‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 302 sur 319 · VAL · texte numérisé non relu

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oave. Le chant de VEdda qui noos fait conoaHre Yeiand , diffère dans plusieurs de ses circonstances. Là , Yeiand est le troisième fita d'un rui alfs , c'est^-à^dire d'espèce surnaturel le. Ces troid princes avaient épousé trois vaildri(;s ou fées , qo1ls avaient rencontrées au bord d*un lac, où, après avoir déposé lenr robe de cygne, elles s'anMisaient à filer du lin. Après sept années de mariage , les vaikirie& disparurent, et les deux frères de Yeiand allèrent à la recherche de leurs femmes ; mais Yeiand resta seol dans sa cabane, et s'appliqua à forger les métaux. Le roi Nidutb, ayant entendu parier des beaux ouvrages d'or que Yeiand faisait, s'empara du forgeron pendant qu'il dormait , et , comme il faisait peur à la reine , celle-ci ordonna qu'on lui coupât les jarrets. Yeiand, pour se venger, accomplît les actions différentes que nous avons rapporU'es. — Cette histoire de Wade et de son fils a été souvent imitée par les anciens poètes allema nds et anglo-saxons Les trouvères français ont parlé plusieurs fois de Yeiand , de*son habileté à forger des armures, fis se plaisaient à dire que l'épée du héros qu'ils chantaient avaH été trempée par Yeiand.

VarthradiiM, — génie des Scandinaves, renommé pour sa science profonde. Odin alla le défier dans son palais, et le vainquit par la supériorité de ses connaissances.

li , — Ôeuve de feu, que les âmes doivent traverser avant d'arriver aux enlers^ selon la doctrine des> Indiens. Si un malaëe tient en main la queue d'une vache , au montent de sa mon y û passera sans danger le fleuve Yaïcarani , parce que la vache , dont ii a tenu la queue , se présentera à lui sur le fy^A de fleuve ; il prendra sa queue et fera doucement le trajet par ce moyen.

Vaisseau - fantôme , — voy. YoLTiGEim HOLLANDAIS.

Valafar OU Malafa*, — grand et puissant duc de l'empire infernal. Il parait sous la fornoe d'un ange, quelquefois sous celle d'un lion avec la tète et les pattes d'unç oie et une queue de lièvre. Il connail le passé et l'avenir, donne du génie et de l'audace aux hommes, et commande irente-six légions^

'Vaittfes, — voy, Alectuyosiancie.

Valentîn , — hérésiarque , originaire d*Êijyplé, qui enseigna sa docirine peu de temps âpres la mort du dernier des apôtres. II admettait un séjour éternel de lumière qu'il nommait pléroma ou plénitude , dans lequel

habitait la Divinité ; il y plaçait des Eom m inieUigences immortelles, an oombrede trente, les uns màlçs, les autres femelles; il les distribuait en trois ordres, les supposait nés les uns des autres, leur donnait des noms et faisait leur généalogie. Le premier était Byikosy la profondeur, qu'il appelait aussi le premier père, propator; il lui donnait pour femme Emma , t'inteUigence , qu'il appelait encore le silence, Sigé, iésus-Christ et le Saint-Esprit étaient les derniers nés de ces Éons. «^ On a peine à concevoir que Yalentio ait eu de nombreux disciples, et que piusieors sectes soient nées de sa doctrine. Mais l'esprit hu-^ main foitrvoyé a aussi se» prodiges. Voy, Ba*

SILB.

ValkirSes, — fées des Scandinaves. Voy.

Vade.

