AVI
Autan (Jacques d*), — voy. Chbvanes.
ATeiwr, — * astrologue qui promît aux Juifs, sur la foi des planètes, que leur Messie arriverait sans faute en 4 441, oa au plus tard en 4 464. « Il donnait pour ses garants Saturne, Jupiter, rËcrevisse et les Poissons. Tous les Juifs -tinreni leurs fenêtres ouvertes pour recevoir l'envoyé de Dieu, c|ui n'arriva pas, soit que TÉcrevisse eût reculé ^ soit que les Poissons d' Avenar ne fussent que des poissons d'avril ^ »
Avenir. — C'est poor en pénétrer les secrets qu'on a inventé tant de moyens de dire la bonne aventure. Toutes l^sdivi^ai^ioBS ont principalement pour objet de connaître l'avenir.
Averne, — œarais consacré à Pluton, près de Baves. Il en sortait des exhalaisons si in- Sectes qu'on croyait que c'était rentrée des enfers.
Avftrroèfl, — médecin arabe, et le plus :grand philosophe de sa nation, né à Cordoue dans le douzième siècle. Il s'acquit une si grande réputation de justice, de vertu et de sagesse, que le roi de Maroc le fit juge do toute la Mauritanie. Il traduisit Aristote en arabe , et composa plusieurs ouvrages sur te philosophie et la médecine. Quelques démonographes ont voulu le mettre au nombre des magidens , et lui donner un démon familier. Malheureusement Averroès était un épicurien, mahométan pour la forme, et ne croyait pas à l'existence des démons *. L'empereur de Maroc, un jour, lui fit faire amende honorable à la porte d'une mosquée, où tous les passants eurent permission de lui cracher au visage, pour avoir dit que la religion de Mahomet était une religion de pourceaux.
Ayioenne, — célèbre médecin arabe, mort vers Ip milieu du onzième siècle, fameux par le grand nombre et l'étendue de ses ouvrages et par sa vie aventureuse. On peut en quelque sorte le comparer à Agrippa. Les Arabes croient qu'il maîtrisait les esprits, ef qu'il se faisait servir par des génies. Comme il rechercha la pierre philosophale, on dit encore dans plusieurs contrées de TArabie qu'il n'est pas moK; mais que. grâce à l'élixir de longue vie et à Tor potable, il vit dans une retraite ignorée avec une grande puissance. — Il a composé divers traités d'alchimie recherchés des songe-creux. Son traité de la Congélation de la pierre et son fractatulus de
* M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, 1. 1**, p. 90.
* Magiam d»moniaeam pleno ore negftrunt Av«rroes et alii epicurei, qui , una cum sadttcttls dttmonea eaaa negarunt. (Torrçblanca, Délita magiques, Uy. ii> çh. 5.)
AYM —
Akhimia se trouvent dans les deux prenyers volumes de VArs aurifera, Bâle, 4 610. èoij Ârs chimtca a été imprînrié à Berne, 4572. On lui attribue encore deux opuscules hermétiques insérés dans le Thec^trMm chimi/myh et un volume in-8«, publié à Bâle en 4572, 90u$ Je titre de la Porte des éléments, Porta ek* mmtorum, — Les livres de secrots merveil* leux s'appuieot souvent du nom d'Avioenne pour les plus absurdes recettes.
AxinoiBAnole, — dlvineption pBr le moyen d'une hache ou cognée de bûcheron. François de Torre-Blanca, qui en parle ', ne nous dit pas comment les devins maniaient la ha^ che. Nous ne ferons donc connaître que les deax moyens employés ouvertementdans Tantiquîié et pratiqués encore dans certains pays du Nord. — l»' Lorsqu'on veut découvrir un trésor, il faut se procurer une agate ronde, faire rougir au feu le fer de la hache, et la poser de manière que le tranchant soit bien perpendiculairement en Tair. On place la pierre d'agate sur le tranchant. Si elle s'y tient, il n'y a pas de trésor; si elle tombe, elle roule avec rapidité ; on la replace trois fois, et, si elle roule trois fois vers le même lieu, c'est qu'il y a un trésor dans ce lieu même ; si elle prend à chaque fois une route différente, on peut chercher ailleurs. — 'i^ liorsqu'on veut découvrir des voleiirs, on pose la bao^e à terre, )e fer en bas, et le bout du manche perpQodiQMlaircmeot en Tair. Oq danse en rond alentour^ jusqu'à ce que \è bout du maocbe s'ébranle et que la hacb^ s'étende sur le 9pl. Le bout du manche indiqua la direction qu'il faut prendre pour aller à la recherche des voleurs. Quelquçs-uns disent que pour cela il faut que le fer de la hache soit (Iché en ua pot rond : « Ce qui est absurde tout à fait , comme dit Delancre ^ ; oar quel moyen de ficher une cognée dans un pot rond, non plus que coudre ou rapiécer ce pot, si la cognée l'avait npe foi§ mis en pièc^ ! 9
Aym, — voy. HabORTM.
