‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 45 sur 319 · AST -^ 5S · texte numérisé non relu

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Atoort. — C'est le nom que les Indiens donnent à certains mauvais génies qui font tomber les voyageurs dans des embûches.

Aspftme. — « Zorobabel était épris d*un si Toi amour pour Aspame, qu'elle le souffletait comme un esclave et lui ôtait le diadème pour en orner sa (éle , indigne d'un tel ornement, dit Delancre '; elle le faisait rire et pleurer, quand bon lui semblait , le tout par philtres et fascinations. » Les belles dames font tous les jours d'aussi grands excès sans fascination ni philtre.

Aipîonlette (Marib d'), — sorcière d'Andaye, dans le pays de Labour, sous le règne de Henri IV. Elle fut arrêtée à Tâge de dix-neuf ans, et avoua qu'on l'avait menée au sabbat, que là elle avait baisé le derrière du diable au-dessous d'une grande queue, et que ce der^ riére était fait comme le museau d'un bouc*.

Aipîdomaiftoîe , — divination peu connue qui se pratique aux Indes, selon quelques voyageurs. Delancre dit' que le devin ou sorcier trace un cercle , s'y campe assis sur un bouclier, marmotte des conjurations , devient hideux, et ne sort de son extase que pour annoncer les choses qu'on veut savoir , et que le diable vient de lui révéler.

Airafil, — ange terrible qui, selon les musulmans, doit sonner de la trompette et réveiller tous les morts pour le jugement dernier. On le confond souvent avec Asra'él.

Atta-fcBtîda. — Les Hollandais appellent cette plante fiente du diable (duivelsdrek).

AtMasIns, — sccte d'Ismaéliens qu'on enivrait de hrachick et à qui on faisait un dogme de tuer. Le souverain des Assassins s'appelait le cheick ou vieux de la Montagne. Il est célèbre dans Thisloire des croisades. Voy,

TflUGGISME.

Ataheton (GUILLAUME), — théologien anglican, mort en 4744. Il publia en 4694 un petit ouvrage peu recherché, intitulé : la Possibilité des apparitions,

Attaroth, — grand-duc trèâ-puissant aux enfers. Il a la figure d*un ange fort laid, et se montre chevauchant sur un dragon infernal ; il tient à la main droite une vipère. Quelques magiciens disent qu'il préside à l'Occident , qu'il procure l'amitié des grands seigneurs, et qu'il faut l'évoquer le mercredi. Les Sidoniens, les Philistins et quelques sectes juives

' IncnNlolité et mécréance du sortilège, etc. * Incrédulité et mécréance, etc., tr. 5.

^ Delancre, Tableau de rinconstance des man?aU anges, etc., liv. |i, djsc. 1,

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l'adorèrent. Il est, dit-on, grand-trésorier aux enfers, et donne de bons avis quand on émet des lois nouvelles. \Yierus nous apprend qu'il sait le passé, le présent et l'avenir, qu'il répond volontiers aux questions qu'on lui fait sur les choses les plus secrètes, et qu'il est facile de le faire causer sur la création, les fautes et la chute des anges , dont il sait toute l'histoire ; mais il soutient que pour lui il a été puni injustement. Il enseigne à fond les arts libéraux et commande quarante légions ; celui qui le fait venir doit prendre garde de s'en laisser approcher, à cause de son insupportable puanteur. C'est pourquoi il faut tenir sous ses narines un anneau magique en argent, qui est un préservatif contre les odeurs fétides des démons i. Astaroth a figuré dans plusieurs possessions.

Attarté, — femelle d'Astaroth, selon quelques démonomanes ; elle porte des cornes^ non difformes comme celles des autres démons, mais façonnées en croissant. Les Phéniciens adoraient la lune sous le nom d*Astarté. A Sidon, c'était la même que Vénus. Sanchoniaton dit qu'elle eut deux fils : le Désir et l'Amour. On l'a souvent représentée avec des rayons, ou avec une télé de génisse. Des érudits prétendentqu'Astaroth, qui donne les richesses, est le soleil, et Astarté la lune; mais dans les anciens monuments orientaux Astarté est le même qu'Astaroth, et Astaroth le même qu' Astarté.

