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dessus l'épaule gauche. — Les Écossais attribuent une vertu extraordinaire à Teau saturée de sel ; les habitants des Hébrides et des Orcadcs n'oublient jamais de placer un vase rempli d'eau et do sel sur la poitrine des morts, afin, disent-ils, de chasser les esprits infernaux. — Le sel est le symbole de Téternité et de la Sagesse, parce qu'il ne se corrompt point. Voy. Salière.
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Sépulture. — Quelques philosophes qui voyageaient en Perse ayant trouvé un cadavre abandonné sur le sable, l'ensevelirent et le mirent en terre. La nuit suivante, un spectre apparut à l'un de ces philosophes et lui dit que ce mort était le corps d'un infâme qui avait commis un inceste , et que la terre lui refusait son sein. Les philosophes se rendirent le lendemain au même lieu pour déterrer le cadavre , mais ils trouvèrent la besogne faite, et continuèrent leur route sans plus s'en occuper •. Voy. Funérailles.
SermoiM. — Le diable, qui affecte de singer tous les usages de TËglise, fait faire au sabbat des sermons auxquels doivent assister tous les sorciers. C'est Asmodée qui est le prédicateur ordinaire ; et plusieurs sorcières ont rapporté lui avoir entendu prêcher des abominations.
Serotoh, — génie de la terre chez les Parsis. C'est lui qui préserve l'homme des embûches du diable.
Serpent. — C'est sous cette fi^^çure redoutée que Satan fit sa première tentation. Voy, Samael. — Le serpent noir de Pcnsylvanie a le pouvoir de charmer ou de fasciner les oiseaux et les écureuils : s'il est couché sous un arbre et qu'il fixe ses regards sur l'oiseau ou récureuil qui se trouve au-dessus de lui, il le force à descendre et à se jeter directement dans sa gueule. Cette opinion est du moins très-accréditce, parce qu'elle tient du merveilleux : on en peut trouver la source dans l'effroi que le serpent noir cause à l'écureuil. Un de ces animaux, troublé par la frayeur, a pu naturellement tomber de son arbre , et le peuple, qui se fait des prodiges toutes les fois que l'occasion s'en présente, a bien vite attribué à des charmes un effet qu'il éprouve lui-même à tout instant. — Il y a dans les royaumes de Juida et d'Ardra, en Afrique, des serpents très-doux , très-familiers, et qui n'ont aucun venin ; ils font une guerre continuelle aux serpents venimeux : voilà sans doute l'origine du culte qu*on commença et
qu'on a continué de leur rendre dans ces contrées. — Un marchand anglais, ayant trouvé un de ces serpents dans son magasin, le tua, et, n'imaginant pas avoir commis une action abominable, le jeta devant sa porte. Quelques femmes passèrent, poussèrent des cris affreux , et coururent répandre dans le canton la nouvelle de ce sacnlége. Une grande fureur s'empara des esprits; on massacra les Anglais; ou mit le feu à leurs comptoirs, et leurs marchandises furent consumées par les flammes. — Il y a encore des chimistes qui soutiennent que le serpent, en muant et en se dépouillant de sa peau, rajeunit, croît, acquiert de nouvelles forces, et qu'il ne meurt que par des accidents, et jamais de mort naturelle. On ne peut pas prouver par des expériences la fausseté de cette opinion ; car, si on nourrissait un serpent, et qu'il vînt à mourir, les partisans de son espèce d'immortalité diraient qu'il est mort de chagrin de n'avoir pas sa liberté , ou parce que la nourriture qu'on lui donnait ne convenait point à son tempérament. Voy. Alexandre de PapiiLAGONiE, Ane, etc.