Vano^res. — Ce qu'il y a de plus remar-< quable dans l'histoire des vampires, c'est qu'ils ont partagé , avec les philosophes, ces autres démons , Thonneur d'étonner le dixhuitième siècle ; c'est qu'ils ont épouvanté la Lorraine, la Prusse, la Silésie, la Pologne, la Moravie, l'Autriche, la Russie, la Bohème et tout le nord de l'Europe, pendant que les démolisseurs de l'Angleterre et de la France renversaient les croyances en se donnant le ton de n'attaquer que les erreurs populaires. Chaque siècle , il est vrai , a eu ses modes ; chaque pays, comme l'observe D. Calmet, a eu ses préventions et ses maladies ; mais les vampires n'ont point paru avec tout leur éclat dans les siècles barbares et chez des peuples sauvages.; ils se sont montrés au siècle des Diderot et des Voltaire, dans l'Europe, qui se disait déjà civilisée. -7- On a donné le nom d'upiers oupireSy et plus généralement vampires, en Occident, de broucoîaques ( vroucolacas ) en Morée, de kaiakhanès à Ce vlan, à des hommes morts et enterrés depuis plusieurs années, ou du moins depuis plusieurs jours , qui revenaient en corps et en âme y parlaient,, marchaient, infestaient les villages, maltraitaient les hommes et les animaux , et surtout qui suçaient le sang de leurs proches, les épuisaient, leur causaient la mort *. On ne se délivrait de leurs dangereuses visites et de leurs infestations qu'en les exhumant, les empalant, leur coupant la têle, leur arrachant le cœur ou les brûlant. — Ceux qui mouraient sucés devenaient vampires à leur tour. — Les journaux publics de la France et de la Hollande pai'lent, en 1693 et 1694, des vampires qui se montraient en Pologne et surtout en Russie. On voit dans le Mercure galant

Wnctts» ift INeuimu d«Bi.

> Ccst la déiilition qu'e* dMiK te.R. F. D. CalipeU

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de ces deux années, que c'était alors une opi* nion répandue chez ces peuples que les vam> pires apparaissaient depuis midi jusqu'à minuit ; qu'ils suçaient le sang des hommes et des animaux vivants avec tant d'avidité, que souvent ce sang leur sortait par la bouche , par les narines , par les oreilles ; quelquefois leurs cadavres uageaient dans le sang au fond de leurs cercueils. — On disait que ces vampires, ayant continuellement grand appétit, mangeaient aussi les linges qui se trouvaient autour d'eux ; on ajoutait que , sortant de leurs tombeaux, ils allaient la nuit embrasser violemment leurs parents ou leurs amis , à qui ils suçaient le sang , en leur pressant la gorge pour les empêcher de crier. Ceux qui étaient sucés s'affaiblissaient tellement qu'ils mouraient presque aussitôt. Ces persécutions ne s'arrêtaient pas à une personne seulement ; 'elles s'étendaient jusqu'au dernier de la famille ou du village (car le vampirisme ne s'est guère exercé dans les villes ), à moins qu'on n'en interrompît le cours en coupant la tête ou en perçant le cœur du vampire, dont on trouvait le cadavre mou, flexible, mais frais, quoique mort depuis très-long-temps. Comme il sortait de ces corps une grande quantité de sang, quelques-uns le mêlaient avec de la farine pour en faire du pain : ils prétendaient qu'en mangeant ce pain ils se garantissaient des atteintes du vampire. — Voici quelques histoires de vampires. — M. de Vassimonl , envoyé en Moravie par le duc de Lorraine Léopold I", assurait, dit D. Calmet, que ces sortes de spectres apparaissaient fréquemment et depuis long-temps chez les Moraves, et qu'il était assez ordinaire dans ce pays-là de voir des hommes , morts depuis quelques semaines , se présenter dans les compagnies , se mettre à table sans rien dire avec les gens de leur connaissance , et faire un signe de tête à quelqu'un des assistants , lequel mourail infailliblement quelques jours après. Un vieux curé confirma ce fait à M. de Vassimont, et lui en cita même plusieurs exemples qui s'étaient, disait-il, passés sous ses yeux. Les évêques et les prêtres du pays avaient consulté Rome sur ces matières embarrassantes; mais le Saint-Siège ne fit point de réponse , parce qu'il regardait tout cela comme des visions. — Dès lors, on s'avisa de déterrer les corps de ceux qui revenaient ainsi , de les brûler ou de les consumer en quelqu'autre manière ; et ce fut par ce moyen qu'on se délivra de ces vampires , qui devinrent de jour en jour moins fréquents. — Toutefois ces apparitions donnèrent lieu à un petit ouvrage composé par Ferdinand de Schertz , et im-

