‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 36 sur 319 · ARG · texte numérisé non relu

ARG

Argens (BoYER D*), — marquis, né en 1701, à Aix en Provence. On trouve des choses enrieuses sur les gnomes, les sylphes, les ondins et les salamandres, dans ses « Lettres Cabalistiques^ ou Correspondance philosophique , historique et critique entre deux cabalistes , divers esprits élémentaires et le seigneur Astarolh. » La meilleure édition est de 1769, 7 vol. in-12. Ce livre, d'un très-mauvais esprit, est infecté d'un philosophisme que l'auteur a désavoué ensuite.

Argent. — L'argent qui vient du diable est ordinairement de mauvais aloi. Deirio conte qu'un homme, ayant reçu du démon une bourse pleine d'or, n'y trouva le lendemain que des charbons et du fumier. Un inconnu , passant par un village, rencoptra un jeune homme de quinze ans, d'une figure intéressante et d'un extérieur fort simple. Il lui demanda s'il voulait être riche; le jeune homme ayant répondu qu'il le désirait, l'inconnu lui donna Un papîer plié , et lui dît qu'il ert pourrait faire sortir autant d'or qu'il le souhaiterait tant qu'il ne le déplierait pas , et que s'il domptait sa curiosité il connaîtrait avant peu son bienfaiteur. Le jeune homme rentra chez loi, secoua son trésor mystérieux , il en tomba quelques pièces d'or. ..Mais, n'ayant pu résister à la tentation de l'ouvrir, il y vit des griffes de chat, des ongles d'ours, des pattes de crapauds, et d'autres figures si horribles qu'il jeta le papier au feu, où il fut une demi-heure sans pouvoir se consumer. Les pièces d'or qu'il en avait tirées disparurent, et il reconnut qu'il avait eu affaire au diable. — Un avare , devenu riche à force d'usures, se sentant à l'article de la mort, pria sa femme de lui apporter sa bourse, afin qu'il pût la voir encore avant de mourir. Quand il la tint, il la serra tendrement, et ordonna qu'on l'enterrât avec lui, parce qu'il trouvait l'idée de s'en séparer déchirante. Oa ne lui promit rien précisément et il mourut en contemplant son or. Alors on lui arracha la bourse des mains , ce qui ne se' fit pas sans peine. Mats quelle fat la surprise de la famille assemblée lorsqii'en ouvrant le sac on y trouva , nort plus des pièces d'or ,

mais deux crapauds ! Le diable était venu ,

et en emportant l'âme de Tu^rier il avait" emporté son or, comnie deux choses inséparables et qui n'en faisaient qu'une*. — Voici autre chose : un homme qui n'avait quo vingt sous pour toute fortune se mit à vendre du' via aux passants ; pour gagner davantage, il mettait autant d'eau que de vin dans' ce qu'il vendait. Au bout d*un certain temps, il amassa,

I Csebarii Hist. de morienlibus, cap. 39 inirac., lib. ii.

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