Xae grand Serpent de Mer. — On se rappelle le bruit que fit, en 1837, la découverte du grand serpent de mer, vu par le navire le Havre, à la hauteur des Açores.Tous les journaux s'en sont occupés; et après s'en être montrée stupéfaite, la presse, faisant volte-face, a présenté ensuite le grand serpent marin comme un être imaginaire. M. B. de Xivrey a publié à ce propos, dans le Journal des Débats , des recherches curieuses que nous reproduisons en partie. — « Les mers du Nord, dit-il, paraissent être aujourd'hui la demeure habituelle du grand serpent de mer, et son existence est en Norvège un fait de notoriété vulgaire. Ce pays a vu souvent échouer sur ses côtes des cadavres de ces animaux , sans que l'idée lui soit venue de mettre de l'importance à constater ces faits. Les souvenirs s'en sont mieux conservés lorsqu'il s'y joignait quelque autre incident plus grave , comme la corruption de l'air, causée quelquefois par la putréfaction de ces corps. Pontoppidan en a cité des exemples, mais jamais on n'avait pensé à rédiger à foccasion de pareils faits un procès- verbal. » — Celui qui fut rédigé à Stronza offre les notions les plus précises que l'on possède sur la figure du serpent de mer. Nous y voyons notamment ce signe remarquable de la crinière, dont les observateurs plus anciens et les récits des Norvégiens s'accordent à faire mention. Nous le trouvons dans la lettre datée de Bergen, âl février 4751, et oO le capitaine Laurent de Ferry termiqe ainsi
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sa descriplion du serpent de mer qu'il renconlra : « Sa tèle, qui s'élevait au-dessus des vagues les plus hautes , ressemblait à celle d'un cheval ; il était de couleur grise avec la bouche très-brune, les yeux noirs et une longue crinière qui flottait sur son cou. Outre la tète de ce replile, nous pûmes distinguer sept ou huit de ses replis, qui étaient très-gros et renaissaient à une toise Tun de l'autre. Ayant ra<:onlé cette aventure devant une personne qui désira une relation aulheolique, je la rédigeai et la lui remis avec les signatures des doux matelots, témoins oculaires, Nicolas Peverson Kopper et Nicolas Nicolson Anglevs^even, qui sont prêts à attester sous serment la description que j'en ai faite. » — C'est probablement celte crinière que Paul Egèie compare à des oreilles ou à des ailes dans a description du serpent marin qu'il vit dans son second voyage au Groenland : « Le 6 juillet, nous aperçûmes un monstre qui se dressa si haut sur les vagues, que sa tète atteignait la voile du grand mât. Au lieu de nageoires, il avait de grandes oreilles pendantes comme des ailes; des écailles lui couvraient tout le corps, qui se terminait comme celui d'un serpent. Lorsqu'il se reployait dans Teau, il s'y jetait en arrière et, dans cette sorte de culbute, il relevait sa queue de toute la longueur du navire. » — « Olaiis Magnus , archevêque d'Upsal au milieu du seizième siècle, fait une mention formelle de cette crinière dans le portrait du serpent de deux cents pieds de long et de vingt de circonférence , dont il parle comme témoin oculaire : « Ce serpent a une crinière de deux pieds de long; il est couvert d*écailles et ses y«ux brillent comme deux flammes ; il attaque quelquefois un navire, dressant sa tête comme un mât et saisissant les matelots sur le tillac. » — Les mêmes caractères , qui se reproduisent dans d'autres récits dont la réunion serait trop longue , se retrouvent dans les descriptions des poètes Scandinaves. Avec une tête de cheval , avec une crinière blanche et des joues noires, ils attribuent au serpent marin six cents pieds de long, lis ajoutent qu'il se dresse tout à coup comme un mât de vaisseau de ligne , et pousse des sifflements qui effraient comme le cri d'une tempête. Ici nous apercevons bien les effets de Texagération poétique ; mais nous n'avons pas les données suffisantes pour marquer le point précis où elle abandonne la réalité. ^ En comparant ces notions* avec ce que peuvent nous offrir
■ Fournies par Vauteur anglais d*an article de la Re- (rospeelive Rfieto, traduit en 1835 dans la lUwte bnt'innique.
d'analogue led traditions du moyeu âge et de l'antiquité, je trouve des similitudes frappantes dans la description qu'Albert-le-Grand nous a laissée du grand serpent de l'iode : « Avicenne en vit un, dit-il, dont le cou était garni dans toute sa longueur de poils longs et gros comme la crinière d'un cheval : Et v%su& est unu$ ab Avicenna^ in cujus cotto secundum latitudinem colli, étant pili desoendenles hmgi et grossi ad modum jubarum equi.» — Albert ajoute que ces serpents ont à chaque mâchoire trois dents longues et proéminentes. — Celte dernière circonstance paraît une vague réminiscence de ce que Ctésias, dans ses Indiques , et d'après lui Blien , dans ses Propriétés des animaux, ont rapporté du ver du Gange.