primé à Olmutz, en 4706, sous le titre de Magia posthuma. L'auteur raconte qu'en un certain village, une femme étant morte munie des sacrements , fut enterrée dans le cimetière à la manière ordinaire. On voit que ce n'était point une excommuniée, mais peut-être une sacrilège. Quatre jours après son décès, les habitants du village entendirent un grand bruit, et virent un spectre qui paraissait, tantôt sous la forme d'un chien , tantôt sous celle d'un homme, non à une personne seulement, mais à plusieurs. Ce spectre serrait la gorge de ceux à qui il s'adressait, leur comprimait l'estomac jusqu'à les suffoquer, leur brisait presque tout le corps et les réduisait à une faiblesse extrême; en sorte qu'on les voyait pâles , maigres et exténues. Les animaux même n'étaient pas à l'abri de sa malice ; il attachait les vaches Tune à l'autre par la queue , fatiguait les chevaux et tourmentait tellement le bétail de toute sorte , qu'on n tMilendait partout que mugissements et cris de douleur. Ces calamités durèrent plusieurs mois : on ne s'en délivra qu'en brûlant le corps de la femme vampire. — L'auteur de la Magia posthuma raconte une autre anecdote plus singulière encore. Un pâtre du village de Blow. près la ville de Kadam en Bohême , apparut quelque temps après sa mort avec les symptômes qui annoncent le vampirisme. Ce spectre appelait par leur nom certaines personnes , qui ne manquaient pas de mourir dans la huitaine. Il tourmentait ses anciens voisins , et causait tant d'effroi que les paysans de Blow déterrèrent son corps et le hchèrenl en terre avec un pieu qu*ils lui passèrent à travers le cœur. — Ce spectre , qui parlait quoiqu'il fût mort, et qui du moins n'aurait plus dû le faire dans une situation pareille , se moquait néanmoins de ceux qui lui faisaient souffrir ce traitement. «Vous avez bonne grâce, leur disait- il en ouvrant sa grande bouche de vampire, de me donner ainsi un bâton pour me défendre contre les chiens ! o On ne fit pas attention à ce qu'il put dire et on le laissa. La nuit suivante il brisa son pieu, se*releva, épouvanta plusieurs personnes et en suffoqua plus qu'il n'avait fait jusqu'alors. On le livra au bourreau , qui le mit sur une charrette pour le transporter hors de la ville et l'y brûler. Le cadavre remuait les pieds et les mains , roulait des yeux ardents et hurlait comme un furieux. — Lorsqu'on le perça de nouveau avec des pieux , il jeta de grands cris et rendit du sang trésvermeil ; mais quand on l'eut bien brûlé, il ne se montra plus. — On en usait de même dans le dix-septième siècle contre les revenants

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de ce genre ; et, dans plusieurs endroits^ quand on les tirait de terre , on les trouvait pareillenoent frais et vermeils, les membres souples et maniables, sans vers et sans pourriture, mais non sans une très-grande puanteur. — I/auteur que nous avons cité plus haut assure que de son temps on voyait souvent des vampires dans les montagnes de Silésie et de Moravie. Ils apparaissaient en plein jour, comme au milieu de la nuit ; et Ton apercevait les choses qui leur avaient appartenu se remuer et changea de place sans que personne parût les toucher. Le seul remède contre ces appa* ri lions était de couper la tète et de brûler le corps du vampire. — Le marquis d^Ârgens raconte, dans sa cent trente-septième Jcttre juive, une histoire de vampire qui eut lieu au village de Kisilova, à trois lieues de Gradisch. Ce qui doit le plus étonner dans ce récit, c'est que d'Argens, alors incrédule, ne met pas en doute cette aventure. — On vient d'avoir en Hongrie , dit- il , une scène de vampirisme , qui est dûment attestée par deux officiers du tribunal de Belgrade , lesquels ont fait une descente sur les lieux, et par un officier des troupes de l'empereur à Gradisch; celui-ci a été témoin oculaire des procédures. Au commencement de septembre, mourut, dans le villagede Kisilova , un vieillard âgé de soixantedeux ans. Trois jours après qu'il fut enterré, il apparut à son fils pendant la nuit et lui demanda à manger : celui-ci en ayant apporté, le spectre mangea, après quoi il disparut. Le lendemain, le fils raconta à ses voisins ce qui lui était arrivé , et le fantôme ne se montra pas ce jour-là; mais la troisième nuit il revint demander encore à souper. On ne sait pas si son fils lui en donna ou non ; mais on le trouva le lendemain mort dans son lit. Le même jour, cinq ou six personnes tombèrent subitement malades dans le village, et moururent Tuas après l'autre en peu de temps. Le bailli du lieu, informé de ce qui se passait, en fit présenter une relation au tribunal de Belgrade , qui envoya à ce village deux de ses agents avec un bourreau, pour examiner l'affaire. Un officier impérial s'y rendit de Gradisch pour être témoin d'un fait dont il avait si souvent ouï parler. — On ouvrit les tombeaux de tous ceux qui étaient morts depuis six semaines : quand on en vint à celui du vieillard , on le trouva les yeux ouverts , d'une couleur vermeille , ayant une respiration naturelle, cependant immobile et mort; d'où Ton conclut que c'était un insigne vampire. Le bourreau lui enfonça un pieu dans le cœur : on fit un bûcher et Ton réduisit en cendres le cadavre. On ne trouva aucune