Aymar (JACQUES ), — paysan né à Saint- Véran, en Dauphiné, le 8 septembre 4662, entre minuit et pne heure. De inaçon qu'il était il se rendif célèbre par l'usage de la baguette divinatoire. Quelques-uns ont attribué son rare talent é{ l'époque précise de sa naissance; ca>T 9on frère, né dans le même lûois, deux ans plus tard, ne pouvait riep faire avec la baguette. YPV- Baguette divinatoire.
* Epist delict. sive de magîa, lib. I, cap. 24.
* LTacrédolitë et mécréance, etc., traité 5.
63 — AZA
AymoB ( LES QUATRE FlLS). ~ ^ièclç de
Chariemagne. Ils avaient un cheval merveilleux. Voy. Bâtard.
4y<4« (Values de). — Vers 4570, ui»
jeuae homme nommé Vasques de Aypla ét^n^ allé à Bologne, avec deux de ses compagnons, pour y étudier en droit, et n ayant pas trouvé de logement dans la ville, ils habitèrent une grande et belle maison, abandonnée .parce qu'il y revenait un spectre qui épouvantait tous ceux qui o^aîQnt y loger. Mais ils se ^loquèrent de tous ces récite et 9'^ instaUèren^. — Au bout d'on mois, Ayoii, veiflaa^ m soir seul dans sa cbâmbret et aes comparons dormant tranquillement dans leurs lira, entendit de loin un bruit de ohaines qui s'apti^ochait ei qui semblait venir de l'escalier de la maison; il se recommanda à Dieu, piiA un bouclier, une épée, et, tenant aa bou^e en main, il attendit le spectre, qui bientôt ouvrit la porte et parut. C'était un squelette qui n'avait que les os ; il était, avec cela, chargé de chaînes. Ayola lui demanda ce qu'il souliaitait ; le fantôme, selon l'usage, lui fît signe de le suivre. En descendant l'escalier, la bougie s'éteignit. Ayola. eut le courage d'aller la rallumer, et suivit le spectre, qui le mena le long d'une cour où il y avait un puits. Il craignit qu'il ne voulût l'y précipiter, et s'arrêta : l'esprit lui fit signe de continuer à le suivre, et ils entrèrent dans le jardin, ou le spectre disparut. — Le jeune homme arracha quelques poignée? (J'herbe pour reconnaître rendrojt; il alla ensuite raconter à ses compagnons ce qui lu| était arriyé, et le lendemain matin il en donna avis aux princijpaux de Bologne. Ils vinrent sur les lieux et y firent fpujller. On trouva un cx)rps décharné, chargé de chaînes. On ^'informa qui ce pouvait être; mais on ne put rien découvrir do certain. On fît faire au mort des obsèques convenables, on l'enterra, et depuis ce temps la maison ne fut plus inquiétée. Ce fait, rapporté par Antoine de Torquemoda, est encore une copie des aventures d'Alhénodore et d'Arignote.
Ayperot, — çonite de Tempire infernal.
C'est le même qù'Ipès. Voy. ce mot.
^Mel, — Tpn des anges qui se révoltèrent poutre Di^u. Les rabbins disent qu'il est enchaîné sur des pierres pointues, dans un endroit obscur du désert, en attendant le ju* gement dernier.
^Mriel, — ange qui, selon les rabbins dq Talmud , a la suriateadaace des eaux de la ierre. Les pécheurs l'invoquent pour prendre de gros poissons.