AtUaget, — roi des Mèdes. Quand Cyrus eut vaincu TAsie, on publia qu'Asiiages, son grand-père, avait songé en dormant que dans le sein de sa fille Mandane croissait une vigne qui de ses feuilles .couvrait TAsie entière; présage de la grandeur de Cyrus, fils de Mandane.

Attragalomaaoïe , — divination par les dés. Prenez deux dés, marqués comme d'usage des numéros 4, 21, 3, 4, 5, 6. On peut jeter à volonté un dé seul, ou les deux dés à la fois; on a ainsi la chance d'amener les chiffres 4 à 42. Vous voulez deviner quelque affaire qui vous embarrasse, ou pénétrer les secrets .de l'avenir ; posez la question sur un papier que vous aurez passé au-dessus de la fumée du bois de genièvre; placez ce papier renversé sur la table, et jetez les dés. — Vous écrirez les lettres à mesure qu'elles se présentent En se combinant, elles vous donneront la réponse : 4 vaut la lettre A; S vaut £; 3 vaut f, ou Y; i vaut 0 ; 5 vaut U ; 6 vaut B, P, ou V; 7 vaut C, K, ou Q ; 8 vaut D, ou T; 9 vaut F, S, X, ou Z; 40 vaut G. ou J; 44 vaut L, M, ou N;

' Wierus, in PseudoniMnarchia dtam.

411 vaut R. — Si ia réponse est obscure, il ne iaui pas s'en étonner ; le sort est capricieux. ])ans le cas où vous n'y pouvez rien corn- ])rendre , recourez à d'autres divinations. — La lettre H n'est point marquée, parce qu'elle n'est pas nécessaire. Les règles du destin se dispensent de celles de l'orthographe. PH s'exprime fort l^en par la lettre F, et CH par la lettre X. — Les anciens pratiquaient Tastral'alomancie avec des osselets marqués des lettrès de l'alphabet, et les lettres que le hasard amenait faisaient les réponses. C'est par ce moyen que se rendaient les oracles d'Hercule en Achaïe. On mettait les lettres dans une urne, et on les tirait comme on tire les numéros des loteries.

Antrei. — La première idolâtrie a commencé par le culte des astres. Tous les peuples les adoraient, au temps de Moïse. Lui seul dit aux Hébreux : « Lorsque vous élevez les yeux vers le ciel, que vous voyez le evoleil, la lune et les autres astres, gardez-vous de tomber dans l'erreur et de les adorer , car c'est Dieu qui les a créés » (Deutéronome, chap. 4). Ceux qui ne croient pas à la révélation devraient nous apprendre comment Moïse a été plus éclairé que les sages de toutes les nations dont il était environné '. — Mahqmet dit, dans le Koran, que les étoiles sont les sentinelles du ciel, et qu'elles empêchent les démons d'en approcher et de connaître les secrets de Dieu. Il y a des sectes qui prétendent que chaque corps céleste est la demeure d'un ange. — Les Arabes , avant Mahomet, adoraient les astres. Les anciens en faisaient des êtres animés ; les Égyptiens croyaiertt qu'ils voguaient dans des navires à travers les airs comme nos aéronautes ; ils disaient que le soleil, avec son esquif, traversait l'Océan toutes les nuits pour retourner d'occident en orient. — D'autres physiciens ont prétendu que les étoiles sont les yeux du ciel, et.que les larmes qui en tombent forment les pierres précieuses. C'est pour cela, ajoutent-ils, que chaque étoile a sa pierre favorite.