marque de vampirisme , ni dans le corpi du fils, ni dans celui des autres mort^. — « Grâce à Dieu ! ajoute le marquis d'Argens, nous ne sommes rien moins que crédules ; nous avouons que toutes les lumières de physique que nous pouvons approcher do ce fait ne découvrent rien de ses causes : cependant nous ne pouvons refuser de croire véritable un fait attesté juridiquement et par des gens de probité. » — Vers l'an 4725, un soldat qui était en garnison chez un paysan des frontières de la Hongrie, vit entrer, au moment du souper, un inconnu qui se mit à table auprès du maître de la maison : celui-ci en fut très-effrayé, de même que le reste de la compagnie. Le soldat ne savait qu'en juger, et craignait d'être indiscret en faisant des questions , parce qu'il ignorait de quoi il s'agissait. — Mais le mattre du logis étant mort le lendemain, il chercha à connaître le sujet qui avait produit cet accident et mis toute la maison dans le trouble. On lui dit que l'inconnu, qu'il avait vu entrer et se mettre à table, au grand effroi de La famille, était le père du maître de la maison ; qu'il était mort et enterré depuis dix ans , et qu'on venant ainsi s'asseoir auprès de son fils, il lui avait ap;:orlé la mort. — Le soldat raconta ces choses à son régiment. On en avertit les officiers généraux, qui donnèrent commission au comte de Cabreras, capitaine d'infanterie , de faire information de ce fait. — Cabreras s'élant transporté sur les lieux avec d'autres officiers, un chirurgien et un auditeur, ils entendirent les dépositions de tous les gens de la maison , qui attestèrent que le revenant était père de l'hôte du logis, et que tout ce que le soldat avait rapporté était exact : ce qui fut aussi affirmé par la plupart des habitants du village. — En conséquence on fil tirer de terre le corps de ce spectre ; son sang était fluide et ses chairs aussi fraîches que celles d'un homme qui vient d'expirer. On lui coupa la tête; après quoi on le remit dans son tombeau. — On exhuma ensuite, après d'amples ioformations, un homme mort depuis plus de trente ans , qui était revenu trois fois dans sa maison à l'heure du repas^ et qui avait sucé au cou , la première fois, son propre frère, la seconde un de ses fils , la troisième un valet de la maison ; tous trois en étaient morts presque sur-le-champ. Quand ce vieux vampire fut déterré , on le trouva comme le premier, ayant le sang fluide et le corps frais. On lui planta un grand clou dans la tète et ensuite on le remit dans son tombeau. — Le comte de Cabreras fit brûler un troisième vampire, qui était enterré depuis seize ans, et qui avait sucé le sang et

