‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 292 sur 319 · TÊT · texte numérisé non relu

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donnâtes liberlé à tous sorciers et enchanteurs et autres divinateurs , de tenir libres écoles en chambres de votre Louvre et môme dans votre cabinet, à chacun d'iceux une heure le jour pour mieux vous inf^truirc, vous savez qu'ils vous ont donné un esprit familier nommé Terragon. Vous savez qu*a»»siiù que vous vîtes Terragon, vous rappelàies v(,lrtî frère en l'accolant. » On ajoutait sur ce démon familier des choses détestables, a Vous savez , Henri , que Terragon vous donna un anneau et que dans la pierre de cet anneau votre âme était figurée. » — Ces singularités ne viennent que d'un pamphlet. Mais toutefois Henri HI était fort superstitieux et s'occu-pait de magie. Voy, Henri HI.

Terre. — Félix Nogaret a exploité une opinion bizarre de quelques philosophes dans un petit ouvrage intitulé La terre est un animal j in-46, Versailles an HI. — Lyon possède un astronome qui met en avant une autre théorie. Il prétend que la terre est une éponge qui se soulève et qui s'abaisse chaque jour au-dessus ou au-dessous du soleil, de manière à former les jours et les nuits. Les éclipses sont impossibles d'après son système , puisque les astres sont immobiles. Nous oubliions de dire que, selon lui, la terre respire à la manière des éléphants : les volcans sont ses narines. —Par le temps de professions de foi qui court, disait rUnion catholique* , il ne serait peut-être pas déplacé que l'illustre auteur de cette belle découverte formulât son système de là terreéponge.

Terrestres OU Souterrains , — Espèces de

démons que les Chaldéens regardaient comme menteurs, parce qu'ils étaient les plus éloignés de la connaissance des choses divines.

Terreurs penîqaes. — Un cavalier pariait qu'il irait, la nuit, donner la main à un pendu. Son camarade y court avant lui , pour s'en assurer. Le cavalier arrive bientôt, tremble, hésite; puis, s'encourageant, prend la main du pendu et le salue. L'autre, désespéré de perdre la gageure , lui donne un grand soufflet, tellement que celui-ci se croyant frappé du pendu , tombe à la renverse et meurt sur la place. Voy. Retz, Frayeur, etc.

TervîUes. — Démons qui habitent la Norwège avec les droites. Us sont méchants, fourbes, indiscrets et font les prophétiseurs>.

Tespesîoa , — Enchanteur qui, pour montrer qu'il pouvait enchanter les arbres, corn-

ï 16 juillet 1842.

> Leioyer, Ilist. dc3 spectres ou appar., etc., Ut. vi, p. 3:29.

manda à un orme de saluer Apollonius de Tyanes; ce que l'orme fit d'une voix grêle ».

Tèie. — M. Salgues cite Phlégon, qui rapporte qu'un poêle nommé Publius ayaut été dévoré par un loup qui ne lui laissa que la loto, c -tic lèie^ saisie d'un noble enthousiasme, articula vingt vers qui prédisaient la ruine de rcnipiru romain; il cite encore A'rislole, qui atteste qu'un prêtre de Jupiter ayant ^Ic tué, sa tête séparée de son corps nomma son meurtrier, lequel fui arrêté, jugé et condamné sur ce témoignage. Voy. Polycrite.

Tète de Bophomet. — M. de Hammer a pubUé en 4848 une découverte intéressante pour l'histoire des sociétés secrètes. 11 a trouvé, dans le cabinet des antiquités du Muséum impérial de Vienne, quelqi^es-unes de ces idoles nommées tètes de Bophomet , que les templiers adoraient. Ces têtes représentent la divinité des gnosliques , nommée mété ou la sagesse. On y retrouve la croix tronquée , ou la clef égyptienne de la vie et de la mort, le serpent, le soleil , la lune, l'étoile du sceau, le tablier, le flambeau à sept branches, et d'autres hiéroglyphes de la franc-maçonnerie. M. de Hammer prouve que les templiers, dans les hauts grades de leur ordre, abjuraient le christianisme, et se livraient à des superstitions abominables. Les templiers et les francs-maçons remontent, selon lui, jusqu'au gnoslicisme, ou du moins, certains usages ont été transmis, par les gnostiques, aux templiers, et par ceuxci aux francs-maçons. — On garda long-temps à Marseille une de ces têtes dorées saisie dans un retraitde templiers, lorsqu'on fit leur procès.

