‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 33 sur 319 · APP — A · texte numérisé non relu

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point opposé pour détourner Tattenlion. Cejjeu s'effectuait ainsi pendaut quelques instants successivement, et pu^s simultanément, de manière à produire plusieurs flapimcs à la fois. — Cette jonglerie trompa bi/en des incrédules; mais enfm il se trouva un esprit fort. Caché /derrière une haie , il observa attentivement la mise en scène et devina le secret de \^ comédie. Suffisamment édifié, il alla quérir la gendarmerie, et les cinq mystificateurs furent arrêtés au moment ofi ils door naient une nouvelle représentation. Quel était leur but? On Tignore; le plus curieux de l'histoire, c'est qu'une commission scic^lifique avait déjà préparé un rapport sur l'étonnant phénomène météorologique de* ces mauvais plaisants. — Dissertation sur ce qu'on doit penser de Vapjparition des esprits à roccasion de l'aventure arrivée à Saint-Maur en 4706, par M. Poupart, chanoine de Saint-Maury près Pç^ris, P^fis, 4707. — L'autei^r croit, avec la modération copvenable, aux apparitions. Il raconte l'^vei^ture de Saint-Maur; elle a fait tant de bruit a Paris dans sa nouveauté, que nous ne pouvons la passer sous silence. M. de S***, jeune homme de vingtcinq ans, Bxé à Saint-Mfiur, entendit plusieurs fois la nuit heurter à sa porte , sans que s^ servante, qui y courait aussitôt, trouvât personne. On tira ensuite les rideaux de son lit; et le 22 mar§ 17Q6 , sur les onze heures di^ ^ir, éi^nt ûan^ son cabinet avec trois dq^ mestiques, tous quatre entendirent distincte-: ment feuilleter des papiers sur la tabje. On soupçonna d'abord le chat de U maison ; majs on reconnut qu'il n'était pas dans le cabinet. Ce bruit recommença quand M. de S*** se fut retiré dans sa chambre ; il voulut rentrer dans le cabjpet avep une lumjère, et sentit derrière la portp une résistance qui finit par céder ; cependant il ne vit rien , seulement i| entendit frapper un grand coup dans un coin contre la muraille; ses domestiques accoururent au cri qu'il jeta, mais ils ne firent aucune découverte. Tout le monde s'^tant peu à peu rassuré, on se mit au lit. — A peine M. de S*** commençait-il à s'endormir qu'il fut éveillé subitement par une violente secousse ; il appela ; on rapporta deux flambeaux et i) vit avec surprise son lit déplacé au moins de quatre pieds. On le remit en place, ipais aussitôt tous les rideaux s'ouvrirent d'euxmêmes et le lit courut tout seul vers la cheminée. En vain les domestiques tinrent les pieds du lit pour le fixer; dès que M. S*** s'y couchait, le lit se promenajt par la chambre. Cette aventure fut bientôt publique ; plusieurs personnes voulurent en être témoins, et les

iQémes merveilles se répétèrent la nuit suivante; après quoi il y eut deux nuits paisibles. L'esprit se remit à faire du bruit je 26; il verrouilla les portes, dérangea les meubles, ouvrit les armoires; et, pendant que M. de S*** tremblait de tous ses niembres, Tesprit, saisissant l'occasion, )ui parla enfin à l'oreille et lui commanda de faire certaines choses qu'il tint secrètes, et qu'il fit quand il fut sorti de l'évanouissement que la peur lui avait causé. L'esprit revint au bout de quinze jours pour le remercier, et frappa un grand coup de poing dans une fenêtre en signe d'actions de grâces. — Et voilà la fameuse aventure de l'esprit de Saint-Maur, que M. Poupart ia le bon esprit de regarder conime l'effet d'un cerveau visionnaire. Voy, Meye^.

Apulée , — philosophe platonicien , né en Afrique, connu par le livre de VAne d'or. Il vécut au douzième siècle sous les Antonins. On lui attribue plusieurs prodiges auxquels, sans doute, il n'a jamais sqogé. — Il dépensa tout son bien en voyage, et mit tous ses soins à se faire initier dans les mvslères des diverses religions; après quoi il fut ruiné. Comme il était bien fait, instruit et spirituel, il captiva l'affection d'une riche veuve de Carthage, nommée Pudentilla, qu'il parvint à épouser. Il était encore jeune, et sa femme avait soixante ans. Cette disproportion d'âge et la pauvreté d'Apulée firent soupçonner qu'il av^it employé la magie et les philtfps- On disait mépFie qu'il avait cqmppsé ces pl^iltres avec des Ql^ts de poissons, des huîtres ej- des pattes d'écrevisses. Les parents, à qui ce mariage ne convenait pas, l'accusèrent de sortilège; il parut devant ses juges, et, quoique les chimères de la magie fussent alors en grand crédit, Apulée plaida si bien sa cause qu'il la gagna pleinement *. — Boguet * et d'autres démonographes disent qu'Apulée fut métamorphosé en âne, comme quelques autres pèlerins , par le moyen des sorcières de Larisse, qu'il était allé voir pour essayer si la chose était possible et faisable s. La femme qui le changea en âne, le vçndit, puis le racheta. Par la suite il devint si grand magicien qu'il se métamorphosait lui-même, au besoin, en cheval, en âne, en oiseau; il se perçait le corps d'un coup d'épée sans se blesser; il se rendait invisible, étant trèsbien servi par son démon familier. C'est même pour couvrir son asinisme, dit encore

» 8a défense se trouve dans s?s œuvrea, sous le titre de Oratio de magià.

* Discours dos sorciers, ch. 53.

3 Dclancre. Tableau di* l'inconstance d( s déimns, etc., liv. IV, ch. l'-'-.

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