation dans le royaume. Je viens de mourir précipitée du haut d*une tour ; et ma mère expire écrasée sous un monceau de pierres. Que ce monstre soit jeté dans Tabime, et qu'il se souvienne des maux qu'il a faits. — Qu'on le laisse vivre quelque temps encore , reprit la mère de Roderik, il fera pénitence. » Alors on entendit dans les airs une voix éclatante qui prononça ces paroles: uLes jours de Roderik sont à leur terme : la mesure est comblée; que la justice éternelle s'accomplisse ! » Et aussitôt ceux qui étaient descendus d'en haut y remontèrent ; la terre s'entr'ouvrit, les démons s'engloutirent avec Roderik au milieu d'une épaisse fumée ; et les trois anachorètes ne trouvèrent plus dans Tendroitoù tout cela venait de se passer, qu'un soi aride et une végétation éteinte. — Toute cette vision n'est rapportée que par un historien aujourd'hui peu connu > , et bien des gens ne la regarderont que comme une vision. L'histoire no parle de Roderik qu'avec blâme . et son nom est resté impur pour la postérité ».

Rodriguez (ICNAZIO], — VOtJ. INQUISITION.

Roîs de l'eof^r. — Les rois de l'enfer sont au nombre de sept. On peut les lier depuis trois heures jusqu'à midi, et depuis neuf heuresjusqu'au soir*. Voy. Monarchie infernale.

Rois de France — Il est rapporté dans quelques chroni ]ues que les premiers rois de France portaient une queue comme les singes ; qu'ils avaient du poil de sanglier tout le long de l'épine du dos, etc. On sait aussi que les rois de France guérissaient les écrouelles.

I Sanctii a Cnr<]uba bistoriarnm Hispnniœ antiqiiaru:n, lib 3, scct. 12.

' Nomen ejns in œtcmum putrcscct.... (Lnmbcrtinus de Cruz-Howen. Theatrum regiiim Hlspanise, ab an-

noTll, ad annum 717.)

3 Wicrus, In Pscudoxon. dsemoQ,

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