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causé la mort à deax de ses fils. — Alors enfin le pays fut tranquille *. — On a vu, dans tout ce qui précède, que généralement, lor:$qu'on exhume les vampires, leurs corps paraissent vermeils, souples, bien conservés. Cependant, malgré tous ces indices de vampirisme, on ne procédait pas contre eux sans formes judiciaires. On citait et on entendait les témoins; on examinait tes raisons des plaignants ; on considérait avec attention les cadavres : si tout annonçait un vampire ^ on le livrait no bourreau , qui le brûlait. Il arrivait quelque* fois que ces spectres paraissaient encore pendant trois ou quatre jours après leur exécution : cependant leor corps avait été réduit en cen* dres. — Assez souvent on différait d'enterrer pendant six ou sept semaines les corps de certaines personnes suspectes. Lorsqu'ils ne pourrissaient point, et que leurs membres demeuraient souples, leur sang fluide, alors on les brûlait. — On assurait que les habits de ces défunts se remuaient et changeaient de place sans qu'aucune personne les touchât. L'auteur de la Magia poêthuma, raconte que l'on voyait à Olmutz, à la fin du dix-$eptième siècle , un de ces vampires qui , n'étant pas enterré, jetait des pierres aux voisins et molestait extrêmement les habitants. — Dom Cal met rapporte , comme une circonstance particulière, que, dans les villages où l'on est infesté du vampirisme, on va au cimetière, on visite les fosses ; on en trouve qui ont deux, ou trois, ou plusieurs trous de la grosseur du doigt : alors on fouille dans ces fosses, et l'on ne manque pas d'y trouver un corps souple et vermeil. Si on coupe la tète de ce cadavre, il sort de ses veines et de ses artères un sang fluide, frais et al)ondant. — Le savant bé* nédirtin demande ensuite si ces trous, qu'on remarquait dans la terre qui couvrait les vam* pires , pouvaient contribuer à leur conserver une espèce de vie , de respiration , de végé* talion , et rendre plus croyable leur retour parmi les vivants : il pense avec raison que ce sentiment ( fondé d'ailleurs sur des faits qui n'ont rien de réel ) n'est ni probable , ni digne d'attention. — Le même écrivain cite ailleurs, sur les vampires de Hongrie, une lettre de M. de 1 Isle de Saînt*MicUel, qui de* meura long-temps dans les pays infestés et qui devait en savoir quelque chose. Voici comment M. de Tlsle s'explique là-dessus: — « Une personne se trouve attaquée de langueur, perd l'appétit , maigrit à vue d'œil , et, au bout de huit ou dix jours, quelquefois quinze, meurt sans fièvre ni aucun autre

' "D. Calmct déclare qu'il tient ces faits d'un hnmme (raye qni tes tenait de M. le comte de Cabreras.

tyaipCône de maladie, qae ia maigreur et le dessèchement. On dit, en Hongrie, que c'est un vampire qui s'attache à celte personne et lui suœ le sang. — De ceux qui sont attaqués de cette mélancolie noire , la plupart ayant l'esprit troublé croient voir un spectre blanc qui les suit partout , comme l'ombre fait le corps. ^ Lorsque nous étions en quartiers d'hiver chez les Valaques, deux cavaliers de la compagnie dont j'étais cornette moururent de cette maladie ; et plusieurs autres qui en étaient attaqués aéraient probablement morts de même , si un capord de notre compagnie n'avait guéri les imaginations ea exécutant le remède que les gens du pays emploient poor cela. Quoique assez singulier, je ne l'ai jamais lu nulle part. Le voici : On dioisit mi jeune garçon ; on le fait Boonier à f3oil sur nn cheval entier, absotumeai nme ; oa eondait le jeuoe homme et le cheval^ an eianetière : ik ae ptamènent sur toutes les fusse». Cette oè ranimai refuse de passer, malgré les coaps de cravache qu'on lui délivre » est regardée comme renfermant un vampire. On ouvre cette fosse , et on y trouve un ciMlevre aussi beau et aussi frais que si c'était un homme tranquillement endormi. On coupe, é'un coup de bêche, le cou de ce cadavre : il en sort abondamment un sang des plus beaux et des plus vermeils, du moins on croit le voir ainsi. Cela fait, on remet le vampire dans sa fosse, on la comble, et on peut compter que dès lors la maladie cesse , et que tous ceux qui en étaient attaqués recouvrent leurs forces peo à peu , comme des gens qui échappent d'une longue maladie d'épuisemrat... » Les Grecs appellent leurs vampires broucolaques ; ils sont persuadés que la plupart des spectres d'excommuniés sont vampires, qu'ils ne peuvent pourrir dans leurs tombeaux ; qu'ils apparaissent le jour conune la nuit, ^ qu'il cal très-dangereux de les rencontrer. Léon Allatius. qui écrivait au seizième siècle , entre là -dessus dans de grands détails; ti assure que dans Tile de Cfaio les habitants ne répons dent que lorsqu'on les appelle deux fois ; car ils sont persuadés que les broucolaques ne les peuvent appeler qu'une fois seulement. Us croient encore que quand un breucoiaque appelle une personne vivante , si cette per*»sonne répond , le spectre disparaît ; mais ce^ lui qui a répondu meurt au bout de quelques jours. On raconte la même chose des vampires de Bohème et de Moravie. — Pour se garantir de la funeste influence des broucolaques, les Grecs déterrent le corps du spectre et le brûlent, après avoir récité sur lui des prières; alors ce corps réduit en cendres ne pendi plits.