Astroldbe,-^ instrument dont on se sert pour observer les astres et tirer les horoscopes. Il est souvent semblable à une sphère armiliaire. L'astrologue , instruit du jour , de l'heure,, du moment où est nô celui qui le consulte, ou pour lequel on le consulte , met les choses à l|^ place qu'elles occupaient alors, et dresse son thème suivant la position des pla^ nètes et des constellations; — Il y a tm des gens autrefois qui faisaient le métier de découvrir les voleurs par le moyen d'un àstrô-

I Bergier, Dict. tbédpg., au mot Àslres,

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labe. a Le ciel, dtsaient-its, est un livre dsfhs lequel on voit le passé, le présent et l'avenir ; pourquoi ne pourrait-on pas lire les événements de ce monde dans un instrument qui repiésente la situation des corps célestes ' ? »

Aitrolog;îe, — art dédire la bonne aventure et de prédire les événements, par l'aspect, les positions et les influences des corps célestes. — On croit que l'astrologie, qu'on appelle aussi astrologie judiciaire, parce qu'elle consiste en jugements sur les personnes et sur les choses, a pris naissance dans la Chcïldée, d'où elle pénétra en Egypte, en Grèce et en Italie. Quelques antiquaires attribuent l'invention de cette science à Cham, fils de Noé; le commissaire de Lamarre, dans son Traité de police, titre 7, chap. ^", ne repousse pas les opinions qui établissent qu'elle lui a été enseignée par le démon. Diogène Laërce donne à entendre que les Égyptiens connaissaient la rondeur de la terre et la cause des éclipses. On no peut leur disputer l'habileté en astronomie; mais, au lieu de se tenir aux règles droites de cette science, ils en ajoutèrent d'autres qu'ils fondèrent uniquement sur leur imagination ; ce furent là les principes de l'art de deviner et de tirer des horoscopes. Ce sont eux, dit Hérodote, qui enseignèrent à quel dieu chaque mois , chaque jour est consare^, qui observèrent les premiers sous quel ascendant un homme est né, pour prédire sa fortune, ce qui lui arriverait dans sa vie et de quelle mort il mourrait. — « J'ai lu dans les registres du ciel tout ce qui doit vous arriver à vous et à votre fils, » disait à ses crédules enfants Bélus , prince de Bobylone. Pompée, César, Crassus croyaient à Tastrologie. Pline en piarle comme d un art respectable. Cette science gouverne encore la Perse et une grande partie de l'Asie. « Rien ne se fait ici, ditTavernier dans sa Relation d'Ispahan, que de l'avis des astrologues. Us sont plus poissants et plus redoutés que le roi, qui en a toujours quatre attachés à ses pasy qu'il consulte sans cesse et qui l'avertissent du temps où il doft se promener, de l'heure où il doit se renfermer dans son palais, se purger, se vêtir de ses habits royaux, prendre ou quitter le sceptre, etc. Us sont si respectés dans cette cour que le roi Schah-Sophi étant accablé depuis plusieurs années d'infirmités que l'art ne pouvait guérir, les. médecins jugèrent qu'il n'était tombé dans cet état de dépérissement que par la faute des astrologues, qui avaient mal pris l'heure à laquelle il devait être élevé sur le trône. Les

