SAT
cière qui le* faisait venir : Demain , loi et tes fils, vous viendrez me rejoindre. Cras tu et filii tui mecum erunt. C'est aussi Tavis de la plupart des théologiens ' .
Saïuivei . — Amulettes que les femmes madécasses portent au cou et aux poignets ; ce sont des morceaux d'un bois odorant, enveloppés dans une toile ; ils préservent do l'atteinte des sorciers.
S«aohe, — serviteur de Pierre d'Engelbert, qui l'avait envoyé à ses frais au secours d'Alphonse, roi d'Aragon, alors en guerre a\rc la Coslille. Le serviteur revint sain et sauf, quand In guerre fut fmie ; mais bientôt il tomba malade cl mourut. Quatre mois après sa mort, Pierre, couché dans sa chambre, vil ei trer au clair de la lune un spectre à demi nu , qui s'approcha de la cheminée , découvrit le feu rt se chauffa. Pierre lui demanda qui il ctnit. — Je suis, répondit le fantôme d'une voix cassée, Sanchc, votre serviteur. — Eli! que \iens-tu faire ici? — Je vais en Caslille, avec queh|ues autres, expier le mal que nous y avons fait. Moi en particulier, j'ai pillé les ornements d'une église , et je suis condamné )X>ur cela à faire ce voyage. Vous [)Ouvez me soulager par vos bonnes œuvres; et votre femme, qui me doit huit sous, m'obligera en les donnant aux pauvres en mon nom. — Pierre lui demanda des nouvelles de quelques-uns de SCS amis morts depuis peu ; Sanche le satisfît là-dessus. — Et où est maintenant le roi Alphonse? demanda Pierre. Alors un autre spectre , qu'il n'avait pas vu d'abord , et qu'il aperçut dans l'embrasure de la fenèlre , lui dit : — Sanche ne peut rien vous apprendre touchant le roi d'Aragon ; il n'y a pas assez long-temps qu'il est dans notre bande , pour en savoir des nouvelles; mais moi, qui suis mort il y a cinq ans, je puis vous en dire quelque chose. Alphonse, après son trépas, a été quelque temps avec nous ; mais les prières des bénédictins ce Cl uni l'en ont tiré , et je ne sais où il est à présent. — Alors les deux revenants sortirent. Pierre éveilla sa femme et lui demanda si elle ne devait rien à Sanche. — Je lui dois encore huit sous, réponditelle, lierre ne douta plus, fît des prières et distribua des aumônes pour rame du défunt'.
8ang de taureau. — Les anciens le regardaient comme un poison ; Plutarque rapporte que Thémistocle s'empoisonna avec ce sang ; Pline conte que les prêtres d'Égine ne manquaient jamais d'en avaler avant de descen-
> Voyez Bergier, Dict. de théologie , an mot pylhonisse.
> Dom Citimet, Dissertation sur les apparitions.
dre dans la grotte où l'esprit prophétique leâ attendait. Quoi qu'il en soit , le sang de taureau n'empoisonne pas , à moins qu'il ne soit 'vicié; tous les jours on en fait du boudin \ Pline assure que le sang de cheval tue aussi l'homme; mais il se contredit dans un autre passage , lorsqu'il dit que les Sarmates mêlaient de la farine et du sang de cheval pour en faire des gâteaux fort délicats. — Enfin les anciens qui regardaient le sang de taureau comme un poison pour le corps, le regardaient comme un remède pour Tâme : on expiait les crimes en se faisant asperger de sang de taureau. On immolait un taureau , on en recueillait le sang dans un vase dont le fond était percé de petits trous, le criminel se tenait dessous, après quoi il se relirait purifié.
Sausîne , — sorcière et prêtresse du saLbal. Elle est très-considérée des chefs de l'Empire infernal. C'est la première des femmes de Satan. On Ta vue souvent dans les assemblées qui se tenaient au pays de Labour ^
Saniabarenui. — Basile, empereur de Constantinople , ayant perdu son fils Constantin , qu'il aimait uniquement, voulut le voir à quelque prix que ce fût. Il s'adressa à un moine hérétique nommé Santabarenus, qui. après quelques conjurations, lui montra un spectre semblable à son fils '.
Saphîi , — morceaux de papiers sur lesquels sont écrits des passages du Koran , et que les Maures vendent aux nègres , comme ayant la propriété de rendre invulnérables celui qui les porte.
