‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 40 sur 319 · ARM · texte numérisé non relu

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que je ne puis le saisir, saisis-moi > ; » celle opinion esl aujourd'hui un conle méprisé. — Nous ne citerons ici des ouvrages d'Arislole que ceux qui ont rapport aux matières que nous trailons : \^ De la Divination par les songes ; ^° Du Sommeil et de la m//e, imprimés dans ses œuvres. On peulconsuller aussi les remarques de Michel d'Éphèse sur le livre de la Divination parles songes^, et la Paraphrase de Thémistius sur divers traités d'Aristote, principalement sur ce même ouvrage*.

Arithmanoîe OU Arîthmomanoîe, — divination par les nombres. Les^ Grecs examinaient le nombre et la valeur des lettres dans les noms de deux combaltants , et en auguraient que celui dont le nom renfermait plus de lettres et d'une plus grande valeur rempor-lerail la victoire. C'est en vertu de cette science que quelques devins avaient prévu qu'Hector devait être vaincu par Achille. — Les Chaldéens , qui la pratiquaient aussi , partageaient leur alphabet en trois parties, chacune composée de sept lettres qu'ils attribuaient aux sept planètes pour en lircr des présages. Les platoniciens et les pythagoriciens étaient fort adonnés à cette divination , qui comprend aussi une partie de la cabale des Juits *.

Arius , — fameux hérétique qui niait la divinité de Jésus-Christ. Voici comment on raconte sa mort : — Saint Alexandre , évêque de Byzance , voyant que les sectateurs d'Anus voulaient le porter en triomphe, le lendemain dimanche, dans le temple du Seigneur, pria Dieu avec zèle d'empêcher le scandale , de peur que, si Arius entrait dans l'église, il ne semblât que l'hérésie y fût enlrce avec lui ; et le lendemain dimanche, au moment où Ton s'attendait à voir Arius , l'hérétique ivrogne^ sentant un certain besoin , fut obligé d'aller aux lieux secrets, où il creva par le milieu du ventre , perdit les intestins , et mourut d'une mort infâme et malheureuse , frappé , selon quelques-uns, par le diable, qui dut en recevoir l'ordre, car Arius était de ses amis.

ArmanWIle. — Une dame d'Armanville, à Amiens , fut battue dans son lit en 1746 ; sa servante attesta que le diable l'avait maltraitée ; la cloche de la maison sonna seule ; on

I Si quidem ego non capio te, tu capies me.

> Michaelis Ephcsii Annotatiônes in Aristotelcm, de sMimno, id est, de divinatione per somniim. Venise, in-S»,

3 Thcmistii Paraphrasis in Aristotelem de niemoriâ et reminiscentiâ, de itisomniis, de divinatione pet âomnum, latine, interprète Hermolao Barbaro. Bflle, in-S», 1630. • 4

^ Delancre, Incrédulité et roécréance du sortilège pleinement convaincue, traité 5.

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entendit balayer le grenier à minuit. Il sembla même que les démons qui prenaient celle peine, avaient un tambour et faisaient ensuite des évolutions militaires. La dame , effrayée , quitta Amiens pour retourner à Paris ; c'est ce que voulait la femme de chambre. Il n'y eut plus de maléfice dès lors, et Ion a eu tort de voir là autre chose que de la malice.

Armées prodigîeusei. — Au siége de Jéru -

salem par Titus, et dans plusieurs autres circonstances, on vit dans les airs des armées ou des troupes de fantômes, phénomènes non encore expliqués , et qui jamais ne présagèrent rien de bon. Plutarque çaconte, dans la Vie de Thémistocle, que pendant la bataille de Salamine, on vit*en l'air des armées prodigieuses et des figures d'hommes, qui, de l'île d'Égine, tendaient les mains au-devant des galères grecques. On publia que c'étaient les Éacides, qu'on avait invoqués avant la bataille. — Quelquefois aussi on a rencontré des trotipes de revenants et de démons allant par bataillons et par bandes. Voy. Retz, etc.— En 14 23, dans le comté de Worms, on vil, pendant plusieurs jours , une multitude de gens armés à pied et à cheval, allant et venant avec grand bruit, et qui se rendaient tons les soirs, vers l'heure de none, à une montagne qui paraissait le lieu de leur réunion. Plusieurs personnes du voisinage s'approchèrent de ces gens armés en les conjurant, au nom de Dieu, de leur déclarer ce que signifiait cette troupe innombrable et quel était leur projet. Un des soldats ou fantômes répondit: « Nous ne sommes pas ce que vous vous imaginez, ni de vrais fantômes, ni de vrais soldats ; nous sommes les âmes de ceux qui ont été tués en cet endroit dans la dernière bataille. Les armes et les chevaux que vous voyez sont les instruments de notre supplice, ' comme ils l'ont été de nos péchés. Nous sommes tout en feu, quoique vous ne voyiez rien en nous qui paraisse enQammé. » — On dit qu'on remarqua en leur compagnie le comte Enrico et plusieurs autres seigneurs tués depuis peu d'années, qui déclarèrent qu'on pouvait les soulager par des aumônes et des prières*. Voy. Apparitions, Piiënouènes, Visions , Aurore boréale , etc.

Anmdé, — L'épisode d'Armide , dans le Tasse , est fondé sur une tradition populaire qui est rapportée par Pierre Delancre *. Cette habile enchanteresse était fille d'Arbilan , roi de Damas ; elle fut élevée par Hidraote , son oncle, puissant magicien, qui en fit une grande

< Chronique d'Urspcrg.

* Tableau de l'ineomUnce de« mauvais angra, etc., liv. I.

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