Tète de mort. — Un roi chrétien , voulant connaître le moment et le genre de sa mort , fit venir un nécromancien , qui , après avoir dit la messe du diable , fit couper la tète d'un jeune enfant de dix ans, préparé pour cet effet. Ensuite il mit cette tète sur l'hostie noire, et, après certaines conjurations, il lui oom-manda de répondre à la demande du prince. Mais la tète ne prononça que ces mots : Le ciel me vengera *\ .. Et aussitôt le roi entra en furie , criant sans cesse : Otez-moi cette tête! Peu après il mourut enragé'.

Tète de seînt Jeen. — Un devin s'était rendu fameux dans le dix-septième siècle par la manière dont il rendait ses oracles. On entrait dans une chambre éclairée par quelques flambeaux . On voyait sur une table une représentation qui figurait la tête de saint Jean*

' Jacques d'Aatan, rincrédnlité savante* > L'original porte : Yim patior.

' Bodin, ]>émonomMiie des sordertt

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Baptiste dans un plat. Le devin affectait quelques cérémonies magiques ; il conjurait ensuite cette tête de répondre sur ce qu'on voulait savoir, et la télé répondait d'une voix intelligible^ quelquefois avec une certaine exactitude. Or, voici la clef de ce mystère : la table qui se trouvait au milieu de la chambre, était soutenue de cinq colonnes, une à chaque coin et une dans le milieu. Celle du milieu était un tuyau de bois; la prétendue tête de saint Jean était de carton peint au naturel , avec la bouche ouverte , et correspondant , par un trou pratiqué dans le plat et dans la table , à la cavité de la colonne creuse. Dans la chambre qui se trouvait au-dessous , une personne , parlant par un porte-voix dans cette cavité , se faisait entendre très-distinctement; la bouche de la tèteavait l'air de rendre ces réponses.

Tétragraininatîon , — mot mystérieux employé dans la plupart des conjurations qui évoquent le diable.

Teutarpoulier , — génie redouté des Bretons des environs de Morlaix. Il se présente sous la forme d'un chien , d'une vache , ou d'un autre animal domestique.

TeoM, — génie bienfaisant, révéré dans le Finistère ; il est vêtu de blanc, et d'une taille gigantesque, qui croit quand on l'approche. On ne le voit que dans les carrefours, de minuit à deux heures; quand vous avez besoin de son secours contre les esprits malfaisants, il vous sauve sous son manteau. Souvent, quand il vous tient enveloppé, vous entendez passer avec un bruit affreux le chariot du diable, qui fuit à sa vue, qui s'éloigne en poussant des hurlements épouvantables , en sillonnant d'un long trait de lumière l'air, la surface de la mer , en s'abîmant dans le sein de la terre ou dans les ondes*.

Teuutèf , -* le Pluton des Gaulois. On l'adorait dans les forêts. Le peuple n'entrait dans ces forêts mystérieuses qu'avec un sentiment de terreur, fermement persuadé que les habitants de l'enfer s'y montraient , et que la seule présence d'un druide pouvait les empêcher de punir la profanation do leur demeure. Lorsqu'un Gaulois tombait à tcrrb, dans une enceinte consacrée au culte, il devait se hâter d'en sortir : mais sans se relever et en se traînant à genoux, pour apaiser les êtres surnaturels qu'il croyait avoir irrités \

Thalmud , — livre qui contient la doctrine, les contes merveilleux , la morale et les tra-

> Le Peut Albert, p. 78.

> Cambry, Voyage dans le Finistère.