^ La pèfe Lebronî Hist. des pratiques supetat., t. Ps

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astrologues reconnurent leur erreur : ils s'assemblèrent de nouveau avec les médecins, cherchèrent dans le ciel la véritable heure propice, ne manquèrent pas de la trouver ; et la cérémonie du couronnement fut renouvelée, à la grande satisfactiop deSchah-Sephi, qui mourut quelques jours après. » Il en est de même à la Chine, où l'empereur n'ose rien entreprendre sans avoir consulté son thème natal.. — La vénération »des Japonais pour l'astrologie est plus profonde encore; chez eux personne n'oserait construire un édifice sans avoir interrogé quelque astrologue sur la durée du bâtiment. Il y en a même qui, sur la réponse des astres, se dévouent et se tuent pour le bonheur de ceux qui doivent habiter la nouvelle maison '. — Presque tous les anciens, Hippocrate, Virgile, Horace, Tibère, croyaient à Taslrologie. Le moyen âge en fut infecté. On tira l'horoscope de Louis XIII et de Louis XIV; et Boileau dit qu'un téméraire, auteur n'atteint pas le Parnasse, si son astre en naissant ne Va formé poète — En astrologie, on ne connaît dans le ciel que sept planètes, et douze constellations dans le zodiaque. Le nombre de celles-ci n'a pas changé ; mais il y a aujourd'hui douze planètes. Nous ne parlerons que -des sept vieilles employées par les astrologues. Nous n'avons, disent-ils, aucun membre que les corps célestes ne gouyernenl. Les sept planètes sont, comme on sait, lè^oleîl, Ja Lu^ne, Vénus, Jupiter, Mars, Mercure et^^aturpe. Le Soleil préside à la tèle;la Lunç^ au bras durcit; Vequs, au bras gauche; Jupiter, à l'estomac; Mars aux parties sexuelles; Mercure, au pied droit, et Saturne au pied gaùdie; ou bien Mars gouverne la tète, Vénus le. bras droit, Juj)iter le bras gauche, le Soleil resloniac, la Lune les parties sexuelles, Mercure le pied droit et Saturne le pied gauche. — « Parmi les constellations, le Bélier gour vcrne la tôle; le Taureau, le cou; les Gémeaux, les bras et les épaules; l'Ecrevissc, là poitrine et le coeur; le Lion , l'estomac ; la Vierge, le ventre; la Balance, les reins et lés fesses; le Scorpion, les parties sexuelles; le Sagittaire, les cuisses ; le Capricorne, les genoux; le Verseau, les jambes; et les Poissons, les pieds. — « On a mis aussi le monde, c'està-dire les empires elles villes, sous l'influcnco des constellations. Des astrologues allemands au seizième siècle avaient déclara Francfort sous l'influence du Bélier , Wurlzbourg sous celle du Taureau, Nuremberg sous les Gémeaux, Magdebourg sous l'Ecrevisse, Ulm sous le Lion, Heidelberg sous la Vierge, Vienne

' finat «ir les errenrs et les superstitions , par M. L. C, ch. 6.

SOUS là Balance, Munich, sous le Scorpion, Stutlgard sous le Sagittaire, Augsbourg sous le Capricorne, Ingolstadt sous le Verseau, et Ratisbonne sous les Poissons. — Hermès a dît que c'est parce qu'il y a sept trous à la tète, qu'il y a aussi dans le ciel sept planètes pour présider à ces trous : Saturne et Jupiter aux deux oreilles. Mars et Vénus aux deux nc|rines, le Soleil et la Lune aux deux yeux, et Mercureàla bouche. Léon l'Hébreu, dans sa Phi^ losophie d'amour, traduite par lesieur Duparc, Champenois, admet cette opinion, qu'il précise très-bien : « Le Soleil préside à l'œil droit, ditil, et la Lune à Tœil gauche, parce que tous les deux sont les yeux du ciel ; Jupiter gouverne l'oreille gauche; Saturne, la droite; Mars, le portais droit du nez; Vénus, le pertuis gauche; et Mercure, la bouche, parce qu'il préside à la parole. » — Ajoutons encore que Saturne domine sur la vie, les changements, les édificesetles sciences; Jupiter, sur l'honneur, les souhaits; les richesses et la propreté des habits; Mars, sur la guerre, les prisons, les mariages, les haines; le Soleil, sur l'espérance, le bonheur, le gain, les héritages ; Vénus, sur les amitiés et les amours ; Mercure, sur les maladies, les pertes, les dettes, le commerce et la crainte; la Lune, sur les plaies, les songes et les larcins. Aussi, du moins, le décide le livre des admirables secrets d'Albertle-Grand. — En dominant de la sorte tout ce qui arrive à l'homme , les planètes ramènent le même cours de choses toutes les fois qu'elles se retrouvent dans le ciel au lieu de l'horoscope. Jupiter se retrouve au bout de douze ans au même lieu, les honneurs seront les mêmes; Vénus, au bout de huit ans, les amours seront les mêmes, etc., mais dans un autre individu. — N'oublions pas non plus que chaque planète gouverne un jour de la semaine : le Soleil le dimanche , là Lune le lundi , Mars le mardi. Mercure le mercredi, Jupiter le jeudi. Venus le vendredi, Saturne le samedi; que le jaune est la couleur du Soleil, le blanc celh; de la Lune, le vert celle de Vénus, le rougcj celle de Mars, le bleu celle de Jupiter, le noir celle de Saturne, le mélangé celle de Mercure; que le Soleil préside à l'or, la Lune à l'argent, Vénus à l'étain, Mars au fer, Jupiter à l'airain, Saturne au plomb, Mercure au vifargent, etc. — Le Soleil est bienfaisant et favorable; Saturne, triste, morose et froid; Jupiter, tempéré et bénin; Mars, ardent; Vénus, bienveillante; Mercuroi inconstant; la Lune, mélancolique. — Dans les constellations, le Bélier, lé Lion et le Sagittaire sont chauds, secs et ardents ; le Taureau, la Vierge et le Capricorne, lourds , froids et secs ; les Gé -