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bicaiil, qui voyagea daos le Levant au dixseptièaie siècle, ajoute que la peur des broa-*colaques est générale aux Turcs comme aux Grecs. Il raconte un fait qu'H tenait d'un caloyer candiote, qui lui avait iissuré la chose avec serment. Un homme étant mort excommunié, pour une faute qu'il avait commise dans la Morée , fut enterré sans cérémonies dans un lieu écarta et non en terre saisie ; les habitanta furent bientôt effrayés par d'horribles apparitions, qu'ils attribuèrent à ce malheureax. On ouvrii son tombeau au boui de quelques années, on y trouva son corps enfié, mais sain et bien dispos^ ses veines étaient f>onflées du sang qu'il avait sucé ; on reconnut en lui un broucolaque. Api^ès qu'on eut délitiéré ^r ce qu'il y avait à faire , les caloyers furent d'avis de démembrer le corps, de le mettre en pièces et de 4e faire bouillir dans le vin, car c'est ainsi qu'ils en usent, de teiftps très-ancien , envei*s les broucolaques. Mais les parents obtinrent, à force de prières, qu'on différât cette exécution ; ils envoyèrent en diligence è Constautinople , pour obtenir du patriarche l'absolution dont le défunt avait besoiu. fin attendant , le corps fut mis dans l'église, on Ton disait tous les jours des prières pour son repos. Un matin que le caloyer faisait le service divin , on entendit tout d'un coup une espèce de détonation dans le cer-tcueil ; on l'ouvrit et Ton trouva le corps dissous , oomne doit l'être celui d'un mort enterré depuis sept ans. On remarqua le moment où le bruit s'était fait entendre ; c'était précisément l'heure où l'absolution accordée par le patriarche avait été signée.... — Les Grecs et ies Turcs s'imaginent que les cadavres des broucolaques mangent pendant la nuit, se promènÊOt, font la digestion de ce qu'ils ont mangé, etse nourrissent réellement. (Foi/. Mastication. ) Ils content qu'en dcterraol ces vampires, on en a trouvé qui étaient d'un coloris vermeil , et dont les veines étaient tendues par la quantité de sang qu'ils avaient sucé ; que lorsqu'on leur ouvre le corps il en sort des ruisseaux de sang aussi frais que celui d'un jeune homme d'un tempérament sanguin. Cctto opinion populaire est si généralement répandue, que tout le monde en raconte des histoires circonstanciées. — L'usage de brûler les corps des vampires est très-ancien dans plusieurs autres pays. Guillaume de Neubrige , qui vivait au douzième siècle ; raconte * que, de son temps, on vit en Angleterre, dans le territoire de Buckingham, un spectre qui apparaissait en corps et en

X Wilbeliq. Neubrig. Rerum aoglic, lib. t, cap. 22.

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