9 M* Garinet, Uiat, de la magie en France, p. 3.

ditions des Juifs modernes. Environ cent ving^ ans après la destruction du temple, le rabbin Juda-Hacc4)dosch, que les Juifs appelaient noire saint maître , homme fort riche et fort estimé de l'empereur Antonin-le-Pieux, voyant avec douleur que les Juifs dispersés commençaient à perdre la mémoire de la loi qu'on nomme orale, ou de tradition, pour la distinguer de la loi écrite , composa un livre où il renferma les sentiments, les constitutions, les traditions de tous les rabbins qui avaient fleuri jusqu'à son temps. Ce recueil forme un volume in-folio ; on l'appelle spécialement la mischna ou seconde loi. Cent rabbins y ont joint des commentaires dont la collection se nomme Gémare, Le tout embrasse douze volumes infolio. — Les Juifs mettent tellement le Thalmud au-dessus de la Bible , qu'ils disent que Dieu étudie trois heures par jour dans la Bible, mais qu'il en étudie neuf dans le Thalmud.

Thamus, — démon du second ordre, inventeur de l'artillerie. Ses domaines sont les flammes, les grils, les bûchers. Quelques dé«monomanes lui attribuent l'invention dés bracelets que les dames portent.

Thèagènei, VOy, OrACLES.

Théanttf , — femme mystérieuse. Foy.

Obëreit.

Thème oélefte. — Ce terme d'astrologie se dit de la figure que dressent les astrologues lorsqu'ils tirent l'horoscope. Il représente l'état du ciel à un point fixe, c'est-à-dire le lieu où sont en ce moment les étoiles et les planètes. Il est composé de douze triangles enfermés entre deux carrés, et on les appelle les douze maisons du soleil. Voy. Astrologie.

Tbemura, — l'une des trois divisions de la cabale rabbinique. Elle consiste : \^ dans la transposition et le changement des lettres; 2o dans un changement de lettres que l'on fait en certaines combinaisons équivalentes.

ThéooUméiia , — devin qui descendait en ligne directe de Mélampus do Pylos, et qui devinait à Ithaque dans l'absence d'Ulysse.

Théodat , — voy. Onomangib.

Théodorio, — roi des Goths. Sous son règne, les deux plus illustres sénateurs, Symmaque et Boëce, son gendre, furent accusés de crimes d'état, et mis en prison; Boëœ était chrétien. Il fut mis à mort l'an 521 , et son beau-père eut le même sort Tannée sui*' vante. -- Un jour les officiers de Théodoric ayant servi sur sa table un gros poisson , il crut voir dans le plat la tête de Symmaque , fraichemeDt coupée, qui le regardait d^un air

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tiitknt; i( en foi sî éponvamté, qu'il en prit un ffîsdon : il se mît au lit et mourut au désespoir.

Ybéomanoie, — partie de la Cabale des Juifs qui éfudie ies mystères de la divine majesté et recherche les noms sacri^s. Celui qui possède cette science sait ('avenir, commande à la nature, a plein pouvoir sur les anges et les diables, et peut faire des prodiges. Dés rabbins ont prétendu que c'est par ce moyen que Moïâe a tant opéré de merveilles ; que Josué a pu arrêter le soleil; qu'Elie a fait tomber le feu du ciel et ressuscité un mort ; que Daniel a fermé la gueule des lions ; que les trois enfants n'ont pas été consumés dans la fournaise, etc. — Cependant, quoique trèsexperts aussi dans les noms divins , les rabbins juifs ne font plus rien des choses opérées chez leurs pères.

Théraphîm. — Selon rabbi Aben-Esra, les idoles, que les hébreux appelaient téraphim, étaient des talismans d'airain, en forme de cadrans solaires , qui faisaient connaître les heures propres à la divination. Pour les faire on tuait le premier-né de la maison , on lui arrachait la tète, qu*on salait de $el mêlé d'huile; puis on écrivait sur une lame d'or le nom de quelques mauvais esprits; on mettait cette lame sous la langue de l'enfant; on attachait la tète coupée à la muraille, et, après avoir allumé des flambeaux devant elle, on lui rendait à genoux de grands respects. Cette figure répondait aux questions qu'on avait à lui faire; on suivait ses avis; et on traçait sur ses indications les figures du Ihéraphim. Selon d'autres rabbirts les Ihéraphims étaient deâ mandragores.