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meaux , la Balance et lo Verseau , légers , chauds et humides; TÉcrevisse, le Scorpion et les Poissons , humides , mous et froids. — Au moment de la naissance d'un enfant dont on veut tirer Thoroscope , ou bien au jour de révénement dont on cherche à présager les suites, il faut d*abord voir sur l'astrolabe quelles sont les constellations et planètes qui dominent dans le ciel, et tirer tes conséquences qu'indiquent leurs vertus, leurs qualités et leurs fonctions. Si trois signes de la même nature se rencontrent dans le ciel, comme, par exemple , le Bélier , le Lion et le Sagittaire, ces trois signes forment le trin cispecty parce qu'ils partagent le ciel en trois, et qu'ils sont séparés l'un de l'autre par trois autres constellations. Cet aspect est bon et favorable. Quand ceux qui partagent le ciel par sixième se rencontrent à l'heure de l'opération, comme le Bélier avec les Gémeaux, le Taureau avec l'Ecrevisse , etc. , ils forment l'aspect sextil, qui est médiocre. Quand ceux qui partagent le ciel en quatre, comme le Bélier avecTÉcrevisse, le Taureau avec le Lion, les Gémeaux avec la Vierge , se rencontrent dans le ciel , ils forment Vaspect carrée qui est mauvais. Quand ceux qui se trouvent aux parties opposées du ciel, comme le Bélier avec la Balance, le Taureau avec le Scorpion, les Gémeaux avec le Sagittaire, etc., se rencontrent à rheure de la naissance, ils forment Vaspect contraire, qui est méchant et nuisible. Les astres sont en conjonction quand deux planètes se trouvent réunies dans le même signe ou dans la même maison , et en opposition quand elles sont à deux points opposés. — Chaque signe du zodiaque occupe une place qu'on appelle maison céleste ou maison du soleil ; ces douze maisons du soleil coupent ainsi le zodiaque en douze parlies. Chaque maison occupe trente degrés, puisque le cercle en a trois cent soixante. Les astrologues représentent les maisons par de simples numéros, dans une figure ronde ou carrée, divisée en douze cellules. — La première maison est celle du Bélier, qu'on appelle Vangle oriental, en argot astrologique. C'est la maison de la vie , parce que ceux qui naissent quand cette constellation domine peuvent vivre long-lemps. — La seconde maison est celle du Taureau, qu'on appelle la porte inférieure. C'est la maison des richesses et des movens de fortune. — La troisième maison est celle des Gémeaux appelée la demeure des frères. C'est la maison des héritages et des bonnes successions. — La quatrième maison est celle de l'Ecrevisse. On l'appelle le fond du ciel, Vangle de la terre, la demeure des parents. C'est la maison des

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trésors et des biens de patrimoine. — La cinquième maison est celte du Lion, dite la demeure des enfants; c'est la maison des legs et des donations. — La sixième maison est celle de la Vierge, on l'appelle Vamour de Mars. C'est la maison des chagrins , des revers et des maladies: — I.>a septième maison est celle de la Balance, qu*on appelle Vangle occidental. C'est la maison des mariages et des noces. — La huitième maison est celle du Scorpion appelée la porte supérieure. C'est la maison de l'effroi, des craintes et de la mort. — La neuvième maison est celle du Sagittaire, appelée Vamour du soleil. C'est la maison de la piété, de la religion, des voyages et de la philosophie. — La dixième maison est celle du Capricorne, dite le milieu du ciel. C'est la maison des charges, des dignités et des couronnes.