Sapondomad , — génie SOUS la protection duquel est la terre , et qui , selon les Guèbres , fait des souhaits pour celui qui la cultive , et des imprécations contre celui qui la néglige.
Sarmenroi-liapîf , — pierre à laquelle on attribuait la vertu de prévenir les avortements.
Sat , — divination par le sas ou tamis. Voy,
COSQUINOHANCIB.
Sare ( MARGUERITE ] ; — prévenue de sorcellerie à seize ans, elle mourut en prison à Bordeaux, où elle avait été renfermée pour avoir fait un pacte avec le diable*. — Vers l'an 4600.
Saton , — démon du premier ordre , chef des démons et de l'enfer, selon l'opinion géné-
< M. Salgues, des Erreurs et des préjugés.
' Delancre, Tableau de Tipconstance des dém., etc. p. 141.
s Michel Olycas.
4 Delancre, Tableau de l'iQcopstance des dém., e^c. , p. 95.
8AT — 438 — se»
raie; démon de la discorde, selon les démo- langage du pays, se dirent être d'une (erre
nomanes, prince révolutionnaire dans Tempire d'antipodes, où le soleil ne luisait, et ne
de Belzcbulh. Quand les anges se révoltèrent voyaient que par une lumière sombre qui
contre Dieu, Satan, alors gouverneur d'une* procédait le soleil d orient, ou suivait celui
partie du nord dans le ciel, se mit à la tète des rebelles; il fut vaincu et précipité dans Tabime. Le nom de Satan , on hébreu , veut dire ennemi , adversaire. Milton dit que Satan est semblable à une tour par sa taille, et, un peu plus loin il fixe sa hauteur à quarante mille pieds. — On a publié» il y a vingt ans , une Lettre de Satan aux francs-maçons; elle eût pu être plus piquante. On voit de nos jours, à Paris, un journal intitulé Satan, comme il y en a un à Bruxelles, intitulé Méphislophélès. Ce ne sont pas des esprits bien spirituels qui se mettent ainsi sous le couvert des esprits malins.
Satyrei. — Les Satyres étaient, chez les païens, des divinités champêtres qu'on représentait comme de petits hommes velus, avec des cornes et des oreilles de chèvre, la queue, les cuisses et les jambes du même animal. Pline le naturaliste croit que les satyres étaient une espèce de singes; et il assure que dans une montagne des Indes il se trouve des singes qu'on prendrait de loin pour des hommes : ces sortes de singes ont souvent épouvanté les bergers. Les démonomanes disent que les satyres n'ont jamais été autre chose que des démons, qui ont paru sous cette figure sauvage ; lescabalistes n'y voient que des gnomes. — Saint Jérôme rapporte que saint Ânlo'ne rencontra, dans son désert, un satyre qui lui présenta des dattes, et l'assura qu'il était un de ces habitants des bois que les païens avaient honorés sous les noms de satyres et de faunes ; il ajouta qu'il était venu vers lui comme député de toute sa nation , pour le conjurer de prier pour eux le Sauveur, qu'ils savaient bien être venu en ce monde. Les satyres ne seraient ainsi que des sauvages. — Le maréchal de Beaumanoir, chassant dans une forêt du Maine, en 4599, ses gens lui amenèrent un homme qu'ils avaient trouvé endormi dans un buisson, et dont la figure était très-singulière : il avait au haut du front deux cornc.^ , faites et placées comme celles d'un bélier ; il était chauve, et avait au bas du menton une barbe rousse par flocons, telle qu'on peint celle des satyres. 11 conçut tant de chagrin de se voir promener de foire en foire, qu'il en mourut à Paris, au bout de trois mois. On l'enterra dans le cimetière de Saint-Côme. — « Sous le roi Etienne, dit Leloyer, en temps de moissons , sortirent en Angleterre deux jeunes enfai.tà de couleur verte, ou plutôt deux satyres, mâle et femelle, qui, après avoir appris le
d'occident. Au surplus, étaient chrétiens et avaient des églises. » — Enfin , un rabbin s'est imaginé que les satyres et les faunes des anciens étaient en effet des hommes; mais dont la structure était resiée imparfaite, parce que dieu, lorsqu'il les faisait, surpris par le soir du subbat , avait interrompu son ou-
vrage.
Saubadîne de Subîette, — mère de Marie de Naguille, sorcière, que sa fille accusa de l'avoir menée au sabbat plusieurs fois*.
Savte-BuMsoB. — Voy, Vëhdelet.