Yh«ffpeiiiis. — Citoyen de Crlîcip, cdnnu de Plutarque. C'était un mauvais sujet qui exerçait toutes sortes de friponneries , et se ruiuait de jour en jour de fortune et de réputation. L'dracle lui avait prédit que ses affaires n'iraient bien qu'après sa mort. En conséquence, il tomba du haut de sa maison, se cassa le cou et mourut. Trois jours après, lorsqu'on allait faire ses funérailles , il revint à la vie et fut dès lors le plus juste, le plus pieux et le plui homme de bien de la CiUcie. Comme on lui demandait la raison d'un tel changement, il disait qu'au moment do sa chute son âme s'était élevée jusqu'aux étoiles, dont it avait admiré la grandeur immense et ' Téclat Mif prenant ; qu'il avait vu dans l'air Un grand nombre d'âmes, les unes enfermées dans des tourbillons enfiammés , k» antres pirou^tanl an tout sens» celleshci trè»^mbarrassées et poustant des gémiasenraola doulou-

reux ; celles-là, nnoins nombreoaet, s'ék^vant en haut avec rapidité et se réjoaisa&nl avec leurs semblables. H racontait (ooa led supplices des scélérats dans Faotre vie; et il ajoutait que, pour ?ui, une âme de sa connaissance ?ui avait dit qu il n'était pas encore mort, mais que , par ta permission des dieox , son âme était venue faire ce petit voyage de faveur, et qu'après cela il était rentré dans son corps poussé par un souffle impétoens. Pour vous, lecteur, croyez-moi , n'attendez pas la mort pour bien vivre.

. ThAMalieiiBM. — La Thessalie possédait un si grand nombre de sorciers, et surtout de sorcières, que le nom de sorcière et de J/iessalienne étaient synonymes.

Thèorfie, — art de parvenir à des connaissances surnaturelles et d'opérer des miracles par le secours des esprits ou génies que les païens nommaient des dieux , et que les pères de TEglise ont appelés des démons. Cet art imaginaire a été recherché et pratiqué par un grand nombre de philosophes. Mais ceux des troisième et quatrième siècles qui prirent le nom d'éclectiques ou de nouveaux platoniciens, tels que Porphyre, iulien, Ikmblique, Maxime, en furent principalement entôles. Ils se persuadaient que par des formu* les d'invocation , par certaines pratiques, on pouvait avoir un commerce familier avec les esprits , leur commander, connaître et opérer par leurs secours des choses supérieures aux forces de la nature. Ce n'était, dans le fond, rien autre chose que la magie. Mais ces philosophes en distinguaient deux espècee, savoir : la magie noire et malfaisante, qu'ils hommaient goélie , et dont ils attribuaient les effets aux mauvais démons, et la magie bienfaisante qu'ils appelaient tkéurgie, c'est-à- ^ll*e opération divine par laquelle on imoquait les bons esprits ^ •— Comment savait-on, ajoute Bercer, que telles paroles ou telles pratiques avaient la vertu de subjuKuer ces prétendus esprilt et de les rendre bbéissanls? Les théun|;i8te6 supposaient que les mêmes esprits avaient révélé ce secret aux hommes. Plusieurs de ces pratiques étaient des crimes, tels que les sacrifices de sang humain; et il est établi que les théurgistes en offraient. Foy. Maoie, Art notoibb, etc.

Thieri (Jkan-Bawistb), — savant bachelier de Sorbonne, professeur de l'univeisité de Paris, et ensuite curé de Yibraye dans le diocèse du Mar.s, né à Chartres en 4638, mort à Yibraye en 4703, auteur de pluaiears

t fiMficr, DleUouL d« ttetfolog le.

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