— I^ onzième maison est celle du Verseau , qu'on appelle Vamour de Jupiter. C'est la maison des amis, des bienfaits et de la fortune.

— La douzième maison est celle des Poissons, appelée Vamour de Saturne. C'est la plus mauvaise de toutes et la plus funeste ; c'est la maison des empoisonnements, des misères, de l'envie, de l'humeur noire et de la mort violente. — Le Bélier et le Scorpion sont les maisons chéries de Mars; le Taureau et la Balance, celles de Vénus ; les Gémeaux 'et la Vierge , celles de Mercure; le Sagittaire et tes Poissons, celles de Jupiter; le Capricorne et le Verseau, celles de Saturne; le Lion, celle du Soleil; l'Ecrevisse, celle de la lune. — Il faut examiner avec soin les rencontres des planètes avec les constellations. Si Mars, par exemple, se rencontre avec le Bélier à l'heure de la naissance, il donne du courage, de la fierté et une longue vie ; s'il se trouve avec le Taureau, richesses et courage. En un mot, Mars augmente l'influence des constellations avec lesquelles il se rencontre, et y ajoute la valeur et la force. — Saturne, qui donne les peines, les misères, les maladies, augmente les mauvaises InQuences et gâte les bonnes. Vénus , au contraire, augmente les bonnes influences et affaiblit les mauvaises. — Mercure augmente ou affaiblit les influences suivant ses conjonctions. S'il se rencontre avec les Poissons, qui sont mauvais, il devient moins bon; s'il se trouve avec le Capricorne, qui est favorable, il devient meilleur. — La Lune joint la mélancolie aux constellations heureuses; elle ajoute la tristesse ou la démence aux constellations funestes. Jupiter, qui donne les richesses et les honneurs, augmente les bonnes influences et dissipée peu près les mauvaises. Le Soleil ascendant donne les faveurs des princes ; il a çur l^ influences presofue autant

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d'effel que Jupiter ; mais descendant il présage des revers. — Ajoutons que les Gémeaux, la Balance et la Vierge donnent la beauté par excellence; le Scorpion, le Capricorne et les Poissons donnent une beauté médiocre. Les autres constellations donnent plus ou moins la laideur. — La Vierge, la Balance, le Verseau et les Gémeaux donnent une belle voix ; l'Écrevisse, le Scorpion et les Poissons donnent une voix nulle ou désagréable; les autres constellations n*ontpas d'influence sur la voix. —Si les planètes et les constellations se trouvent à l'Orient, à l'heure de l'horoscope, on éprouvera leur influence au commencement delà vie ou de l'entreprise; on l'éprouvera au milieu si elles sont au haut du ciel, et à la fin si elles sont à l'Occident. — Afin que Thoroscope ne trompe point, il faut avoir soin d'en commencer les opérations précisément à la inioute où l'enfant est né, ou à l'instant précis d'une affaire dont on veut savoir les suites. — Pour ceux qui n'exigent pas une exactitude si sévère, il y a des horoscopes tout dressés, d'après les constellations de la naissance. Voy. HoHosGOPE. — Tels sont, en peu de mots, les principes de cet art, autrefois si vanté , si universellement répandu , et maintenant un peu tombé en désuétude. Les astrologues conviennent que le globe roule si rapidement que la disposition des astres change en un moment. Il faudra donc , pour tirer les horos- • copes, que les sages-femmes aient soin de regarder attentivement les horloges, de marquer exactement chaque point du jour, et de conserver à celui qui naît ses étoiles comme son patrimoine. « Mais combien de fois, dîtBarclai, le péril des mères empêche- t-il ceux qui sont autour d*elles de songer à cela ! Et combien de fois no s'y trouve-t-il personne qui soit assez superstitieux pour s'en occuper ! Supposez cependant qu'on y ait pris garde, si l'enfant est long-temps à naître , et si, ayant montré la tête, le reste du corps ne parait pas de suite, comme il arrive, quelle disposition des astres sera funeste ou favorable? sera-ce celle qui aura présidé à l'apparition de la tète, ou celle qui se sera rencontrée quand l'enfant est entièrement né? » — Voici quelques anecdotes »ur le compte des astrologues : Un valet ayant volé ?on maître s'enfuit avec l'objet dérobé. Oo mit des gens à la poursuite, et, comme on ne le trouvait pas, on consulta un astrologue. Celui-ci, habile à deviner les choses passées, répondit que le valet s'était échappé parce que la lune s'était trouvée, à sa naissance, en conjonction avec Mercure, qui protoge les voleurs, et que de plus longues recherches seraient inutiles. Comme il disait ces mots^ on