BAA — 64 —
Asasel , — démon du second ordre, gardien du bouc. A la fêle de TExpiatiou, que les Juifs célébraient le dixième jour du septième mois ^ on amenait au grand-prêtre deux boucs qu'il lirait au sort ; l'un pour le Seigneur, 1 autre pour Azazel. Celui sur qui tombait le sort du Seigneur était immolé, et son sang servait pour Texpiation. Le grand-prêtre mettait ensuite ses deux mains sur la tête de l'autre, confessait ses péchés et ceux du peuple, en chargeait cet animal, qui était alors conduit dans le désert et mis en liberté ; et le peuple, ayant laissé an bouc d'Âzazel, appelé aussi le bouc émissaire, le soin de ses iniquités, s'en retournait en silence. — Selon MiltOD, Azazel est le premier porte-enseigne des armées infernales. C'est aussi le nom du démon dont se servait, pour ses prestiges, riiérétique Marc.
' Le septième mois cliiïz les Juifs répondait à sep* tembre.
BAA
jiUer, — ange du feu élémentaire selon les Guèbres. Azer est encore le nom du père de Zoroastre.
Asrttil ou Atrail, — ange de la mort. On conte que cet ange , passant un jour sous une forme visible auprès de Salomon, regarda fixement un homme assis à côté de lui. Cet homme demanda qui le regardait ainsi, et ayant appris de Salomon que c'était l'ange de la mort : a II semble m'en vouloir, dit-il; ordonnez, je vous prie, au vent de m'emporter dans l'Inde. » Ce qui fut fait aussitôt. Alors range dit à Salomon : « Il n'est pas étonnant que j'aie considéré cet homme avec tant d'attention ; j'ai ordre d'aller prendre son âme dans l'Iode , et j'étais surpris de le tit)uver près de toi en Palestine. » Voy. Mort, Ame, etc. — Mahomet citait cette histoire pour prouver que nul ne peut échapper à ^ destinée.
Baal, — grand duc dont la domination est très-étendue aux enfers. Quelques démonomanes le désignent comme général en chef des armées infernales. Il était adoré des Cbaldéens, des Babyloniens et des Sidoniens ; il le fut aussi des Israël ites lorsqu'ils tombèren t dans l'idolâtrie. On lui offraitdes victimes humaine^s. On voit dans Ârnobe que ses adorateurs ne lui donnaient point de sexe déterminé. Souvent, en Asie, il a été pris pour le soleil.
Baalbérîth , — démon du second ordre , maître ou seigneur de ïalliance. Il est, selon quelques démonomanes , secrétaire général et conservateur des archives de l'enfer. Les Phéniciens, qui l'adoraient, le prenaient à témoin de leurs serments.
B««kephon , — capitaine des gardes ou sentinelles de l'enfer. Les Égyptiens l'adoraient et lui reconnaissaient le pouvoir d'empêcher leurs esclaves de s'enfuir. Néanmoins, disent les rabbins , c'est pendant un sacrifice que Pharaon faisait à cette idole que Içs Hébreux passèrent la mer Bouge; et on lit dans le Targum que l'ange exterminateur, ayant brisé les statues de tous les autres dieux ne laissa debout que Baalzephon.
Baaraf,— plante merveilleuse, que les Arabes appellent herbe d'or, et qui croît sur le
mont Liban. Ils disent qu'elle parait au mois de mai, après la fonte des neiges. La nuit, elle jette de la clarté comme un petit flambeau , mais elle est invisible le jour; et même, ajoutent-ils, les feuilles qu'on a enveloppées dans des mouchoirs disparaissent , ce qui leur fait croire qu'elle est ensorcelée, d'autant plus qu'elle transmue les métaux en or, qu'elle rompt les charmes et les sortilèges, etc. — Josèphe , qui admet beaucoup d'autres contes ^ parle de cette plante dans son histoire de la guerre des Juifs ^. a On ne la saurait toucher sans mourir, dit-il, si on n'a dans la main de la racine de la même plante; mais on a trouvé un moyen de la cueillir sans péril : on creuse la terre tout alentour, on attache à la racine mise à nu un chien qui , voulant suivre celuii qui Ta attaché, arrache la plante et meurt aussitôt. Après cela , on peut la manier sans danger. Les démons qui s'y logent, et qui sont les âmes des méchants, tuent ceux qui s'en emparent autrement que par le moyen qu'on vient d'indiquer ; et, ce qui est merveilleux, ajoute encore Josèphe , c'est qu'on met en fuite les démons des corps des possédés aussitôt qu'on approche d'eux la plante baarast »
I Liv. Vîi, ch. 25. Elien, De Animal., liv. xiv, cb. 27^ accorde les mêmes vertus à la plante agiaphotls*