Sauterellei. — Pendant que Charles-le- Chauve assiégeait Angers , des sauterelles , grosses comme le pouce, ayant six ailes, vinrent assaillir les Français. Ces ennemis d'un nouveau genre volaient en ordre, rangés en balai lie, et se faisaient éclairer par des piqueurs d'une forme élancée. On les exorcisa, suivant l'usage du temps, et le tourbillon, mis en déroule, s'alla précipiter dans la mer*.
Sauveurs d'Italie, — Charlatans qui se disent parents de saint Paul , et portent imprimée sur leur' chair une fi,^ure de serpent qu'ils donnent pour naturelle Ils se vantent de ne pouvoir être blessés par les serpents , ni par les scorpions , et de les manier sans danger.
Savon. — Dans Tile de Candie et dans la plupart des fies de la Turquie et de la Grèce, on évite d'offrir du savon à quelqu'un. On craindrait par là d'effacer l'amitié.
Savonarole ( JEROME ), — célèbre dominicain ferrarais du quinzième siècle. — Machiavel dit qu'il avait persuadé au peuple de Florence qu'il parlait avec Dieu. Nardin, dans son histoire de Florence, livre II, dit que les parli^snns de Savonarole étaient appelés Piaguoni, les pleureurs, et ses ennemis Arrabiati, les enragés ou les mdisciplinables^. Nous ne jugerons pas ici cet homme de mérite, qui put bien avoir des torts.
Sohada-SchÎTaoun, — génies indi ns qui régissent le monde. Ils ont des femmes; mais ce ne sont que des attributs personnifiés. La principale se nomme Houmani : c'est elle qui gouverne le ciel et la région des astres.
' Delancre , Tableau de rinconstance des dém., sorc et magie, liv. ii, p. 119.
> M. Garinet, Hist. de la magie en France, p. 48.
3 Saint-Foix, t. IH, p. dm.
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Sckadukiam, — province du Ginniaan, que les romans orientaux disent peuplée de dives et de péris.
SckMBttM, — sorciers de la Sibérie, qui foot des conjurations pour retrouver une vache perdue , pour guérir une maladie , et qui invoquent les esprits en faveur d'une entreprise ou d'un voyage. Us sont très-redoutés.
BobMtt ( FBRDinANS ), auteur de la Mag(d poUhuma,0\mutZy 4706. Voy. Vampiee».
BdÊouwaauê ^ — fées malfaisantes très-redoutées des Kalmouks; elles se. nourrissent du sang et de la chair des humains, prennent souvent la forme de femmes charmantes, mais un air sinistre, un regard perBde dévoilent leur âme infernale. Quatre dents de sanglier sortent ordinairement de leur bouche, qui se prolonge quelquefois en trompe d*éléphant.
Sckroter (Ulrich ]. — En 4553, à Willissaw, dans le canton de Lucerne , un joueur de profession, nommé Ulrich Schroter, se voyant malheureux au jeu, proférait des blasphèmes qui ne rendaient pas ses parties meilleures. Il jura que, s'il ne gagnait pas, dans la chance qui allait tourner, il jetterait sa daigue contre un crucifix qui était sur la cheminée. Les menaces dUlricl; n'épouvantèrent )oint celui dont il outrageait l'image; Ulrich perdit encore. Furieux, il se lève, lance sa dague, qui n'atteignit point son but sacrilège, et aussitôt, disent les chroniques du temps, une Iroupededémonstombesurluiel l'enlève, avec un bruïl si épouvantable , que toute la ville en fut ébranlée*.
Sctamanoîe, — Divination qui consiste à évoquer les ombres des morts, pour apprendre les choses futures. Elle différait de la nécromancie et de la psychomancie, en ce que ce n'était ni l'âme ni le corps du défunt qui paraissait, mais seulement un simulacre.
Soîenoei Seorètei. — On donne ce nom à la magie, a la théurgie» à Part notoire, à la plupart des divinations, aux pratiques des grimoires, etc.
Soinuuar , — une des douze espèces d'augures que Michel Scot distingue dans son Traité de la physionomie. Il l'appelle Scimasar Nova. Lorsque vous voyez, dit-il un homme ou un oiseau derrière vous, qui vous joint et vous passe, s'il passe à votre droite, c'e&t bon augure, et mauvais s'il passe à votre gauche.
BQw^ùà9» , — peuples fabuleux de l'Ethiopie, dont parle Pline, leequels, n'ayant qu'un