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amena le domestique, qu'on venait de prendre enfin, malgré la protection de Mercure. — ^ Les astrologues tirent vanité de deux ou trois de leurs prédictions accomplies, quoique souvent d'une manière indirecte, entre mille qui n'ont point eu de succès. L'horoscope du poète Eschyle portait qu'il serait écrasé par la chute d'une maison ; il s'alla, dit-on, mettre en plein champ, pour éviter sa destinée ; mais un aigle, qui avait enlevé une tortue, la lui laissa tomber sur la tête , et il en fut tué. Si ce conte n'a pas été fait après coup, nous répondrons qu'un aveugle, en jetant au hasard une multitude de flèches, peut atteindre le but une fois par hasard. Quand il y avait en Europe des milliers d'astrologues qui faisaient totis les jours de nouvelles prédictions , il pouvait s*en . trouver quelques-unes que l'événement, par cas fortuit, justifiait; et celles-ci, quoique rares, entretenaient la crédulité que des millions de mensonges auraient dû détruire. L'empereur Frédéric-Barberousse, étant sur le point de quitter Vicence , qu'il venait de prendre d'assaut, défia le plus fameux astrologue de deviner par quelle porte il sortirait le lendemain. Le charlatan répondit au défi par un tour de son métier; il remit à Frédéric un billet cacheté, lui recommandant de ne l'ouvrir qu'après sa sortie. L'empereur fit abattre, pendant la nuit, quelques toises de mur, et sortit par la brèche ; il ouvrit ensuite le billet, et ne fut pas peu surpris d'y lire ces mots : « L'empereur sortira par la porte neuve. » C'en fut assez pour que l'astrologue et l'astrologie lui parussent infiniment respectables. — Un homme, que les astres avaient condamné en naissant à être tué par un cheval, avait grand soin de s'éloigner dès qu'il apercevait un de ces animaux. Or un jour qu'il passait dans une rue, une enseigne lui tomba sur la tête, et il mourut du coup : c'était l'enseigne d'un auberge où était représenté un cheval noir. — Mais il y a d'autres anecdotes. Un bourgeois de Lyon, riche et crédule, ayant fait dresser son horoscope, mangea tout son bien pendant le temps qu'il croyait avoir à vivre. N'étant pas mort à Theure que l'astrologue lui avait assignée , il se vit obligé de demander l'aumône, ce qu'il faisait en disant : « Ayez pitié d'un homme qui a vécu plus long-temps qu'il ne croyait. » — Une dame pria un astrologue de deviner un chagrin qu'elle avait dans l'esprit. L'astrologue, après lui avoir demandé l'année, le mois, le jour et l'heure de sa naissance, dressa la figure de son horoscope, et dit beaucoup de paroles qui signifiaient peu de chose. La dame lui donna une pièce de quinze sous. « Madame, dit alors l'astrologue.

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