Pour la dimension , ce ver est sans doute inférieur à la grandeur que peut atteindre le serpent hiarin , puisque ces auteurs grecs lui donnent sept coudées de long et une circonférence telle qu'un enfant de dix ans aurait de la peine à l'embrasser. Les deux dents dont ils le disent pourvu, une à chaque mâchoire, lui servent à saisir les bœufs, les chevaux ou les chameaux qu'il trouve sur la rive du fleuve, où il les entraîne et les dévore. — Il est à propos de remarquer ici qu'un grand nombre de traits d'Uérodots et même de Ctésias , rejetés d'abord comme des contes ridicules, ont été plus tard repris pour ainsi dire en sous-œuvre par la science, qui souvent y a découvert des faits vrais et même peu altérés. Malte-Brun a plusieurs fois envisagé Ctésias sous ce point de vue. — Nous arrivons naturellement à l'épouvantable animal appelé Odontotyrannus , dans les récits romanesques des merveilles qu'Alexandre rencontra dans l'Inde. Tous les romans du moyen âge sur ce conquérant, provenant des textes grecs désignés sous le nom de Pseudo-Callisthène , sont unanimes sur YOdontottjrannuSf dont parlent aussi plusieurs auteurs byzantins. Tous en font un animal amphibie , vivant dans le Gange et sur ses bords , d'une taille dont la grandeur dépas^e toute vraisemblance : c tel, dit Palladius, qu*il peut avaler un éléphant tout entier. » Quelque ridicule que soit celte dernière circonstance, on pourrait y voir une allusion hyperbolique à la manière dont les p'us gros serpents terrestres dévorent les grands quadrupèdes, comme les chevaux et les bœufs ; ils les avalent en effet sans les diviser, mais après les avoir broyés, allongés en une sorte de rouleau informe, par les puissantes étreintes et les secousses terribles de leurs replis. — H est vrai que M. Gropfe, par une docte dissertation insérée dans les mémoires de l'académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, a prétendu que
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VOdonioiyrannus des traditions du moyen âge devait éire un souvenir du mammouth. Le savant russe ne peut guère fonder cette singulière interprétation que sur les versions latines du roman d'Alexandre , dont monsignor Mai a publié un texte en 4848, sous le nom de Julius Valerius. Il est dit que VOdontotyrannus foula aux pieds {concukavit) un certain nombre de soldats macédoniens. Le même récit se trouve dans une prétendue lettre d'Âiexandre à Âristote, et dans un petit traité, Des Monstres et des Bêtes extraordinaires, récemment publié. Mais dans les auteurs grecs que je viens d'indiquer, c'est-shdire les divers textes grecs inédits du Pseudo-Callisthène, et Palladius, Cédrène , Giycas, Hamartolus, on n'ajoute aucun détail figtiratif à Toxpression d'une grandeur énorme et d'une nature amphibie. — Pour la qualité d'<imphie, qui n'appartient certainement pas au mammouth, peut-elle s'appliquer au grand serpent de mer? Sir Everard Home, en proposant de placer parmi les squales celui qui avait échoué sur la plage de Stronza, a prouvé par là qu'il le regardait comme un véritable poisson. Mais si l'on en fait un reptile on lui supposera par cela même une nature amphibie avec la faculté de rosier iadédniment dans l'eau , et Ton pourra en même temps rapporter au même animal les exemples de serpents énormes vus sur terre et consignés de loin en loin dans la mémoire des hommes. — Le serpent de mer dont Olaiis Magnus a conservé une description était, au rap|)ort du même prélat, un serpent amphibie qui vivait de son temps dans les rochers aux environs de Bergen, dévorait