‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 42 sur 319 · ARN · texte numérisé non relu

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elle mourut quinze jours ou trois semaines après. » Voilà I

Arnaud de ViU«n«nv« , -^ médecin , astrologue et alchimiste , qu'il ne faut pas confondre, comme on l'a fait quelquefois, avec le précédent. Il était né auprès de Montpellier ; il mourut dans un naufrage en 131 4. '—La chimie lui doit beaucoup de découvertes ; il ne cherchait, à la vérité, que la pierre philosophale et ne songeait qu'à faire de l'or , mais il trouva les trois acides sulfurique , muriatique et nitrique ; il composa le premier de l'alcool et du ratafia ; il fit connaître l'essence de térébenthine, régularisa la distillation , etc. Il mêlait à ses vastes connaissances en médecine des rêveries astrologiques, et il prédit la fin du monde pour Tannée 4335. — On l'accusa aussi de magie. François Pegna dit qu'il devait au démon tout ce qu'il savait d'alchimie , et Mariana > lui reproche d'avoir essayé de former un homme avec de certaines drogues déposées dans une citrouille. Mais Delrio justifie Arnauld de Villeneuve de ces accusations , et le pape Clément V ne l'eût pas pris pour son médecin s*il eût donné dans la magie. ~ L'inquisition de Tarragone fit pourtant brûler ses livres, empreints de plusieurs sentiments hérétiques, trois ans après sa mort. — On recherche d'Arnauld de Villeneuve un traité de l'explication des songes > , mais on met sur son compte beaucoup d'ouvrages d'alchimie ou de magie auxquels il n^a pas eu la moindre part. Tels sont : le livre des Ligatures physiques^ ^ qui est une traduction d'un livre arabe ; et celui des Talismans des douze signes du zodiaque*. On lui attribue aussi faussement le livre des Trois imposteurs.

Arnouz , — auteur d'un volume in-12, publié à Rouen, en 1630, sous le titre des Merveilles de Vautre monde, ouvrage écrit dans un goût bizarre et propre à troubler les imaginations faibles , par des contes de visions et de revenants.

Arnupliît, — sorcier égyptien. Voyant Man> Aurèle et son armée engagés dans des défilés dont les Quades leur fermaient l'issue et mourant de soif sous un ciel brûlant, il fit tomber, par le moyen de son art, une pluie prodigieuse qui permit aux Romains de se désaltérer, pendant que la grêle et le tonnerre fondaient sur les Quades et les contraignaient

* Rerum hispanic. lib. xiv, cap. 9.

> Amaldi de Villanova libellas de somniorum interpretatione et somnia Danielis, in-i". Ancienne édition très-rare.

3 De Pliysicis ligaturis. *

^ De Sigillis duodecim signoram.

à rendre les armes. C'est ce que racontent quelques auteurs païens. D'autres font honneur de ce prodige aux prières de Marc-AurèFè : mais les auteurs chrétiens rattrrbtfent unanimement, et avec plus de raison, â la prière des soldais chrétiens qui se trouvaient dans ràrmëe.

Arnuf, — devin tué par Hercule, parce qu'il faisait le métier d*espion. Apollon vengea la mort d'Arnus, qu'il inspirait, en mettant la peste dans le camp des Héraclides : il fallut, pour faire cesser le fléau, établir des jeux en l'honneur du défunt.

Aro^ , — voy. Mabot.

Arphftzat , — sorcier perse, qui fut tué d'un coup de foudre, si l'on en croit Abdias de Babylone*, à Theure même du martyre de saint Simon et de saint Jùde. — Dans une possession qui fit du bruit à Loudun, on cite un démon ArpTuiccat,

Art de saint Anselme, — moyen de guérir superstitieux* employé par des imposteurs quj prenaient le nom d'anselmistes. Ils se contentaient de loucher, avec certaines paroles , les linges qu'on appliquait sur les blessures. Ils devaient le secret de leur art, disaient-ils, à saint Anselme de Cantorbéry. Mais Délrio assure que leur yëriloble patron est Anselme de Parme.

Art de saint Paul. — Moyen de prédire les choses futures , prétendu enseigné à saint Paul dans son voyage au troisième ciel , et dont quelques charlatans ont eu le front de se ^ire héritiers.

Art des esprîu, — appelé aussi art ange" lique. Il consiste dans le talent d'évoquer les esprits et de les obliger à découvrir les choses cachées. D'autres disent que l'art angélfque est l'art de s'arranger avec son ange gardien de manière à recevoir de lui la révélatfon'de tout ce qu'on veut savoir. Cet art supersti; lieux se pratique de deux manières, ou par extases dans lesquels on reçoit des avis , dû par entretiens avec l'ange que l'on évoque, qui opparatt et qui , en cette circonstance , n'est pas un ange de lumière. Voy, Évocation.

Art notoire , — espèce d'Ehcyclopédie in* spirée. Le livre superstitieux qui contient les pi incipes de l'art notoire promet la connais^ snnce de toutes les sciences en quatorze jours. L*auteur du livre dit effrontément que le Saint'' Esprit le dicta à saint Jérôme. Il assure encore que Salomon n'a obtenu la sagesse et la science universelle que pour avoir lu en une seule nuit ce merveilleux livre. Il faudrait qu'il

' Certa^'inis apostoHci, lib. vl.

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