les bestiaux du voisinage et se nourrissait aussi de crabes. — Un siècle plus tard , Nicolas Grammius , ministre de l'Évangile à Londen en Norvège, citait un gros serpent d'eau qui , des rivières MIos et Banz, s'était rendu à la mer le 6 janvier 1656. « On le vit s'avancer tel qu'un long mai de navire, renversant tout sur son passage, même les arbre» et les cabanes. Ses sifflements', ou plutôt ses hurlements, faisaient frissonner tous ceux qui les entendaient. Sa tête était aussi grosse qu'un tonneau , el son corps , taillé en proportion , s'élevait au-dessus des ondes à une hauteur considérable. » ~ En des temps plus anciens, nous citerons : le serpent de l'île de Rhodes, dont triompha au quatorzième siècle le chevalier Gozon qui, par suite de cet exploit, trop légèrement traité de fable , devint grand-mallre de l'ordre de Saint-Jeande-Jérusalem. — Au sixième siècle, celui que Grégoire do Tours rapporte avoir été vu à Rome dans une inondation du Tibre, et qu'il re-
présente grand comme une forte poutre : in mo* dum trahis validœ Le mot dracOy dont se sert là notre vieil historien, est le terme de la bonne latinité, où il signifie seulement un grand serpent. — Dans l'antiquité proprement dite, Suétone nous apprend qu'Auguste publia aux comices, c'est-à-dire annonça officiellement, le découverte faite en Ëtrurie d'un serpent long de soixante-quinze pieds. — Dion Cassius dit que sous le même prince on vit dans la même contrée un serpent de quatre-vingtcinq pieds de long, qui' causa de grands ravages et fut frappé de la foudre. — Le plus célèbre de tous ceux dont ont parlé les auteurs anciens est celui qu'eut à combattre l'armée romaine près de Carthage , sur les bords du lac Bagrada , pendant le second consulat de Régulus, Tan de Rome 498, qui répond à Tannée 256 avant Jésus-Christ. Ce serpent avait cent vingt pieds de long et causait de grands ravages dans l'armée romaine. Régulus fut obligé de diriger contre lui les balistes et les catapultes, Jusqu'à ce qu'une pierre énorme lancée par une de ces machines l'écrasa. Le consul, pour prouver au peuple romain la nécessité où il se trouvait d'employer son armée à cette expédition extraordinaire, envoya à Rome la peau du monstre, et on la suspendit dans un temple où elle resta jusqu'à la guerre de Numance. Mais^ la dissolution du corps caiisa une telle infection qu'elle força l'armée à déloger. Il n'y a peut-être pas dans l'histoire de fait mieux attesté, plus circonstancié et raconté par un plus grand nombre d'auteurs. — Philostorge parle de peaux de serpents de soixante-huit pieds de long , qu'il avait vues à Rome. — Diodore rapporte qu'un serpent de quarante - cinq pieds de long fut pris dans le Nil et envoyé vivant à Ptolémée Philadelphe à Alexandrie. Strabon, qui, d'après Agatharchides , parle d'autres serpents de la même grandeur, cite ailleurs Posidonius qui vit dans la Célé-Syrie un serpent mort de cent vingt pieds de long et d'une circonférence telle que deux cavaliers, séparés par son corps ne se voyaient pas. — Alléguerons-nous ce que le même Strabon rapporte d'après Onésicrite, que dans une contrée de l'Inde, appelée Aposisares, on avait nourri deux serpents, l'un de cent vingt pieds, l'autre de deux cent dix, et qu'on désirait beaucoup les faire voir à Alexandre ! — Si nous ajoutions le serpent que Maxime de Tyr prétend avoir été montré par Taxile au même conquérant, et qui avait cinq cents pieds de long , nous arriverions dans les traditions de l'Orient, presqu'au même degré d'extension où nous avons vu les traditions scandin**-